Communiqué de presse conjoint des ministères des Mines, de l'Economie-Finances et de la SOGUIPAM
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- Mis à jour le samedi 23 juin 2012 18:51
- Publié le samedi 23 juin 2012 18:51
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
Un article publié dans le Sunday Times le 3 Juin 2012 contient un certain nombre d’inexactitudes concernant les conditions et le statut de l'accord de prêt signé en Avril 2011 entre Palladino et la République de Guinée agissant de la part de et en tant qu’actionnaire unique de la société paraétatique la SOGUIPAMI (La Société Guinéenne du Patrimoine Minier).
Tout d’abord, cet accord n’affecte pas la République de Guinée dans ses obligations vis-à-vis des institutions financières internationales, parce que signé du nom d'une entité paraétatique, la SOGUIPAMI.
Deuxièmement, ce prêt n’est pas automatiquement convertible en une participation de 30 pour cent dans la SOGUIPAMI en cas de défaut d’honorer la convention. La garantie est à déterminer sous la forme d'une part appropriée dans une filiale de la SOGUIPAMI, à une valeur liée au montant du prêt et les intérêts accumulés.
Troisièmement, la probabilité de défaut de paiement de ce prêt est minime. Le prêt de 25 millions de dollars doit être remboursé sur une période de 15 ans à un taux d'intérêt de marché de 2 mois LIBOR majoré de 3 pour cent.
Cette semaine, la SOGUIPAMI a pris des mesures pour rembourser le montant total du prêt à Palladino.
Cela reflète la situation budgétaire appréciable du pays qui s'approche du point d'achèvement de l’initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés) dans le cadre du programme que la Guinée a conclu avec le Fonds Monétaire International.
Selon le ministre de l'Economie et des Finances Kerfalla Yansané :
« Quand l'accord de prêt a été signé, les conditions offertes par Palladino ont été considérées comme favorables par rapport à la position financière de la Guinée à l’époque. Cependant, la Guinée a entamé un programme de restructuration économique qui a reçu les éloges des institutions financières internationales. Ceci a rapidement amélioré notre cote de crédit et bientôt nous serons en mesure d’obtenir des financements des marchés de capitaux internationaux. D'un point de vue commercial, il est de bon sens de rembourser un prêt dont les conditions financières ne nous conviennent plus désormais. »
L'intérêt suscité par cet accord souligne l'importance des efforts entrepris récemment par le Gouvernement guinéen, en vue de fournir un meilleur cadre réglementaire pour l'industrie extractive.
En septembre 2011, le Gouvernement guinéen a adopté l'un des codes miniers les plus progressistes de l'Afrique.
En mars 2012, un comité technique a été créé pour examiner les contrats miniers signés par les gouvernements antérieurs et une nouvelle Commission Nationale des Mines a été mise en place pour négocier tous les nouveaux titres, contrats, conventions et concessions.
Le Gouvernement est en train de créer un fonds pour permettre l'acquisition d’instruments internationaux juridiques et financiers des services consultatifs pour la négociation des contrats et leur gestion globale."
Ministère des Mines, Ministère de l’Economie et des Finances & SOGUIPAMI
Mamadou Dia est mort (El Hajj Saïdou Nour Bokoum)
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- Mis à jour le samedi 16 juin 2012 00:28
- Publié le samedi 16 juin 2012 00:28
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
Né en 1931, Mamadou Dia est économiste, ancien haut fonctionnaire de la FAO à Rome, il avait été Représentant résident de cette institution à Abidjan pour l’Afrique de l’Ouest pendant une dizaine d’années, avant de prendre sa retraite et rentrer en Guinée. De retour au pays natal, il ouvrira un bureau d’études pendant les années 90 et sera par la suite membre du Conseil d’Administration de Pride Guinée. M. Dia était l’époux d’une sœur de Ba Mamadou, Hadja Souadou Ba dite « Gogo », décédée à peu près une semaine après la mise en terre de son frère aîné, à peine après le départ de ceux qui étaient venus à Dinguiraye pour les funérailles du Doyen Ba. Si « Gogo » était une fervente militante de l’UNR et pendant toutes les mutations de ce Parti (elle animait avec d’autres, une cellule de communication), jusqu’à l’avènement de M. Cellou Dalein Diallo, Mamadou Dia n’avait pas la vocation du militant, même pas dans l’UNR. Cependant, Alpha Condé et lui avaient toujours gardé des relations cordiales.
Sa récente nomination comme Conseiller spécial du Chef de l’Etat peut surprendre à juste titre ceux qui ne sont pas au fait des rapports intimes entre hauts cadres non militants, pas même dans le Parti de leur beau frère, et hommes politiques qui savent jouer de leurs vieilles amitiés. C’est un grand économiste, spécialiste des questions de développement agricole notamment que la Guinée perd.
Que son âme repose en paix.
Wa Salam Mamadou,
El Hajj Saïdou Nour Bokoum
Alpha Condé, de nouveau à RFI (Par Haroun Gandhi)
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- Mis à jour le jeudi 24 mai 2012 02:26
- Publié le jeudi 24 mai 2012 00:43
- Écrit par Haroun Gandhi
Dans une interview accordée le 18 Mai dernier à RFI, Alpha Condé revient sur certains points qui, comme d'habitude, méritent le détour. Il évoque notamment François Hollande, les élections législatives en Guinée, Alassane Ouattara, la Françafrique et le franc CFA.
Alpha Condé, le PS et François Hollande
Alpha Condé affirme que le RPG est de la même tendance politique que le PS. Certes les deux partis sont membres de l'Internationale socialiste, mais c'est bien là le seul point commun qui les rassemble. Dire qu'Alpha Condé connaissait François Hollande avant qu’il ne soit président est un euphémisme et s'applique à tout Français. On rappelle qu'Alpha Condé possède la nationalité française. En outre, il précise « qu'il a passé une bonne partie de son temps en France ». CQFD.
Les exemples sollicités par le journaliste et permettant d'illustrer la nature de leurs relations, en disent long. En multipliant les mensonges, un mythomane oublie le proverbe yiddish bien connu, selon lequel « un bon menteur ne donne jamais de détails ».
Alpha Condé attend de la France : « aujourd’hui comme hier, ... qu'elle soit notre avocat, dans certains instances internationales ». Cela signifie que la Guinée n'est pas capable de défendre elle-même ses intérêts. Quelle honte !!!
Lorsqu'on demande à Alpha Condé si François Hollande effectuera une visite en Afrique, il répond favorablement, en précisant qu'il est prêt à accueillir son « camarade » en Guinée. Mais Bernard Kouchner ne correspond-il pas à l'image nouvelle que veut se donner la France en Afrique ? C'est à ce genre de questions que l'on aurait aimé avoir des réponses.
A propos des élections législatives en Guinée
Alpha Condé rappelle qu'il a « sans doute été un des dirigeants africains à avoir le plus souffert des fraudes électorales dans (son) parcours politique ».
On a donc du mal à comprendre pourquoi il ne tente pas de résoudre les problèmes actuels, liés à la tenue d’élections crédibles et transparentes, dont elles ne prennent pas le chemin.
Alpha Condé ne manque pas d'air (mais il ne faut pas oublier qu'il s'adresse à l'extérieur via RFI), quand il déclare que : « la meilleure façon de gérer les conflits, c’est de les éviter.... nous devons renforcer davantage le dialogue et la prévention des conflits ».
Alpha Condé n'a pas pris la mesure de la détermination de l'opposition. Sans rappeler les conditions dans lesquelles, il a gagné la présidentielle, il faut que ce dernier comprenne que l'opposition, à tort ou à raison selon le camp dans lequel on se place, considère qu'on lui a volé les élections présidentielles. Elle s'est promis qu'on ne l'y reprendrait plus. Considérer cela comme une fanfaronnade, serait mal connaître la volonté de cette dernière, à ne pas se faire marcher dessus une nouvelle fois. En voulant forcer la situation, Alpha Condé n'agit pas en homme d'État, obsédé qu'il est par vouloir se confectionner une légitimité qu'il ne possède pas, et qu'il ne pourra jamais obtenir. En revanche, et c'est quand même là le plus important, avec un régime présidentiel, il a largement les moyens de fonctionner et de gouverner, quand bien même l'opposition serait majoritaire à l'Assemblée. Ceux qui disent le contraire n'ont pas lu la constitution, ou sont de mauvaise foi.
Alpha Condé indique qu'il confirmerait une date pour les législatives, que s'il a « la certitude que toutes les conditions techniques sont réunies pour organiser les élections. Comme je n’avais pas cette certitude, j’ai dit que je ne convoquerai pas ». Il est intéressant d'indiquer qu'il parle de conditions techniques (lui seul sait ce que cela signifie) et non juridiques et/ou politiques. Ce lapsus (?) en dit long sur sa volonté réelle. Il affirme de façon péremptoire que ces élections se tiendront avant la fin 2012. En suggérant Septembre à l'occasion de son séjour en Corée du Sud, il a une nouvelle fois manqué l'occasion de se taire.
Comme d'habitude, Alpha Condé veut refaire l'histoire. Lorsqu'il déclare qu'il a « voulu modifier la Céni à (son) arrivée », il déclare justement que l'opposition s'y est opposée, parce que la CENI est autonome. Par conséquent, le PRG ne pouvait modifier unilatéralement la CENI. En revanche, ce qu'il est possible de faire, c'est d'effectuer des modifications par consensus. En refusant cette voie, il montre qu'il est contre toute réforme de la CENI. CQFD.
Alpha Condé affirme à tort qu'il est le « président de tous les Guinéens. Mon rôle est de garantir la paix et l'unité nationale. Je peux encourager les partis politiques à dialoguer. Mais moi, je n'ai pas à dialoguer avec un parti ».
Alpha Condé a montré qu'il n'était pas pour la paix, mais le futur nous renseignera, et encore moins pour l'unité nationale, au vu de ses déclarations incendiaires, qu'il n'est pas utile de rappeler. En outre, dire qu'il ne peut dialoguer avec les partis, alors qu'il est lui-même le président d'un parti (le RPG), pivot de la mouvance présidentielle, est d'une hypocrisie incommensurable. Tout le monde sait que les ministres ne sont que des faire valoir, donc dialoguer avec des ministres, pour s'entendre dire « j'en réfère au PRG », c'est montrer sa désinvolture, voire un cynisme qui frise l'irresponsabilité.
D'ailleurs une table ronde a eu lieu. Des points d'accord ont été constatés, ce qui n'a absolument rien changé concrètement sur le terrain. Quant aux points de désaccord !!!
Un PRG n'est pas là pour montrer qu'il décide, y compris envers et contre tous, mais pour résoudre des problèmes. Refuser le dialogue, c'est se fermer à une solution de résolution des tensions (voire d'une crise à venir).
Alpha Condé et Alassane Ouattara
Comme à l'accoutumée, Alpha Condé joue les fanfarons en se prétendant conseiller politique d'Alassane Ouattara (qui lui, a une expérience politique, contrairement à son ainé), mais pour tempérer cette fabulation, il annonce que ce dernier le conseille au niveau économique. On constate qu'il est incapable de donner un seul exemple précis en ce sens, alors qu'il n'hésite pas à évoquer la responsabilité d'Alassane Ouattara dans la non intégration de la Guinée à la zone CFA.
Si par ailleurs, Alassane Ouattara conseillait Alpha Condé sur le plan économique, jamais Alpha Condé n'allait légiférer par décret pour intervenir dans des domaines qui ne relèvent pas de son pouvoir. Qu'on se rappelle la ferme avicole, le port de Conakry, et plus récemment la cité chemin de fer. Quand bien même, il pourrait avoir des raisons objectives de résoudre les difficultés liées à ces dossiers sur le fonds, la forme laisse à désirer, notamment pour un juriste qui se prétend professeur.
Si Alpha Condé a des conseils pertinents à donner, il ferait bien de les réserver à Louncény Camara. Ensuite est-ce Alpha Condé qui a conseillé à son collègue ivoirien de faire des élections législatives dans les délais ?
Alpha Condé oublie l'histoire de la Guinée. Contrairement à ce que raconte l'histoire officielle, il est vrai que la France a coupé les ponts avec la Guinée après le non de Septembre 1958, mais c'est davantage dû à l'insistance d'Houphouët Boigny à l'époque, que de la volonté du général de Gaulle. Ceux qui en doutent n'ont qu'à interroger le Doyen Nabi Youla pour en avoir le cœur net. A défaut, les archives françaises peuvent renseigner tout chercheur qui s'intéresserait à cet épisode de l'histoire franco-guinéenne.
Les politiques peuvent bien dire ce qu'ils veulent, les investisseurs privés ont beau se bousculer (dixit le gouvernement), le fait est qu'en dehors de la Chine (un investisseur un peu particulier), personne ne mettra pour le moment un kopeck dans un pays, où un seul individu peut par décret et par lubie, exproprier un investisseur, sans autre forme de procès. Ceux qui prétendent le contraire n'ont jamais investi leur propre argent... en dehors de la Guinée.
Françafrique, franc CFA
L'anachronisme d'Alpha Condé fait honte une nouvelle fois, lorsqu'il déclare que François Hollande n'a « pas de réseaux en Afrique ». Comparer la politique africaine de la France qui dépend de nombreuses structures officielles (et nébuleuses), avec celle de la Guinée qui dépend bien souvent d'un seul homme, en dit long sur son apprentissage de la fonction présidentielle.
Ce n'est pas parce que Jospin n'avait pas de réseaux, qu'il a dit non à une intervention française en Côte d'Ivoire par exemple, c'est par conviction profonde. François Hollande s'inscrit dans la même lignée, et si Alpha Condé feint de l'ignorer en se réclamant de l'Internationale socialiste, il va au devant de graves désillusions.
On remarque également qu'Alpha Condé a mis de l'eau dans son vin, en ne condamnant pas la politique de Nicolas Sarkozy en Côte d’Ivoire, car en d'autres temps, il l'aurait fait, au nom d'un panafricanisme de bon aloi. En déclarant que : « cela concerne les Ivoiriens », il ne convainc personne, lui qui déclare plus haut, que pour ce qui concerne la Guinée, c'est la France qui doit en être l'avocate !!!
Quant à la réforme du franc CFA, le sens de l'histoire implique que la Guinée doit travailler à l'intégration africaine, ce qui passe par l'insertion à la zone UEMOA. On s'étonne qu'Alpha Condé ne l'exprime pas plus clairement, mais évoque les conseils économiques d'Alassane Ouattara pour ne pas s'aliéner certains intérêts économiques français.
La fonction présidentielle
Une nouvelle preuve du sectarisme d'Alpha Condé est visible lorsque ce dernier déclare que « beaucoup de dirigeants de l’opposition ont basculé dans la mouvance présidentielle. Beaucoup me soutiennent aujourd’hui. Tous les gens qui sont prêts à travailler avec moi, je travaille avec eux ». Autrement dit, il n'est pas possible de travailler en Guinée pour la Guinée. On est pour ou contre Alpha Condé, et seuls ceux qui sont avec lui, peuvent travailler... avec lui. Curieuse manière de défendre les intérêts … du pays !!!
Gandhi, citoyen guinéen
« Dans tout État libre, chaque citoyen est une sentinelle de la liberté qui doit crier, au moindre bruit, à la moindre apparence du danger qui la menace » (Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, Mai 1791).
Impasse politique en Guinée (Par Könömou)
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- Mis à jour le mardi 12 juin 2012 22:47
- Publié le mardi 12 juin 2012 22:47
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
La Guinée peine à achever sa transition. Les élections législatives devant mettre fin à la Transition sont bloquées par un manque de volonté politique de tous les acteurs impliqués surtout du côté du président Alpha Condé. Ce 12 juin, le mouvement social guinéen composé du CNOSCG (Conseil national des organisations de la société civile de Guinée), le mouvement syndical (les huit centrales syndicales) et la CPEG (Confédération patronale des entreprises de Guinée) a adressé un mémorandum au Président Alpha Condé pour sortir de l’impasse. Dans ce mémo, il estime que la composition actuelle de la CENI (Commission électorale nationale indépendante) ne fait pas le consensus entre tous les acteurs politiques. Donc, ce manque de consensus à entraîne é plusieurs conséquences dont l’imbroglio juridique caractérisant la CENI (la Constitution, le Code électoral, la loi 013 du 29 octobre 2007 et l’ordonnance 015/PRG/CNDD/2008 du 4 janvier 2009), la perte de confiance entre les commissaires et leurs mandataires, l’incompétence et la probité morale douteuse de certains commissaires et la perte d’identité en termes de représentativité des partis.
« La recomposition de la CENI conformément au paysage politique nous permet de restaurer très rapidement la confiance entre les acteurs politiques sans laquelle il n’y aura pas de quiétude sociale et de paix, qui sont les gages certains du développement socio-économique du pays tant souhaité par les citoyens », souligne le mémorandum. Car, cela peut permettre d’aller vite aux élections législatives crédibles, transparentes et acceptées de tous d’ici novembre 2012. Le mouvement social guinéen va plus loin dans ses propositions. Selon eux, cette recomposition doit répondre à des critères précis. Pour les Partis politiques, les critères sont entre autres le nombre de participation aux élections nationales, le pourcentage gagné à l’élection présidentielle 2010, l’appartenance à la Mouvance ou à l’Opposition. Puis la société civile, trois membres issus du CNOSCG, de l’Ordre des Avocats et le mouvement syndical guinéen. Et puis deux de l’Administration issus des ministères de l’Administration du territoire et de la décentralisation et de l’Economie et des Finances.
Le choix de ces nouveaux commissaires devrait reposer sur la compétence des cadres, l’intégrité et l’esprit d’indépendance, l’expérience vécue et véritable sur le processus électoral et la capacité à privilégier l’intérêt supérieur de la nation.
Le mouvement social propose aussi la mise en place d’un mécanisme de transparence au niveau de la CENI : la publication régulière des rapports périodiques et ponctuels sur chaque étape du processus, les rapports sur la gestion administrative et financière, la concertation régulière avec les acteurs majeurs du processus électoral.
« Nous suggérons à son Excellence Monsieur le Président de la République de bien vouloir prendre un décret de révocation par application du principe de parallélisme des formes dans les deux semaines qui suivent, rapportant le décret N°039 du 28 novembre 2007 portant nomination des membres de la CENI sur la base des nouvelles propositions de ce mémorandum, dans l’intérêt supérieur de la nation », renchérit-il. Ce décret permettra même de décrisper l’atmosphère politique actuelle. Ainsi, le Président Alpha Condé pourra saisir les blocs politiques dans la désignation des nouveaux commissaires qui doivent être nommés par un décret dans le souci d’une CENI consensuelle ad’ hoc pour l’organisation des élections législatives.
Pour parer une autre éventuelle crise à propos de la CENI, le Mouvement social guinéen affirme que l’Assemblée nationale issue de ces élections législatives aura toute la légitimité de doter la Guinée d’une CENI pérenne dont la composition sera conforme aux dispositions des articles 132 et 133 de la Constitution du 7 mai 2010.
Il faut rappeler que depuis avril 2011, l’Opposition guinéenne réunie au sein du Collectif des partis politiques pour la finalisation de la Transition et l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) demandent un dialogue franc et sincère sur le processus électoral. Il y a plusieurs propositions de sortie de crise qui sont restées jusque-là lettre morte. Le Président Alpha Condé avait indiqué tout récemment qu’il ne va pas se mêler des affaires de la CENI. Ce qui veut dire que ce énième mémo à son attention a peu de chances d’avoir une suite favorable.
Könömou
Droit des étrangers: les associations jugeront sur les actes
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- Mis à jour le samedi 12 mai 2012 00:49
- Publié le samedi 12 mai 2012 00:37
- Écrit par Carine Fouteau
Après cinq, voire dix ans d’opposition quotidienne et frontale avec les pouvoirs publics, les associations de défense des droits des étrangers vivent la défaite de Nicolas Sarkozy au second tour de l’élection présidentielle comme un soulagement et une libération. À l’égard de François Hollande, dont le discours s’est droitisé à l'approche du scrutin, certaines s’enthousiasment, d’autres gardent leurs distances.
Au lendemain du 6 mai, toutes attendent des changements radicaux. Et surtout des actes. Une première occasion d'indiquer concrètement l'orientation de sa politique se présente d'ores et déjà : un Géorgien atteint d'une hépatite C et un Marocain séropositif au VIH, supposés protégés par la législation, ont été expulsés de France pendant l'entre-deux tours. L'Observatoire du droit à la santé des étrangers (ODSE), constitué de plusieurs associations comme Act Up-Paris, Médecins du Monde, le Comede, le Gisti et la Cimade, demande leur retour.
Lors de ce quinquennat au cours duquel stigmatisation, xénophobie et racisme se sont exprimés au plus haut niveau de l’État, elles ont été en première ligne. Pas un jour sans une expulsion de sans-papiers, une destruction de campement, une rafle dans un quartier populaire, un harcèlement des étrangers et de leurs soutiens. La campagne présidentielle de 2012, après celle de 2007 autour de l’identité nationale, a confirmé la proximité idéologique entre le candidat sortant, conseillé par Patrick Buisson, et le FN.
La nouvelle configuration politique va-t-elle changer la donne ? « Nos relations partent de zéro avec l’Élysée et Matignon. Cela ne peut que s’améliorer. On devrait au moins pouvoir entamer un dialogue », estime Malik Salemkour, animateur du collectif Romeurope et vice-président de la Ligue des droits de l’homme (LDH), deux structures à l’origine des manifestations citoyennes contre le discours de Grenoble de juillet 2010 au cours duquel Nicolas Sarkozy avait annoncé son intention d’élargir les motifs de déchéance de la nationalité pour les « Français d’origine étrangère » et ordonné le démantèlement de la moitié des habitations illégales de Roms dans les trois mois.
« On accueille le changement avec un immense soulagement parce qu’on sort d’un quinquennat effroyable pour les libertés et les droits. Ces années resteront caractérisées par l’inhumanité générée par la politique du chiffre et la course à la xénophobie », résume Pierre Tartakowski, président de la LDH.
Pour autant, rappelle-t-il, la partie n’est pas gagnée : « Les élections majeures, les législatives, sont à venir. Sans majorité nette, le Parlement risque de manquer de courage. Certes, un nouveau président de la République a été élu, mais le score du FN est plus que préoccupant, de même que la porosité des idées de cette extrême toxique », insiste-t-il en référence au récent lapsus du ministre de la défense, Gérard Longuet, « Nous au Front national ».
Promesse de 1981 de François Mitterrand, le droit de vote et d’éligibilité des étrangers aux élections locales est l’une des priorités de la LDH. « C’est à la fois une question de justice et de démocratie que votre voisin de palier résidant en France depuis des années puisse voter, estime-t-il. Et c’est un enjeu de pédagogie, cette mesure étant à même de déminer la peur des étrangers suscitée lors du quinquennat qui s’achève. » « Notre souci est que cela se fasse vite, sinon ça ne se fera pas », anticipe Pierre Tartakowski.
« On jugera sur les actes, un point c’est tout »
Et si des situations aussi inhumaines, pour reprendre son expression, se produisaient après la passation de pouvoir entre Nicolas Sarkozy et François Hollande ?
« On réagirait comme on l’a toujours fait, fermement et en responsabilité. Mais on ne se mettra pas à hurler “Sarkozy-Hollande même combat”. L’appareil d’État reste le même. Les préfets ne vont pas devenir du jour au lendemain des aficionados des régularisations. Le changement va nécessairement prendre du temps », prévient le président de la LDH.
Fâché de voir son association citée par Nicolas Sarkozy lors du débat télévisé de l’entre-deux tours, le directeur général de France terre d’asile, Pierre Henry, ne cache pas son enthousiasme. Dans un communiqué titré « Le vivre ensemble, vainqueur », il déclare sa volonté de « participer à ce nouvel élan collectif ». « François Hollande à la tête de l’État, situation à laquelle nous avons contribué, c’est la conviction qu’un nouveau chapitre – apte à guérir la France du populisme, à même de délivrer apaisement et réconciliation – va s’écrire. »
Malik Salemkour est davantage sur ses gardes. « Il n’y aura pas d’état de grâce », avertit ce représentant de Romeurope. « On jugera sur les actes, un point c’est tout », insiste-t-il. Il énumère les principales revendications du collectif, comme la fin des dispositifs transitoires qui empêchent les Roumains et les Bulgares d’accéder à l’emploi au même titre que les autres ressortissants européens, la construction de logement abordables pour les personnes à faibles ressources et la suppression de toute discrimination dans les parcours scolaires.
« Nous verrons bien quelles instructions seront données aux préfets en matière d’expulsion des terrains, indique-t-il. Les ordres seront-ils les mêmes ou des solutions alternatives seront-elles proposées ? » Et de rappeler la dégradation progressive des relations avec le gouvernement Jospin et, plus récemment, les différences de pratiques d’une mairie à l’autre au-delà des clivages partisans. « À Bordeaux, souligne-t-il à titre d’exemple, Alain Juppé (UMP) nous a accueillis en mairie et a su dialoguer avec nous, tandis qu’à Dijon, ville de François Rebsamen (PS), le centre communal d’action social (CCAS) a refusé de domicilier des familles roms, ce qui les empêchaient d’être suivies par les services sociaux. »
« Nous demandons un moratoire sur les expulsions, maintenant, tout de suite. C’est un minimum »
On pense aussi être fixé assez vite sur les intentions du nouveau président de la République du côté du réseau Éducation sans frontières (RESF) qui mobilise sans relâche ses militants et sympathisants depuis 2004 pour empêcher les retours forcés de parents dont les enfants sont scolarisés. « Nous demandons un moratoire sur les expulsions, maintenant, tout de suite. C’est un minimum », lance Richard Moyon.
« Une expulsion est une peine extrêmement grave. Il serait aberrant et injuste de continuer la même politique alors que François Hollande s’est engagé à revoir les dispositifs en vigueur », enchaîne-t-il. Régularisation des parents d’enfants scolarisés, régularisation des jeunes majeurs, interdiction d’enfermer des enfants en rétention, non-démembrement des familles : la plupart des élus PS n’ignorent pas les revendications de RESF, certains les soutiennent même. Ce militant acharné ne se fait « aucune illusion » sur François Hollande. Lui aussi se remémore les promesses socialistes non tenues, comme l’abrogation des lois Pasqua.
Il espère toutefois trouver dans l’entourage du nouveau chef de l’État des oreilles attentives. « Négociation ? Je n’emploierais pas ce terme. Mais les personnes proches du pouvoir qui ont signé des pétitions, qui ont participé aux manifestations, qui nous ont accompagnés en préfecture, ces personnes, nous saurons leur rappeler leurs engagements », promet-il, avec quelques actions en perspective. Par exemple : un concert et des représentations de théâtre en faveur des jeunes majeurs sans papiers franciliens le 20 mai, à Paris.
Cela n’empêche pas RESF de se féliciter, dans un communiqué, de la défaite de Nicolas Sarkozy « dont l’histoire retiendra qu’en dix années, de l’intérieur à l’Élysée, il a emprisonné en centre de rétention plus d’un million d’hommes, de femmes et d’enfants sans papiers et en a expulsé de deux à trois cent mille. Il est à son tour expulsé de l’Élysée. Bon débarras. »
De la même manière au Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti), qui fête cette année ses quarante ans d’existence, l’attentisme l’emporte. « On a l’expérience des élections présidentielles. Ce n’est pas la gauche au pouvoir qui va nous faire changer de position. Celle-ci est connue : nous sommes favorables à la liberté de circulation et à la régularisation de tous les sans-papiers. On va continuer notre travail de critique des dysfonctionnements réglementaires, législatifs et pratiques », indique Stéphane Maugendre, président de l’association qui groupe notamment des juristes.
Il retrouve la lettre que Brice Hortefeux, un temps ministre de l’immigration et de l’identité nationale, lui a adressée lors de son départ. Et en rit encore. Le fidèle de Nicolas Sarkozy y exprimait « tout l’intérêt que j’ai eu de travailler avec votre association » et se félicitait qu’« à chacune de nos rencontres et de nos débats, vous avez nourri ma réflexion et éclairé mon jugement ».
Depuis janvier 2012, l’équipe de campagne de François Hollande a déjà organisé deux rencontres. « On attend de voir, parce qu’on ne sait pas grand-chose de ce qu’il veut faire, ou des choses contradictoires », souligne-t-il. De fait, tout au long de la campagne, le candidat du PS a tenu un double discours sur les questions d’immigration, le premier, défensif et restrictif, s’adressant au “grand public”, le second plus ouvert et porteur de changement à destination des associations.
Pour la Cimade, qui a payé cher le passage au pouvoir de Nicolas Sarkozy en perdant l'accès à plusieurs centres de rétention, c'est l'urgence qui commande. « Urgence, indique cette association dans un communiqué, de promouvoir un changement du regard porté sur les étrangers vivant parmi nous dans un souci de justice, d’égalité et de fraternité (...). Urgence de transcrire dès maintenant ces valeurs dans des mesures concrètes. » Sa mission, quant à elle, reste la même, comme celle de la plupart des associations de défense des droits des étrangers. Elle se résume en quelques mots : reconstruire une politique d’hospitalité.
source : Médiapart
