MAHMOUD THIAM EX MINISTRE DES MINES DIT TOUT (2ème partie)

Mensonges, misère, médiocrité, népotisme et politiques minables pour nos mines. Les misères de Palladino (25 millions plus deux) ne sont que la crête de l’iceberg qui mine notre politique économique tous azimuts.

Le contrat de surveillance :

Alex Stewart est la première signature mondiale dans le domaine du contrôle et de la certification des quantités et qualités de minéraux exportés par des pays ou des sociétés.  La société installe un laboratoire d’analyse dans les pays où elle opère. Ce laboratoire est opéré avec le gouvernement local et appartient au pays à la fin du contrat. La société permet aux pays de s’assurer que les quantités et qualités exportées sont celles effectivement déclarées par les sociétés minières. Le résultat de leur intervention est généralement une augmentation remarquable des quantités et une meilleure valorisation des minerais. Ceci se traduit par un accroissement substantiel des taxes et redevances dues et perçues par le Trésor public. Cet exercice étant aussi rétroactif, les entrées peuvent être immédiates.

L’état paye une avance de démarrage équivalent à 50% de la valeur du labo, soit $1.5 millions, et ensuite un pourcentage de la valeur des minerais inspectés. Ces pourcentages varient selon les pays en fonction de facteurs tels que le nombre de sites miniers et ce que ça coûte d’opérer dans le pays.

Après de longues négociations  au ministère des finances avec les équipes techniques du ministère, nous avons réussi à obtenir que le coût pour la Guinée soit plus bas que celui des 72 autres pays ou la société opère.

L’avance de démarrage fut ensuite impossible à verser. Le contrat fut l’objet d’attaques dans la presse souvent manipulée en sous-main, et motivées par des sociétés minières ne souhaitant pas être inspectées. Il fut dit que le contrat a été signé en secret par le Ministre des Mines alors que le Ministre des finances et son staff ont négociés pendant des journées entières avec la société. Pour tenter de débloquer la situation et éviter un conflit légal avec la société qui tenait un contrat dument signé, j’ai ordonné au fond minier d’obtenir l’expédition du laboratoire par la société contre le versement de la moitié du montant dû. Ce paiement fut fait sur la part du ministère de fonds générés pour le Trésor par nos propres efforts.

Le laboratoire est en Guinée depuis plus de 2 ans, en containers, probablement à pourrir dans l’humidité et la chaleur alors que le pays, pays minier, n’a pas de laboratoire d’analyse minière. De surcroît, la société pourrait à tout moment nous attaquer en justice pour faire valoir son contrat. J’ai appris, en Guinée que beaucoup de sociétés étrangères pensent qu’elles peuvent gagner plus d’argent en Guinée en attaquant le pays pour violation d’un contrat que par l’exécution simple dudit contrat. Non seulement nous violons les contrats mais nous n’assurons pas correctement notre défense légale. Imaginez le gâchis.

Il est constant du moins selon plusieurs experts du secteur minier, que chaque fois que le gouvernement du professeur Alpha Condé est coincé dans ses relations avec des partenaires privés internationaux, le premier bouc émissaire, est Mahmoud Thiam. Pourquoi un tel soupçon?

Première nouvelle. Je fais tout pour ne pas me mêler de dossiers concernant la Guinée pour éviter tout conflit d’intérêt ou d’être accusé d’entraver les actions du gouvernement. J’ai même gardé le silence devant une multitude d’attaques et accusations fallacieuses.  J’ai parfois été tenté d’intervenir car, comme vous le savez, c’est un petit monde (notre secteur) et les informations circulent toujours entre ses différents acteurs, et je vois parfois des choses qui me désolent.  Je n’agis pas dans l’ombre, quand je décide de parler, je parle haut et fort. La preuve, je réponds à vos questions.

Que savez-vous des dossiers comme, convention de crédit avec Palladino, pacte d'actionnaire sur la construction des infrastructures du Simandou avec AIOG, des négociations avec China Bank of Development, Pactual Btg etc.?

Je sais ce que je lis et entends. Palladino ne fut pas une surprise totale cependant. Le même groupe de personnes qui faisait les couloirs des conférences minières, des hôtels et des bureaux d’ investisseurs miniers en se vantant qu’il serait bientôt en possession de tout ou partie des meilleurs projets miniers guinéens se retrouve dans cette affaires. Ces mêmes personnes avaient promis au Président de lui fournir les éléments de preuve nécessaires à démontrer que tous les projets dont j’ai fait la promotion étaient illégaux ou motivés par la corruption. Ils avaient la certitude de pouvoir ainsi confisquer des projets dûment développés par d’autres pour les mettre dans des véhicules qu’ils contrôlent. Ces gens n’hésitaient pas à approcher mes proches pour obtenir des éléments de preuve et promettre a certains de l’argent en retour d’informations qui n’existent pas. Aujourd’hui, il s’avère que le signataire du contrat, côté Paladino faisait partie de la petite bande en question.

Cette bande comptait parmi ses membres  le fils du Président et quelques-uns de ses amis de longue date, dont ceux qui l’ont présenté à Kadhafi à l’époque.

Il est aussi clair que le contrat stipule que si, dans les 90 jours du tirage, les $25 millions ne sont pas transférés à la SOGUIPAMI, l'État se trouve dans un cas de défaut qui ouvre la possibilité a Paladino II de monter au capital d'un actif minier de son choix dans lequel la SOGUIPAMI est actionnaire. Ceci ressemble étrangement à une mascarade pour transférer une part du patrimoine minier guinéen à Paladino II et à ses ayants droits économiques surtout.

Pour la petite histoire, en 2010, une société étrangère nous a proposé de financer le rachat de l’option de 20% que l’État détient dans le projet SIMFER de Rio Tinto à Simandou, et d’en partager les bénéfices éventuels avec le pays, ceci, pour près de $100 millions. Ici, à titre de comparaison, on nous parle de 30% de tous les projets Guinéens pour un prêt de $25 millions..Le ministre des finances et moi-même étions encore en négociation serrée avec le groupe lorsque le gouvernement de transition démissionna.

Je souligne aussi que les $25 millions de Palladino sont un prêt remboursable alors que les $100 millions ne l’étaient pas. C’était un paiement à l’Etat en échange du droit de partager les futurs bénéfices des 20% du seul projet Rio Tinto.

Par contre, ces $25 millions permettent à Palladino de monter une JV (joint-venture) entre la SOGUPAMI et Florus Bell dans laquelle Palladino détiendrai 49% et non 15% ou 33% de tous les projets SOGUIPAMI, sans rien payer d’autre à l’Etat et sans appel d’offres. Là est le vrai scandale dont personne ne parle. Puisqu’on est « transparent », expliquons aux Guinéens comment et pourquoi Paladino a été choisi (ils ne sont pas connus pour être une institution qui prête des fonds) et publions donc le protocole d’accord conclu avec Paladino pour que nous sachions à quelle sauce on voulait nous manger.

Je ne sais rien des négociations avec Pactual et China Developement Bank.

BHP Billiton se retire de la filière aluminium en Guinée. Rusal veut fermer la raffinerie de  Friguia, Mubadala est entrain de racheter 23% de la participation de la Guinée à la compagnie des Bauxites de Guinée. Vale-BSG  a des difficultés à réaliser son projet Zogota-Simandou  conformément à la convention de base de 2009. Quels conseils donneriez-vous, s'il en était nécessaire?

Encore une fois la priorité devrait être de mener quelques projets d’envergure au point d’exporter du minerai. L’impact sur le pays et les populations serait extraordinaire. Les projets Zogota de VBG et Belzone à Forécariah seraient aujourd’hui en production. Simandou nord (VBG), Kalia (Belzone) et GAC (Guinea Alumina Corporation) pas loin derrière.

Prenons les 2 projets fer par exemple. Ce sont des centaines de millions de dollars de taxes et redevances que le gouvernement actuel commencerait à en tirer dès cette année, s’ils n’avaient pas délibérément retardé ou arrêté ces projets pour des raisons parfois irrationnelles et souvent fort bien calculées, semble-t-il. Entre ces actions délibérées et la sortie en succession de deux codes miniers qui ont semé effroi et confusion dans le monde minier, beaucoup de sociétés ont pris peur et ralentissent ou arrêtent carrément des projets pourtant fort porteurs pour elles-mêmes. Imaginez ce que ça prend pour effrayer une société comme BHP Billiton au point d’abandonner un site comme Boffa Santou Houda sur lequel elle disait, de mon temps, avoir découvert assez de Bauxite pour faire 2 raffineries d’alumine.

Le chemin de fer passager et marchandises légères que VBG avait commencé à construire et qui devait relier Conakry a Kérouané en passant par la plupart des grands centres de population du pays serait aujourd’hui proche du mi-parcours. Le bienfait d’une telle infrastructure sur l’activité économique et sur le bien-être des populations rurales aurait été énorme. Les habitants de Conakry se souviendront que ce projet avait démarré en fin 2010 avant d’être arrêté sans raison valable par le gouvernement entrant. Les raisons de ce sabotage sont aujourd’hui claires.

Si la raison et l’intérêt du peuple ne reprennent pas vite le dessus, des projets que nous avions rendu légalement irréversibles deviendront économiquement irréalisables car le « risque Guinée » est rendu trop cher par une gestion aux motivations obscures.

Hperdynamics/SCS Corporation a fait un forage d'exploration infructueux, sur l'offshore guinéen. Présentement, cette société est en quête de financement, s'il faut poursuivre la campagne d'exploration. Qu'est-ce que la Guinée a gagné  ou perdu dans cette opération?

Forer et rater sont choses communes dans la recherche pétrolière. On ne peut donc le reprocher à l’operateur. Rater coûte excessivement cher, cependant. C’est pourquoi un pays doit mettre son offshore entre les mains de sociétés qui ont l’expérience et les moyens financiers de le faire. Car la chance de succès est augmentée par l’expérience, et la capacité de recommencer est assurée par les moyens financiers. Malheureusement, Hyperdynamics n’avait ni l’un ni l’autre, lorsqu’elle s'est accaparés la totalité de notre offshore.

Là où 1 ou 2 blocs auraient déjà été beaucoup pour une société de cette envergure, elle a réussi à se maintenir sur une surface supérieure à toutes les superficies détenues sur terre par le numéro 1 mondial Exxon Mobile.

En 2010, nous avons réussi à les forcer à restituer une partie de ce territoire et à améliorer les termes de leurs accords tout en laissant la porte ouverte au gouvernement élu pour continuer à réparer le problème. Au lieu de le faire, il fut fait de Hyperdynamics le meilleur ami du ministère des mines et aucune de leurs lacunes ou violations contractuelles ne furent corrigées. 

Le plus inquiétant est qu’un échec rend toujours une zone moins attractive pour les sociétés les plus à même de réussir. Un offshore prometteur peut ainsi être négligé au profit de destinations plus « intelligentes ».

Les services techniques du ministère avaient, en 2010, travaillé sur un plan et une méthodologie d’attribution des blocs qui permettaient d’attirer un premier groupe de compagnies crédibles et de les marier à des blocs correspondants strictement à leur capacité et expérience avérée à chercher et trouver du pétrole à des profondeurs spécifiques. Une fois que la présence de ses acteurs dans nos eaux serait connue, une seconde vague serait venue à laquelle nous pourrions vendre des blocs en BID rounds et ainsi de suite. Ce dossier a été sciemment mis de côté sur mes instructions pour que la mise en application soit faite par le gouvernement élu qui devait nous succéder. On connait la suite.

La Guinée a réintégré le restreint club des pays producteur du minerai à travers, la GDC mining & oil & gas par la mise en exploitation de la mine de Yomboéli le 10 juin dernier. Quels en sont les avantages pour le pays?

Comme je l’ai dit plus haut, la priorité absolue d’un pays minier est de produire et exporter des minerais. Seuls les spéculateurs boursiers peuvent gagner de l’argent sur du potentiel minier. Le fait que Belzone-GDC ai commencé à charger sa première barge de minerai de fer est un évènement historique et va, je l’espère, accélérer les choses pour les autres projets avancés.

Il faut cependant noter que la convention de Belzone fut signée en 2010 et à la date, d’aujourd’hui la société est incapable de mettre la main sur le décret de concession et l’ordonnance de ratification car certains veulent se faire payer en échange. Les accords voulaient que la société exporte en Mars 2012, mais elle a été sciemment retardée et son gisement le plus riche à Kalia accuse un retard par ce que leur accord sur les infrastructures est saboté par une société qui, après plus de 15 ans en Guinée, est encore à des années d’exporter et nous a entrainés dans un accord nébuleux dont nous ne pourrons sortir qu’en pleurant.

Il faut savoir qu’à Zogota, VBG avait aussi obligation d’exporter en 2012 selon les conditions que nous leur avions imposées. Aujourd’hui, la société produit et accumule du minerai a Zogota pour ne pas faillir à ses obligations, mais des centaines de millions de dollars de valeur s’y accumulent et ne rapportent rien à la Guinée, car l’objectif est de déposséder le groupe opérateur du projet en le poussant à la faute ou au découragement.

Enfin, je viens de lire une interview donnée à Paris où le Président Condé se vante de n’avoir octroyé aucun permis minier depuis son arrivée au pouvoir. Et estime que ceci est un signe de transparence et de bonne gouvernance. De mon temps, nous étions fiers d’octroyer un maximum de permis de recherche. C’est ainsi que le plus grand nombre d’entrepreneurs miniers se ruent sur nos carrés miniers et y investissent dans la prospection géologique. C’est ainsi, aussi que le niveau de connaissance géologique du pays avance plus vite et à moindre coût pour un pays pauvre comme le nôtre. Enfin c’est ainsi que les chances de découvrir des gisements économiquement viables sont augmentées.

L’essentiel est que la direction nationale des mine soit dotée des moyens d’inspecter les permis, de les retirer pour non performance et de les remettre dans l’escarcelle du CPDM (centre de promotion et développement minier) pour être réémis.

Certains des grands gisements actuels comme Zogota, Kalia etc. n’auraient pas été découverts autrement et se trouvent dans des zones dont les grands miniers de ce monde avaient annoncé qu’elles étaient stériles.

En plus nous savons tous que c’est faux. Des permis ont été attribués à des proches. Des financiers m’ont approchés a New York il y a quelques semaines pour lever des fonds pour un projet fer au mont Nimba contigu au projet BHP Billiton. Ce permis a été octroyé à un ami du « fils » et proche conseiller du « père ».

De surcroît vu son emplacement, ce permis est probablement situé dans une zone interdite pour des raisons environnementales. Un site classé Héritage Universel par l’UNESCO car sur la Reserve Naturelle Intégrale des Monts Nimba.

 

Propos recueillis par:

Aboubacar Akoumba Diallo

Journaliste, Associé chercheur sur les Mines en Guinée

 

Exclusivité du Lynx, transmis à www.nrgui.com

 

Du sang, de la sueur et des larmes, (A. Condé dans JA), par Gandhi

Dans sa dernière interview à Jeune Afrique (n°2687 du 8 au 14 Juillet 2012, pages 24 à 30), les digressions de François Soudan indiquant – sans illustration – qu'Alpha Condé est devenu un chef d'État – il l'est de toutes façons depuis Novembre 2010 -, ou qu'il a pris de la hauteur et de la distance, indiquent que la communication (des mots) prime toujours sur la réalité (les actions).

Comme à l'accoutumée, l'entretien se classe par thèmes, avec les réponses d'Alpha Condé en italiques.

Sur les voyages à l'étranger, et notamment à Paris

Je suis étonné que François Soudan n'approfondisse pas sa question sur la cherté des voyages d'Alpha Condé en Asie du Sud-Est, car ce dernier lui répond « mes voyages ne coûtent pas cher à l'État, parce que je ne présente pas la facture ».

Qu'est-que cela signifie ? Comment les finance t-il ?

Sur la visite à Paris, François Soudan indique qu'Alpha Condé a été invité, alors qu'en réalité il s'est invité (la nuance est de taille). D'ailleurs contrairement à certains Partis du Niger (mais également du Cap-Vert, du Ghana, du Mali et de la Mauritanie dans la CEDEAO, le FPI de Côte d'Ivoire ayant été exclu en Mars 2011), qui en sont membres de droit, le RPG n'est qu'un membre observateur, ce qui signifie qu'il a le droit d'assister aux réunions statutaires et de les observer, mais n'a pas le droit de vote.

L'interview de Jeune Afrique ne s'étend d'ailleurs pas beaucoup sur cette rencontre avec François Hollande, dont la recherche de photos était l'objectif principal. Les comptes-rendus faits ici et là, ne feront que rappeler d'ailleurs, l'accord du mois de Juin sur l'annulation et le rééchelonnement de la dette guinéenne par rapport à la France, et surtout le conflit malien, mais rien sur les relations personnelles entre Alpha Condé et François Hollande. Un journaliste de JA reconnaît toutefois (page 10 du numéro), que François Hollande tutoie son camarade de l'Internationale socialiste … Mahamadou Issoufou, qu'il fréquentait dans les réunions de cette organisation.

Au sujet du Mali

Alpha Condé reconnaît que lors du coup d'État en Mars : « … peut-être même que nous aurions dû dire qu'ATT [Amadou Toumani Touré] devait revenir au pouvoir et rester jusqu'aux élections. Ne pas le faire a sans doute été notre première erreur, …».

Il montre une fois de plus que la légalité constitutionnelle lui importe peu, ce qui ne l'empêche pas de vouloir faire appliquer cette même légalité à ses opposants.

En indiquant à propos du Burundi : « … l'Afrique du Sud avait envoyé des troupes pour assurer la sécurité des hommes politiques. Ce doit être pareil au Mali. Parce que, si l'on peut, comme cela, entrer dans la présidence et attaquer le chef de l'État, plus personne n'est à l'abri... », il montre par ce biais que la sécurité et le sort des commerçants guinéens, chauffeurs de taxis, prisonniers, voire manifestants lui importe peu, mais lorsqu'il s'agit du chef de l'État – lui en l'occurrence par transposition -, alors ???

Là encore, notre « fier à bras » ne veut pas discuter avec les membres d'Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique), mais il faut les combattre, dit-il (les balayer ou leur couper la tête serait une expression qui lui est plus familière). Peut-être le fera t-il lorsque ces derniers feront des attentats à Conakry, pour signifier à notre va t-en guerre, son zèle un peu trop servile vis-à-vis de la France, qui considère que toute l'Afrique doit être concernée (pour impliquer l'Afrique du Sud ?). La France ne réagit pas pour différentes raisons, dont la présence de 5 otages constitue l'une des raisons fondamentales. D'abord non réactive face à l'avancée touarègue (ce qui pose question sur une implication éventuelle), puis très en pointe pour lutter – indirectement – contre les islamistes, la France ne compte pas s'engager militairement.

Alpha Condé, plus royaliste que le roi, envoie 150 personnes (expérimentées ?) de son propre chef, sans discussion avec qui que ce soit. Un nouveau scandale en perspectives. On signale que le Sénégal, quelles qu'en soient les raisons « officielles », n'en enverra pas.

Car sauf erreur de ma part, si le PRG peut décider seul de l'envoi de troupes guinéennes à l'extérieur, puisqu'il est le chef des armées (article 47 de la constitution), l’article 91 confère à l'Assemblée Nationale (AN) le pouvoir d’autoriser le PRG (à la majorité des 2/3), de faire une déclaration de guerre. Sans faire du juridisme absolu, on pourrait arguer que des opérations militaires peuvent être engagées par le PRG sans l’accord de l'AN dès lors qu’une déclaration de guerre n’est pas juridiquement nécessaire. D’autre part, l’AN pourrait – si elle avait la compétence et/ou la volonté - exercer sa fonction de contrôle, à l’occasion de cet engagement.

Néanmoins cela prouve que la notion de concertation ne fait pas partie du vocabulaire d'Alpha Condé, qui je le rappelle, et il le dit lui-même (voir ci-après), discute avec qui il veut et quand il veut. Alpha Condé a enfin obtenu son jouet (sa lutte pour le pouvoir et non pour la démocratie), et il n'est pas prêt à le partager, ce qui est pourtant l'essence même du pouvoir au XXIème siècle, dans les véritables démocraties.

Sur le plan politique, la Guinée veut intervenir dans un conflit complexe, dont l'un des aspects (la revendication touarègue) pollue les relations nationales maliennes depuis le début des années 60. Je n'ai pas souvenir qu'Alpha Condé soit un spécialiste de la question, ou qu'il ait pris partie dans ce conflit latent au cours de sa vie de politicien. Le costume trop grand de PRG lui donnerait-il des ailes, qu'il n'avait jamais montrées jusqu'alors (il est vrai que cela engage d'autres – des militaires -, qui eux n'ont pas le choix, contrairement aux manifestants qui sont toujours libres d'aller ou pas), ou est-il inconscient pour importer en Guinée, un conflit extérieur, susceptible d'entrainer des attentats en Guinée, y compris contre son chef d'État.

Par ailleurs, on va défendre qui ? ATT ou ses partisans, Amadou Haya Sanogo ou ses partisans, Dioncounda Traoré ou ses partisans, Cheick Modibo Diarra ou ses partisans, …

Lorsque les Maliens (y compris et surtout la population) sauront eux-mêmes ce qu'ils veulent, et qu'ils se seront « réconciliés », peut-être sera t-il possible d'envisager une reconquête territoriale, qui ne sera pas une mince affaire.

Sur les élections législatives en Guinée

« Pendant des années, je me suis battu pour la démocratie ». Je souhaiterais en connaître les actions concrètes. En quoi cela a t-il consisté ?

« …l'OIF [Organisation Internationale de la Francophonie] va nous aider à assurer leur transparence et leur bon déroulement... J'attends que la Francophonie revienne pour proposer un chronogramme que l'on pourra tenir ».

Depuis quand l'OIF organise t-elle les élections ? Qui l'a décidé ? La CENI ? Les Partis politiques ? En tout cas pas le PRG (???) qui dit qu'il n'a rien à voir avec les élections. Même pas en rêve !!!

« J'ai fait modifier l'article 162 du code électoral, qui donnait des pouvoirs juridictionnels au président de la Ceni... L'article 162 a donc été abrogé, et, aujourd'hui, le président de la Ceni n'a plus de pouvoir ».

J'ai entendu parler de cette possibilité sur laquelle tout le monde était d'accord. Je n'ai pas entendu le CNT ni l'annoncer, ni encore moins voter cette disposition. Si l'article 162 est annulé (???), quelle disposition le remplace. Enfin un nouveau lapsus, lorsqu'il dit que le président de la CENI n'a plus de pouvoir... puisque c'est Alhassane Condé qui organise les élections, depuis le protocole d'accord illégal (mais que personne n'a contesté juridiquement), est à l'œuvre. Par ailleurs, si la suppression de cet article est une bonne chose, elle ne peut pas s'isoler du package complet relatif à la réorganisation de la CENI. En effet, si cela ne permet plus au président de la CENI d'intervenir en aval (après le vote), cela ne résout pas les problèmes qu'il a créés en amont (avant le vote, comme le fichier électoral, les membres des Carle, etc...).

Il ajoute : « ce sont eux [les opposants] qui ne veulent pas aller aux élections... j'ai besoin que l'on organise rapidement des législatives, parce que les financements importants de l'Union européenne sont liés à leur tenue ».

On dirait qu'il vient de découvrir... ce que tout le monde sait, l'UE l'ayant pourtant répété et systématiquement à l'envi.

Enfin il reconnaît : « je n'ai rien à perdre avec les élections : nous avons en Guinée un régime présidentiel, pas un régime parlementaire. C'est moi qui nomme le gouvernement, et celui-ci n'est pas responsable devant le Parlement... une cohabitation ne m'empêcherait pas de gouverner. Mais si mes adversaires veulent boycotter le scrutin, c'est leur problème ».

J'avais indiqué dans un texte précédent qu'il était difficile de comprendre sur le plan juridique, pourquoi Alpha Condé avait l'obsession de remporter les élections, qui ne l'empêcheraient pas de gouverner. Il est donc revenu à de meilleurs sentiments, ce qui ne signifie nullement qu'il est prêt à des élections transparentes (qu'il perdrait forcément), notamment lorsqu'on écoute la suite. Il souhaite toujours les gagner avec au moins 67% des suffrages, pour avoir les mains complètement libres et pérenniser une dictature en herbe.

« Je sais aussi que mes opposants ne peuvent pas gagner. À part Cellou Dalein Diallo, ils n'ont aucune base électorale, ils n'auront aucun député ».

Évidemment tout fanfaron avant les élections, proclame des inepties telles, que lorsque les résultats tombent (se rappeler les nombreux candidats n'atteignant pas 1% des suffrages au premier tour des présidentielles), il remballe son caquet. En outre en décidant à l'avance, au mépris des électeurs, le pourcentage des uns et des autres, on peut faire de telles prévisions...

Sur les manifestations

Depuis la prise de fonction d'Alpha Condé en Décembre 2010, il y a eu une dizaine de morts à connotation politique (en prison ou lors des manifestations pacifiques). Cela ne l'empêche pas de déclarer que : « les 4 personnes qui sont mortes ce jour-là [le 27 septembre 2011] ont été tuées à l'arme blanche... parce qu'elles ne voulaient pas manifester... les gendarmes, n'ont pas d'armes blanches. Ils ont des gourdins et des gaz lacrymogènes ».

Et les milices ? Et les donzos ? Et les militaires ou policiers habillés en civils ? Et les loubards du RPG ? Toutes possibilités même pas évoquées, sans doute parce que cela n'existe que chez l'Opposition ?

« Vous remarquerez que je pourrais faire appliquer cette loi anticasseurs ..., et que je ne le fais pas ». C'est une façon de parler, puisque : « ce sont les manifestants qui font de la provocation... Marcher dans la rue, ce n'est pas aller casser les véhicules des gens et piller les magasins des commerçants ». Quelle sollicitude pour des commerçants qui ferment généralement leurs magasins les jours de manifestations, alors que ceux qui sont cambriolés avec armes (qui en possède ?) n'ont pas droit aux mêmes égards. Et suggérer que les manifestants (de l'Opposition) sont des casseurs, en dit long sur le double langage permanent d'Alpha Condé.

« Il n'y a plus de chars dans les rues de Conakry, les militaires ne sont plus autorisés à sortir des casernes avec leur arme, ils ne sont plus en charge du maintien de l'ordre ». J'avais cru que ce régime était civil, il n'y a donc rien d'anormal à ce que les chars soient rentrés dans leurs casernes. Quant aux militaires pacifiques, Alpha Condé oublie (le sait-il?) que les gens d'armes (gendarmes aujourd'hui) sont des militaires. Belle contradiction, mais on en a l'habitude !!!

Sur le dialogue avec l'opposition

« Ce sont eux [l'Opposition] qui bloquent [le dialogue] »... et puis, je ne suis pas obligé de dialoguer avec tel ou tel leader politique. Je suis le président de tous les Guinéens, et je dialogue si je le souhaite ».

Voilà le nouveau lapsus, il dialogue quand il veut, avec qui il veut, mais ce sont les autres qui bloquent. Au moins c'est écrit, personne ne dira qu'il s'agit d'une erreur d'interprétation. Par ailleurs, s'il ne dialogue pas avec les leaders politiques, avec qui va t-il le faire ? Les plantons ? Il n'a toujours pas compris que le rôle du PRG était de rassembler, et pour cela on parle avec tout le monde.

Il est vrai qu'Alpha Condé n'est pas le président de tous les Guinéens, mais du RPG (donc seulement 18% des électeurs), alors que la Constitution l'interdit. Mais en outre, lorsqu'on stigmatise une bonne partie de sa population, laissant dire par Ministres interposés qu'ils ne sont d'ailleurs pas guinéens (je le renvoie lui aussi à sa propre origine), et qu'en 18 mois, le PRG reconnaît n'avoir effectué que deux visites à l'intérieur du pays (Boké et Kindia), on est en droit de se demander de qui se moque t-il ?

« Je ne suis pas un interlocuteur comme les autres. Je suis au-dessus de la mêlée ». Bien sûr que non, cela se prouve sur le terrain et ne découle pas mécaniquement d'une fonction encore mal habitée (voir ci-dessus).

« Ce n'est pas moi qui vais aux législatives... les opposants voudraient que l'on gouverne ensemble, mais c'est sur la base de mon programme que j'ai été élu, et j'associe qui je veux ».

Bien sûr que si, c'est le président du RPG qui va aux législatives, cependant que les opposants n'ont jamais sollicité de gouvernement d'union (c'est Alpha Condé lui-même qui l'a proposé entre les deux tours, comme le lui rappelle François Soudan). Parler de deux mandats (comme si c'était acquis) montre encore la voracité de ce personnage.

Quant au programme, on est bien en peine de connaître la politique de ce régime en matière d'éducation, de santé, de logement, de justice...

Sur ses relations avec les Peuls

Bien souvent Alpha Condé stigmatise l'Opposition en général, simplement parce qu'il vise les Peuls, toutes les métaphores utilisées, étant comprises de tous. Lorsqu'on lui demande : « Pourquoi les Peuls se sentent-ils visés par certaines de vos décisions en matière économique et, surtout, fiscale », il répond à côté – comme d'habitude, en déclarant : « Est-ce qu'un seul commerçant peul a été arrêté ou empêché de travailler ? ».

Ce n'est pas ce qu'on lui a demandé, car si : « tous les commerçants [doivent] payer la douane et les taxes », il semble que les commerçants peuls paient une surtaxe, ce qui constitue bien un problème ethnique.

De la même façon, lorsqu'on lui fait remarquer que : « il y a pourtant, au sein de cette communauté, un vrai sentiment de persécution », il répond encore à côté : « mais où avez-vous vu que nous avons jamais donné l'ordre de tuer un seul Peul ? ».

A réponse absurde, question absurde : « peut-il décemment donner publiquement cet ordre ? »

Et cela ne l'empêchera nullement de cibler ultérieurement (voir ci-après) l'ethnie d'un responsable présumé de son pseudo-attentat.

Sur les affaires récentes

« J'ai passé un accord avec l'homme d'affaires Walter Hennig, un Sud-Africain qui … nous a accordé un prêt de 25 millions de $ sur 15 ans... et de toute façon nous allons rembourser à temps et le problème [concéder 30% des actions de la Soguipami] ne se posera pas ».

Lorsqu'il dit « j'ai », parle t-il d'Alpha Condé candidat, ou d'Alpha Condé PRG, puisque ce sont des ministres qui ont finalement signé cet accord ? Je reviendrai sur cette affaire dans un autre texte.

Sur le système judiciaire

« Tous les magistrats impliqués dans des affaires de corruption vont être démis de leurs fonctions ». Soit, mais le PRG n'est pas un justicier, et cela n'empêche pas de respecter les procédures, ce qui n'est pas le cas. Il est vrai que cela ne dérange personne apparemment !!!, ce qui en dit long sur la mentalité des uns et des autres (Opposition partisane y compris).

Lorsqu'on lui demande : « Où en est-on de l'enquête sur le massacre du 28 Septembre 2009 ? », il répond qu'il : « leur [a] donné un local, et quand nous aurons de nouvelles annulations de dette, nous pourrons leur donner plus de moyens. C'est la justice guinéenne qui doit mener cette enquête ».

Ce sont des mensonges supplémentaires, d'une part parce qu'il précise que : « en Guinée, les juges sont corrompus » (pourquoi leur confier des affaires alors ?), d'autre part, parce qu'il a fallu attendre plus d'un an avant que les juges d'instruction quittent leur local initial (quasiment au sein de la Fossepel, structure impliquée dans ces massacres) pour en obtenir un autre. Enfin, tout le monde sait que les remboursements de la dette guinéenne, ont été annulés ou rééchelonnés, ce qui implique que la Guinée ne rembourse rien en la matière actuellement. Le pourcentage affecté au budget de la Justice ne va donc pas augmenter mécaniquement (sauf volonté politique), parce qu'avec l'annulation de la dette, les remboursements de la dette … n'auront plus (pas) lieu. Autrement dit, la Guinée aura 2 milliards et demi de $ de dette en moins, mais en terme de remboursement, la situation restera identique. On ne voit donc pas pourquoi le budget de la Justice augmenterait alors à ce moment, alors que les moyens seront identiques.

Lorsque Alpha Condé rappelle que la Cour pénale internationale (CPI) : « n'intervient que quand la justice locale est défaillante, et ce n'est pas le cas », il anticipe dangereusement sur ce que pourrait décider cette organisation, qui a considéré par exemple (à propos du Kenya) que deux ans était un délai raisonnable pour obtenir des résultats. Or le 28 Septembre 2012, cela fera 3 ans, avec des résultats mitigés.

La preuve lorsqu'on lui rappelle que : « Le lieutenant-colonel Tiégboro Camara est soupçonné d'être impliqué dans les massacres et a été inculpé en Février [2012]. Pourquoi est-il toujours en liberté ? Pourquoi dirige-t-il toujours l'Agence nationale chargée de la lutte contre le trafic de drogue, la criminalité organisée et le terrorisme ? », Alpha Condé n'a même pas honte de dire : « qu'en Guinée comme en France, inculpé ne veut pas dire coupable ».

Tous ceux qui ont été arrêtés et injustement emprisonnés lors du pseudo-attentat du 19 Juillet 2011, auraient bien aimé qu'on leur applique ce principe !!!

Quant à : « Claude Pivi, qui fait partie de la garde présidentielle ? Pourquoi n'a-t-il pas été inquiété alors que la commission d'enquête de l'ONU s'était intéressée au rôle qu'il avait joué le 28 septembre ? », Alpha Condé indique que : « il n'était pas au stade ce jour-là, tout le monde le sait, même les opposants ».

A l'entendre, il suffit de ne pas être sur les lieux d'un crime, quelle que soit la responsabilité d'un auteur présumé, pour en être disculpé (une sorte d'application d'une « jurisprudence » Konaté au stade). Je propose à Alpha Condé de se retirer ces 30 prochains mois en France (et de gouverner à distance), de sorte qu'on ne pourra pas lui imputer l'échec d'un redressement économique et social du pays, pour cause... d'absence. On aura tout vu. Alpha Condé est diplômé de droit public, ce qui explique sans doute ses lacunes en droit ... pénal.

Quant au retour de Moussa Dadis Camara, qui aurait décidé de rester au Burkina (et donc de ne pas rentrer en Guinée), il faudrait effectivement interroger ce dernier sur cette affirmation, pour le moins surprenante.

Sur le pseudo-attentat

Lorsqu'on lui pose la question suivante : « Pensez-vous toujours que ce sont des proches du général Sékouba Konaté, ... qui étaient à la manœuvre ? », la réponse d'Alpha Condé est claire : « Deux personnes ont dirigé l'attaque. La première, Alpha Oumar Barry [AOB], était un militaire peul. La seconde, c'est Aboubacar Sidiki Camara, dit De Gaulle. Il était le chef de la garde présidentielle de Sékouba Konaté. Je vous laisse en tirer les conclusions qui s'imposent ».

Quelles conclusions binaires s'imposent ? Pourquoi préciser l'ethnie d'AOB et non du second ? Est-ce le fait d'être militaire qui est important (de nombreux civils sont en effet suspectés), ou est-ce le fait d'être peul (AOB est en fait « mélangé », si tant est que ce terme ait une signification). A l'entendre, les peuls se seraient alliés aux proches militaires de Sékouba Konaté pour éliminer Alpha Condé. Est-ce là sa conclusion ?

Pourtant, de nombreux Guinéens rendent le général Konaté responsable de l'imposture de l'accession au pouvoir d'Alpha Condé pour des raisons financières. On a du mal à imaginer, si cette alliance revendiquée par Alpha Condé existait, pourquoi elle n'aurait pas été opérationnelle dès Juillet 2010, ce qui aurait évité bien des problèmes ultérieurs.

En outre, non seulement le non dit (quid de Bah Oury ?) est suffisamment significatif, mais en outre en Guinée les magistrats n'ont retenu qu'un délit contre le susnommé « de Gaulle », la détention de chanvre indien (ce qui lui a occasionné quand même au moins un an de prison, puisqu'il s'y trouve encore).

Enfin, il n'est pas courant de ne pas se rappeler le nom de son assassin présumé (je pense personnellement que c'est quelque chose dont on se souvient toute sa vie). Alpha Condé ignore que AOB désigne le commandant Diallo (B ne signifiant pas Barry, mais Boffa). Nouvelle énigme ?

Sur la docilité apparente de la population

« Vous dites souvent que vous avez hérité d'un pays, pas d'un État... » lui rappelle le journaliste, ce à quoi Alpha Condé répond inlassablement : « c'est évident. Il n'y avait pas d'État en Guinée ».

Il faut arrêter cette formule à l'emporte-pièce. Alpha Condé n'a rien hérité du tout, on hérite de son père, et encore, on peut toujours le refuser si l'héritage est négatif. Pour ce qui concerne le pouvoir, je crois savoir qu'Alpha Condé a concouru aux élections présidentielles, et j'espère pour lui, qu'il connaissait la situation avant de s'engager. Il ne faut pas faire semblant de la découvrir. D'ailleurs, comme je le disais, on peut toujours refuser un héritage. S'il n'est pas capable, qu'il rende le tablier, et dans le cas contraire, qu'il fasse ce pour quoi il a été choisi.

« Comme Churchill, je ne peux promettre aux Guinéens que du sang, de la sueur et des larmes, mais la victoire est à ce prix, et les gens l'ont compris. La preuve, c'est qu'il n'y a plus de grèves en Guinée. L'année dernière, nous avons augmenté le prix du carburant sans mesure d'accompagnement et il n'y a pas eu une seule grève ! ».

Pasticher partiellement Winston Churchill – avec cette expression qui constitue le titre de ce papier -, ce dernier ayant eu la franchise de présenter son programme à l'occasion de son investiture du 13 Mai 1940, n'est pas du meilleur effet pour Alpha Condé, dans la mesure où il nous avait promis la lune. De la sueur oui, des larmes pourquoi pas, mais du sang ? Nous ne sommes pas en guerre, que je sache.

Par ailleurs, il faut toujours faire preuve d'humilité lorsqu'on parle de grèves. Il faut se rappeler Nicolas Sarkozy, disant à peu près la même chose en France (on sait comment il a fini). D'ailleurs, si la Guinée n'obtient pas les financements souhaités, je ne suis pas sûr que la patience des travailleurs soit illimitée. D'ailleurs tout le monde se souvient - et en prend peut-être la mesure maintenant -, que l'intervention du PRG dans les litiges de la CNTG, avaient pour but d'occuper leurs leaders dans la question du leadership (comme tous, ils ne sont sensibles qu'à leur intérêt personnel), ce qui a justement permis cette augmentation concomitante du prix de carburant. Pendant qu'ils se déchiraient pour occuper la présidence du syndicat, ils ne se souciaient pas des problèmes quotidiens, mais c'était sans doute là le but recherché.

En conclusion

Contrairement à ce qu'indiquait François Soudan en début d'entretien, Alpha Condé n'a pas changé. Il porte toujours son habit d'opposant chronique (au sens propre d'ailleurs avec la présidence – éternelle ? - du RPG), préoccupé à jouer le pacha qui décide de tout, sans concertation avec qui que ce soit (concertation ne signifiant nullement codécision), l'envoi de troupes au Mali n'étant qu'une illustration de cette démarche.

Certes dans un entretien, on répond généralement aux questions posées, mais l'habileté consiste à faire passer un message porteur, sur l'avenir. Ici Alpha Condé n'a pas évoqué l'avenir – ce qui intéresse pourtant les Guinéens -, de sorte qu'on n'est bien incapable de savoir quelle est sa politique en matière de santé, de justice, d'éducation et de logement par exemple, pour ne citer que ces secteurs, ô combien importants. Les seules perspectives seraient pourtant de dire aux Guinéens qu'il faut travailler et donc retrousser les manches, et non attendre que des investisseurs étrangers viennent (s'ils viennent) et seulement après on verra. Certes la croissance ne se décrète pas (encore moins en Guinée), mais à défaut de stimuler le secteur privé (et non de chercher exclusivement les compagnies minières), Alpha Condé pourrait au moins montrer l'exemple, via l'administration, sur laquelle il a quand même au moins la main. Obliger les fonctionnaires à être au moins à leur poste à l'heure et ne pas partir avant l'heure, serait déjà une avancée énorme, et un signal fort, mais c'est évidemment trop demander à quelqu'un qui ignore ce qu'est le travail.

Pour l'instant le changement semble se résume au mariage (forcé ?) de clans mafieux, à la mise au pas d’une administration qui s'ethnicise, à la soumission d'institutions sans aucune compétence et dignité, et à la volonté d’une armée composée de criminels et de délinquants primaires, de sauvegarder leurs privilèges (30 à 50% du budget national). Toutes ces structures veulent tirer partie des avantages qui accompagnent les différentes fonctions, sans se préoccuper des devoirs.

Gandhi, citoyen guinéen

« Dans tout État libre, chaque citoyen est une sentinelle de la liberté qui doit crier, au moindre bruit, à la moindre apparence du danger qui la menace » (Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, Mai 1791).

Le consul de Guinée à Lomé "enlevé" et porté disparu sur ordre du Président ?

Il y a beaucoup de fricfrac à Lomé route du « Sékou Touré », les comprimés qui venaient par conteneurs voire des bateaux entiers, d’un pays de l’ancien glacis soviétique via le Nigéria, le Bénin, et enfin dispatchés par cartons à travers l’Afrique de l’Ouest. Le « Sékou Touré » a aidé beaucoup de petits chauffeurs, de « wali wali », de travailleurs de force à supporter leur travail avec des salaires de m.. Il a aussi fait des milliardaires. Donc c’est ainsi qu’on appelait ce médicament. Pourquoi ce nom qui salit la mémoire de l’Homme des Geôles ? Allez le demander au Tout Puissant qui ne dort jamais. Peut-être parce que des Guinéens avaient excellé dans la distribution de ce « schitt ». Ces Guinéens devenus anti-guinéens des banlieues du monde, rendus callera comme la racaille des banlieues de Sarkozy.

Mais n’allez pas croire que M. Ibrahima Kahn car c’est lui ce consul, est tombé dans ce monde interlope qui d’ailleurs a profondément changé sinon de latitude ou en tout cas s’est plutôt sahélisé. Je ne dirai pas la plaque tournante de ce commerce qui n’est plus loin des banlieues et frontières de Guinée : Ousmane Conté en sait quelque chose.

Donc Le consul de Guinée a été « normalement »  convoqué par Alpha Condé à Conakry et depuis, sa famille est sans nouvelles de lui depuis deux semaines.

Les initiés pourront spéculer. Sakakadji, le fameux commerçant présumé coupable a prospéré à Lomé.Il a beaucoup séjourné à l’Hôtel Sarakawa, ceci a peut-être un rapport avec son sobriquet : mélange des sadaqas (aumônes) qui l’ont rendu célèbre à Nongo; d’aucun disent que son village natal se nommerait Sadaqadji..

En attendant, un consul est convoqué par un président « démocratiquement élu » et disparaît comme du temps du Maître de Boiro, Bolibana des innocents qui y terminaient leur parcours terrestre.

Sans traces.

Si François Hollande, la France et la « Communauté internationale » trouvent que ce président démocratiquement élu » est normal, il est urgent que les Guinéens normaux se lèvent pour retrouver les traces des disparus, les disparus et tous ceux qui sont enfermés par "une Justice pourrie" (Yansané Kerfalla, ministre de la république devant notre Assemblée nationale, le CNT). En commençant par les dépouilles dispersées depuis cinquante trois ans.

Sinon il faut désespérer du Guinéen de janvier et février 2007.

Wa Salam,

El Hajj Saïdou Nour Bokoum

PS : il y a quelques semaines les sbires d'Alpha avaient débarqué chez un jeune opérateur économique, Abdoul Thiam pour chercher un conteneur rempli de "matériels prohibés". Ils avainet mis à sac, sans faire de mal à une mouche, sauf qu'ils sont allés fouiller jusque sous le lit de sa mère, une hororable hadja de plus de quatre vingts ans.. Dadis n'avait pas fait pire chez Cellou Dalein Diallo, une semaine après avoir ramassé le pouvoir sous les oreillers d'Henriette Conté

 

Consul de Guinée à Lomé : ce serait une tentative de coup d'Etat..

 

Je ne sais pas si les conseillers en géographie à la présidence ont jamais vu la carte de la partie ouest-africaine de l’Afrique. Il faudrait des "Scuds", voire des « Patriots » pour que d’un jet de.. cailloux, des putschistes atteignent encore cette fameuse villa de Kipé. Le prix d’un seul Scud ou d’un Patriot », même au marché noir, c’était 3 millions trois cents mille dollars US, il y a vingt ans. Rien que pour prendre le pouvoir d’une république bananière même aussi riche que la Guinée, il faut être un opposant aussi fortuné que Bill Gates. Mais alors pourquoi faire si c’est pour régner sur des moutons ? Autant dire devenir bouvier, maquignon ou boucher. Dans tous les sens de ce mot. Donc le consul de Guinée et ses putschistes de navetanes devaient envisager le « tèppè tèppè », traverser à pied ou dans une caravane de pick-up, toute la Côte d’Ivoire après le Ghana, la Forêt de Jean-Marie Doré (en évitant Piné) ou en commençant par le Burkina, passer par le Mali ou encore la Côte d'Ivoire,  la savane de Hadja Diènè Kaba Condé ! Comme ceux de Dakar, depuis le Novotel devaient traverser environ deux mille kilomètres pour arriver au Km 36. Près de mille kilomètres entre Dakar et Labé. Mais après la frontière entre le Sénégal et la Guinée, un kilomètre en vaut deux à trois, à cause des dos d’âne, des nids de poule, de la bouse de vache et des escaliers plus cruels que les 32 marches de Kindia..

Ibrahima Kahn a bel et bien été convoqué par M. Alpha Condé qui lui aurait mis sous les yeux le rapport fomenté par une Guinéenne et un Togolais qui le met en cause : tentative de coup d’Etat depuis Lomé. Faure Eyadéma, après Wade, Helen Sirleaf John, appréciera. En attendant, c’est confirmé, depuis cette convocation, la famille est sans nouvelles du consul. Il doit être séquestré dans un coin du guichet unique d’Alpha. A Mafanco ou à Kipé.

C’est décidément lassant, monotone, infantile et médiocre :

Coups d’Etat, pas d’élections,

Coup d’Etat, pas d’élections !

Salut de fatigue comme disent les Dogons !

 

El Hajj Saïdou Nour Bokoum

www.nrgui.com (nouvelle République de Guinée

 

Les citoyens du quartier de Tombo dans la rue

Ce matin les habitants du quartier de Tombo dans la commune de Kaloum ont investi la route qui mène à Kaloum commune administrative et des affaires. Très tôt dans la matinée les jeunes et femmes de ce quartier placés non loin du Palais du peuple munis de gourdin et de pierres ont barré la route aux véhicules qui tentaient de rejoindre Kaloum.

Et pour cause0 ! Ces riverains ont manifesté leur colère face à l'inondation dont sont victimes plusieurs maisons, suite aux fortes pluies qui se sont abattues sur la capitale ces derniers jours. Pour eux, les travaux qui s'effectuent sur le célèbre Pont du 8 novembre seraient à la base de ces inondations.
Ils ont empêché pendant plusieurs heures les citoyens qui tentaient de rejoindre les services, provoquant ainsi un bouchon d'une longue file qui s'étendait sur plusieurs kilomètres. Munis de pierre, ils intimidaient tout usager de véhicule de lui briser les vitres s'il tentait de traverser.
Alertés, une forte équipe de la gendarmerie nationale s'est déployé sur les lieux pour ramener de l'ordre. Très remonté, les jeunes ont bravé pendant près d'une demi- heure les forces de l'ordre avant d'obtempérer.

Force est de reconnaitre que ces citoyens sont en danger si des mesures ne sont pas prises pour trouver un moyen de canaliser l'eau.
ERAPMOS