Ourouro Bah Changer la Guinée (partie 2) - Conspirations et insurrection populaire

L’exemple à ne pas suivre 

Quand Alpha Condé fut emprisonné sur des accusations de préparation d’un combat armé contre le régime de Conté, il était dans son droit légitime de citoyen résistant contre une dictature. D’où le soutien que lui accordèrent beaucoup de patriotes guinéens. En réalité, son entreprise ne fut qu’une conspiration pour accéder au pouvoir.  En public, Alpha Condé utilisa l’opposition comme marchepied. Mais pour arriver à ses fins, il travaillait dans l’ombre à nouer des alliances avec les factions les plus répressives de l’armée. Son réseau  de complicités joua sur les divisions ethniques. L’ampleur de la  conspiration qui le mena au pouvoir est à déterminer. Il est aujourd’hui prisonnier de ses arrangements ombrageux et a du mal à se défaire de militaires accusés de crimes contre l’humanité dont il s’est servi ou qu’il a manipulés. Le sang  versé pour l’ascension de Alpha Condé au pouvoir n’est pas celui des criminels mais celui de citoyens innocents.  Les méthodes utilisées sont  typiques de la conspiration: corruption, concussions, divisions et violence. Ces ingrédients - avec le catalyseur de l’exclusion ethnique - le maintiennent au pouvoir. Le  parcours politique d’Alpha Condé exemplifie les formes de conspiration à l’opposé de l’insurrection populaire.

Conspirations, violence politique et dictatures

La conspiration ne vise que le pouvoir et mène toujours à la dictature. Elle exclut les populations et dupe les citoyens par des promesses.  En Guinée les conspirations sont à l’origine de tous les régimes qu’on a connus. C’est par des conspirations permanentes - avec des mafias familiales ou ethniques, déguisées en partis politiques (PDG/RPG) ou dans les forces de sécurité (PUP/CNDD)  -  que les régimes politiques guinéens se maintiennent. L’ascension du PDG est une illustration, en dépit de l’hagiographie de ses partisans sur l’indépendance. Durant le règne du PDG et celui de Lansana Conté, les conspirateurs dans l’armée étaient tapis dans l’ombre, attendant la mort du président. Le jour du coup d’état, ils occupent la radio nationale, quadrillent quelques points stratégiques de la capitale, procèdent à des arrestations. Ils se lancent des satisfécits pour n’avoir pas versé du sang et proclament une ère du changement. Mais, comme les conspirations ne sont que des alliances de malfaiteurs, les carnages et les règlements de comptes se produisent à retardement. Avec la bande Diarra-Conté, ils eurent lieu au sein de la junte lors de la redistribution du butin du pouvoir. Avec le clan Daddis-Konaté, ce fut quand sous la pression internationale, la question d’abandonner le butin du pouvoir se posa. Et, avec les massacres du 28 Septembre, quand il fut question de situer les responsabilités. Avec l’universelle condamnation des putschs et les sanctions automatiques qui les suivent, la conspiration du RPG pour conquérir le pouvoir fut à travers le holdup électoral ; avec l’appui de groupes dans les forces de sécurité.  

La caractéristique intrinsèquement conspiratrice des régimes politiques guinéens les condamne à la paranoïa, à une gestion mafiosique de l’état et à la violence.  En 2011, une large majorité de guinéens prit note du holdup électoral du RPG. Toutefois, il y avait la vague espérance d’une forme de magnanimité ou de grandeur de la part du «vainqueur»  surtout  après le  traumatisme infligé par le CNDD. Mais très vite, même les observateurs qui se croyaient avertis, notèrent le flot de mesures du RPG pour saper les mouvements citoyens et asseoir un régime autocratique. Mû par le simple instinct de self-préservation, le régime issu des «élections démocratiques » ne fit aucun mystère de sa politique de divisions tribales et sociales. En un temps record, il vida les institutions républicaines de leur contenu et les garnit par des complices – eux-mêmes choisis sur des critères de douteuse moralité et de médiocrité intellectuelle. La classe moyenne fut encore plus disloquée sur des lignes tribales. Des mesures rapides parachevèrent la corruption du système électoral. La réforme de l’armée consista à la gangrener de milices et d’en exclure les membres des autres ethnies. La justice déjà déliquescente fut encore plus réduite en un spectre, ridiculisé par l’arrogante impunité de criminels internationalement connus. Ce n’est qu’après que les conspirateurs au pouvoir décidèrent d’aller aux élections législatives. Le fait d’avoir ignoré que tout régime de conspirateurs n’est, par définition motivé que par  la survie a été une erreur dont l’opposition aura du mal à se relever.   

Le mécanisme insidieux et rôdé des conspirations pour accéder et se maintenir au pouvoir  en Guinée – qu’il soit habillé de slogans révolutionnaires, de couleurs électorales ou des fatigues militaires – est la base de la déroutante  reproduction du système de faillites. Cette pérennité de systèmes politiques corrompus et répressifs dans notre pays qui interpelle tant  les guinéens a son explication dans  la permanente conspiration des mafias. Non pas dans une quelconque «malédiction».  Rompre ce cycle de dictatures pour ouvrir la voie à  la démocratie impose des contremesures défensives populaires et non le secours d’hommes providentiels – même des mieux intentionnés. L’attente de l’homme providentiel est la seconde explication de la faillite guinéenne. Cette béate espérance - que rien ne justifie et qui a été si souvent trahie dans les faits-  est la parfaite nébuleuse dont les conspirateurs ont besoin pour se pérenniser au pouvoir. L’idée qu’il suffit d’un leader charismatique, compétent et honnête – dont de préférence on s’identifie à l’ethnie - pour faire avancer le pays est une idéologie pernicieuse qui sert de marchepied aux opportunistes. Cette idéologie aura empêché l’émergence d’une avant-garde citoyenne qui serait l’émanation des aspirations des populations.   Il n’est pas étonnant que ceux  qui ne rêvent que de mettre les pieds dans l’étrier du pouvoir, aient décrété que l’émergence d’une telle avant-garde en Guinée relève du miracle. En réalité, le miracle serait  plutôt que ce système rôdé de mafias change de façon pacifique avec des élections transparentes.

Insurrection populaire et  démocratie

Contrairement à la conspiration qui procède essentiellement de l’envie et de la convoitise, l’insurrection populaire a pour objectif – immédiat et ultime - la justice et l’égalité citoyenne. Sa vocation est d’engager les populations dans le combat et les sacrifices  pour leur propre salut et celui des générations futures.  L’insurrection populaire procède par débarrasser les citoyens des toxines des doutes et de la résignation. Avec une variété de noms (révolution, résistance populaire, soulèvement, rébellion, lutte de libération etc.), elle s’inscrit  au cœur de l’histoire de l’humanité et dans le cheminement vers plus de libertés. Elle aura été jusqu’à une époque récente – et reste encore dans bien de cas -  la seule voie de changement social et politique.

En dépit de l’antinomie absolue entre l’insurrection populaire et les conspirations génératrices de dictatures, la propagande du pouvoir veut  à tout prix  les assimiler pour semer la confusion. Le soulèvement populaire est présenté comme une conspiration contre la démocratie, voire des aspirations légitimes et progressistes de l’Afrique. L’idée est conjurée avec les recettes habituelles de la peur, comme une œuvre ethnique si ce n’est celle des démons. Les ténors du pouvoir agitent les spectres de la guerre civile avec des menaces à peine déguisées. Le RPG sait que toutes les conditions d’une insurrection populaire sont réunies en Guinée. Au lieu de diffuser les tensions sociales,  il se prépare  plutôt à la contre-attaque et à la répression. Le noyautage des corps d’armée par des milices, de gardes-forestiers, de mouchards et de tueurs etc. est au centre de cette préparation. La complaisance envers des criminels avérés aussi. Il en est ainsi de l’insécurité civile orchestrée pour se défaire de citoyens encombrants et augmenter le taux de psychose sociale. Les discours provocateurs et les manœuvres pour renforcer l’atmosphère d’animosités ethniques au sein de l’administration procèdent de ce calcul. Avec l’espoir de prévenir les conséquences de ce qu’il sème, le RPG fait tout pour alimenter ces formes diverses d’insidieuses scissions de la nation.

Si l’histoire est d’un quelconque secours, cette intoxication ne tiendra pas pour longtemps. Même avec l’enfermement du débat dans la partisane et irrationnelle politique tribale.  Dans sa grande majorité, le peuple de Guinée a pris conscience du fait que la succession de conspirations (électorales ou militaires) n’est pas le changement auquel il aspire. Elle n’aura bénéficié que les conspirateurs. L’histoire enseigne aussi que les champs de doutes, de désolation citoyenne et de désintégration de la société sont les champs les plus propices à l’insurrection populaire. Et que les frustrations de la misère conjuguée avec les tensions sociales y trouvent toujours leur  canal d’expression.  L’insurrection populaire est d’une acuité plus que jamais forte. Ses graines ont été semées par les décennies de politiques désastreuses des mafias de l’état. Ce sont elles qui auront jeté ses ferments dans notre histoire. C’est sur le terrain de leurs faillites successives que les pousses de l’insurrection sont en train de prendre forme.  Sur le parcours malencontreux de notre nation,  elle surgit comme un signal de dernier salut afin de rectifier la trajectoire vers le chaos. Seule une délusion mentale des intellectuels guinéens (dont les causes seront discutées dans la suite) empêche de lire cette réalité et de l’intégrer dans les stratégies de combat.   

Insurrection et ethno-stratégie

L’insurrection est un mouvement négatif qui  se définit par opposition aux crimes et injustices  du passé. Sa promesse d’un avenir meilleur n’est  qu’implicitement inscrite dans sa stratégie  qui est essentiellement la cure des griefs subits par les populations. La justice  est ainsi sa bannière de rassemblement et sa plateforme de principe.  Pour faire  face à la gangrène de l’ethnocentrisme en Guinée et tenir compte des tensions ethniques,  tout mouvement d’avant-garde insurrectionnel doit réitérer de façon incontestable ce principe et – une fois l’action insurrectionnelle déclenchée- l’assumer dans les faits.  Dans la phase de préparation, il  est contreproductif pour l’avant-garde de perdre du temps et de s’enliser dans les querelles byzantines de mobilisations et de dosages ethniques. Ce serait tourner  dans le piège du clientélisme ethnique qui a jusqu’à présent empêché son émergence. Une stratégie de contournement est nécessaire ;  qui consiste à  guider  et à  éduquer des groupes de citoyens à formuler eux-mêmes des solutions  à leurs problèmes  et à s’approprier de leur mise en œuvre.    

Le travail est ardu mais pas impossible. En dépit de la suicidaire démission  de la classe moyenne engagée dans une guérilla larvée – par ethnie interposée - au sein de l’administration pour des faveurs.  Abreuvés de nihilisme et de pessimisme par la propagande des gouvernants et des politiciens, les intellectuels guinéens ont intériorisé l’idée qu’unir les citoyens est impossible. Le militantisme est réduit à la quête d’une sinécure et de miettes. Les calembours font de la Guinée une nation de «pourris, de corrompus et de paresseux ». Cet édifice complexuel travaille à retarder l’émergence d’une avant-garde citoyenne conséquente.

La réalité  du terrain social montre des potentialités évidentes de changement. La misère, la répression larvée et l’ostracisme ethnique vont accentuer les révoltes spontanées. C’est en guidant ces potentialités que les classes moyennes progressistes ont conduit toutes les révolutions.  Mais c’est à un phénomène inversé qu’on assiste en Guinée. Les  cadres s’en remettent aux jeunes de Bambéto, de Cosa, de Hamdalaye, aux populations de Faranah, de Siguiri, de Lélouma   qu’ils applaudissent en cachette.  Ces mouvements sont certes un terreau de l’insurrection populaire. Faute d’un encadrement ils serviront de justificatif à la répression du pouvoir. Ils ne deviendront changement qu’avec l’engagement des intellectuels.  L’ignorance volontaire et l’incapacité  de guider ces potentialités condamnent les cadres guinéens à être les virulents vecteurs des trafics d’influence et des copinages ethniques et – par ce biais – les  agents de l’ethnocentrisme. Contrairement à beaucoup de pays, les tensions ethniques en Guinée ne sont qu’un sous-produit de cette course ruineuse. De leur origine historique dans  la violence du PDG, les tensions ethniques n’ont été qu’un fonds de commerce commode aux  régimes subséquents. Elles n’ont pas d’autres fondements sociologique ou religieux qui en feraient des obstacles insurmontables d’un soulèvement populaire.     

Dans la pratique, la transformation de la dynamique de révolte en dynamique d’insurrection populaire soulève des questions de taille qui demandent une évaluation lucide des risques.  C’est à une telle première tâche que la société civile doit s’engager si elle doit renaitre de ses cendres. Même de façon disparate, une campagne d’éducation sur les objectifs émancipateurs de l’insurrection participe à gérer ces risques. En le campant dans un faisceau d’actions citoyennes fermement enracinées sur les prescriptions de la constitution, le débat sur l’insurrection populaire va changer l’atmosphère politique empoisonnée à dessein par l’ethnocentrisme. Des campagnes d’éducation des citoyens sur la compréhension de leurs droits et de l’impératif devoir qui les incombe de les défendre sont le premier pas.  Le changement n’est pas le remplacement des leaders. Si tel était le cas on aurait vu des effets. Le changement consiste avant tout à inculquer  dans  les esprits les  possibilités de changement. Ensuite,  à propager  les idées de progrès  par des canaux multiples et dans le débat.   Comme il est admis que le gouvernement du RPG se prépare à l’affrontement, au lieu de diffuser les tensions, cette éducation citoyenne sur le soulèvement populaire devient incontournable. Ne fut-ce que pour réduire les dérapages et éviter les pièges.   

Ourouro Bah (À suivre)

Prochain article – Insurrection populaire, terrorisme et dangers de guerre civile. 

 

TIBURCE KOFFI EXPLOSE ET EMPORTE OUATTARA. DES VERITÉS JAMAIS ENTENDUES SUR OUATTARA, BEDIE, BANNY ET GBAGBO.

S’il ya un “service énorme” que le limogeage de TIBURCE KOFFI lui rend en ce moment, c’est bien de lui permettre de “faire des recherches sur les crises à repetition qui sécouent la Cote d’ Ivoire” son pays ces dernières années. Dans des termes crus, l’ex Directeur de l’INSAC a copieusement et particulièrement mangé du Ouattara le Vendredi 29 Mai dernier sur Ivoire News Radio International , la célèbre webradio basée à Washington aux Etats unis. Jamais, l’homme n’a été aussi dur avec le Pr Ouattara dont il a pourtant aidé l’installation.

Tiburce-Koffi

Morceaux choisis:
-“Je ne savais pas que Ouattara était impliqué dans la rebellion. Ce sont mes recherches dans ce repos forcé qui m’ont permis de découvrir une vidéo dans laquelle les rebelles ont clairement dit que c’est Ouattara qui les a armés. Je ne l’avais jamais su.
– Je ne comprends pas pourquoi Laurent ( le Pr Laurent Gbagbo) et les refondateurs ne l’ont pas traduit devant la Cpi. Laurent aurait dû en parler au cours du debat télevisé contre lui lors des elections de 2010.
– Je viens enfin d’avoir les preuves que ce Mr est le père de la rebellion ivoirienne.
-Je ne connais pas Ouattara. Il m’a juste serré la main, je ne sais pas où il habite.
– Ouattara ne peut pas nous reconcilier, il est partie prenante de la guerre.
– Qu’il parte pour qu’on est la paix dans notre pays.
-Le bon sens commande que pour qu’il y ait reconciliation, Laurent rentre de la Haye.
-Gbagbo est à la Haye parce qu’on dit ce sont les Fds qui ont tué. Au nom de quoi les Frci tuent et Ouattara est libre ?
-J’ai pleuré lors de la capture de Laurent, pas parce que j’étais content comme certains suiveurs de Ouattara l’ont fait croire mais parce que je ne pouvais pas supporter de le voir malmené par des va-nu-pieds.
-Ce pays a besoin d’homme de paix.
– Le déséquilibre de la CI rime avec le nom de Ouattara.
– il a fait des promesses faramineuses aux Ivoiriens et voilà bientot 5 ans. Rien ! Du n’importe quoi.
– Il ne voudra pas satisfaire les désidératas de la CNC qui est d’ailleurs majoritaire aujourdhui et qui va le battre dans des elections securisées et transparentes. Juste parce qu’il a choisi de suivre la politique de tricherie de BEDIE l’ivoiritaire qui nous a pourtant parlé de Ouattara dans son livre qu’il n’a pas encore pris le soin de dechirer.
-Que Ouattara prouve qu’il peut gagner dans la droiture.
-On dit qu’il est économiste mais jamais il n’a écrit un livre. Aucune trace de lui. Il fait chier la CI. Que les ivoiriens se préparent. Qu’il gagne ou qu’il ne gagne pas, il va les tuer.
-Je me demande si Ouattara est vraiment un des nôtres.
– En se proclamant comme quelqu’un qui a payé la scolarité de ma fille, Ouattara et son cercle pensaient que j’allais rouler pour lui bon an mal an?
-On dit Ouattara a fait des études aux USA, je m’attendais à un homme moderne qui va diriger la CI de façon moderne. Helas ! Notre pays est dirigé comme un village.
-Les ivoiriens doivent arreter de se tirer dessus pour faire partir ce type.
-Il n’est pas digne d’un chef d’Etat.
-Bedié n’aime pas Alassane. Il veut juste faire du mal aux Ivoiriens pour avoir applaudi le coup d’Etat de 99.
Et tant qu’il sera président du Pdci, aucun cadre de ce parti ne sera presidentiable.
-Le pdci est devenu aujourdhui un parti de fainéants et de paresseux qui attend son tour de passe passe utopique pour avoir le pouvoir. Cest rigolo ça.
-Pour sa vengence, Bedié hypothéque l’avenir de tout un pays.
– Bedié envoie des delegations dans des campements baoulés pour dire aux gens,”si vous ne votez pas Ouattara il va vous tuer”
-Bedié n’aime pas Banny parce qu’il n’a pas voulu le suivre dans son combat identitaire. Il a voulu que Banny mette à sa disposition tous les secrets de Ouattara à la Bceao.
-Ouattara sait que BANNY detient les confessions des rebelles. Il sait que cela lui sera fatal si BANNY les rend publiques. En tout cas Ouattara n’a pas interêt que les Ivoiriens apprennent ces temoignages sur la rebellion.
-Si Gbagbo n’avait pas donné sa caution à Ouattara, ce serait fini pour lui.
-Sous Gbagbo , on ecrivait tout parce qu’on savait qu’il n’allait pas nous tuer. Avec Ouattara le fossé est énorme.
– Le limogeage de Alain Logbognon est du cosmétique. Cest un vernissage pour faire un clin d’oeil à la bonne gouvernance. Il a eu tort de s’appeler Logbognon. S’il etait un Touré, un Dosso ou un Aboulaye, Ouattara ne l’aurait pas débarqué.
-Je ne repondrai jamais à Venance Konan. Cest mon petit frère. Mes enfants me disent même, “papa ne reponds pas a tonton Venance”. Je souhaite meme que Ouattara le considère comme mon ennemi. Cest pourquoi je l’encourage même à écrire contre moi pour ne pas qu’il perde son boulot”.

Pour ceux qui lui reprochent son revirement constant qui frise un “caméleonnisme” impenitent, Tiburce Koffi rassure:
-Ce n’est pas parce que j’ai soutenu quelqu’un à un moment donné que je dois continuer de le faire comme un mouton en tous lieux et en toutes occasions. Je me suis rendu compte que j’ai commis une erreur. C’est persister dans l’erreur qui est un comportement animal. Pas de chemin rigide en politique. L’histoire peut nous imposer des choix.

Entretien réalisé par -JRoger
-Mathieu BOUABRE
-Pasteur Nda
-Sister Sarah.

Correspondence particulière depuis Washington Dc: Matt De BOUABRE.

Reçu de JR Show/Afrique 2050

Thierno Siradiou Bah.. Alpha Condé. Mésalliances, vulgarité, absurdité

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Le 3 octobre courant, au cours d’une rare parution devant la presse de son pays, la prestation du Président Alpha Condé a été indigne de sa charge de premier magistrat de la république. Comme d’habitude, la courtoisie, la substance et la logique manquaient. Par contre, la rudesse, la légereté et la confusion étaient présentes. Pour preuve, sous le titre “Confidences d’Alpha Condé : ‘Je me suis marié avec une femme Peuhle de Kankalabé’” le site Africaguinée n’a retenu que l’évocation d’un pan de la vie privée du chef de l’Etat. En réalité, la sous-performance de M. Condé évoque ou expose ses mésalliances, la vulgarité de son langage et l’absurdité de ses vues politiques.

Mésalliances

Tel un chasseur (donsokè) présentant un trophée de battue, Alpha Condé déclare : “Je me suis marié avec une femme Peuhle de Kankalabé.”
Il ne précise pas cependant pourquoi il demanda la main de sa “compatriote”. Parmi les témoins de la cérémonie il ne signale que la présence de politiciens sénégalais. Il oublie que le mariage est avant tout une affaire privée, personnelle et familiale. De plus, il ne souffle pas un mot sur la participation de ses parents à lui, encore moins celle de sa fiancée, i.e. sa belle-famille (birankè). Comme d’habitude, s’exprimant à la première personne du singulier (je), il donne à la cérémonie une dimension entièrement politique.

Président Alpha Condé à Conakry, 3 octobre 2014
Président Alpha Condé à Conakry, 3 octobre 2014

Aimait-il seulement sa compagne ?  Faisait-il un calcul politicien et une arithmétique  électoraliste visant à amadouer l’electorat du Fuuta-Jalon ?
Alpha Condé rappelle ce mariage. En vérité, ce fut une mésalliance qui s’acheva par le divorce, qui, en soi, est un aveu d’échec et un constat de faillite. En conséquence, président Condé aurait dû s’abstenir d’étaler ce sujet devant la presse. Au nom de la pudeur et de l’humilité,

L’erreur est humaine. Répétée, elle devient une faute. Voire un crime. Mais une chose est presque certaine :  si l’occasion devait se présenter à nouveau — ce qui est improbable et impossible —  on peut parier que Mme Mama Kanny Diallo ne consentirait pas à convoler en noces avec M. Condé une seconde fois. Un proverbe anglais ne dit-il pas : “Fool me once, shame on you; fool me twice, shame on me.
Les équivalents français de ce dicton varient. L’un d’eux dit :
— “Dupe-moi une fois, honte à toi. Dupe-moi deux fois, honte à moi.”
L’autre, plus direct, affirme :
— “Tu m’y prends une fois, tu es une fripouille ; tu m’y prends deux fois, je suis une andouille.”

Alpha Condé peut se vanter à gogo de sa défunte union. Qu’il sache cependant que la plupart des Fulɓe déplorèrent le mariage de leur fille (sœur, nièce, cousine, petite-fille) avec l’opposant Condé. Les arrière-pensées du  prétendant étaient un secret de Polichinelle. De même, le monolithisme ethnique et les visées hégémoniques de son parti politique, le RPG étaient déjà notoires. En rétrospective, ils présagaient la violence qui a caractérisé l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir. Ils se méfiaient et se défiaient de lui. A l’époque donc, les Fulɓe ne  voyaient pas le bien-fondé de l’union conjugale. Que M. le Président du RPG le retienne une fois pour toutes.

Voilà pour le passé ! Venons-en à aujourd’hui. La Guinée nage en pleine crise Ebola. Pourquoi la mémoire embuée et sénilisante de M. Condé s’égare-t-elle dans le souvenir ses noces échouées ? Ne voit-il pas qu’il y a péril en la demeure, au sens figuré et littéral de l’expression proverbiale ? Ne comprend-il pas compte que le Guinéens se moquent éperdument de ses conquêtes féminines ? Enfoncé dans l’égocentrisme, concentré sur lui-même, coupé de la réalité du pays, M. Condé néglige ses responsabilités publiques.

 Femmes Fulɓe

A l’exception de Moussa Dadis Camara, chaque président de la Guinée a eu une femme Pullo (peule). Trois d’entre eux (Lansana Conté, Sékouba Konaté et Alpha Condé) eurent des épouses légitimes. Par contre Sékou Touré, lui, choisit une concubine, Fally Kesso Bah. L’attraction devait être forte entre le président et celle qui officiellement était Mme Sow. Grande et svelte, belle et intelligente, diplômée de mathématiques de l’Institut Polytechnique de Conakry, ambitieuse, la Pullo devait avoir de l’ascendant sur un veillissant Sékou Touré. Africa Confidential accolait erronément Touré à son nom en 1984. La publication la plaçait au 8è rang dans la hiérachie de l’entourage immédiat du président. La classification est approximative voire un peu erronée. Mais il est frappant de lire le nom de Mme Kesso  immédiatement après celui de Mme. Andrée Touré. Elle y devançait Sékou Chérif, pourtant membre du Bureau politique et beau-frère du dictateur.…

Fally Kesso Bah
Fally Kesso Bah

Vice-gouverneur de la Banque centrale, elle devint un rouage clé du régime. A la mort de son co-époux le 26 mars 1984 à Cleveland, Ohio, un témoin oculaire qui lui rendit visite, m’a affirmé qu’elle portait le voile du veuvage. En dépit du fait qu’aucune union (religieuse ou laïque) ne consacrait sa liaison avec Sékou Touré.…  André Lewin rapporte que, “par malice,” le Conseil militaire de redressement national (Cmrn), dirigé par Colonel Lansana Conté, ordonna que Mmes Andrée (l’épouse légitime) et Bah (la maîtresse) partagent la même cellule au Camp Keme Bourema de Kindia après le coup d’Etat du 3 avril 1984.

Sous des formes diverses, le mariage a longtemps et souvent été à l’intersection du sexe et de la politique.… En Guinée, depuis 1958, la femme Pullo n’a pas échappé à cette règle. Bon gré malgré, ne voulant pas voulant (nolens volens), elle a assisté et participé aux bouleversements et tourments, aux fracas et tracas de la société guinéenne post-coloniale. Sollicitée pour sa beauté,  recherchée pour sa fécondité — réputée génératrice d’une progéniture intelligente —, la femme Pullo  a meublé et rythmé la vie (officielle ou officieuse) de quatre présidents guinéens sur cinq.

Les relations entre Alpha Condé et le Fuuta-Jalon ne se  limitent évidemment pas aux femmes. Elles incluent sa collaboration avec des cadres de cette région, et non des moindres. Je mentionnerai ci deux cas importants : feus Samba Baldé et Alfâ Ibrâhîm Sow.

Samba Baldé

Le principal livre politique d’Alpha Condé s’intitule Guinée : Albanie d’Afrique ou néo-colonie américaine ? L’organisation déséquilibrée et le style pamphlétaire de l’ouvrage mettent à nu les lacunes intellectuelles de l’auteur, et qui se sont affermies avec le temps.  Par exemple, Alpha Condé appelle prolétaires  la main-d’oeuvre non qualifiée de paysans contraints de travailler sur le chantier mortel du chemin de fer Conakry-Niger en dans les années 1910-20 ! Tout Marxiste réfuterait cette confusion élémentaire et déplorable entre le prolétariat des pays industriels et les “indigènes” ruraux d’une colonie française d’Afrique ; astreints à l’économie de subsistence et taillables et corvéables à merci !

Samba Baldé, leader étudiant guinéen
Samba Baldé, leader de l’Association générale des Elèves et Etudiants guinéens (AGEEGS)

Quoiqu’il soit M. Condé dédie son livre ainsi qu’il suit :

«  A la mémoire de Baldé Samba, mon Ami, mon Camarade, président de l’Union des Etudiants de Dakar décédé le 28 février 1969
Martyr et héros de la jeunesse politique guinéenne. Par sa lucidité, son courage, son humilité, sa ferme détermination, sa fermeté dans les principes, et sa souplesse tactique, il a marqué l’Union des Etudiants de Dakar (U.E.D.). Il rest un exemple et un modèle pour les jeunes patriotes guinéens. Au Sénégal, l’Association générale des Elèves et Etudiants guinéens (AGEEGS) , animée longtemps par Baldé Samba, regroupe la grande majorité des scolaires guinéens sur des positions patriotiques. En dépit des multiples difficultés et des différentes tentatives des réactionnaires du FLNG, les militants de l’Association maintiennent fermement leur ligne anti-impérialiste conséquente. Fidèle à la mémoire du héroïque Baldé Samba, l’AGEEGS sera sûrement une des composantes les plus dynamiques de la future UGEEG. »

Alfâ Ibrâhîm Sow

Alfâ Ibrâhîm Sow, 1938-2005
Alfâ Ibrâhîm Sow, 1938-2005

Dans mon oraison funèbre intitulée “Morts et Rédemption d’Alfâ Ibrâhîm Sow”, j’écris :

L’exhumation des trésors culturels du Fuuta-Jaloo ne l’intéresse plus. Il se détourne de la recherche pour les mirages de la politique. Il rejoint ainsi les légions de Fuutanke auto-exilés à Conakry. Et qui, par leur exode massif, accentuent la crise de leur région. C’était une forme de suicide. Et pourtant, la politique lui avait déjà valu sa première mort (voir plus haut). Alfâ savait donc que si la Guinée broie ses éducateurs, scientifiques, intellectuels, artistes, et sportifs, elle dévore ses politiciens. Son parti n’ajouta rien à son prestige de chercheur. Au contraire. En 1998, il devint le directeur de campagne d’Alpha Condé. Ce rôle secondaire ne fit guère l’unanimité. De fait, il lui valut l’incompréhension et le rejet. Son parti, l’UFD, éclata peu après, après la défection de l’un des ses collaborateurs, Bah Oury, qui alla fonder l’UFDG.
En 2001 et en 2004 les ONG Tabital Pulaaku International et Tabital Pulaaku Guinée (TPG) sont créées à Bamako et à Conakry respectivement. Toujours victime de l’aveuglement partisan, de l’ostracisme politique des siens et de son auto-isolement culturel, et comble d’ironie, Alfâ Sow est écarté du processus. De toute évidence, l’environnement politicisé et intellectuellement stérile de TPG n’aurait pas favorisé une participation effective de l’expert. La collaboration eût été donc impossible.

En définitive, ce n’est pas seulement son mariage avec Mama Kanny qui aurait dû conduire Alpha Condé à respecter les Fulɓe du Fuuta-Jalon.  C’est aussi sa dette et sa reconnaissance aux deux individualités sus-nommées. Sans savoir qu’ils avaient contracté une mauvaise alliance, ils coopérèrent avec lui de bonne foi, et contribuèrent à l’avancement de sa carrière. Parvenu au pouvoir par les moyens dévoyés et les méthodes brutales que tout le monde  connait, M. Condé devait, tout de même, leur exprimer sa gratitude et honorer leur souvenir. Mais non, il choisit l’opposé de cette voie noble.  Et, comme on le verra ci-dessous, depuis 2010, il s’en prend directement à leur communauté. Samba Baldé et Alfâ Ibrâhîm Sow doivent se retourner dans leur tombe.…
Venant 38 ans après le Complot Peul de Sékou Touré, la récidive est criminelle, condamnable et impardonnable !

Vulgarité

Président Condé lance le mot conneries à ses interlocuteurs journalistes. Le terme est indécent et inapproprié dans le discours public du chef de l’Etat. Il écorche l’oreille comme grossier et vulgaire.
Le mot souligne l’arrogance et la maladresse d’Alpha Condé. Par-dessus tout,, il révèle le mépris de M. Condé pour la presse guinéenne, qu’il maintient hautainement à distance. Aurait-il parlé de la même manière à Jeune Afrique ou à un autre organe de presse étranger ? J’en doute. Par civilité, décence et égard à sa fonction, il devrait surveiller son langage et châtier sa langue…

La vie privée du président ne figurait pas à l’ordre du jour du point de presse. Elle n’y a pas sa place. Son passé matrimonial étant nullement important, Alpha Condé devrait désormais se concentrer sur les affaires pressantes du pays. Sans  amuser — ou ennuyer — la galerie avec ses histoires personnelles.

Absurdité ethnique

Alpha Condé prétend n’accorder aucune importance à la question de savoir “qui est Malinké,  qui est  Peul ou qui est Soussou.” Sa mémoire est sélective. A moins qu’elle ne se rouille avec l’âge. Mais les Guinéens se souviennent de ses propos outranciers.
Par exemple, en 1991, il décernait le titre peu honorable de bâtard à tout Malinké qui ne voterait pas pour son parti, le RPG.
Durant la campagne présidentielle de 2010, Alpha Condé  ses partisans accusèrent les Fulɓe d’avoir empoisonné des boissons en distribution. Puis, il regroupa ses troupes  autour du slogan et cri de guerre “Tout sauf un Peul…”

Aujourd’hui, il prétend être indifférent à l’appartenance ethnique des Guinéens. Etrange ! Mais la planche de bois a beau flotter, elle ne deviendra pas un caïman. Autrement dit, chasser le naturel et il revient au galop. Le “Professeur” peut crier à tue-tête sa soudaine conversion . Il trouvera peu de gens crédules et naïfs pour croire à sa confession.

Cela dit, l’ethnie est l’alpha et l’oméga de l’humanité. Elle constitue le pilier durable des  cultures et des civilisations. Ni les révolutions, ni  les hégémonies (religion, science, capitalisme, communisme) n’ont pas pu effacer la réalité de l’ethnie, qui se perpétue,  s’adapte, et évolue avec le “progrès”, quel que soit le sens que l’on donne à ce mot.
En France, Basques, Bretons, Corses, Alsaciens, Catalans, Occitans, etc. co-existent sans exclusion ou antagonismes. De même, en Grande-Bretagne, où Anglais, Ecossais, Irlandais forment une alliance qui  reconnaît à chaque nation constituante le droit de préserver son patrimoine et de développer sa personnalité culturelle. Aux USA, la diversité est encore plus marquée entre les communautés et ethnies : Indigènes (Amérindiens) Anglo-Saxons, Africains-Américains, Italiens,  Polonais, Arabes, Juifs,  etc.
M. Condé réduit exaggérément l’ethnie à la politique. En réalité, celle-ci est avant tout le dépôt des codes qui régularisent les étapes du cycle de la vie : naissance, enfance, initiation,  mariage, mort, En l’occurrence, c’est l’ethnie (Malinké) qui a donné au président guinéen son prénom et son nom. C’est elle qui lui apprit la langue africaine qu’il parle. Elle lui inculqua les rudiments d’Islam qu’il possède, et lui inspire le port de bagues-fétiches aux doigts. La qualité esthétique et la valeur bijoutière de ces anneaux sont relatives. Mais, au plan spirituel, ils charrient des forces occultes du terroir mandé, auxquelles M. Condé croit profondément. N’en déplaise au double socialiste —ou plutôt socialisant — de sa personnalité ! Ou bien aux autres composantes de son idéologie à géométrie variable !
Enfin, au moment ultime, l’ethnie commandera le rite  des  funérailles du “Professeur”.…
Pour toutes ces raisons, si Alpha Condé ne comprend toujours pas le rôle vital de l’ethnie en société, qu’il lui colle au moins la paix !

Drôle de panafricaniste !

Terminant sa tirade, Président Condé se déclare panafricaniste. Vraiment ?! Quel type de panafricaniste est-il ? Ses prestigieux prédécesseurs ont buté, trébuché et échoué dans le panafricanisme.  Prenons Kwame Nkrumah, par exemple. Il fut un co-fondateur de l’Organisation de l’Unité Africaine, à Adis-Abéba, en 1963. Trois ans plus tard, l’armée ghanéenne le renversait. Et la statue du Rédempteur (Osagyefo) tombait sous les coups de boutoir des foules d’Accra.

Telli Diallo, premier secrétaire général de l’OUA, fut assassiné en 1977 au Camp Boiro par Sékou Touré, un autre autre champion du panafricanisme.

Tout comme Sékou Touré, Alpha Condé utilise l’ethnie pour diviser, conquérir et régner. Imitant le “Responsable suprême de la révolution” M. Condé trône autocratiquement à la présidence de la république.

Après avoir semé la discorde, la mésentente, les tensions et les attaques entre les ethnies, il se présente aujourd’hui comme un panafricaniste !

Drôle de panafricaniste qui empoche quelque $725 millions d’argent public provenant de tractations secrètes (Rio Tinto, Palladium) autour des maudites mines guinéennes. Et qui continue à les dépenser à sa guise, sans en rendre compte à l’Assemblée nationale, pourtant co-gestionnaire des deniers de l’Etat, selon les dispositions de la Constitution.

Tierno S. Bah

PS. Dans sa sortie verbale Alpha Condé a mentionné la Chefferie de canton. Comme à l’accoutumée, il n’a pas pu ou voulu préciser sa pensée ou développer le sujet. Je compte y revenir dans un autre blog.

Oumar Cissé de Bma : Le Président Alpha Condé n’a jamais divisé les Guinéens : La Partition du Pays entre tribus hostiles date de l’ère ‘’CMRN’’.

« Nul n’a le droit d’effacer une page de l’Histoire d’un peuple car, un peuple sans histoire est un monde sans âme… » ! C’est une phrase du  journaliste (Alain Foka) sur Rfi,  où jamais personne ne prononce ‘’Sékoutouréyah’’ …  Comme on dirait ‘’Élysée’’, dans le cas du palais présidentiel  français.

I – Quelques Constats...

Le ‘’devoir’’ (entre autre, d’informer et  de dire la vérité), devrait se situer non pas dans des règles sociales relatives, mais dans la connaissance immédiate du  bien et du mal. Tous les hommes ont le devoir de suivre leur conscience. C’est un choix libre et éloigné de tout intérêt ou plaisir. Je croirais difficilement en l’existence, quelque part sur la planète, d’une société dans laquelle l’éducation ne permettrait pas de discerner le bien et le mal. Chacun sait donc que le mensonge est un mal ! Or, certains frères  Guinéens,  spécialisés dans le mensonge, la mythomanie, le conspirationnisme, et œuvrant invariablement contre l’intérêt général,  ont ajouté d’autres dimensions à leur univers :

i-        Ils ne se cachent  plus,  et conspirent  au grand jour,  depuis l’époque de la  mort du Père de notre Indépendance ! Dès  1984 en effet, un Parti d’opposition avait ouvertement demandé à ses membres  (lors d’une réunion à Paris-Porte Maillot), de réfléchir au moyen de réduire le nombre des officiers ‘’malinkés’’  dans l’armée guinéenne ;

ii-      Le confusionnisme  absolu est une autre des facettes,  car par exemple, ils ont toujours omis de préciser (ci-dessus) que ces officiers  étaient des recrues et des combattants  hérités de l’armée coloniale (2ème guerre mondiale ; guerres d’Indochine ou d’Algérie, etc.) ; Sékou Touré n’était pour rien dans leurs carrières.

iii-    Des haines absurdes et des méchancetés diffamatoires,  sont déversées  sur des sites internet (et quelques radios FM), appelant constamment au djihad … et dans ces cas, je suis surpris de l’indifférence de nos autorités,  qui devraient  utiliser nos diplomates accrédités,  et des avocats spécialisés, pour attaquer certains administrateurs et responsables de ces sites incendiaires hébergés en Occident. Etc.

 L’éducation incite à suivre des règles intériorisées dès l’enfance (le surmoi), et à respecter les lois,  car la survie de la Société et l’ordre social en dépendent.

Le Président de la République,  notre Professeur Intègre,  a contre lui, plusieurs tribus d’irréductibles :

1-       Ceux qui veulent le contraire de ce qu’il fait ;

2-       L’immense majorité de ceux qui  génèrent  et  protègent  les intérêts mafieux ;

3-      Nos marcheurs de l’apocalypse qui  veulent  le beurre de l’Universalisme en Guinée, et l’argent du beurre du droit à la différence ;

4-      Etc. 

II – Des Points sur les ‘’i’’

L’opposant Alpha Condé n’était pas en Guinée dans les années 1984 et suivantes ! Il était très loin de son pays (dans l’espace et dans le temps), et n’avait donc pas pu procéder, avec les hommes de main des activistes du CMRN, au tri sélectif des collaborateurs de Sékou Touré (sur une base exclusivement ethnique) ! Certains ‘’justiciers’’ déclarèrent par la suite,  après les massacres de  Kindia, « qu’ils avaient enfin vengé leurs parents’’?

Rappelons que c’est à cette même époque, qu’on ‘’commanda’’  aux soudards, de  violer des détenues, pour encore mieux les humilier. Sous la première République, il n’y avait ni voleur, ni violeur. Nos soldats furent des héros à travers l’Afrique, sur tous les fronts de libération et ceux qui n’étaient pas sur ces fronts,  construisaient des routes ou s’activaient à d’autres tâches de génie civile dans le pays.

Donc, j’insiste bien que Alpha Condé n’a rien à voir avec les coupables connus et reconnus des douloureux évènements sanglants, qui plongèrent la République de Guinée dans la division ethnique regrettable, qui oppose encore aujourd’hui  les autres régions naturelles du pays,  à la Haute Guinée dont on diabolise tous les ressortissants au point que certains responsables avaient déclaré publiquement qu’en cas d’extermination, et si besoin se posait, alors ils iraient chercher de la semence en République voisine du Mali.

La sinistre journée du 04 Juillet 1985, avait marqué le début d’un POGROM, qui n’avait épargné sur l’ensemble du territoire ni civils, ni militaires et paramilitaires, et encore moins les cadres, les commerçants, les ouvriers, etc., TOUS de la communauté Malinké.

Lors de ce ratissage ethnique, outre 1 Général de division, 2 colonels, 11 chefs de bataillons, 12 capitaines exécutés sans jugement par un tribunal militaire du CMRN, il y avait eu plus de 850 arrestations de civils et plus de 900 militaires.

C’était l’époque des fameuses ‘’branches pourries’’ dont tous les biens et avoirs furent confisqués. Certaines victimes sont toujours  là !  Elles attendent et espèrent,  avec leurs familles et leurs enfants devenus grands or, maintenant, on ne pardonne pas au Président de la République de rendre visite dans leur région…, comme si c’était un territoire de pestiférés. Nous y reviendrons, inch’Allah pour répondre aux élucubrations et aux incongruités antipatriotiques.

Vendredi, 22 Mai 2015

Cissé Oumar de Bma

Gandhi Haroun " Les élucubrations d'Alpha Condé dans la revue « Jeune Afrique »

Dans son entretien à Jeune Afrique1, publié sur certains sites guinéens, Alpha Condé, fidèle à lui-même, fait montre d'un manque de lucidité évident, en témoigne certaines de ses réflexions – élucubrations serait plus approprié -, dont un compte-rendu non exhaustif de ses perles, est à suivre.

 C'est toujours la faute des autres, peut-être même d'une certaine communauté

Lorsqu'Alpha Condé annonce que : « ceux-là qui ont à l'époque dirigé les gouvernements responsables de cette faillite sont les mêmes qui, aujourd'hui, font tout pour empêcher la Guinée d'avancer », il oublie de préciser qu'il travaille avec certains d'entre eux, qu'il a en outre lui-même nommés.

De même Alpha Condé n'a pas honte d'accuser l'opposition de vouloir « ramener les Guinéens à l'âge de pierre », lui qui affirme sans cesse vouloir ramener la Guinée, là où Sékou Touré l'a laissée, c'est-à-dire il y a plus de 30 ans, au XXème siècle, bref… à l'âge de pierre.

«
 Quand on n'a rien à proposer, on a recours à ... l'ethnie », Alpha Condé ne croit pas si bien dire, lui qui affirmait encore à Kankan le week-end dernier, que la Guinée appartenait aux soussous, malinkés et forestiers, considérant les peuls, communauté la plus importante en nombre du pays, comme des étrangers. Alors il est vrai que : « quand on n'a rien à proposer... ».

Ce n'est pas parce qu'il a des contacts avec quelques peuls pour se justifier, que cela lui délivre un certificat d'honorabilité. Seuls les actes comptent, et je n'ai pas besoin de revenir sur les nominations à sens unique qui ont eu lieu depuis 2011. Mal lui en prend de prendre l'exemple de Boubacar Barry, dont sa maison ou sa voiture n'a jamais été brûlée. Mal lui en prend de prendre l'exemple de Lansana Kouyaté, dont sa voiture a été criblée de balles en Août 2012.

On se demande pourquoi certaines associations de défense de la communauté peuhle restent muettes, alors qu'elles devraient ruer dans les brancards et agir, quand bien même la procédure resterait lettre morte. Il faut faire montre de pédagogie pour montrer aux autres, ce que demain peut leur arriver, en vertu du théorème du pasteur Martin Niemöller, que j'ai maintes fois rappelé.

 

Quid des élections ?

Lorsqu'on parle d'inversion du calendrier électoral, il serait plus juste de préciser qu'il s'agit plus exactement d'inversion du calendrier électoral proposé par la CENI, car là encore pourquoi parler de l'accord de Juillet 2013, auquel Alpha Condé n'accorde aucun crédit, et ne pas regarder la loi qui précise d'une part que : « les Conseils communaux sont élus au scrutin proportionnel de listes à un tour, pour un mandat de 5 ans renouvelable » (article 114 du Code électoral).

D'autre part, la CENI n'est nullement habilitée à prolonger le mandat des délégations spéciales (seule l'Assemblée Nationale l'est). Par ailleurs, la CENI n'a rien démontré sur l'impossibilité de tenir les élections communales avant les présidentielles, mais seulement affirmé qu'il était impossible de les tenir avant Mars 2016. Puisque la CENI viole la loi, Alpha Condé est mal venu de dire que sa « position est … conforme à celle de la CENI ».

Par ailleurs, ce n'est pas parce que le nouveau Code électoral a exclu toute participation des maires ou des délégations spéciales au processus électoral, qu'ils n'interviennent pas dans ce dernier. Alpha Condé a t-il lu les remarques de la MOEUE2, qui prouvent le contraire, et que j'ai rappelées dans un précédent texte ?

Lorsqu'il est indiqué que l'opposition pourrait consentir « à un report de l'élection présidentielle au-delà du 11 Octobre, afin que les communales puissent être organisées auparavant », Alpha Condé répond qu'il ne se voit pas « accepter de devenir un chef d'État hors délais constitutionnels », évoquant même un « piège ... un peu grossier ». Il paraît qu'Alpha Condé signe tous ses décrets du titre de « professeur » - ce qu'il n'a jamais été -, cette diatribe supplémentaire illustrant encore, qu'il n'a rien retenu du droit, faute de l'avoir pratiqué.

Concernant la CENI, il est vrai qu'Alpha Condé a « toujours été favorable à une CENI technique », à condition qu'il en nomme TOUS les membres, ce qu'il avait essayé de faire en 2012, avant que l'opposition n'impose une CENI politique. Comme Alpha Condé en revanche, je pense que cette dernière doit assumer les conséquences de son choix.

 

Quid des manifestations ?

Alpha Condé n'a même pas honte de déclarer qu'il a « interdit [aux forces de l'ordre] l'utilisation d'armes létales… Pour que ces fonctionnaires habitués à la répression acquièrent des réflexes démocratiques, cela prend du temps et je ne nie pas que des bavures surviennent, mais j'insiste sur un point : les forces de l'ordre ne tirent pas à balles réelles ». C'est ce qui explique que lorsque des manifestants et/ou des citoyens sont tués, aucune enquête - y compris lors de ce qu'il appelle « bavures » -, n'est diligentée contre la gendarmerie, qui relève du Ministre de la Défense, dont le titulaire n'est autre qu'Alpha Condé lui-même. CQFD.

De même Alpha Condé termine cette partie de l'entretien par un mensonge, indiquant qu'il n'a « jamais eu recours à la violence, ... jamais armé la jeunesse ». Il faudra bien que les historiens se penchent sérieusement sur les évènements du début des années 2000, pour prouver que les nombreuses rumeurs sur sa participation à la rébellion sont fondées.

 

Quid de son bilan économique et social ?

Lorsqu'on reproche à Alpha Condé « d'avoir sous-estimé l'ampleur de l'épidémie [d'ébola] », il rétorque que « si l'Institut Pasteur de Kindia fonctionnait toujours et si nous avions nos propres laboratoires, nous aurions sans doute réagi plus vite ». Question : pourquoi la santé qui constitue pourtant la chose la plus importante pour l'homme, est tellement négligée par ce gouvernement (à peine 2,5% du budget de l'État, contre 125% en France par exemple) ? Pourquoi construire des hôtels et non des hôpitaux ? Pourquoi avoir encore diminué le budget de la santé en 2015 malgré ébola, et augmenté accessoirement celui de la présidence ? Où sont les priorités ? On ne peut s'exonérer de ses propres turpitudes.

Lorsqu'on lui rappelle que « eau, électricité, éducation, santé, chômage, formation : sur tous ces chantiers, la Guinée est à la traîne en Afrique de l'Ouest. Et ce constat impacte forcément votre bilan... », il répond que « ce que j'ai fait en quatre ans, mes adversaires politiques ne l'ont pas fait en quarante ans », non sans indiquer de quelles réalisations il s'agit.

 Quid de son bilan politique ?

Alpha Condé affirme qu'il a « combattu le régime de Sékou Touré ». Il faudra aussi qu'il nous explique un jour, comment la majeure partie des Guinéens ont du quitter la France après l'indépendance de la Guinée en 1958, mais pas lui.

Par ailleurs, je ne suis pas spécialiste de l'organigramme du RPG, mais en indiquant que « le numéro deux du RPG est une femme sous­soue », je manque de m'étrangler. De qui parle t-il ? De Nantenin Chérif Konaté ?

Concernant la non limitation des mandats, Alpha Condé exprime sa pensée, indiquant que « la question est complexe, les pays asiatiques [ayant] fait des progrès économiques et sociaux considérables avec des dictatures », ce qui implique qu'en Guinée « le débat est ouvert ».

En suggérant qu'avec un bon président (qui en décide ?), rien n'est interdit, il montre sa prédilection pour l'homme providentiel. Si on le laisse faire, il imposera un mandat non limité en Guinée. Or quelles que soient les conditions, un individu ne doit pas dépasser deux mandats, car personne n'est irremplaçable.

Alpha Condé estime être un patriote, c'est sans doute la raison pour laquelle il ne compte que sur les étrangers pour développer la Guinée, et qu'il considère qu'une communauté ne fait pas partie de la nation.

Alpha Condé dit être contre la peine de mort… prononcée par des magistrats, mais il n'est pas contre accepter et/ou donner la mort en forêt notamment, mais aussi contre des citoyens supposés être contre son régime, qu'ils soient assimilés à des manifestants ou à des opposants.

Concernant la Guinée, Alpha Condé reconnaît que « personne ne m'a obligé à en devenir le chef… je savais ce qui m'attendait », ce qui invalide son discours interne, expliquant qu'il ne connaît pas les cadres, et que, s'il avait su, il n'aurait pas accepté la charge, etc... Comme à son habitude un discours à vocation interne, un autre pour l'extérieur.

Enfin il termine par le délire de mégalomanie classique des dictateurs, s'assimilant à la Guinée et déclarant que « je ne cesserai jamais de m'opposer à ceux qui veulent du mal à la Guinée ». Personne ne veut de mal à la Guinée, sauf lui, mais beaucoup en revanche en veulent à Alpha Condé.

 Gandhi, citoyen guinéen

« Dans tout État libre, chaque citoyen est une sentinelle de la liberté qui doit crier, au moindre bruit, à la moindre apparence du danger qui la menace ». (Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, Mai 1791).

 

1 n°2835 du 10 Mai 2015 pages 25 à 31.

2 Mission d'Observation Électorale de l'Union Européenne.

 

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