Exclusif : l'enfer de Zogota : Rapport conjoint sur les massacres de Zoghota
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- Mis à jour le mercredi 8 août 2012 18:30
- Publié le mardi 7 août 2012 23:02
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
Ce samedi 04 août 2012, des ONG de défense des droits de l’homme, en compagnie du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, ont effectué une mission dans le village de Zoghota pour procéder à la vérification d’informations relatives à une attaque nocturne qui aurait été perpétrée la veille par les Forces de Défense et de Sécurité contre les populations de ce village.
Le village Zoghota, d’une population de 3800 habitants est situé à 65 km de la ville de N’Zérékoré et à 14 km du chef-lieu de la Commune Rurale (CR) de Kobéla. Zoghota est fondé en 1881. Il est souvent qualifié de village mystique. D’où le nom « zogho ta » qui signifie « chez le prêtre traditionnel ». Il est ceinturé par le mont « yono » qui ne lui laisse qu’une seule sortie. C’est ce mont qui fait l’objet du projet d’exploitation minière de la société VALE. Juste au dos de ce mont passe le fleuve Diani qui constitue la limite entre la Préfecture N’Zérékoré et celle de Macenta.
Zoghota fait partie des villages qui hébergent le site du projet minier de la Société VBG (VALE /BSGR). Les autres villages sont : Maouon, Kpaye, KpaÏya, Konia, Koya, Koulé Yaketa, Doumou, Bhalagoulaye, Silissou, Kpatié (secteur de Zoghota), Koma Nyétona.
La mission se composait comme suit :
- Madame DOUMBOUYA Mariama CONTE, Chargée de Programme Protection au Haut Commissariat aux Droits de l’Homme (HCDH) ;
- Mr. Aimé Raphaël HABA, Directeur d’Avocats Sans Frontières Guinée (ASF-Guinée) ;
- Mr. Jean-Paul LAMAH, Directeur Exécutif de l’ONG PACEM IN TERRIS ;
- Mr l’Abbé Simon HABA, représentant de l’Eglise Catholique de N’Zérékoré ;
- Mr Yves Claver KOLIE, journaliste animateur et correspondant de la radio Renaissance en Guinée Forestière.
La mission est partie de N’Zérékoré à bord d’un véhicule du HCDH aux environs de 15 heures. Elle est arrivée sous une pluie battante vers 17 heures. Les missionnaires ont dû laisser leur véhicule auprès d’un pont cassé pour faire à pied, en aller-retour, une vingtaine de kilomètres de route.
Un ressortissant du village, Mr Nyankoye André KOLIE, a servi de guide aux missionnaires et a pu faciliter leur entrée dans ce village où tout le monde est sur sa garde. A l’entrée du village, le guide demandés aux missionnaires d’attendre pour qu’il aille négocier auprès de ses parents leur entrée.
I-Les constats des missionnaires :
Les constats suivants ont été faits par les missionnaires :
1- Chez le Sage, Vieux Hazali ZOGBELEMOU à N’Zérékoré
La délégation ministérielle, par la voix du Ministre des Affaires Etrangères, Mr Nyankoye Edouard LAMAH, a, dans son intervention, déploré avec insistance les dégâts causés à la société lors des grèves du mardi, 31 juillet 2012.
Les sages, de leur côté, ont plutôt insisté sur la vérification des rumeurs de tuerie à Zoghota, précisant que les dégâts matériels sont incomparables aux pertes en vies humaines. Ils ont demandé à la délégation ministérielle de retarder son retour jusqu’après la vérification des informations sur le massacre des citoyens de Zoghota. Le Sage, Molou-Holomo Hazali ZOGBELEMOU, a demandé à vérifier les faits sur le terrain avant toute déclaration. Malheureusement, ils ont attendu en vain les véhicules que la délégation ministérielle a demandés au gouverneur et au préfet de leur fournir pour cette vérification.
2- Sur le terrain
Route de Zoghota barrée par de massifs troncs d’arbres : deux troncs de palmier avant l’entrée de Kobéla, chef-lieu de la Commune Rurale, et un gros arbre avant l’entrée de Zoghota.
3 Véhicules abandonnés appartenant à la Gendarmerie, à la Police et à l’Armée dont une jeep de la gendarmerie à quelques kilomètres du village, un camion identifié « CMIS N’Zérékoré », enfoncé dans le pont à l’entrée de Zoghota et qui barrait le passage au dernier camion, immatriculé AG 600576. Tous les trois véhicules sont en position de retour. 
Deux ponts en bois coupés : l’un à 10 km de Zoghota. et l’autre juste à l’entrée de ce village.
Un village presque complètement déserté de sa population, notamment par les femmes et les enfants.
Quelques hommes adultes et jeunes armés de fusils, de lances pierre, d’arcs, de lances, de machettes, et autres, assurant la garde du village.
Cinq corps sans vie et criblés de balles, exposés à même le sol, dont l’un complètement nu avec un visage ensanglanté. Selon les villageois, il s’agit de : Nyakoye KOLIE (le Président du District), Moriba Tokpa KOLIE, Nazio KOLIE, Foromo Tokpa KOLIE et un autre. 
Des traces de sang en différents endroits.
Des étuis de balles d’armes militaires et des boîtes vides de gaz lacrymogène en grand nombre rassemblés par la population.
Des traces de balles sur certains murs d’habitation et même sur les murs de l’école primaire.
Quelques maisons et hangars de commerce incendiés à l’entrée et au milieu du village.
II- Les témoignages et propos recueillis :
Les villageois ont témoignés que les contingents sont entrés vers minuit. Qu’ils se sont butés au bois qui barrait l’entrée du village. C’est pendant la coupe de ce barrage par les assaillants que les villageois se sont réveillés et, se sentant attaqués, ont commencé à se regrouper. Le chef du village, Nyankoye KOLIE, dirigeait et encourageait les autres à résister et à défendre le village. C’est dans ce contexte qu’il a reçu dans le visage une grenade de gaz lacrymogène à laquelle il a succombé. 
Les villageois regrettent que la mission ministérielle venue de Conakry se soit limitée à la visite de la cité de la société VALE, sans se soucier de les rencontrer et de les écouter.
Ils témoignent avoir entendu de la part des assaillants différents propos en Kpèlè, Toma, Susu, Malinké comme : « vous vous dites d’un village mystique, des génies invulnérables » ; « nous allons vous montrer qui nous sommes ».
Les villageois disent avoir dénombré une douzaine de véhicules pleins de corps habillés.
Un vieux a témoigné qu’ils ont reçu des informations selon lesquelles les Forces de Défense et de Sécurité veulent revenir les attaquer ; il a ajouté qu’ils ne veulent pas la guerre ; mais ils sont prêts à se défendre en cas d’attaque.
un messager se disant venu du village Maouon a témoigné que la garde de son village a opposé sa résistance à près de 15 tentatives de passage de véhicules remplis de corps habillés à destination de Zoghota.
Les villageois ont témoigné qu’une dizaine des leurs ont été arrêtés la nuit de l’attaque et une dizaine d’autres avant. Parmi eux certains sont venus de Conakry, notamment Mr Siba Henry KOLIE, grand frère du Président de District assassiné. Ils réclament leur libération. Ils ont ajouté que les personnes arrêtés étaient matraquées et torturées dans les véhicules. 
Au moment de l’élaboration de ce rapport, Mr Nyankoye André KOLIE, jeune frère du même Président de District, qui nous a accompagnés dans la mission, vient de nous informer qu’il est recherché et a été obligé de se cacher.
III-Analyse et interprétation des missionnaires et du Coordinateur régional de MDT
Suite aux constats faits et témoignages susmentionnés, nous, organisations de défense des droits de l’homme, nous nous posons plusieurs questions :
Quelles sont les motivations réelles d’une telle intervention ?
Qui est le véritable ordonnateur de ces massacres : les autorités locales déconcentrées, la délégation ministérielle présente à N’Zérékoré la nuit des massacres ou le pouvoir central ?
Pourquoi attendre minuit pour s’attaquer aux paisibles populations endormies?
Les dégâts causés lors de la grève du mardi, 31 juillet 2012 peuvent-ils justifier de telles tueries ?
Pourquoi aucune mission administrative n’a été sur les lieux pour constater les faits au lendemain des massacres ?
Pourquoi la délégation ministérielle, largement avertie de ces massacres, n’a eu le moindre souci de se rendre à Zoghota pour constater les faits avant de retourner à Conakry ? Y a-t-il plus de souci à se faire pour le matériel d’une société que pour la vie des citoyens guinéens ?
Nous estimons que ces massacres constituent non seulement une violation grave et flagrante de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et de la Constitution Guinéenne de mai 2010, mais aussi un crime contre l’humanité.
En effet, c’est la première fois dans l’histoire de la Guinée que ces Forces de Défense et de Sécurité lourdement armées et à bord de 12 véhicules remplis font irruption dans un petit village endormi, tirent sur les maisons d’habitation, brûlent des cases et des hangars, lancent des grenades de gaz lacrymogène, profèrent des injures grossières, sèment ainsi la terreur et exécutent sommairement des habitants à balles réelles.
Cette scène macabre, qui donne le sentiment d’une vraie déclaration de guerre d’une armée contre une autre, constitue non seulement une véritable banalisation de la vie humaine, mais aussi une violation grave de l’article 3 de la Déclaration Universelle des
Droits de l’Homme qui stipule :
« Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.» A l’article 5 de la même déclaration d’ajouter : « Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. » Cela est aussi clairement exprimé à l’article 6 alinéas 1 de la Constitution guinéenne qui dispose : « L’être humain a droit au libre développement de sa personnalité. Il a droit à la vie et à l’intégrité physique et morale ; nul ne peut être l’objet de tortures, de peines ou de traitements cruels, inhumains ou dégradants…»
Les missionnaires pensent que ce qui s’est passé à Zoghota est une méthode de gouvernement qui vise à contraindre les citoyens à se taire et à se résigner face aux violations de leurs droits.
Ceux qui soutiendraient l’argument du maintien d’ordre et de l’arrestation des grévistes, doivent savoir que le moment choisi (minuit et trois jours après la grève), les moyens utilisés (12 véhicules, la nature des armes, le nombre élevé de militaires, de gendarmes et de policiers) et les méthodes employées (tirs à balles réelles sur les habitations et les personnes, incendie d’habitations et de hangars, injures publiques et grossières, exécutions sommaires et extrajudiciaires… interdisent à toute personne respectueuse des droits humains de soutenir une telle thèse.
Ces massacres sont constitutifs de crimes contre l’humanité au terme de l’article 7 des Statuts de Rome, signés et ratifiés par la Guinée, pour les raisons suivantes :
- Cette attaque nocturne s’est déroulée en temps de paix et contre une population civile, ethniquement homogène, désarmée et endormie ;
Au regard de tout ce qui précède, nous ONG signataires du présent rapport condamnons avec la dernière énergie ces massacres odieux et abominables. Nous en profitons pour inviter toutes les organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme à se mobiliser pour mener des enquêtes approfondies afin que les responsabilités soient situées et que les auteurs, les ordonnateurs et les complices de ces crimes soient arrêtés et jugés conformément à la loi.
N’Zérékoré, le 07 août 2012
Zogota : La répression fait sep morts
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- Mis à jour le lundi 6 août 2012 22:54
- Publié le lundi 6 août 2012 18:21
- Écrit par ASB
Nous demandons le départ pur et simple du préfet de N'Zérékoré. C’est lui qui a envoyé des militaires tuer des jeunes désarmés qui ne demandent qu’un emploi. Tant que la société Valle ne va pas nous employer, il n’y aura pas de travail à Zogota, à moins qu’ils nous tuent tous
Contrairement aux fariboles assassines et officielles, des militaires ont tiré à balles réelles sur des manifestants de Zogota, village de la ville de N’Zérékoré située à environ 900 km de la capitale Conakry, faisant 7 morts et de nombreux dégâts a indiqué une source de Zogota, rapportée par AP (Associated Press).
« Le contingent de militaires venus de N’Zérékoré sur ordre du préfet ont pénétré dans le village dans la nuit du vendredi au samedi à 2h du matin. Ils ont ouvert le feu tuant 5 villageois dont le chef du village. Les villageois dans leur défense, ont réussi à immobiliser deux militaires qui ont été tués, portant le nombre de morts à Sept. Les militaires ont saccagé des maisons, cassé des biens », dit Dounamou Tokpa
Selon des habitants de Zogota joints au téléphone, le « malaise » aurait commencé par le refus d’une compagnie minière installée sur place, de recruter des natifs, préférant aller chercher sa main d’œuvre ailleurs.
« Tout a commencé mardi lorsque des jeunes du village de Zogota ont saccagé les locaux de la compagnie minière Valle qui exploite l’or dans la localité. Selon les jeunes Valle est allé recruter la main d’œuvre à Conakry alors qu’ils attendaient d’être recrutés. En représailles, les jeunes se sont attaqués aux installations de Zogota qu’ils ont détruits », explique Martin Kolié originaire de Zogota
« Nous demandons le départ pur et simple du préfet de N'Zérékoré. C’est lui qui a envoyé des militaires tuer des jeunes désarmés qui ne demandent qu’un emploi. Tant que la société Valle ne va pas nous employer, il n’y aura pas de travail à Zogota, à moins qu’ils nous tuent tous », menace Dounamou Tokpa
Les autochtones de Zogota manifestent violemment contre la société minière ''Vale''
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- Mis à jour le dimanche 5 août 2012 14:44
- Publié le dimanche 5 août 2012 14:35
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
C'est désormais un rituel pour le régime d’Alpha Condé qui est contraint chaque jour d’éteindre l’incendie des manifestations contre la vie chère. Après la manifestation des agents recenseurs de la CENI la semaine dernière qui a fait couler beaucoup d’encre, c’est autour des habitants de la région forestière de manifester contre les sociétés minières de la place.
Ces émeutes des populations locales ont démarré à Zogota, un village de la préfecture de Lola. Les motifs de cette colère de la population forestière seraient principalement dus au non-recrutement des jeunes enfants autochtones au sein du géant minier brésilien, Vale.
« Au début, nos jeunes bénéficiaient d’un recrutement important de la part de cette société mais depuis quelques temps, ce ne sont que des jeunes venant de la Haute Guinée qu’on y retrouve dans les nouvelles embauches. Vale a-t-il eu des instructions de la part des nouvelles autorités de ne recruter que des jeunes gens qu’on lui impose » s’interrogent plusieurs habitants de la localité.
Ces populations locales amères contre le traitement qui leur est réservé ont manifesté contre cette société qui exploite leurs ressources minières sans qu’ils ne bénéficient des retombées ont saccagé les installations minières puis chassés les travailleurs expatriés.
Vue la violence des dégâts, les autorités administratives s’estiment être heureuses du fait qu’il n’y ait ni morts ni blessés. Dans la rhétorique de complot qui anime ce régime d’Alpha Condé, le préfet de la localité Hassan Sanoussy Camara a affirmé que c’est une manipulation orchestrée depuis Conakry par les cadres originaires de cette région. C'est donc une négation des vrais motifs de cette révolte populaire qu'a fait le préfet.
« Cette manifestation trouve sa genèse dans l’incapacité d’Alpha Condé de mener les réformes du secteur minier qu’il s’était pourtant engagé à faire durant la campagne présidentielle » affirme un spécialiste guinéen du secteur. « Les populations locales ont sûrement estimé qu’ils ne peuvent peut être pas récupérer les millions $ dont fait échos la presse et la classe politique mais qu’ils peuvent empêcher des recrutements à caractères ethniques dans les sociétés minières comme cela est devenu la règle dans l’administration » analyse ce spécialiste qui a requis l’anonymat.
Ceci dit, contrairement aux dires d’Alpha Condé qui crie sur tous les cieux que c’est l’opposition qui l’empêche de travailler, cette révolte de la population forestière à caractère purement social vient ainsi mettre à nu son incapacité de trouver des solutions aux maux dont souffre la population Guinéenne.
Alpha le « Rouge » surveille son peuple avec des camions militaires équipés de matériels infra rouges
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- Mis à jour le lundi 6 août 2012 00:10
- Publié le lundi 6 août 2012 00:10
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
Les scandales ne cessent de s’accumuler depuis que Monsieur Alpha Condé est au pouvoir en Guinée. Chaque jour que Dieu fait, révèle son lot de scandale. Le dernier en date est cette révélation que nous venons de faire sur le détournement des 19 millions de dollars qui devaient servir à la construction de l’hôpital de Dubréka (Hôpital militaire de Dubréka : Les 19 millions de dollars US détournés par Alpha Condé et le général Sékouba Konaté qui mettent le projet en péril).
A peine nous révélons ce dernier scandale voila qu’un autre éclate au grand jour. En effet, Monsieur Alpha Condé vient d’acquérir un matériel militaire de dernier cri (comme on dit au bled). Ce sont des dizaines de camions militaires infra rouge, que Monsieur Alpha Condé vient d’acheter sur le budget de souveraineté. Ces camions militaires serviraient selon une source militaire à surveiller la ville de Conakry « Conakry est une ville stratégique. C’est la capitale du pays et les deux plus grandes garnisons militaires de la Guinée (les Camps Samory Touré à Coronthie et Alpha Yaya à Aviation ndlr), sont localisées dans cette ville » confie un coopérant technique de l’armée qui ajoute « Alpha Condé ne croit pas trop à l’armée. Il sait qu’à tout moment des choses peuvent se passer. C’est pourquoi il a préféré anticiper en achetant ce matériel très performant pour surveiller et protéger la ville de Conakry. »
C’est en l’occurrence le but de l’achat de ce matériel : surveiller et protéger Conakry. Un expert militaire que nous avons interrogé sur l’utilisation de ce genre d’engin confie « c’est un matériel de surveillance performant. Ce genre d’engin est capable de détecter des signaux et de mouvements dans un grand rayon. Il est doté d’un système de balayage capable d’analyser de données en un temps record. »
Quant au coût financier de ces camions notre source affirment « comme je viens de le dire c’est du matériel performant et de haute technologie. Ces camions coûtent extrêmement cher. Je ne vous donnerai pas de chiffres car en réalité, personne n’est au courant du prix réel de ce genre de matériel. Vous savez, l’achat du matériel militaire en général et de ce genre d’équipement en particulier est souvent couvert par le secret défense. Pour ce cas, il semblerait en plus que l’achat s’est fait au compte du budget de souverainété qui échappe à tout contrôle. »
Le prix exorbitant de ces camions pousse certains experts militaires à s’interroger sur la nécessité pour la Guinée de s’offrir un tel équipement. « La stabilité extérieure de la Guinée n’est pas menacée. D’ailleurs la Guinée en langage militaire est une zone tampon dans la côte ouest de l’Afrique. La situation politique intérieure est certes fébrile mais des troubles qui menaceraient l’intégrité du pays sont peu probables. Tout ceci permet de dire que la Guinée n’avait pas besoin de s’offrir ces camions alors que la pauvreté n’a jamais été aussi importante » glisse un expert.
Où va la Guinée d’Alpha Condé ? C’est la question que se posent les populations à Conakry, ville qui manque de courant et d’eau alors que des millions de dollars sont utilisés à acheter du matériel qui ne sera jamais utilisé.
BB
Source :
http://www.seneweb.com/news/Afrique/alpha-conde-s-rsquo-offre-des-camions-militaires-infra-rouge-de-fabrication-russe-pour-surveiller-la-ville-de-conakry_n_73792.html
Friguia – Paradis fiscaux : l'irréparbale crime
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- Mis à jour le samedi 4 août 2012 15:31
- Publié le samedi 4 août 2012 15:15
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
Les révélations qui émaillent l’actualité nationale sonnent comme une condamnation au désespoir quand à toute perspective d’avenir pour le guinéen, pis pour les futures générations. Si le pays, depuis un quart de siècle et à une cadence toujours intense, reste irrémédiablement soumis à ce pillage dans lequel se relayent ses successifs dirigeants.
Des renseignements confidentiels gravissimes exhumés des caveaux bancaires donnent le tournis : des virements des centaines de millions de dollars et d’euros sur des comptes appartenant à certains dignitaires du nouveau régime guinéen. Des comptes ouverts, entre mars et septembre 2011, dans les paradis fiscaux, notamment à Monaco, Ile Maurice, Iles Caïmans, Beyrouth, Suisse etc. Dans des pays et localités où le secret bancaire reste la principale religion. Ainsi, moins de deux ans depuis l’investiture du président Alpha Condé, la Guinée est devenue la proie privilégiée d’une bande de nouveaux cleptomanes, victime qu’elle est des plus gros détournements de son histoire, jamais opérés en plus de cinquante ans d’indépendance. Ces millions d’euros et de dollars (c’est ainsi qu’on tripatouille désormais l’argent public et non en milliers de milliards de francs guinéens chers aux militaires du CNDD et de la transition) sont systématiquement versés dans ces comptes privés, loin de la Guinée et des besoins pressants de ses populations. Récemment, la copie d’un virement de 10 millions d’euros a été interceptée par un comité de lutte contre le vol des deniers publics des pays africains. Ce virement de 10 millions d’euros est tout de même tombé dans le compte d’un haut dignitaire du régime, compte ouvert en septembre. Un autre document confidentiel fait état du versement des retro commissions dans un prêt de 60 millions de dollars à des proches du chef de l’état. Ces crimes financiers jamais commis en Guinée ne sont malheureusement que la face visible de l’iceberg. Nous reviendrons sur les détails de ces crimes et d’autres, mais le dossier FRIGUIA semble plus urgent que jamais d’autant que de pauvres travailleurs pères de familles sont menacés jusque dans leur intégrité intime.
Friguia : Des centaines de millions de dollars USD distribués
Dans le sulfureux contentieux de l’usine de FRIGUIA, opposant l’état guinéen à la société Rusal, des centaines de millions de dollars ont été débloqués par la société russe et répartis entre dignitaires pour entériner la transaction de 2006. Cette rocambolesque magouille dénoncée à l’époque par tous les observateurs a simplement annihilé la valeur de l’usine, passant de plus d’un milliard de dollars à 19 millions de dollars USD. Et c’est avec cette somme modique, arrosée de 3 millions de dollars de taxes, que Rusal s’était octroyée la première usine d’alumine en terre africaine, gérée naguère par la société française PECHINEY. Inutile de rappeler que les dessous de table évalués à des millions de dollars distribués aux dirigeants de l’époque expliquent le bradage criminel de ce grand patrimoine industriel national. A l’époque au moment de l’horrible transaction, en avril 2006 précisément, le ministre des mines s’appelait Ahmed Tidjane Souaré. Aujourd’hui, conseiller avec rang de ministre d’état, il siège au cabinet du président Alpha Condé, qui a fait du changement son programme électoral. Cette promotion avait eu le désagréable effet de prendre de court les soutiens les plus avertis du locataire du palais de SEKHOUTOUREYAH, même si ‘’les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent’’.
Après la mort du président Conté, en décembre 2008, et la prise du pouvoir par les militaires du CNDD sous la conduite du capitaine Moussa Dadis Camara, ce crime économico-financier a été remis sur la table. Les russo-ukrainiens, conscients de l’énormité de l’arnaque, ont fait le siège du Camp Alpha Yaya, quartier général du nouvel homme fort pour amener ce dernier à accepter un plan à l’amiable de régularisation de l’affaire. Une nuit tardive, entre 2heures et 3heures du matin, les veilleurs du camp virent bizarrement un homme blanc, mallette en main et sous bonne escorte, traverser rapidement le salon pour s’engouffrer dans le bureau du capitaine Dadis. Quelques minutes seulement suffirent aux curieux pour identifier ‘’l’illustre visiteur’’ et c’était le russe Deny Pasca, venu, selon les filtres du bureau dont la vertu n’était pas de savoir garder la confidence ou le secret, ‘’offrir’’ cinq millions de dollars USD dont contenait la précieuse mallette et faire taire le ‘’turbulent’’ chef de la junte dont les premiers pas donnaient la frayeur à tous ceux qui ont abusé de la Guinée. Rendu cholérique par le rapport de l’audit qu’il a instruit et que Ousmane Kaba, actuellement ministre conseiller du président Alpha Condé, a mené sur plusieurs scandaleux dossiers des 25 ans de l’ère Conté et qui dévoilent les magouilles entourant la vente de l’usine de FRIGUIA à un millième de sa valeur chiffrée à plus d’un milliard de dollars US), le président du CNDD passait ses soirées à étriller ceux qui ont eu la ‘’témérité’’ de commettre ce bradage contre leur propre pays, mais aussi contre les sociétés étrangères qui, par la haute corruption, ont incité les hauts cadres guinéens à la faute.
Mais, partagé entre mille feux ardents, dont le désir rongeur de se faire élire, le chef de la junte se détourna de cette cause d’utilité publique. Pis, devint l’avocat des supposés responsables et coupables de ce bradage. Son successeur, le général Sékouba Konaté, a été également sollicité par Rusal. Contrairement à son prédécesseur expansif, le caractère introverti du président de la transition était une solide barrière d’où transpiraient difficilement les confidences et secrets d’état. Mais la légèreté et le caractère vulgaire d’un entourage de bas niveau, ainsi que les faiblesses de l’homme porté sur les plaisirs de la vie trahissaient le mur du silence dans lequel s’est cru protéger le général Konaté, président de la transition.
Toujours est-il que ni le capitaine Moussa Dadis Camara ni le général Sékouba Konaté n’étaient légitimes et compétents à conclure, au nom de la Guinée, un quelconque accord durable et certain avec Rusal. Ils auraient pris le risque de se faire désavouer par un futur régime civil élu. Seul ce régime constitutionnel légal est habilité à initier, à discuter et à engager la Guinée.
Aujourd’hui, c’est, bien entendu, la situation du pouvoir du président Alpha Condé, élu au suffrage universel, donc légitime, et investit par la cour suprême, donc légal. Avec l’élection du président Condé, tout le monde s’attendait à ce que cette affaire de l’usine bradée de FRIGUIA soit élucidée et réglée une fois pour toute. Surtout qu’une autre étude effectuée par un cabinet international, chiffrant à plus de 900 millions de dollars la valeur de l’usine, confirmait le caractère ignoble de la cession à Rusal. Mais, depuis motus et bouche cousue. Aucun communiqué officiel du ministère des mines n’a été publié ou diffusé pour informer les guinéens, qui ont les oreilles toujours tendues, sur la suite que le gouvernement a décidé de donner au dossier de l’usine FRIGUIA. Visiblement, l’indifférence est telle que le guinéen a tendance à croire que seul le capitaine Moussa Dadis Camara parait être l’unique dirigeant guinéen à avoir manifesté de la sensibilité au sort ténébreux infligé à l’usine de FRIGUIA. Officieusement cependant, des voyages de dignitaires, dont certains ni statut ni qualification requise, se sont multipliés à Moscou où des négociations ont eu lieu avec Rusal. A ce jour, nul ne sait les tenants et aboutissants de ces négociations. On constate seulement que Rusal a eu la quiétude et la tranquillité, et a renforcé sa mainmise sur l’usine. A quel prix ? C’est toute la question. Des documents qui ne souffrent d’aucun doute, d’aucune falsification prouvent que des centaines de millions de dollars USD ont été débloqués par Rusal et distribués à des hauts dignitaires impliqués dans les négociations secrètes. Un de ces ‘’négociants’’ a eu à lui seul 50 millions de dollars USD, vous avez bien entendu 50 millions de dollars USD. Des voyages officieux et officiels tous frais seraient assurés depuis 2011 par Rusal. Au compte de qui, pour quel service, à quelles fins ?
Jamais dans l’histoire de plus de cinquante ans d’indépendance, le crime financier contre le pays n’a été poussé à ce point. Même les militaires du CNDD ou de la transition qui se sont montrés si gloutons n’ont osé aller si loin dans le pillage du bien public.
Au moment où les populations sont plongées et sont submergées dans la misère, la pauvreté absolue que des individus, surgis de nulle part, abusant des positions privilégiées que leur confère la proximité avec le chef de l’état, se permettent de telles cruautés, c’est un acte d’asphyxie collectif contre le pays, un crime passible de la plus lourde des peines. Reste à savoir si le président de la République, le professeur Alpha Condé est au courant de ces atrocités financières infligées à la Guinée et sur lesquelles certains éléments dans son entourage prospèrent de plus en plus arrogamment. Une ou des enquêtes méritent d’être ouvertes immédiatement pour faire la lumière sur ces vols des deniers publics de dimension jamais approchée. Lui, qui garde encore l’image d’un président impitoyable et intransigeant contre les prédateurs et la prévarication, comme il l’a prouvé dans le dossier des 13 milliards de francs guinéen.
Et l’on comprend aisément maintenant pourquoi la société Rusal, qui courait matin et soir derrière la junte, qui mobilisait les personnalités influentes de la Russie pour plaider ses intérêts de peur d’être dépossédée et poursuivie en justice, se comporte si gaillardement à présent. Allant jusqu’à fermer l’usine des mois durant, abandonnant les travailleurs sans salaires, et sans qu’aucune autorité ne lève le doigt ou la voix pour les rappeler à l’ordre. Mais que fait aujourd’hui le nouveau régime face à cet horrible constat de guinee7 : « La gestion de l’usine de Friguia est aussi opaque que l’intérieur d’une tombe. Rusal est seul maitre à bord de l’usine. Toutes les actions lui ont été vendues par le régime Conté. Pas de conseil d’administration encore moins du contrôle sérieux de l’Etat. Le seul véritable argument à lui opposé est l’état dégradé de l’usine. Si tous les investissements et subventions annoncés étaient effectifs, l’usine se sentirait mieux . » . L’état n’est-il pas une continuité ? Qu’attends ce gouvernement, considéré comme le premier à être démocratiquement investit par les guinéens, pour défendre les intérêts de la nation et restituer à la Guinée ses droits hypothéqués, et poursuivre les hauts cadres corrompus et égarés responsables de ce forfait ?
Car, comme l’a écrit Yamoussa Sidibé, il ‘’Les dirigeants guinéens doivent pouvoir proposer un autre regard sur notre présence dans le monde, comprendre qu’il y a aussi de la beauté à être riche ensemble, que patriotisme n’est pas idiotie. ’’
A moins de confirmer cette hallucinante conclusion que font déjà de nombreux guinéens « La société Rusal se croit désormais forte de quelque Chose est persuadée désormais de tenir les autorités guinéennes actuelles. Jusqu’à quelle hauteur ? A suivre.
Une enquête rélaisée par Mohamed Condé
SOURCE . www.aujourdhui-en-guinee.com
