Les 2 Ministres du PEDN n'auraient pas participé au conseil des ministre de ce matin

M. Cellou Dalein Diallo actuellement en conférence de presse n'a pas voulu commenter l'absence de MM. Souleymane Cissé (Plan) et Aboubacar Sidiki Coulibaly (Contrôle économique et Audits) au conseil des ministres de ce matin (28 août). Ces deux ministres représentaint le PEDN au gouvernement de la coalition Arc-en-ciel. Depuis que le peésident du PEDN avait rejoint le Collectif pour la finalisation de la transition, il devenait incompréhensible que ces représentants participent à un gouvernment, dont le véritable patron, le chef de l'Etat avait piétiné l'accord signé avec le Président du PEDN, M. Lansana Kouyaté qui avait mui-même rejoint l'oppsition dans un bmoc, ADP/collectif. Il n'est jamais trop tard pour que les mots et les choses se conforment à un discours politique qui est celui d'une opposition ADP (PEDN et Cie) et Collectif, face à une nébuleuse qui gère l'ETat. D'ailleurs cette démission non encore formelle entre dans une nouvelle stratégie de rupture.

En effet l'Opposition aurait décidé de déserter toutes les institutions dites républicaines : CENI, CNT, gouvernement, CES (Conseil économique et social), CNC (Conseil national de la communication), etc.

Devant un Etat devenu Parti-Etat, donc attiré comme un aimant dans les délices, les délires, et les dérives de la dictautrure, il vaut mieux non seulement éviter d'être éclaboussés par certains actes (crimes contre l'humanité dont le dernier défraie la chronique, (voir Zoghota, le dernier en date), mais aussi battre le fer pour croiser le fer d'une dictaure qui a montré son visage ce 27 août de façon on ne peut plus dévergondée.

Nous serons mieux fixés ce soir (28 août 2012)

Dépêche de ROSAMEP pour nrgui.com

Manifs : la danse des poubelles..

Le service de protection de transfert des déchets envahi par des manifestants

Ils étaient nombreux ce matin les anciens travailleurs de l'entreprise IC transport à investir les locaux du Service Public de transfert des Déchets pour réclamer le payement des arriérés de salaire que ce dernier (SPTD) avait promis de régler depuis la résiliation du contrat d'assainissement de Kaloum qui était confie à la société IC Transport sur décision du conseil de ministres. Depuis plus de deux mois, ils sont plus de 180 employés à attendre que leur situation soit réglée. En effet, la société IC Transport qui avait obtenu il y a moins d'un an le contrat d'assainissement de la commune de Kaloum s'est vu retirer le marché pour motif de manque de résultat selon un des cadres du SPTD. D'après le directeur du SPTD, le gouvernement guinéen  payait 14 dollars la tonne de déchets à l'entreprise IC Transport, une somme qui dépassait la moyenne sous-régionale. Cependant,  la capitale guinéenne croule sous était les ordures comme le confirme cette épidémie de choléra qui sévit a Conakry. Ce matin donc, cette manifestation a été dispersée par les forces de l'ordre appuyées par le gouverneur de la ville de Conakry, Sekou Resco Camara qui a menace de poursuivre en justice tout manifestant. Pendant plusieurs heures, la circulation était perturbée. Décidément, la gouvernance et non seulement le gouvernorat de la « troisième république ont beaucoup de coups de balais à donner. Nettoyage en profondeur qui n'est pas à la porté des techniciens de surface, comme on les appelle en France : éboueurs, balayeur, petit personnel de ménage.

C'est tout un appareil d'État, voire la Guinée dans ses entrailles qui a besoin d'un grand coup de balai, mais ça c'est une autre affaire,,

Erapmos

Les préfets de N'Zérékoré et de Siguiri font les frais des tueries..

Le décret révoquant les préfets de NZérékore et Siguiri a été rendu public hier nuit sur les antennes de la RTG. Sans surprise, les têtes réclamées par les familles et proches des victimes n'ont pas mis trop de temps pour tomber, La pression était de plus en plus forte ce dernières heures, sous le regard inquiétant d'une communauté internationale vigilante depuis la parution du rapport de  la mission conjointe qu'ASF et PACEM  une représentante de l'ONU. Hassan Sanoussi et Aboubacar Sidiki Kaba respectivement préfet de NZerekore et de Siguiri quittent leur poste suite aux dérives sanglantes qui se sont produites dans les localités qu'ils administrent.

C'est étrange mais aucune précision n'a été donne comme motif de leur limogeage. Désormais les deux responsables devront se mettre en rapport avec la Justice pour les besoins l’enquête diligentée par les Autorités centrales, comme nous l'a confie un cadre de la Présidence qui a préféré garder l'anonymat. Pour l'instant c'est le mystère autour de la décision qui sera prise contre les responsables des services de défense et sécurité qui sont aussi indexés comme ayant participé aux « bavures meurtrières survenues  dans le pays profond.

Longtemps accusées pour leur mutisme, les autorités laissent entendre que suivront après enquête, d'autres sanctions. Cependant les citoyens restent toujours sur leur faim malgré ces décisions car les responsabilités ne sont toujours pas situées comme le souhaite bon nombres de voix, à commencer par des organisations des droits de l'homme.

Erapmos

 

Kaloum se mêle à la valse de manifestations contre la rareté de l’électricité

Décidément cette semaine sera très agitée par  des manifestations contre les délestages de courant. Après les manifestations des citoyens dans la commune de Matam dans plusieurs quartiers,c'est autour du quartier de Teminètaye dans la commune de Kaloum qui malgré les fines pluies qui s’abattaient ce mardi matin,  sont sortis en grand nombre pour barrer les rues et brûler les pneus pour exprimer leur colère.

Si par le passé la commune de Kaloum était épargnéé des délestages intempestifs, a cause de la présence des bureaux administratifs et comme centre d'affaires, depuis quelques mois ce n'est plus qu'un souvenir. Des quartiers entiers sont privés quotidiennement d’électricité à l'image du vieux quartier de Téminètaye qui a vu  des manifestants très vite dispersés par les forces de l'ordre.

La société Électricité De Guinée est sollicitée de toutes part en ces périodes de pluie qui d'ordinaire où les citoyens de Conakry connaissent  une amélioration en desserte de courant à cause de la montée du niveau d'eau à Garafiri, Ce n'est plus le cas cette année. Très remontés ce matin, jeunes et femmes de Téminètaye ont investi pour quelques heures, les différentes rues menant au quartier des affaires.

En moins de 48heures, les manifestations contre les délestages se multiplient comme une trainée de poudre. Si des mesures ne sont pas prises dans un bref délai, la situation pourrait prendre une dimension sociale, en rejoignant l'indignation et la colère crées par les évènements tragiques de Zoghota et ceux de Siguiri, Fria, etc,

Un mois de Ramadhan à ranger parmi les signes avant-coureurs de ,,vous connaissez le « hadith » (dire du dernier Prophète pour les musulamns (PSL) ?

ERAPMOS

Où sont passés les millions de $ ?

La population souffre, le gouvernement dit qu'il n'a pas d'argent, et qu'il faut attendre l'IPPTE

pour voir la vie en rose, voire les législatives pour le déblocage des financements européens.

Mais en peu de temps, les gens découvrent que des millions sont brassés à la tête de l'État sans

que l'on ne sache parfois d'où ils viennent, à quoi ils servent, et où ils sont partis ?

C'est l'objet de ce papier que d'essayer d'y voir un peu plus clair (si tant est que cela soit

possible) sur certaines affaires qui ont défrayé la chronique, et qu'on ne doit non seulement ne

pas oublier, mais creuser encore davantage les tenants et aboutissants.

L'affaire Palladino vue par le gouvernement

Le gouvernement a bien tenté de se démener pour justifier cette affaire, mais il n'a pas de

contradicteur, et ne convainc donc que ses fans, voire ceux qui n'y comprennent rien. Pourtant

à la lecture des différentes déclarations des uns et des autres, on constate que le gouvernement

s'est davantage enfoncé.

Lors du point de presse du jeudi 21 Juin dernier au Ministère des Mines, Mohamed Lamine

Fofana, le Ministre en question, avait fait savoir que l’article du Sunday Times du 3 Juin

dernier, contenait un certain nombre d’inexactitudes, qu'il évoquait ainsi :

«

cet accord [qu’il a qualifié de commercial], n’était pas secret en ce sens qu’il est passé par

toutes les procédures légales

». Comprenne qui pourra ??? à la définition de « secret »,

notamment avec l'article 149 de la Constitution qui précise que : « ...

les traités ou accords....,

ceux qui engagent les finances de l'État, ... ne peuvent être ratifiés ou approuvés que par une

loi

».

De même, il ajoutait que : «

le nouveau code minier comprend des dispositions pour la

publication des contrats miniers existants et nouveaux. Cela dénote nos efforts visant à

promouvoir la transparence dans la gestion des contrats miniers

».

Ce n'étaient évidemment que de simples déclarations – comme on commence à en avoir

l'habitude - qui n'ont pas été mises en oeuvre, puisque cet accord a été découvert par hasard, et

non annoncé par le gouvernement.

Le Ministre des Mines indiquait encore que : «

cet accord n’affecte pas la République de

Guinée dans ses obligations vis-à-vis des institutions financières internationales tels que le

FMI et la Banque Mondiale, car …., cet accord est signé du nom d’une entité para-étatique qui

est la Soguipami

».

On rappelle que c'est l'État (par l'intermédiaire de ses représentants), et non la Soguipami (qui

n'existait pas à l'époque et sera créée en Juillet 2011) qui a signé le prêt, et s'est engagé. Le fait

d'indiquer que cet argent servirait à la Soguipami ne signifie nullement que dans les faits, il en

serait ainsi. Pourquoi d'ailleurs, le président de ladite société (en l'occurrence Ahmed Kanté) ne

s'exprime jamais sur cette affaire, qui ne concernerait pourtant que l'entreprise qu'il préside ?

«

ce prêt n’est pas automatiquement convertible en une participation de 30% dans la

Soguipami en cas de défaut d’honorer la convention.... la garantie est à déterminer sous la

forme d’une part appropriée dans une filiale de la Soguipami, à une valeur liée au montant

du prêt et les intérêts cumulés

».

C'est exact, on se demande même pourquoi avoir signé ce genre de garantie, et cela n'empêche

nullement la possibilité pour les Sud-Africains de monter au capital à hauteur de 30% de la

Soguipami.

«

D'un point de vue commercial, il est de bon sens de rembourser un prêt dont les conditions

financières ne nous conviennent plus désormais ».

Le problème est que le prêt date d'Avril 2011, et qu'il ait fallu attendre les révélations du

Sunday Times en Juin 2012, pour se rendre compte que les conditions n'étaient plus

intéressantes.

Enfin, le Ministre montre qu'il ne connait pas grand chose dans les procédures financières et

inverse complètement la donne lorsqu'il déclarait que : «

du fait que cela a été signé par deux

ministres de ce pays, ça veut dire que tout le processus a suivi la voie normale et régulière

».

Autrement dit, lorsqu'on devient ministre, on devient mécaniquement honnête. Si on devait

appliquer ce principe à tous ceux qui l'ont précédé, la Guinée s'en porterait sans doute mieux !!!

Les 700 millions de $ de Rio Tinto et l'IPPTE

D’après Moussa Keïta, Directeur de cabinet du Ministère des finances et proche collaborateur

de Kerfalla Yansané, «

l’accord de prêt signé avec Palladino en Avril 2011 n’engage que la

Soguipami, qui est une structure paraétatique »

. Cet accord d’après lui, « n’engage pas l’État

et d’ailleurs le gouvernement a ordonné de retourner le montant

».

On se demande alors pourquoi le gouvernement, qui n'a rien à voir selon lui, pourrait

demander à quelqu'un de rembourser. Ou le gouvernement est concerné et donne des

instructions, ou il n'a rien à voir, et il n'a rien à dire, y compris demander à la Soguipami de

rembourser.

Moussa Keïta semble dire qu'on s'est entendu avec le FMI pour ne pas toucher aux 700

millions de $ de Rio Tinto (même si des entorses ont eu lieu, justifiant le rappel à l'ordre du

FMI à propos de l'achat de groupes électrogènes par exemple), ce qui a permis de toiletter les

comptes, mais en revanche personne ne s'est engagé sur des sommes... que personne ne

connaissait, et pour cause. On ne peut être plus clair !!!

Toutefois, le respect des procédures avec le FMI est très strict - il y a peu d'interprétations

possibles -, et il est fort peu probable que les institutions de Bretton Woods fassent comme s'il

ne s'était rien passé, d'autant que d'un point de vue financier – et c'est cela qui les intéresse – la

Guinée est engagée, et elles se doivent d'en évaluer la soutenabilité, autrement dit la capacité

de remboursement. Sur un plan strictement financier – et dans la mesure où il n'y a pas

d'autres « cadavres » dans le placard -, les 700 millions de $ permettent de rembourser les

prêts secrets, et le gouvernement semble avoir agi comme s'il voulait profiter d'avances sur

cette somme en garantie, mais en réalité il s'est engagé beaucoup plus. Sur le plan politique, le

FMI a été roulé dans la farine, et nul doute qu'il saura s'en souvenir.

Cela n'entamera pas la possibilité d'atteinte du point d'achèvement, en revanche, cela en

reportera inévitablement la date. Les institutions financières profiteront des enquêtes

obligatoires liées à cette affaire, pour reporter sine die la date, rappelant au passage que ce sont

elles qui restent maître d’oeuvre du calendrier. L'évaluation prochaine de la Guinée en

Septembre 2012 (la mission vient de s'achever) devrait le montrer. Comme les réunions

d’évaluation ne se tiennent qu'en intervalle de 6 mois, il faudra attendre le suivant en Mars

2013 pour y voir plus clair. Concrètement la mission a déclaré que les critères macroéconomiques

avaient été respectés, mais qu'elle voulait voir la Soguipami restructurée, c'est-àdire

la mettre sous la tutelle du Ministère des Mines et non de la Présidence comme c’est le cas

aujourd’hui. Par ailleurs elle ne devrait plus avoir le pouvoir d’emprunter, ce qui signifie que

tous ses engagements le seront de l'État. On ne peut pas avoir un État, dont on loue le respect

des critères macro-économiques, et une coquille vide (la Soguipami) engagée à hauteur de

millions de $, dont l'État – en tant qu'actionnaire - serait garant.

Si le rapport de la mission devait établir le report de la date d'atteinte du point d’achèvement,

le gouvernement mettrait en avant l'attitude de l'opposition qui retarderait l’organisation

effective des élections législatives, plutôt que de mettre en exergue la mauvaise gouvernance et

le non respect des droits de l’homme, qui sont également des critères essentiels de l’atteinte du

point d’achèvement de l'IPPTE.

Pour la Guinée, l'annulation d'environ 2,4 milliards de $ de dette guinéenne, sera un bon point

pour la Guinée (tout le monde doit s'en féliciter), mais il y a deux erreurs à ne pas commettre.

D'abord dire que les 2,4 milliards ainsi épargnés seront réinjectés (???) dans des secteurs

prioritaires. Que ce soit clair, puisqu'on ne les possède pas, on ne les réinjectera nulle part. Et

c'est d'ailleurs la seconde erreur, concrètement cela ne changera strictement rien pour le

quotidien du commun des mortels. Sur le papier les 150 millions de $ affectés au

remboursement de la dette, devraient être réorientés vers les secteurs de l'éducation et de la

santé, et les institutions financières y veilleront via la possibilité d'octroi de nouveaux prêts.

Dans les faits, nous ne remboursons rien actuellement (le Club de Paris, les USA... par exemple

ont même annulé ou reporté certains remboursements), de sorte qu'on ne peut affecter des

sommes qui n'existent pas.

Les errements du Ministre des Finances : un mois d'Avril 2011 prolifique

Kerfalla Yansané quant à lui, précise à propos de sa signature : «

le ministre des Finances

approuve les contrats passés par l'État, mais il ne les initie pas. L’initiative ne vient pas de lui

». Autrement dit, vous mettez un planton à sa place et il signera tous les documents qu'il voit

passer sous son nez, au motif qu'il n'est pas responsable. On comprend mieux pourquoi ce

Ministre, qui a quand même fait une quinzaine d'années dans l'administration, est passé du

Ministre le plus nul (dixit Alpha Condé qui qualifiera la période transitoire de plus

scandaleuse), au Ministre le plus compétent d'Afrique (il est vrai que ce classement émane

d'une revue, qui ne vit pas des abonnements de ses lecteurs, mais de publireportages de ses

clients, ceci expliquant sans doute cela).

Mais ce Ministre s'enfonce en affirmant que : «

de toutes les façons, les 25 millions sont venus

avant les 700 millions

[de Rio Tinto]. Donc, l’État avait besoin de mettre en place la

Soguipami pour qu’elle puisse le représenter dans les différentes discussions. Les 700 millions

étant là, on a aucun problème de dire à la Soguipami de rembourser les 25 millions. Nous, on

peut lui donner cet argent-là pour qu’il puisse fonctionner. Il n’y a pas de problème

».

Pourtant chronologiquement, l'État a été particulièrement actif pour récupérer (certains diront

pour racketter) des sommes d'argent. Ainsi on se souvient qu'en Avril 2011, l'État a emprunté

25 millions avec la société Palladino, et 50 millions avec la République du Congo. Il a récupéré

15 millions d'€ (quasiment 19 millions de $ sollicités en Avril) de la compagnie sud-africaine

Areeba, puis les 700 millions de $ de Rio Tinto (accord également en Avril 2011), et enfin les

150 millions d'Août 2011 de l'Angola. Pourquoi n'avoir pas remboursé les 25 millions, lorsque

la pluie de millions de $ est tombée ?

On peut donc se poser la question de savoir, ce que toutes ces sommes non budgétées (soit

quasiment 950 millions de $) sont devenues, puisque personne - à part les dirigeants qui se

contredisent quotidiennement - ne semble être informé aujourd'hui. En admettant que ces

sommes soient placées, même à 2% l'an, ce qui semble un minimum, les intérêts atteignent

quasiment 20 millions de $, dont on ne sait (que fait le CNT ?) à qui ils profitent.

Par ailleurs, je ne ferai pas le compte-rendu des déclarations de ce ministre devant le CNT, tant

celles-ci sont pitoyables. Lorsqu'on constate par qui notre pays est gouverné, il n'y a pas lieu de

s'étonner qu'il faille des techniciens étrangers pour conduire notre politique minière, voire la

politique économique (via le FMI).

Signalons simplement que la Guinée reconnaît avoir remboursé 950 000$ d'intérêts, soit près

de 4% d'intérêts, ce qui n'est pas conforme aux obligations du pays, contrairement à ce que

notre Ministre affirmait. De même en matière de chronologie, le Ministre doit revoir sa copie.

La coalition nationale de Guinée « Publiez ce que vous payez » a fait le 5 Juillet dernier, une

déclaration sur la transparence minière. Si le gouvernement suivait à la lettre ses

recommandations, cela permettrait une relative confiance, quelque peu ébranlée - et c'est peu

dire -, avec les citoyens.

Les sempiternelles gaffes d'Alpha Condé

Pour couper court aux nombreuses déclarations contradictoires, évasives et à vrai dire

mensongères, le PRG est intervenu pour donner une nouvelle tournure à cette affaire.

«

J'ai passé un accord avec l'homme d'affaires Walter Hennig, un Sud Africain qui m'a été

recommandé par les autorités de son pays. Il nous a accordé un prêt de 25 millions de $ sur

15 ans. Selon les termes de notre accord, si nous ne remboursons pas,

[sa] société pourra

avoir jusqu'à 30% des actions d'une filiale de la Soguipami. De toutes façons nous allons

rembourser à temps et le problème ne se posera pas

».

Dans cette déclaration laconique, Alpha Condé n'indique pas que l'argent a été octroyé pour

financer les activités de la Soguipami, le « je » ou le « nous » étant très clair sur ce point.

Depuis quand un chef d’État contracte t-il une dette personnelle en catimini avec un homme

d’affaires, en violation totale des procédures légales en la matière ?

Ensuite il ne précise pas l'utilisation de ces fonds, et coupe court en annonçant que le prêt sera

remboursé, en vue de mettre fin à cette affaire embarrassante. On nous a annoncé qu'il l'était.

Qui peut le prouver ?

Concernant les 700 millions de $ de Rio Tinto, Alpha Condé déclare qu'une partie de ces fonds,

a été utilisée dans les travaux de réalisation du barrage hydro-électrique de Kaleta et le reste

dans un fonds de fiducie (en Suisse) en dehors de toutes les procédures légales en la matière.

En tout cas, ni les Guinéens, ni les conseillers du CNT, n’ont été informés.

Comment rajouter de la confusion à la confusion ?

Pour en mettre une couche supplémentaire, le gouverneur de la BCRG avait indiqué que ces 25

millions étaient sur un compte d'attente (n'ayant pas « bougé », on se demande bien quelle

était l'utilité de ce prêt ?) et qu'ils allaient être restitués à leur destinataire. Sic !!! A l'entendre,

on a emprunté 25 millions de $ qu'on a placés sur un compte d'attente, et on l'a rendu avec

intérêts (950 000 $). Ou comment perdre de l'argent sans rien faire ? Il nous prend sans doute

pour des gogos, raison de plus pour enquêter et ne pas laisser passer ce dossier en pertes et

profits. Il est proprement scandaleux que des Guinéens tirent la langue pour manger, pendant

que des incompétents bradent quasiment un million de $.... pour rien.

Le 20 Juillet dernier, Idrissa Thiam, Conseiller spécial du PRG indiquait que la Guinée avait

remboursé le prêt de Palladino de 25 millions de $, avec un intérêt de 0,925 million de $. Il a

ajouté que la Guinée avait procédé en Février dernier au décaissement - terme qui possède

plusieurs sens, d'ailleurs contradictoires, qu'on peut lui faire dire ce que l'on veut - de 72

millions de $ sur les 150 millions angolais, sans qu'on n'en sache plus sur leur utilisation.

Cela confirme, comme s'il en était besoin, que la Soguipami n'est qu'un faire-valoir. Ce sont

bien des individus qui sont détenteurs de ce prêt, même si c'est l'État (voire la Soguipami) qui

apparaît officiellement. Sans déflorer ce qui ne sont encore que suppositions, le CNT faisant

beaucoup de bruit – parce qu'on l'y a incité -, mais n'est pas prêt à aller au fond des choses, on

ne sait toujours pas à ce jour à quoi ont servi ces sommes (si on y ajoute le prêt angolais). On

devine un peu plus néanmoins les motivations sud-africaines, qui ont la volonté de remplacer

les multinationales non africaines (BHP Billiton, Rusal et Valé notamment), mais pas Rio

Tinto, qui non seulement a déjà versé son obole (c'est la seule), mais qui en outre comprend des

intérêts chinois dans son capital, qu'on ne peut spolier, eu égard aux projets en attente qu'ils

pourraient financer.

En définitive, où sont passés ces millions ?

Si on fait l'inventaire de ce qui est connu, nul doute que nous ne sommes pas au bout de nos

surprises, on peut faire le décompte suivant :

25 millions de $ (Palladino) en Avril 2011 (reconnus à son corps défendant par ce

régime), aucune information sur son usage.

50 millions avec la République du Congo (Brazzaville) en Avril 2011 (dont personne ne

parle pour le moment).

15 millions d'€ (soit environ 19 millions de $ sollicités en Avril 2011) d'Areeba, aucune

information sur son usage, alors qu'ils n'ont pas été budgétés.

700 millions de $ (Rio Tinto) dont l'accord date également d'Avril 2011. Il paraît que 150

millions ont été affectés au barrage de Kaleta, mais selon l'opposition, si le barrage de

Kaleta coûtait 350 millions de $ au départ, et qu'on dit qu'il coûte 500 millions de $

aujourd'hui, cela permet de sortir officiellement 150 millions de $ pour financer le

barrage, alors qu'en réalité ce dernier pourrait toujours coûter 350 grâce aux Chinois,

qui tirent les prix vers le bas. Les 150 millions de $ pourraient donc sortir -

officiellement pour financer un investissement réel -, alors qu'en réalité ils serviraient à

une caisse noire. Et comme ils ne sont pas budgétés, le CNT pourra difficilement en

contrôler l'utilisation par sa commission des finances, mais devra mettre en place une

commission d'enquête (si tant est que ces conseillers en saisissent même la notion).

Évidemment ce ne sont que supputations, mais c'est pour dire que l'unicité de caisse a

vécu, et qu'on peut lui faire dire ce que l'on veut désormais. Seule la transparence réelle

(pas de simples déclarations) permettra de mettre fin à toute élucubration. Le

gouvernement a également évoqué l'utilisation de quelques autres millions (combien ?)

pour « gérer les affaires courantes » (lesquelles ?). Pour les gens du CNT dont la seule

fonction est de contrôler le gouvernement, on ne peut pas dire qu'ils soient

particulièrement zélés pour faire ce à quoi ils sont censés servir. Je suggère qu'on prenne

leur nom pour ne pas les élire aux futures élections législatives, s'ils avaient

l'outrecuidance de vouloir s'y présenter.

150 millions de $ de l'Angola en Août 2011 (reconnus également par le régime). Selon

Louncény Nabe (Gouverneur de la BCRG) : «

l’emprunt angolais qui a été contracté par

Soguipami, … a été décaissé à hauteur de 72 millions de $,... mis dans un compte

d’attente jusqu’à ce que Soguipami soit opérationnalisée complètement, parce qu’il

aurait été un tout petit peu imprudent de mettre tant d’argent à la disposition d’une

Institution en cours d’organisation

[un an après sa création elle ne l'est toujours pas].

On peut vérifier que les 72 millions sont effectivement dans un compte de la banque

centrale au niveau de ses correspondants étrangers

». J'aimerais effectivement que

quelqu'un (le CNT, mais surtout l'opposition) le fasse.

100 millions de $ en Février 2012, ainsi que 40 millions de $ de dotations en riz (pour le

ramadan ?), ainsi que des dons en bus (les 100 que chacun a pu constater) et en

carburant (ce qui a sans doute évité une nouvelle augmentation, pourtant suggérée par

le FMI) en provenance du China International Fund (CIF), selon le Sunday Times.

Conclusion : il faut être pugnace

C'est le site Radiokankan.com lui-même (qu'on ne peut accuser d'hostilité à ce régime), qui

déclarait dans un article intitulé «

les connexions mafieuses de Tokyo Sexwell et ses dégâts en

Guinée

» du 21 Juillet dernier, que des virements bancaires ont été faits via le compte de

Walter Hennig à la Banque Royale du Canada, au profit de Mohamed Condé (fils du PRG) sur

son compte de la Swiss Private Bank à Monaco.

Il est nécessaire de remettre à plat toutes ces sociétés nébuleuses et obscures - au moins dans le

secteur minier (Palladino, African Iron Ore Group...) - et qui suscitent des enquêtes au

Royaume-Uni et aux États-Unis, ainsi que de la part de la Banque mondiale. Qu'on les apprécie

ou pas, les multinationales Rio Tinto, BHP Billiton, Vale, Arcelor Mittal sont les véritables

acteurs de ce marché.

Un intermédiaire, quel qu'il soit, joue les entremetteurs et se fait payer pour ses interventions

de tous ordres. Or Alpha Condé discutait directement avec les multinationales. Si ces sociétés,

les seules qui peuvent agir s'en vont (BHP Billiton), gèlent leurs activités (Rusal) ou sont

empêchées (Vale), les projets risquent de devenir des serpents de mer. À titre d'illustration, on

rappelle que Rio Tinto est présent en Guinée depuis plus de 15 ans. Pour quels résultats ?

Il s'agira en effet, entre autres choses, de connaître les raisons du secret de ces accords, les

personnes cachées derrière ceux-ci, la destination des montants des prêts, l'origine des fonds

qui serviront au remboursement des sommes, etc...

L'opposition n'est pas assez offensive et pugnace en la matière. Alpha Condé nous avait promis

le changement, à l'opposition de le mettre au pied du mur et de l'illustrer dans les faits. Chacun

doit se sentir impliqué, le CNT doit faire son travail d'investigation, la presse également, tant

que des réponses satisfaisantes (donc probantes) ne seront pas données sur ces mouvements

de fonds intempestifs et opaques. Il en va de la crédibilité de ce régime.

Il serait d'ailleurs utile de voir un relevé de banque de la City Bank par exemple (ou du Crédit

suisse selon les sources, on n'est plus à une contradiction près) pour connaître et le titulaire du

(ou des) compte d'attente de la BCRG (en principe le Trésor public) et son montant actuel.

Toutes personnes susceptibles d'apporter des informations à ces détournements de fonds

potentiels, qui restent des pratiques d'autant plus scandaleuses, qu'on nous avait promis le

changement (y compris en matière d'intégrité), mais surtout qui retardent, voire

compromettent le développement du pays, sont les bienvenues.

Gandhi, citoyen guinéen (

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«

Dans tout État libre, chaque citoyen est une sentinelle de la liberté qui doit crier, au

moindre bruit, à la moindre apparence du danger qui la menace

» (Robespierre, Discours sur

la liberté de la presse, Mai 1791).