GUINEE : UN PAS EN AVANT DEUX PAS EN ARRIERE (par Ansoumane Doré, Dijon)

C'est ce qui me semble transparaître de la marche de la Guinée vers son envol pour la bataille pour la femme et pour l'homme guinéens. Or n'avez-vous jamais constaté qu'à une bonne mesure gouvernementale annoncée et même mise en place, suivent deux, voire plus, d'autres mesures ou faits contraires?

Curieux comportements que ceux qu'on rencontre très souvent chez les gouvernants guinéens! Voici un pays qui a connu des montagnes de malheurs dans son existence souveraine de plus de 50 années. Au long de ce « voyage au bout de la nuit » (L-F. Céline), on aurait pu penser que les Guinéens et en particulier les dirigeants, recrus de dures épreuves, en seraient sortis mûris et assagis par la connaissance d'eux-mêmes. On aurait pu aussi légitimement penser que ceux qu'on désigne comme étant l'élite guinéenne, notamment politique, auraient pu faire se souvenir de ces mots :

« L'homme est un apprenti, la douleur est son maître,

Et nul ne se connaît tant qu'il n'a pas souffert. » (A. de Musset)

De ce patrimoine mondial du passé, aucune leçon ne semble avoir été tirée par ceux qui ont voyagé à travers le monde, se sont frottés à d'autres cultures mais n'ont fait que se grimer la face de l'apparence des choses.

Et pourquoi cet exergue?

C'est pour signifier à l'attention du Président de la République, Alpha Condé et de tous ceux qui participent à l'encadrement sociopolitique du pays, qu'ils ne semblent avoir rien retenu du douloureux passé de la Guinée et de l'évolution de l'Histoire générale de l'Humanité. D'abord parce qu'ils apparaissent, au travers des échos qui parviennent à certaines composantes de la diaspora et même de nombreux Guinéens à l'intérieur, comme sourds aux demandes de l'Opposition politique, de la société civile, d'organisations de femmes, anciennes ministres et ambassadeurs, de mettre en ordre de fonctionner à la norme internationale et selon les lois en vigueur du pays, les institutions républicaines. Au-delà de ces corps organisés, j'ajoute qu’il n' y a guère d'informations réelles à l'attention du pays profond, tout est fait pour lui faire croire que c'est du solide qu'on fait à Conakry. Toutes les bonnes volontés, soucieuses du rétablissement d'une nation guinéenne apaisée, source de son épanouissement humain, ne se lassent guère de rappeler le règlement de la fameuse question de réconciliation nationale, devenue le serpent de mer guinéen. Or, il n'échappe à personne que les élections tant attendues mais toujours reportées aux calendes grecques, en constituent une pièce maîtresse.

Les Présidents et leurs équipes ne semblent pas se souvenir que les plus grands bouleversements dans certains pays se sont produits quand, par leur entêtement à se croire maîtres des hommes et des choses, la terre s'est écroulée sous leurs pieds. Comme un volcan, longtemps endormi, la Guinée bout dans ses profondeurs. Cela se sent même de loin et le nombrilisme des dirigeants, englués dans des calculs politiciens de courte vue, va les conduire tout droit à l'abîme que personne ne souhaite pour un pays déjà très éprouvé. Cependant, les prodromes de lendemains qui ne chanteront pour personne et qui ne sont autres que les tensions sociales et les malaises d'aujourd'hui, sont perceptibles par un grand nombre de Guinéens. Le cours des choses, autrement dit, la gouvernance pratiquée devrait en tenir compte. Le Président de la République devrait tracer des limites à l'indécision souvent calculée dans les rouages de l'Etat, à l'arbitraire et parfois, encore, aux réflexes de situation de non droit qui ont longtemps régenté ce pays. Ces comportements seront de moins en moins praticables aisément pour l'avenir en ce X XI e siècle. Des évènements inattendus (pour beaucoup de gens) du genre du coup d'Etat qui est intervenu au Mali le 22 mars 2012, à un mois de la fin de mandat du Président Amadou Toumani Touré (ATT), pourtant internationalement estimé comme un Président sage, devraient faire réfléchir quelqu'un comme le Président guinéen. Il peut d'ailleurs s'agir d'autres évènements subits, autres qu'un coup d'Etat.

Le leader guinéen ne devrait pas oublier qu'il est entouré de personnages interlopes qui serviront n'importe quel maître, pourvu qu'ils demeurent en place. Ils avaient été conseillers zélés et anciens grands commis de feu Général Lansana Conté contre lequel l'actuel Président avait obtenu ses galons d'or d'opposant historique. Il n’était, du reste, pas le seul opposant; d'illustres disparus ont joué fortement aussi le rôle d'opposants résolus. Mais pour l'actuel Président, un nombre des compagnons et conseillers du régime défunt de Conté qui sont, aujourd'hui ses conseillers influents, l'avaient combattu avec énergie. Cela signifie que contrairement à la situation d'ATT qui ne semblait pas entouré de personnages félons ou de contexte tendu, à part la lointaine rébellion du Nord qu'on ne prenait pas au sérieux,  Alpha Condé devrait, en l'état actuel de la situation politique du pays, user de plus de souplesse dans sa gouvernance. Ce qui ne garantirait, du reste pas, une « tranquillité à la Baptiste ». Mais souplesse ne signifie pas toujours faiblesse. C''est pour souligner que les positions rigides présidentielles et les petits calculs politiciens pour des élections législatives depuis dix mois, (en ce mois d'avril 2012) et autres comportements caméléonesques dans la conduite de l'Etat n'annoncent rien de positif, car dans tous les jeux humains, la politique en est un, les mêmes ne peuvent pas toujours gagner à tous les coups.

Ceux qui disent le contraire, dans le contexte sociopolitique guinéen de l'heure, ne sont que de sinistres aventuriers ou de fieffés menteurs sans éthique mais également opportunistes. Ce qu'il faut à la Guinée, dans son état actuel, c'est une opposition forte au pouvoir en place. Cela va de l'intérêt de tout le monde. Un pouvoir sans opposition forte, où tout le monde chante la même chanson ne peut pas être créatif, il ne peut mener qu'à une dictature stérile comme les Guinéens en ont connues.

Pour créer un climat de confiance et de détente entre Guinéens, le Président de la République ne doit pas se contenter de dire, de temps en temps, qu'il est au-dessus de la mêlée. Cela sautera aux yeux des Guinéens quand ils noteront de notables changements de comportement d'Alpha Condé, dans le sens d'une gouvernance de transparence, touchant aussi bien l'organisation de ces élections législatives qui n'en finissent pas de s'annoncer, que ce que l'Opposition désigne comme de l'opacité dans la gestion d'autres secteurs publics. C'est dans un contexte d'apaisement social général, on ne le dira jamais assez, que la Guinée sera vraiment de retour sur la scène internationale. Cette opération ne se réalisera pas par des saynètes d'opérette, vite avortées, du type « médiation en Guinée Bissau ».

La soif de reconnaissance extérieure pour un Président, ne peut être satisfaite que par son action à l'intérieur de son pays.

Toutes autres manifestations de considération de la part de ses pairs ne sont que de la « diplomatie » et de la politesse convenue. Lapalissade ! Oui, mais détendez le climat social, chassez la crispation d’opposant ayant vieilli dans le maquis de la résistance mais sentant venir sa fin avant la conquête du pouvoir. Alors vous verrez que la Guinée sera de retour, que des investisseurs, nombreux, oseront s'y aventurer pour mettre en valeurs avec des Guinéens, les importantes ressources du pays.

Ansoumane Doré (Dijon, France)

 

Mali : confusion et incertitude à Bamako

Le siège de l'Office de la radiotélévision malienne à Bamako serait aux mains de militaires membres de la garde du président déchu Amadou Toumani Touré, le 30 avril 2012. Reuters

La confusion règne toujours à Bamako. Dans la capitale malienne, des affrontements armés ont opposé depuis hier soir des membres de la junte à des bérets rouges, les parachutistes fidèles à Amadou Toumani Touré. Le centre névralgique qu’est le siège de l’ORTM, la radio-télé nationale malienne, serait aux mains de la garde du président déchu. Il y aurait au moins trois morts. Du côté de l’ex-junte cependant, on affirme contrôler la situation. La présidence par intérim n’a fait aucun commentaire. La réunion prévue ce mardi 1er mai entre les mutins et la médiation de la Cédéao est annulée.

Selon des témoins, une quinzaine de soldats casqués ont pris d’assaut l’ORTM à bord d’un camion de troupes prenant par surprise les militaires qui assuraient la sécurité à l’entrée des locaux de la télé.

D’après un jeune homme, présent sur place, des rafales se sont abattues sur les gardes, faisant selon toute vraisemblance plusieurs morts. Les assaillants ont fait sortir le personnel pour investir les lieux.

Les soldats ne portaient pas de bérets rouges mais plusieurs sources concordantes confirment que c’est bien ce corps d’élite de l’armée malienne resté fidèle au président Amadou Toumani Touré au moment de sa chute qui a pris l’initiative de cette attaque contre la junte.

Les bérets rouges auraient réagi après la tentative d’arrestation de leur chef, le colonel Guindo par les hommes du capitaine Amadou Sanogo.

Hier soir à Bamako, plusieurs sources affirmaient que les bérets rouges avaient ainsi pris le contrôle de l’ORTM et de l’aéroport et se dirigeaient vers le camp militaire de Kati, le siège de la junte. Des représentants de la junte assuraient, pour leur part, maîtriser la situation et être prêts à mener la contre-offensive.

RFI a pu joindre dans la soirée un témoin de l’assaut mené sur l’ORTM. Il se trouvait dans les locaux de la radio télévision malienne lorsque des militaires casqués sont arrivés.

Un habitant de Bamako :

Témoin de l’assaut mené sur l’ORTM, j’ai vu au moins trois corps, je ne sais pas s’ils étaient morts ou blessés (…) Les militaires nous disaient que leur objectif était de sécuriser le pays.

 

BAMAKO (AFP) – (AFP) – Des tirs nourris ont été échangés lundi soir à Bamako entre d’ex-putschistes et la garde présidentielle, loyale à l’ancien président renversé, et des coups de feu entendus au camp militaire de Kati, quartier général à l’ex-junte au pouvoir près de la capitale.

 

Les tirs à Bamako, qui avaient baissé d’intensité vers 21H30 (locales et GMT), selon un journaliste de l’AFP, ont eu lieu en centre-ville et dans d’autres quartiers. Selon des témoins et des medias locaux, ils ont pour origine la tentative d’arrestation d’un responsable de la garde présidentielle (Bérets rouges) par l’ex-junte militaire qui avait renversé le régime du président malien Amadou Toumani Touré (ATT) le 22 mars avant d’accepter de rendre le pouvoir. Les « Bérets rouges » se sont opposés à l’arrestation d’Abidine Guindo, ancien chef d’état-major particulier du président ATT, par des hommes de l’ex-junte dirigée par le capitaine Amadou Haya Sanogo. Selon l’ambassade américaine, des tirs ont été entendus près du siège de l’Office de radio-télévision du Mali (ORTM), occupé par les proches du capitaine Sanogo depuis le coup d’Etat du 22 mars.

Les « Bérets rouges » ont réussi à faire évacuer les journalistes qui se trouvaient dans les locaux de l’ORTM, semblant ainsi en reprendre le contrôle, selon des journalistes de la radiotélévision malienne. Prévu à 20H00 (locales et GMT), le journal télévisé n’a pas été diffusé. Le centre-ville s’est vidé de tous ses habitants, a constaté un journaliste de l’AFP, et peu de militaires y étaient visibles. Dans la ville-garnison proche de Kati, des tirs ont également été entendus. Des medias locaux ont fait état de « tirs à l’arme lourde » à Kati, ce qui n’a pas pu être confirmé par l’AFP.

« Je suis sous le feu », a déclaré le capitaine Samba Coulibaly, membre de l’ex-junte interrogé par un journaliste de l’AFP sur la situation à Kati. Une autre source militaire a évoqué des « tirs », sans préciser par qui ils étaient tirés, et parlé de « civils qui quittaient la ville ».Ces incidents surviennent à la veille d’une rencontre qui était prévue à Ouagadougou entre d’ex-putschistes et le président burkinabé Blaise Compaoré, médiateur dans la crise malienne.Le capitaine Sanogo a rejeté samedi les décisions prises le 26 avril à Abidjan lors d’un sommet de chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), dont l’envoi de soldats dans son pays pour sécuriser la transition après le putsch du 22 mars.

Il a rejeté aussi la décision de la Cédéao de fixer la période de transition à douze mois, jusqu’à la tenue d’élections présidentielle et législatives. Il a affirmé qu’il prendrait ses « responsabilités » à l’issue du mandat constitutionnel de 40 jours du président par intérim Dioncounda Traoré, investi le 12 avril. Dimanche soir, un dirigeant syndical étudiant, Hamadou Traoré, membre du front anti-putsch au Mali, était sorti indemne d’une tentative d’attentat perpétrée par des hommes armés et des incidents se sont produits lundi à l’université publique de Bamako. Les jours précédents, la junte, qui avait accepté de rendre le pouvoir après un accord signé le 6 avril avec la Cédéao, avait procédé à l’arrestation de plusieurs personnalités politiques proches d’ATT ou considérées comme telles. Elles avaient été remises en liberté après plusieurs jours de détention à Kati.

Les ex-putschistes entendent montrer qu’ils n’acceptent pas se laisser marginaliser par les organes de la transition, dirigés par Dioncounda Traoré et son Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, qui a formé un gouvernement comprenant trois militaires proches de l’ex-junte. Depuis plusieurs jours, des tensions étaient nées au sein de l’armée, les bérets verts du capitaine Sanogo souhaitant garder le pouvoir, voire même présider la transition, alors que d’autres, notamment des officiers supérieurs, avaient opté pour un retrait de l’armée, écrivait lundi Le Journal du Mali sur son site. Le 22 mars, les putschistes avaient justifié leur coup d’Etat par « l’incompétence » du régime ATT dans la lutte contre les groupes armés touareg, islamistes et criminels dans le nord du Mali. Ces groupes ont profité du putsch pour renforcer leurs positions dans le Nord qu’ils occupent désormais totalement.

AFP

Alors qu’au nord l’ONG Human Rights Watch dénonce des « crimes de guerre », au sud le retour à l’ordre constitutionnel est contesté par les putschistes. Une réunion est prévue mardi avec le médiateur burkinabè pour débloquer la crise politique et diplomatique.

La crise malienne est loin d’être résolue. Vendredi soir, le capitaine Sanogo, ex-chef de l’éphémère junte malienne qui a renversé le 22 mars le président Amanou Toumani Touré, a vivement dénoncé les décisions prises« unilatéralement » par les chefs d’Etat ouest-africains, jeudi lors d’un sommet à Abidjan, s’opposant en particulier à tout déploiement de force militaire ouest-africaine.

Médiation burkinabè mardi

L’ex-chef de la junte a également rejeté la décision de la Cédéao  – une communauté de quinze pays dont le Mali – de fixer la période de transition à douze mois, alors que la Constitution malienne prévoit un délai de 40 jours. Dans la classe politique malienne et les milieux diplomatiques, beaucoup soupçonnent les putschistes de ne pas vouloir laisser la place. La France les a exhortés vendredi à respecter l’accord signé et à se retirer des locaux de la radio et la télévision publiques maliennes ORTM qu’ils contrôlent depuis mars. Pour résoudre cette crise, une rencontre initialement prévue lundi à Ouagadougou entre une délégation de l’ex-junte malienne et le président burkinabè et médiateur Blaise Compaoré a été reportée à mardi.

Viols, exécutions et pillages

L’organisation Human Rights Watch (HRW)  a accusé de son côté lundi les différents groupes armés (rebelles Touaregs, islamistes et arabes) qui contrôlent le Nord du Mali d’avoir commis de « nombreux crimes de guerre », en se livrant à des viols, des pillages et à l’enrôlement d’enfants-soldats. L’ONG accuse également les islamistes d’avoir sommairement exécuté deux hommes et amputé la main d’un autre au moins, d’avoir organisé des séances de flagellations publiques et menacé des femmes et des chrétiens. La semaine dernière, le bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI)  a déclaré suivre « attentivement » la situation au Mali et devrait« décider prochainement » s’il entame un examen préliminaire dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.

Attentat à Bamako contre un anti-putschiste

Hamadou Traoré, secrétaire général de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), membre du Front uni pour la Démocratie et la République (FUDR), rassemblant des opposants au coup d’Etat du 22 mars au Mali, est sorti indemne d’une tentative d’attentat perpétrée dimanche soir par des hommes armés, a-t-on appris lundi de source policière à Bamako. Lundi matin, des élèves et étudiants ont organisé une marche à Bamako pour dénoncer la tentative d’ « assassinat » de leur dirigeant syndical, aux cris de « Mariko assassin ». Oumar Mariko, chef du Mouvement populaire du 22 mars (MP22), favorable aux putschistes, a aussitôt dénoncé des « allégations gratuites ».

AFP

 

 

 

Zadi : le poète, le maître du "Didiga", l'homme politique a rejoint les Immortels

Mars dernier, Bottey Zadi Zaourou a quitté la terre qui l’a vu occuper de grandes fonctions à Abidjan, la terre qui l’a vu naître, Yacolidabouo où il sera inhumé, aujourd’hui. Avant cette étape de l’ultime adieu, le grand maître a reçu l’hommage de la nation ivoirienne à l’occasion de sa levée du corps à, hier, à Ivosep. Il a été décoré au rang de grand officier dans l’ordre national par la Grande chancelière Henriette Dagri Diabaté. En présence du Président de la République, Sem Alassane Dramane Ouattara et son épouse, le Président Henri Konan Bédié, le Premier ministre Ahoussou Jeannot, les Présidents d’institution, ses collègues, ses disciples, amis et parents venus nombreux. «Au nom du président de la République, nous vous faisons Grand Officier dans l’Ordre national et nous confions à votre famille les insignes de votre dignité», a adressé la grande chancelière à l’endroit de la famille éplorée.

Au nom de la famille, le Président du Conseil économique et social Zadi Kessy, a traduit la gratitude de la famille au peuple ivoirien pour son soutien, depuis la mort de son frère Bernard Zadi Zaourou. En plus des honneurs de l’Etat qui ont été rendus au Pr Zadi, le Bataillon de commandement et de soutien (Bcs) dirigé pour la circonstance par le lieutenant Bourahima Diomandé, chef de section, a également rendu les honneurs militaires. Pour la messe de requiem qui s’est tenue à la paroisse Bon pasteur de la Riviera (Cocody), l’évêque officiant, Boniface Zahiry Ziki, a rappelé les qualités du grand intellectuel.

« Un grand homme s’en est allé. Un esprit brillant s’est éteint. Que son retour à la maison soit un retour d’allégresse et joyeux ! », a prodigué l’homme de Dieu. Pour lui malgré les titres, grades et distinctions qu’a reçus le maître du "Didiga", il y a un titre et le fils de Dieu qui est célébré, en ce jour. « Le Pr Zady a été de par sa qualité de père de famille , de Professeur et de grand maître, un grand homme humble et c’est ce que le Professeur a fait », a réitéré l’officiant de la messe avant d’élever l’illustre disparu dans la gloire du seigneur dont la mise en terre est prévue à 11h, ce matin, à Yacolidabouo, son village natal dans la sous-préfecture de Soubré.
Hommage des artistes au père du "Didiga"

Après le monde universitaire, les artistes de Côte d’Ivoire autour du directeur général de l’Insaac, Tiburce Koffi, ont rendu le jeudi dernier un hommage grandiose au poète, au dramaturge, au musicien père du "Didiga". Une procession au flambeau des artistes et des élèves de l’Insaac est partie du théâtre de la cité, lieu mythique qui a vu jouer les pièces de Zadi, pour prendre la direction de l’Institut des arts et de l’action culturelle. Dans l’enceinte de l’Insaac, le décor était digne de l’artiste, les musiciens aussi. La présence du ministre de la Culture, lui-même, disciple de Zadi, a donné une allure solennelle à cette soirée hommage. D’ailleurs, le témoignage pénétrant de Maurice Bandaman a fini par convaincre sur les valeurs multidimensionnelles du maitre. Pour le ministre, «Zadi est impressionnant parce qu’il impressionne». Il n’a pas eu tort de dire de Zadi Zaourou : 

«Cet homme immense est aujourd’hui encore plus grand mort que vivant. Il est plus grand dans ses œuvres, encore plus grand dans sa vie d’artiste, car comme l’araignée inépuisable en ruse, il feinta à plusieurs reprises la mort, plus grand dans nos rêves, car il rêva d’une nouvelle humanité d’humains».

Manifeste-guinee2010, mission terminée

Chers confrères, amis et lecteurs,

Depuis quelques mois, le petit site que j’anime avec d’autres, était porté par deux noms, à savoir www.manifeste-guinee2010.org et www.nrgui.com. C’était pour permettre un passage du premier au second nom sans rupture. Depuis le 26 Avril, le premier est supprimé pour laisser la place à un vrai nom de site. Manifeste est né comme son nom l’indiquait, pour une mission que chacun appréciera. La Guinée entre 2004 et 2010 a-t-elle vraiment changé ? Oui. A-t-elle changé dans le sens que nous voulions, évidement oui pour ceux qui sont favorables au Pouvoir actuel, non pour ceux qui pensent qu’il faut continuer à manifester notre insatisfaction. Une chose est indéniable, je le dis sans fausse modestie, sous la bannière ou non de « manifeste-guinee », j’étais sur le « champ de bataille » devant notre ambassade à Paris dès le samedi trois juin 2006, et ainsi de suite jusqu’aux dernières manifestations qui ont conduit au gouvernement de Jean-Marie Doré, en passant par les pavés de Bruxelles devant l’Union européenne. Le site sous sa bannière Manifeste a accompli sa mission. Maintenant je me battrai avec ceux qui pensent que l’essentiel reste à faire pour finir cette transition et faire accoucher, avec le moins de douleur possible, la  deuxième institution nationale (L’Assemblé nationale)  d’un Etat de droit. Bref, nous nous battons maintenant pour une Nouvelle République de Guinée, que vous trouverez en vous rendant à www.nrgui.com. Pour manifeste-guinee2010, c’est mission terminée. D’autant plus que nous sommes en 2012.

Wa Salam.  

Les 72 heures du livre : demain quand les Guinéens se mettront à lire..

« La place du livre dans l’éducation » est le thème retenu cette année pour célébrer le livre en Guinée le 23, 24 et 25 avril au Centre culturel franco-guinéen. “ Le 23 avril, c’est la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur initiée par l’UNESCO depuis quelques années. On s’est dit depuis quatre ans que la Guinée ne peut pas être en marge de cette activité », dixit Sanssy Kaba DG de la maison d’édition Harmattan Guinée. Cette année, cette maison d’édition a décidé de rendre hommage aux écrivains décédés comme: Keita Fodéba, Laye Camara, Wialliams Sassine, Alsény Réné Gomez, Emile Cissé, Sébé Lamine Kouyaté, Néné Khaly Condétto Camara etc.. L’objectif est de dire que ces personnes décédées ont contribué à l’émancipation de la jeunesse guinéenne, à la promotion du livre et de la lecture et ont mis leur expérience au service de la nation.

L’une des particularités de la quatrième édition des 72h du livre, fut la participation des artistes à l’événement : les groupes de rap Degg j Force 3, Banlieuz’art, la chanteuse Johanna Barry qui, au reste, est auteure de l’hymne de la fête du livre. Fête qui sera l’occasion du  « Bibliobus »  ou  la bibliothèque mobile, qui vise à décentraliser la bibliothèque du Centre culturel franco-guinéen pour mieux rapprocher le livre du lecteur. Cela Ça innove, toutefois les organisateurs déplorent qu’il n’y ait pas, comme ailleurs, un prix littéraire doté du trophée du Président de la République. L’écrivain Camerounais Gaston Kelman, auteur du roman “ Je suis noir et je n’aime pas le manioc est l’invité de cette année.

Au programme également, exposition et vente, exposés, conférences-débats, tant au CCFG que dans quelques universités de Conakry. Tout cela autour de “ La place du livre à l’université et les défis de l’édition universitaire ”,  « Le manuel scolaire en question » ou encore  « La problématique de la lecture en milieu scolaire et le rôle de la radio scolaire » . Il est aussi prévu une caravane à l’intérieur du pays.

En clôture, il y aura un dîner-gala dans un réceptif hôtelier de la place, où seront décernés des prix littéraires, notamment celui du Jeune écrivain guinéen. Nadine Bari, présidente du comité d’organisation révèle :

 « Il y aura un atelier d’écriture, d’autant plus important que nous avons pu constater au moment du Prix du jeune écrivain, que beaucoup de manuscrits sont mal écrits, parce que le français n’est pas la langue maternelle des auteurs, le Guinéen a beaucoup d’excuses. Mais aussi parce que le niveau du français dans l’éducation guinéenne est actuellement médiocre. Pour le concours du Prix du jeune écrivain guinéen, nous avons reçu deux cents manuscrits dans les catégories poésie, conte, nouvelle et bande dessinée »