Maciré fait Masss !!!
- Détails
- Catégorie : Focales
- Mis à jour le samedi 7 avril 2012 03:32
- Publié le samedi 7 avril 2012 02:58
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
Encore une "guinéade" (Blaise Chérif, qu’on ne voit plus à Paris..) ! 20, 25 ou 28 ans de services, on apprend, le jour où elle nous quitte, eh bien que « ce bout » de femme (forcément le petit écran ne nous montre pas assez ou parfois un peu trop), eh bien Maciré Camara n’est pas celle que l’on croit, c’est-à-dire la soubrette de théâtre dans sa version télé. Celle à qui le Chef dit, comme en Côte d’ivoire « posez là » ! Et alors elle ânonne les tics langagiers de notre tévé : la "quetstion", "comme je le disais tantôt". Ce dernier étant un péché mignon qui sévit dans la verbosité ou l’arborescence de nos hommes politiques. "Comme je le disais tantôt". Lourde faute ou faute lourde qui entraîne une mise à pied en cas de lapsus. Car chez ceux, nos ex (?) maîtres où c’est la langue mère on dit : comme nous je le disais en titre ou en début de journal ou
"Quand je disais tantôt que je serai votre prochain président.."
Ainsi plastronnent nos hommes politiques !
Dadis avaient parfois raison de nous traiter de Sorbonnards
Ils se croient déjà Président, en croyant être eux, débarrassés du ko nko la la, qui leur colle à la peau depuis que l'aure, qui teint ses prmosse, contraire à son héritier :
Vous aurez la meilleure formation
Et c'est vous qui allez diriger ce pays
Et il avait dit vrai.
Aussi vrai que nous avons toujours aux fesses, les mêmes deux cents salopards sauf votre respect, c'est votre année mesdames, nous sommes toujours par terre, à cause de l'excellence de votre formation qui n'aura donné que des Excellence !
En Guinée, un directeur a droit à ce plus que superlatif du menchonge (Dadis)
Woï, donc elle disait presque en plein journal, en direct pour être précis, à peu près, "m.. j’en ai marre de vos décrets, communiqués circulaires", surtout quand il faut égrener toutes les barres ou tous les bars de Kaloum, sans oublier le « Marco Polo » de Sassine, où le tambanya..
Le Guinéen a subi un tel lavage de cerveau, aggravé par le souci du quotidien qu'il se dispute avec les mouches et les moustiques, que quand le soleil tape de son côté leurs cerveaux, c'est pour les ramollir, et alors, on a a l'impression surréaliste que le Guinéen, à partir de midi est indécrottablement dans une sorte d'état d'ébriété.
Tous fous ou souls !
Un jour un Peul ou une Peule, car seule une femme en ce temps-là oserait dire à haute voix :
Ehh moussibhè, ko yèttè bah toun woni è din leïdi ?
Bhè djllata sèdha yèttè Diallo ma yèttè Barry è hâdjoun on.
Elle ne savait pas que le pire était à venir !
En pleine folie dadique ! Mon parent, le commandant Kassè lisait les décrets comme s'il faisait une revue de troupe (a-t-il rejoint le Général à Adis, aujourd’hui compagnon posthume du Négus Roi des Rois dont il était le porte-voix ?)
Donc Maciré fera demain samedi ses adieux à La voix de son Maître, la RPGtv. J’ose croire que ce n’est pas sa force de caractère qui l’a menée à ce retrait. J’aimais bien ses petits chapeaux par-ci, ses foulards par-là, ses hésitations, ses reprises ponctués d’un petit sourire en coin qui humanisait un peu cette messe noire dédiée au Même.
En 84, j’ai participé à 5 émissions, « Forum », c’était le titre de l’émission. A la sortie, je rencontre un cadre du ministère de la Culture logée à l’époque dans une Case, pour faire authentiquement de chez nous. Matheux devant l’Eternel. Jamais sorti de Guinée ; il était « divisionnaire », l’échelon ou la hiérarchie juste au-dessous de la direction nationale, titre pompeux à la Culture où l'on ne récoltait que des oignons pourris , alors qu’il méritait la place se son ministre, mais c’est une autre affaire.
Monsieur non !
Je regarde derrière moi,
Monsieur No !
Mais frère Bigné, moi je t’ai reconnu..
Mais moi aussi je t’ai reconnu Bokoum
Mais alors tu as pu voir « Docteur No », en Guinée le premier James Bond..
Oui, mais je l’ai vu en cassette, tout le monde n'habitait pas le Camp Boiro !
Là c’était le fou rire qui secoua Biné.
Non, Bokoum, j’ai justement dit monsieur NON et non No !
Ah bon ?
Tu ne sais pas qu’on a oublié ce mot du dictionnaire ?
On l’a oublié, j’espère qu’on ne l’a pas effacé.
Mais si : on n’en trouve plus ; enfin c’est trop cher. Et puis pourquoi faire ?
Donc, Madame Mass, continuez à faire mass, n’acceptez pas de disjoncter ! Continuez à dire non, surtout que vous vous proposez de revenir, en Culture.
Beaucoup de monde, plus jeunes, moins jeunes, ce n’est pas affaire d’âge, devraient savoir partir à temps. Vous, vous partez trop tôt et c’est ce soir que je vous découvre, plus vraie que nature, je l'ai senti ainsi, derrière les cameramen : une femme qui sait dire niet, presque en direct. Cela méritait ce témoignage apparemment en direct de vos camarades jeunes et moins jeunes. Enfin soyons honnête, les vieux étaient plus rares. Ils ne sont pas trop pressés de partir. Qui est fou !
Je les entends d’ici :
Nous pas bougé !
Pour dire vrai, ce soir, il s'est passé un petit moment de grâce, de vérité, qui a percé de part en part la RPGtv devenue deux minutes, non pas une télévision natnionale, quelle horreur, mais une télévision tout simplement. Et Dieu seul sait comment.
D'ici-là, en attendant le vote des bêtes sauvages (Amadou Kourouma, Prix Renaudot),
Wa Salam.
HAROUNA DIA : Le financier de Macky est un milliardaire du Kéthiakh*
- Détails
- Catégorie : Focales
- Mis à jour le mercredi 4 avril 2012 23:24
- Publié le mercredi 4 avril 2012 23:19
- Écrit par Pape Sambare NDOUR
C’est un milliardaire ordinaire. Un homme de l’ombre qui refuse d’attraper la lumière. Harouna Dia, 58 ans, principal bailleur de la campagne de Macky Sall, le nouvel homme fort du Sénégal qu’il a couvert de milliards de FCfa pour le porter à la magistrature suprême, est un garçon fait du bois du peuple…Halpulaar. Un Fils de Wendou Bosséabé, (60 km d’Ourrossogui, dans le département de Kanel) dans le Fouta profond, qui cultive son champ de discrétion.
Rencontré, dans la soirée du mardi 28 mars dernier, à sa suite à l’hôtel dakarois, Radisson Blu, Harouna est resté fidèle à sa réputation. Pas de cravate Hermès, ni de costume hors de prix, l’ami du Président Macky, qui abhorre la frime, était tout relax dans sa mise quelconque. «Je m’habille toujours comme ça», sert-il, comme pour s’excuser d’un peu trop de modestie. Et pour la première fois, cet ingénieur hydraulicien, sorti Major de sa promo à l’Université polytechnique de Toulouse, ancien fonctionnaire de l’Etat du Sénégal et de l’Ong américain Africare, qui s’est fait dans le poisson fumé à Ouagadougou, se livre à la presse. Une grande interview pleine de belles surprises et de grandes révélations
Harouna Dia, on vous a découvert tout récemment avec l’élection de Macky Sall. L’Observateur vous a présenté comme l’un des principaux bailleurs de sa campagne, voire de son parti depuis qu’il est né. Qui êtes-vous ?Harona Dia, c’est un simple citoyen sénégalais qui a eu, peut-être, la chance d’avoir eu à faire certaines études, la chance d’avoir fait une certaine carrière, la chance d’avoir atteint un revenu que d’autres n’ont pas, c’est la seule différence. Je suis un ingénieur hydraulicien de formation. Je suis né à presque 700 kilomètres de Dakar à Wendou Bosséabé. J’ai fait mes études primaires là-bas, mes études secondaires au lycée Faidherbe de Saint-Louis, mes études supérieures à l’Université de Dakar. Ensuite, je se suis parti en France pour faire les Grandes Ecoles et je suis sorti diplômer de l’Institut national polytechnique de Toulouse en tant que ingénieur d’hydraulicien. Je suis revenu et j’ai eu un poste en Casamance. Nous avons eu des résultats très importants au niveau de la solution de la salinisation des sols de la Casamance vers les années 1982-1984. Nous avions trouvé des solutions assez révolutionnaires qui remettaient en cause ce qui a été toujours fait là-bas et c’est à partir de là que l’ambassadeur des Etats-Unis, de l’époque, au Sénégal m’a proposé un stage d’un an dans son pays pour connaître les technologies sur la salinisation, l’irrigation et la production du riz. On m’a mis dans une équipe d’experts américains, j’ai fait vraiment l’Amérique en profondeur. Je suis revenu avec un programme de 18 milliards pour régler définitivement le problème de sel en Casamance. Après, les événements (le conflit armé avec le Mouvement des forces démocratiques de la Casamance) ont commencé et j’étais obligé de partir au Tchad, dans le désert, où j’ai fait un an dans ce que nous appelons l’hydraulique en zone aride, sur financement de l’Usaid. Là-bas, j’y ai vécu un drame, car j’ai vu des gens mourir de faim. J’ai demandé à être libéré et ils m’ont transféré aux Etats-Unis. Je ne suis pas resté là-bas très longtemps. On a estimé que je suis un révolutionnaire et on m’a proposé un poste au Burkina Faso qui était en plein révolution et qui avait un programme très ambitieux de maîtrise de l’eau. Mais il faut avouer une chose, mon séjour aux États-Unis a complètement changé ma vision du monde et des affaires, et j’ai revu à la baisse mon ambition de devenir Président ou Directeur d’une entreprise publique. Je suis revenu avec l’ambition d’être chef d’entreprise, mon propre entreprise. Et quand je quittais le Tchad, je leur ai tout simplement dit que je voulais rentrer en Casamance, à Adéane plus précisément, pour faire la culture de la mangue et ensuite les vendre pour gagner de l’argent. Parce que, ce que j’ai compris c’est que, c’est l’argent qui comptait et ça je l’ai compris aux États-Unis.
Comment ?C’est une longue histoire. Celui qui m’encadrait m’a invité, un jour, à discuter entre frères américain et africain. Nous sommes partis à sa ferme et avons passé toute l’après-midi à labourer. A ce moment, en tant que bon Sénégalais, j’avais avec moi 2 000$ que j’avais gardé et je voulais m’en servir pour acheter des magnétoscopes, bref des trucs modernes pour venir frimer à Dakar. Alors, nous sommes montés sur ses tracteurs, nous avons labouré presque toute la journée ensemble et après avoir discuté, il m’a fait comprendre que nous (Africains) n’avions pas raison. Le plus important dans la vie, ce n’est pas aller se payer des gadgets ou de beaux costumes pour venir frimer. Depuis lors, j’ai carrément changé de vision et j’ai cherché une opportunité pour créer une entreprise.
Comment avez-vous connu Macky Sall ?Je l’ai connu au moment où j’appuyais la campagne du Président Wade à Ouagadougou pour le compte du Pds. En 2007, le Pds a eu des problèmes à Ouagadougou où une partie de l’électorat a voulu faire un vote sanction. Ils sont venus me voir en me disant : «Grand, il faut que tu nous aides parce que si tu n’interviens pas, le Président va perdre au Burkina Faso.» J’ai dit : «Non, ça quand même je ne le voudrais pas.» Je suis intervenu, j’ai mis les moyens, bref ça s’est très bien passé et ils ont estimé que je devais connaître le Directeur de campagne du Pds (Coalition Sopi 2007, plutôt). Et ils m’ont mis en rapport avec Macky Sall qui occupait ce poste à ce moment-là. Et lorsque je suis arrivé à Dakar, je l’ai rencontré et je lui ai fait un appui et ensuite j’ai été voir Wade à qui j’ai également fait un appui.
C’est quoi un appui ?Bon ! (Il sourit) C’est-à-dire que j’ai donné ma contribution financière.
A hauteur de combien ?Non, je ne peux pas le dire. Je l’ai fait pour la campagne du Président Wade et il le sait. J’ai contribué à sa campagne en 2007. Dans les départements de Matam et de Kanel aussi, j’ai donné ma contribution. Donc, aussi bien à Ouagadougou qu’au Sénégal, on a mis les moyens. Voilà, c’est comme ça que j’ai connu le Président Macky Sall.
Pourquoi avez-vous quitté Wade que vous appuyiez en premier pour rejoindre le camp de Macky Sall ?Discrètement, je faisais partie de ceux qui ne voulaient pas la rupture jusqu’au dernier moment. Comme je suis venu et j’ai trouvé que l’équipe était soudée et autant j’étais avec les amis de Karim, autant aussi j’étais avec les amis de Macky qui formaient un groupe soudé autour du président de la République. Je suis arrivé en pleine campagne, j’ai appuyé les amis de Karim, tous bien sûr, et les amis de Macky aussi. Et pour dire vrai, on a vu les fissures se dessiner, on a senti qu’il y avait des problèmes dans le camp de Wade depuis 2007. Et j’ai découvert ça, en pleine campagne, mais je ne vais pas entrer dans les détails. J’ai vu que ça commençait à partir en catastrophe. Alors, on a essayé de souder nos forces et rester ensemble, mais jusqu’au dernier jour, c’est-à-dire la rupture, nous n’avons pas désespéré. On pensait qu’on allait trouver des solutions mais, malheureusement, je voyais que les deux positions devenaient de plus en plus tranchées et nous avons donc estimé que Macky a été injustement sanctionné. Il a été injustement sanctionné et, pire, on a essayé de l’humilier. C’était vraiment l’humiliation. Alors, j’ai trouvé cela un peu choquant, c’était même mauvais pour l’image de notre pays. Nous, nous estimons que quand quelqu’un sert l’Etat, il y a de ces choses… (Il ne termine pas sa phrase). Quand quelqu’un sert l’Etat à un certain niveau, il doit y avoir certaines choses à préserver. Cela est bénéfique pour l’image de notre Etat et de notre Administration. Alors, nous avons pensé que ce n’était pas la bonne solution et nous avons lutté.
Mais jusqu’à présent, les gens ne savent pas ce qui s’est passé réellement entre Macky Sall et Abdoulaye Wade. Que s’est-il passé ?Je ne suis pas dans leur secret. Nous avons juste vu ce qui s’est passé entre eux. On sait tous que Macky a convoqué son fils et on a tous vu ce qui s’en est suivi. La bagarre a commencé. Ensuite, c’était la levée de bouclier partout, les gens faisaient des déclarations tous azimuts et il a été débarqué de l’Assemblée nationale.
Vous avez dit tantôt que vous avez essayé de les rabibocher. Quelle était la position de Wade ?(Il interrompt). Moi, honnêtement, je ne parlais pas à Wade, je parlais à des amis de Karim parce qu’en toile de fond, c’est Karim qui était le problème. (Il se répète) Moi, je parlais avec des amis de Karim. Il y en a avec qui j’ai gardé de bonnes relations jusqu’à aujourd’hui et nous, nous essayions de travailler ensemble pour que les gens se retrouvent. Cela n’a pas marché.
Est-ce que Karim en son for intérieur voulait ce divorce entre son père et Macky ?Dans la politique, chacun vient avec ses ambitions. Macky dérangeait, peut-être, et il fallait l’éliminer pour que cela soit plus simple. Sinon moi, je ne m’explique pas l’acharnement contre Macky (Sall). Le fait de convoquer Karim, c’était bien pour lui, mais les gens ont mal pris cela. Je pense que, c’était un problème d’ambitions qui se posait. Des ambitions qui se développaient de part et d’autre et puis, c’était normal. Nous avons regretté que la famille explose. Nous avons lutté pour que la famille se retrouve, malheureusement cela n’a pas marché.
Est-ce que c’est la procédure dont a été victime Macky qui vous a poussé à prendre son parti dans ce combat-là ?Nous, Sénégalais de la Diaspora, nous sommes des bâtisseurs sur l’ensemble du territoire national. Nous construisons des dispensaires, des écoles, des forages. A un moment donné, lors des premières années de l’«Alternance», il y a eu des flottements. Les gens faisaient de la politique et il n’y avait pas d’actions. Le passage de Macky Sall à la Primature a coïncidé avec la réalisation de grands travaux, des infrastructures du Président Wade. Et nous, nous nous sommes retrouvés dedans. Ce qui explique la grande adhésion de la Diaspora en 2007 et nous avons voté massivement pour Wade. Non seulement, on a voté pour lui, mais aussi on a même battu campagne pour lui. On a trouvé en lui un allié, mais, on a aussi trouvé en Macky Sall, un acteur important qui parle peu et agit beaucoup. Le fait qu’on l’ait écarté comme cela a fait que l’on soit entré dans la politique politicienne. Macky a suscité un espoir chez nous en lançant les grands travaux du Président Wade. Personnellement, j’ai été touché par l’attitude de Macky et de sa femme à un moment donné. Je pense qu’à un moment, ils (les autorités étatiques) avaient tout envisagé. Ils envisageaient de mettre Macky en prison. Et un soir, j’appelle Macky qui était avec sa femme, il me dit : «Harona, tu sais que la situation actuelle n’a pas de solution et, en tout cas, moi, je ne renoncerais pas à mes principes et il y a des choses que je n’accepterais pas maintenant, je suis prêt à aller en prison, c’est ce qu’ils veulent. Ne n’inquiète pas pour ça.» Il me passe sa femme (Marième Faye) qui me dit : «Franchement, si c’est à cause des principes qu’incarne mon mari qu’ils veulent le mettre en prison, je suis prête pour qu’il y aille et je suis prête à assumer.» J’ai compris qu’il y avait en cette famille une forte détermination et une forte conviction aux valeurs. C’est cela qui m’a marqué et je me suis dit : je vais m’engager avec Macky Sall dans la politique.
C’est pourquoi vous avez financé des milliards dans la campagne de Macky Sall ?Les gens le disent, mais ils n’ont aucune preuve. Je ne suis pas le seul, tout le monde a contribué. Vous allez au Fouta, vous allez trouver des gens qui sont venus du Congo, du Gabon de partout.
Pourquoi cherchez-vous à cacher votre implication dans la montée en puissance de Macky Sall ?Je ne cache rien. J’ai contribué, mais je ne suis pas le seul. Nous avons tous contribué. Nous nous sommes partagé les rôles. Je me suis engagé le premier et j’ai entraîné les autres avec moi. Chacun a mis les moyens à la hauteur de ses possibilités. Peut-être que j’ai fait plus que les autres et que j’ai plus de mérite que les autres. Mais tout le monde s’y est donné.
Mais est-ce que vous ne soutenez pas Macky Sall, comme les autres riches Foutanké d’ailleurs, parce que vous trouvez en lui un parent ?Honnêtement, cela ne peut pas être exclu. Mais nous avons des parents qui sont avec Wade et nous ne les soutenons pas. Nous avons combattu ensemble sur le terrain.
Combien de milliards avez-vous investi dans la campagne de Macky ?Je ne peux pas le dire. Je me demande même si j’ai des milliards à investir dans une campagne.
Mais on parle de 35 véhicules 4X4 que vous avez achetés pour les 14 régions du Sénégal. Vous avez donné environs 5 à 6 milliards à 26 collectivités pour implanter davantage l’Apr. Cela, vous ne pouvez pas le nier…(Il interrompt) Je ne nie pas que j’ai contribué au déroulement de la campagne l’Apr. Mais là où on ne s’entend pas, c’est quand vous voulez quantifier mon apport. Ce n’est pas avec 35 4X4 que nous avons gagné les élections. Il y a eu plus que ça.
Mais les 35 4X4, c’est une réalité ?C’est bien plus que cela. Nous avons mis les moyens. Beaucoup d’argent et nous avons eu de bons résultats. Nous avons eu un répondant. Les gens exagèrent et disent que j’ai corrompu des dirigeants, j’ai donné à chacun des grands électeurs du Fouta des millions pour acheter des 4X4, j’ai suivi tout cela et ça me fait rigoler. Ce sont eux qui ont acheté les gens. Ils étaient dans les bureaux de vote avec leurs liasses d’argent. Et je me demande même pourquoi ils ne sont pas venus m’acheter ? (Il éclate de rire) Il pouvait venir négocier avec moi. Je suis un homme d’affaires, mais ils ne m’ont rien proposé.
Peut-être que vous êtes un intouchable, pour reprendre un terme en vogue ?(Il rigole). Non, moi je suis touchable puisque je suis un homme d’affaires. Vous savez, le Sénégal est une grande nation démocratique. Aujourd’hui, au niveau international, notre cote est montée en flèche et si nous pouvons continuer à contribuer à la démocratie sénégalaise, il faut que nous investissions mieux chez nous. On doit investir aussi sur les hommes, avec Macky Sall, peut-être, qu’il y aura retour sur investissement, mais pas pour Harouna Dia, mais pour tout le Sénégal. Nous estimons que si tu es riche alors que 9 de tes parents sont pauvres, ça ne sert à rien.
Pour revenir à Macky Sall, pensiez-vous qu’il serait élu en un laps de temps ?Vous savez, je suis un homme d’affaires et nous, les hommes d’affaires, prenons des risques tous les jours, mais ce sont des risques mesurés et calculés. C’est la même analyse qu’on a faite avant de s’engager avec Macky Sall. Il faudra, en Afrique, que les hommes d’affaires apprennent à investir sur des hommes politiques. Parce que quand le politique est bloqué, les affaires ne marchent pas. J’ai pris un risque et j’ai subi les contrecoups, des menaces de toutes sortes.
De la part de qui ?De la part des gens qui étaient là, au pouvoir.
Quand avez-vous senti que Macky pouvait être Président, que c’était le bon moment ?En 2009, quand il partait aux élections locales, Macky n’avait pas de parti, ils ont refusé de nous donner le récépissé. Mais, nous les avons battus sans parti. Et le fait que l’on soit avec Macky, qu’on ait pu mobiliser la diaspora du monde entier, nous a fait comprendre que la population adhérait et le soutenait. On a senti qu’il y avait vraiment une dynamique Macky dans le pays depuis 2009. Toutes les tendances qui sortaient, il était dans le duo de tête.
Votre homme arrive au pouvoir dans un contexte difficile marqué par la crise économique et financière, alors qu’il a fait beaucoup de promesses à l’électorat sénégalais, à commencer par la baisse des prix des denrées de première nécessité. Comment comptez-vous faire pour ne pas décevoir les Sénégalais à ce sujet ?Vous voyez qu’il a plu aujourd’hui, en pleine saison sèche (l’entretien a été réalisé le mardi 28 mars dernier), ce n’est pas un hasard. Ensuite, je suis allé saluer Macky tout à l’heure (il faisait minuit), il m’a fait entrer et j’ai trouvé là-bas de grands financiers et nous avons discuté. Ils ont dit à Macky Sall qu’avec son élection, les conditions de mobilisation d’argent sont plus faciles pour le Sénégal actuellement, nous sommes prêts à mobiliser ce que vous voulez. Aujourd’hui, vous pouvez demander à n’importe quel financier, il vous dira que l’élection de Macky Sall a créé une situation nouvelle pour le pays. J’estime que nous sommes suffisamment intelligents, nous avons des cadres valables et nous allons les exploiter. On ne peut pas faire de la politique sans penser à l’homme, on ne peut pas faire des infrastructures si ce n’est pour servir l’homme. Les Sénégalais ne mangent plus à leur faim, ils sont fatigués et on va s’attaquer à cela (…) Mais, gérer ce secteur, c’est augmenter de façon durable la production agricole. Il faut qu’à la prochaine campagne, il y ait une surproduction au Sénégal. Et pour cela, le Président Macky Sall a déjà commencé à réunir les partenaires impliqués dans l’agriculture, pour que les semences soient mises en place. Nous allons moderniser et vous allez voir ce que ça va donner. Ensuite, pour ce qui est des importations, il y a des choses que nous ne maîtrisons pas. Au Burkina, par exemple, l’Etat a décidé de renoncer à ce qu’il prenait sur les denrées de première nécessité, ni taxes ni Tva, et les prix ont baissé. Même les gens qui ne voulaient pas comprendre du côté des «Fal2012» ont admis que si la Tva est annulée, les prix vont baisser.
Mais, est-ce que cela ne va pas causer des problèmes ailleurs ?Un budget, c’est l’équilibre. Si on compile les charges de l’Etat, de la Présidence du Sénégal, il a été démontré qu’elle fait quatre fois le fonctionnement de la Présidence française. Nous allons comprimer cela et ça pourra compenser tout le reste. Nos experts sont en train de calculer. Il y a du gaspillage dans ce pays, ce qu’on reproche à ce gouvernement, c’est la gouvernance économique, il y a eu un vrai gâchis, des monuments de 90 milliards FCfa, les fêtes de 75 milliards… Ils ont jeté l’argent par les fenêtres. Cet argent, nous voulons le donner aux populations. Si nous ne faisons pas cela, il faut considérer que c’est un problème de sécurité qui se pose pour le pays. Les gens ne peuvent pas continuer à vivre dans cette situation de pauvreté, d’indigence alors que nous dormons tranquillement dans les hôtels de luxe, ils vont venir nous envahir. Il faut considérer la baisse des denrées de première nécessité comme une question de sécurité nationale. Parce qu’à un moment donné, les gens vont exploser, donc nous sommes obligés. C’est comme une route, comme l’Armée, ce sont des dépenses incompressibles que nous sommes obligés de gérer. Et on le fera avec nos partenaires techniques et financiers, et vous allez voir que nous allons y arriver.
Pour vous, la sécurité passe par l’autosuffisance alimentaire. Est-ce que la meilleure manière d’y arrive, ce n’est pas de passer par le secteur de l’agriculture et développer la vallée du fleuve Sénégal ?Bien sûr, moi j’en suis convaincu. D’ailleurs, je l’ai fait chez moi, pour les gens qui avaient abandonné l’agriculture dans mon village. J’ai irrigué et j’ai amené des tracteurs aussi. Nous allons moderniser le secteur, donner des tracteurs aux gens dans le monde rural.
Qu’avez-vous fait précisément chez vous ?J’ai fait deux périmètres irrigués dans mon village, un pour les femmes et un pour les hommes, à partir des forages. Parce que, j’ai trouvé que le gouvernement a fait des forages, mais quand on fait un forage, c’est dans le but de lutter contre la pauvreté. Mais on peut aussi l’équiper dans l’optique de l’autosuffisance alimentaire. Les forages que nous faisions, il y en a qui produisent 100 à 150 m3 par heure, mais ils les équipent avec des machines qui sortent 25 m3 par heure, parce qu’ils veulent simplement que les populations boivent. Moi j’ai enlevé les pompes «lutte contre la pauvreté» et j’ai mis les pompes «pour le développement». Et j’ai irrigué plus de surfaces de terre, ce n’est pas compliqué. Je l’ai expliqué au Président Wade. Et les gens gagnent de l’argent, ils paient leurs factures d’électricité, vendent leurs légumes. C’est l’aptitude douze mois sur douze, parce que quand tu as de l’eau, la saison sèche n’existe pas. Avec les forages, on crée la pluie à tout moment. Il suffit d’ouvrir, les asperseurs qui jettent de l’eau de pluie et les gens cultivent à tout moment.
Donc, c’est ce projet, que vous qualifiez de pilote, que vous proposez au Sénégalais ?Entre autres ! Celui-là existe, mais il existe aussi dans la vallée des aménagements. Maintenant, nous allons dire aux gens, cultivez une fois, deux fois, c’est mieux que de cultiver une fois le riz, de semer, de récolter et de s’arrêter. Quand on cultive le riz, on peut après cultiver le maïs, ou même des légumes. C’est là où il y a le fleuve et même là où il n’y a pas le fleuve aussi, nous voulons que les gens cultivent, même à Ndoffane, là-bas dans le Saloum, nous voulons que les gens travaillent douze mois sur douze.
Vous n’aviez pas mis les pieds au Sénégal depuis 5 ans, vous revenez juste après l’accession au pouvoir de Macky Sall. Est-ce pour récolter un peu les dividendes de vos investissements ?
Honnêtement, je ne suis pas dans ça. Je vais bientôt retourner à Ouagadougou. J’étais là pour l’investiture de Macky Sall, revoir les militants, les parents. Mais je fais partie de ceux qui réfléchissent, ceux qui expliquent, ceux qui conseillent. Nous avons une expérience importante dans notre parcours international, nous allons mettre ça à la disposition de Macky et de l’équipe qui sera mise sur pied.
Vous n’avez pas l’ambition de figurer dans l’équipe de Macky Sall ?Non, je suis un homme du privé. Je suis passionné par le privé. Je ne suis pas politique. Je suis venu donner un coup de pouce, je retourne dans mon milieu naturel, dans mes affaires. Peut-être que je ferais des investissements au Sénégal. Que je revienne et que j’investisse au Sénégal dans l’industrie d’huile d’arachide. Je suis en train de réfléchir pour investir dans d’autres secteurs, car si je n’ai pas investi au Sénégal, c’est que les conditions ne s’y prêtaient pas. Nous avons les pieds sur terre et une fois, le Président Ousmane Seck (ancien président de la Bid) m’a dit : «Tu sais Harouna, le problème de nos chefs d’Etat, c’est que tant qu’ils n’auront pas des conseillers qui ne dépendent d’eux, ils ne vont pas s’en sortir.» Et c’est cette expérience qu’on veut tenter avec Macky. Je n’attends rien de lui. Je ne ferai pas partie des salariés. Je n’en ai pas besoin, je suis avec le peuple. Nous allons les aider avec des idées claires. Il faut que les gens investissent dans le secteur privé, car c’est le privé qui développe un pays. L’état peut tout simplement jouer un rôle régalien. Maintenant, il faut qu’on passe au statut de chef d’entreprise et non pas seulement au statut d’employé de la Fonction publique. Il faut que l’entreprise soit développée. Avec ma contribution, les gens vont encourager l’investissement dans le secteur privé, monter des entreprises, créer des emplois, des richesses et développer le pays.
Est-ce que ce ne sont pas de belles idées qui vont buter sur l’exercice du pouvoir parce que déjà, la chronique soutient que le Sénégal est à quelques encablures de la banqueroute et que les caisses sont vides. Et Macky a 5 ans pour mettre en œuvre tout ce que vous nous vendez?Moi, je suis de nature optimiste. Vous savez, même le Président Wade a dit toute sa surprise de voir Macky venir. Il est surpris et les gens seront encore surpris. Il y a eu la pluie. Il y a des pays qui ont connu des situations plus difficiles que çà et ils se sont relevés. Le monde est maintenant un village planétaire. Le Président Macky a dit : «Nous allons faire le point.» Tout ce qui reste, c’est des spéculations. Nous allons voir ce que nous avons et ce que nous n’avons pas. Qu’est-ce qui existe concrètement, ce qui est faisable et ce qui n’est pas faisable, nous allons faire appel à nos partenaires. Les gens vont nous accompagner. Le Sénégal a montré des choses extraordinaires à la face du monde. Le peuple est prêt à nous accompagner si nous avons des programmes sérieux qui touchent le problème de la pauvreté. L’Europe subit les contrecoups, certains meurent là-bas, d’autres veulent revenir. Donc les gens vont nous accompagner. On peut emprunter sur le marché international. Nous sommes encore solvables.
Mais le mode n’est plus solvable. Est-ce que cet appel de fonds qui vous semble très évident pourra se réaliser concrètement ?Nous sommes en train de spéculer. Concrètement, nous allons attendre, nous sommes en train de réfléchir et je n’ai pas entendu que le Sénégal est au bord de la banqueroute. Si c’est vrai, les gens vont nous expliquer pourquoi nous sommes en banqueroute ? Et nous allons faire appel à nos partenaires internationaux. Mais à partir du moment où il y a une volonté politique réelle affirmée de rompre avec les anciennes pratiques de gabegie, de mal gouvernance, vous allez voir qu’il y aura nécessairement une amélioration. Rien ne sera plus comme avant dans ce pays. Je suis convaincu de cela. C’est la volonté politique au sommet qui nous manquait. La diaspora fait entrer plus de 900 milliards par an, ça c’est déjà important.
On a vu que vous n’avez pas parlé de vous, mais dans quel domaine avez-vous investi pour faire fortune, au point d’être considéré comme un milliardaire ?Très jeune, j’ai eu de bons salaires. A ce moment, je ne travaillais pas pour l’argent. J’étais passionné, je voulais développer des activités. J’étais passionné de création et de développement. J’ai vu qu’en six ans, je n’ai rien développé. J’ai échoué partout. J’ai appris à travers mon travail au Burkina-Faso où j’ai été envoyé comme consultant pendant trois mois. En trois ans, j’ai mobilisé trois millions de dollars (1,5 milliard de francs Cfa) et on me payait 3 000 dollars (1,5 million de francs Cfa) par an. Et les Américains m’ont dit que ce qu’on faisait là c’était du business. Ils m’ont dit : «Harouna, il faut te concentrer sur le business. Il faut qu’on gagne de l’argent. Alors, je j’ai réfléchi et je me suis dit : mais pourquoi pas moi ? Si je fais 10% des efforts que je fournis, je vais y arriver. Je me suis dit : tout seul j’ai réussi à mobiliser 3 millions de dollars par an. J’écrivais les projets, je faisais les analyses financières, je faisais presque tout et on ne me donnait que 3 000 dollars. C’était un gros salaire en ce temps-là, on avait une belle maison. Je vendais la misère des populations du Burkina pour gagner cet argent-là. Et je me suis dit : je vais chercher à vendre quelque chose pour gagner de l’argent en toute liberté. J’ai alors demandé à un de mes agents au Burkina, ce que je pouvais vendre pour avoir de l’argent. Il m’a dit : «Mais patron, chez vous, on jette le poisson et nous, nous n’avons pas de poisson. A ce moment-là, c’était le poisson fumé. Je suis allé voir les vendeurs de poissons d’Abidjan (Côte-d’Ivoire) pour leur demander conseil, puisque les Burkinabè consommaient des produits ivoiriens. J’ai attendu d’avoir réuni 15 millions Cfa dans mon compte pour rendre le tablier et revenir au Sénégal. Je suis parti à Mbour, Joal, j’ai étudié la situation et j’ai vu qu’ici, les gens vendaient le poisson à 80 FCFa, et au Burkina, ils disaient qu’ils pouvaient me l’acheter à 1 200 FCfa. Je me suis dit : «moi j’ai perdu du temps jusque-là». Alors, je suis rentré dedans. Mais j’ai perdu tout mon argent. Tout était foutu. Les Sénégalais étaient faux. Les Burkinabè aussi. Tout ce qu’ils me disaient était du faux. D’abord, le «kéthiakh» (poisson fumé) tel qu’ils le faisaient ici ce n’est pas ce que les burkinabè voulaient. Les Sénégalais ne pouvaient pas faire ce que les Burkinabè voulaient. Avant de le comprendre, tout mon argent était fini. Je suis allé prendre des gens au Ghana, en Côte-d’Ivoire etc. et je les ai amenés à Joal. Aujourd’hui, il y a un quartier à Joal habité par eux. Bref, à la fin, j’ai compris avec quelle technologie il fallait préparer le poisson sénégalais pour qu’il soit consommé au Burkina. Quand j’ai réalisé cela, j’ai gagné beaucoup d’argent. Les gens faisaient la queue chez moi pour verser l’argent à 05 heures du matin. Je choisissais même des billets neufs (il éclate de rire). Je me suis dit : «Moi qui suis cadre, formé dans les grandes écoles aux Usa, je ne peux pas produire mes propres salaires.» Il fallait que je règle cela. Je vais vous raconter une anecdote. Il y a un ami qui est venu me voir à l’hôtel Téranga, il cherchait du travail. Il m’a dit que cela faisait trois ans qu’il cherchait du travail. Il me demandait d’intervenir auprès d’un de nos amis qui travaillait aux Nations Unies pour qu’on l’embauche là-bas. Je lui ai dit : «Je ne peux pas intervenir. Tu as cherché du travail pendant trois ans. Je veux que l’on conclue qu’il n’y a pas de travail. A ce moment, nous pourrons avancer. Si tu acceptes qu’il n’y a pas de travail, je vais te donner des conseils.» Il me dit : «Mais, comment ça ?» Je lui ai rétorqué : «Nous avons cherché pendant trois ans et nous n’avons pas trouvé. Arrêtons de chercher, au moins tu vas te reposer.» Il me dit : «Je fais quoi alors ?» Je lui réponds : «Tu vas chercher de l’argent». Il me dit : «Comment peut-on chercher de l’argent s’il n’y a pas de travail ?» J’ai lui dit : «C’est différent. Chercher du travail et chercher de l’argent, c’est différent. Je vous conseille de chercher de l’argent mais de ne pas chercher du travail.» Il m’a dit : «Explique-toi.» Je lui ai dit : «Tu cherches du travail parce que tu es un ingénieur du textile. Tu vends ta matière grise d’ingénieur du textile. C’est pourquoi tu n’as pas trouvé du travail. Je lui ai dit : «Combien on te payait ?» Il m’a dit : «200 000 FCfa. A ce moment, moi j’achetais les cartons Mtoa (qui servent à emballer les cigarettes) chez les Baol-Baol. Ils partaient chercher les cartons d’emballage à 300 francs Cfa et ils me le vendaient à 2 000 FCfa. Il gagnait 1700 FCfa par carton. Je lui ai dit : «Le Baol-Baol, s’il vend 100 cartons, cela lui fait 170 000 FCFa. 100 cartons du Baol-Baol, cela fait ton salaire d’ingénieur. Donc, arrête de chercher du travail et va chercher de l’argent. Il faut aller voir chez toi ce que tu peux faire pour gagner tes 200 000 F Cfa. Libère-toi.» Moi, je voulais produire mon salaire de 30.000 dollars, je suis rentré dans le «Kéthiakh (poisson fumé)» et en 1992, nous avons fait le plein emploi à Joal. Tous les jeunes et les femmes de Joal, nous les avons employés. J’ai investi sur au moins 10 ha à Joal. J’ai financé les femmes etc. Ce sont des camions, des wagons qui s’alignaient sur le Burkina. Le Sénégal a repris tout le marché de Burkina en poisson fumé. Je ne pouvais même plus ravitailler le marché, parce qu’ils ont découvert que c’était mieux que le poisson de Côte-d’Ivoire. Avant, ils disaient : «Vous savez le Guorgui (le Sénégalais), c’est un truand.» Quand j’amenais le «kéthiakh», ils disaient : «Comment le Guorgui peut-il amener du poisson qui n’a pas de tête, qui n’a pas d’écailles ? Ça ce n’est pas bon.» Je vendais le poisson sénégalais moins cher que celui ivoirien. Ils m’ont dit que le poisson du Gorgui, ce n’est pas bon. Ce n’est pas du poisson. Mais quand ils ont découvert que c’était du poisson, tout le monde a plongé et je ne pouvais plus ravitailler le marché. Et les burkinabè sont venus investir à Joal. Bon, quand ils sont rentrés dans le marché du «kéthiakh», je me suis retiré. Là, maintenant, ce n’était plus pour mon salaire. Je me suis tourné vers le poisson frais pour gagner d’argent.
Combien ?(Il éclate de rire). Ça, je ne peux pas le dire. Non, je ne vais pas le dire. J’ai été gagné par la passion de l’entreprise. Je me suis retiré du poisson fumé, je suis rentré dans le poisson frais congelé. Je possède 45 camions frigorifiques. J’ai 160 employés. J’ai un réseau. C’est bon. Cela veut dire que j’ai réglé un compte avec moi-même. J’ai pu créer mon salaire, créer les salaires de 160 employés, avoir même des excédents qui me permettent de soutenir, financer Macky Sall. C’est ce que vous vouliez entendre (il éclate de rires).
Au lendemain du festival de Thilogne où Demba Dia qui avait amené sa sono avait interdit le micro à Baba Maal, la chronique soutient que dès le lendemain, vous lui avez acheté une sono à 300 millions. Est-ce vrai ? Oui, oui ! Parce que cela m’avait fait mal. Maintenant, je ne donne pas des chiffres. Je ne dirai pas la valeur exacte, mais j’ai acheté la sono parce que d’abord, Baba Maal c’est mon camarade de promotion. Nous avons fait le lycée ensemble. Donc, quand j’ai appris qu’il n’avait pas son propre matériel de musique, cela m’a fait mal et comme j’étais son ami, je lui ai acheté la sono. J’ai les moyens de le faire et je l’ai fait discrètement. Effectivement, j’ai acheté sa sono et il est content. C’est pour faire marcher son entreprise. C’est toujours l’esprit d’entreprise que j’ai dans la tête. J’encourage toute initiative privée. Baba, chef d’entreprise, avec ses employés, est venu au Burkina, nous avons discuté. Si je l’aide, l’argent qu’il utilise pour louer du matériel, va servir à son entreprise. C’est toujours l’idée de pousser pour que les gens se développent.
Quelles sont vos relations avec le Président Burkinabè, Blaise Compaoré ?Nous n’avons pas de relations particulières. Je ne l’ai jamais vu, je ne l’ai jamais rencontré. Mais je connais très bien sa famille. A un moment, j’ai eu des difficultés dans mes affaires et il a eu à aider quelqu’un qui m’a aidé. J’ai de très bons rapports au Burkina. De très bons rapports avec tout le monde. La classe politique, le privé, tout le monde.
Avez-vous introduit Macky auprès de lui ?Non. Macky a aussi ses propres réseaux. Moi, je ne suis pas politicien. Je suis un privé. Macky a ses réseaux, mais quand il vient au Burkina, je vais l’accueillir à l’Aéroport. Mais quand il va en audience, je n’y vais pas...
source : seneweb
Gomez est mort à Paris
- Détails
- Catégorie : Focales
- Mis à jour le dimanche 1 avril 2012 12:47
- Publié le samedi 31 mars 2012 23:19
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
Je viens d’apprendre la nouvelle, j’ignore ni de quoi, ni où précisément; il serait mort ce mardi soir 31 mars 2012 à Paris, à 18 heures. Il m’avait paru tellement diminué il y a un an, quand je l’avais croisé à la foire du livre, que je ne l’avais pas reconnu tout de suite. Gomez fut l’homme fort du ministère-secrétariat de la présidence du temps de Conté et du CMRN. A telle enseigne qu’il fallait montrer patte blanche, faire le pied de grue pour voir le chef de l’Etat. Serait-on ministre. Seul un certain porte-parole du CMRN paré de l'aura de numéro 2 des auteurs du coup d’Etat contre ce qui restait de l’Homme-peuple, passait sous son nez, montant quatre à quatre l’escalier qui menait au bureau de « Conté ». L’actuel Modérateur de la République, Facinet Touré, qui n’a pas attendu la dégradation des galons pour que même lui, finisse par être pratiquement interdit de Présidence. Ce qui n’était pas du reste du fait de Gomez.
Gomez fut l’un des maîtres-d’ouevre de la trop fameuse loi anticasseurs de 1993 qui continue encore à plomber l’entrée dans l’Etat de droit. Il faut lui reconnaître le mérite d’avoir organisé la présidence dans son ensemble, mis des cadres certes de son choix, mais comme Kerfalla Yansané à la BCRG, il a, en homme instruit, (il serait le premier ingénieur guinéen de l'aviation civile, d’une école supérieure en France) su éviter à la nation l’installation d’un « foutoir » au plus haut niveau de l’Etat. On a vu à contrario, où mène le folklore de la confusion de la politique avec un spectacle de mauvais goût, tels ces Dadis Shows qui nous ont menés à ce que j’appelle le Stade Boiro, avec les horreurs de ce 28 Septembre 2009.
Justement, le Camp Boiro, il l’a connu, la diète noire il y a goûté 8 ans, et il a donné son témoignage (Parler ou périr) certes un peu tardif, mais sincère, émouvant et édifiant; j’avoue que je ne l’ai pas encore lu.
Mais nous sommes plongés dans le deuil, un deuil qui devrait être national car il fut un grand commis de l’Etat qui tenait la dragée haute aux Ba Mamadou, Siradiou Diallo, et bien évidemment, y compris président actuel. C’était un homme de foi, pieux, baignant sans doute dans un air de famille qui ressemble à une vocation. Je crois bien que Monseigneur Albert Gomez est son frère cadet.
Que sa famille, ses proches et ses amis trouvent ici mes condoléances les plus sincères d’un frère qui a eu l’occasion de le rencontrer à Dinguiraye pon village natal ou avec des amis et frères qui me sont proches.
Salam Alsény.
Martine Condé/RPGtv ou une contradiction secondaire du "camarade Alpha"
- Détails
- Catégorie : Focales
- Mis à jour le mercredi 4 avril 2012 20:45
- Publié le mercredi 4 avril 2012 20:34
- Écrit par Martine Condé

|
La Présidente du CNC |
|
|
|
Les opposants demandent le départ d’Alpha
- Détails
- Catégorie : Focales
- Mis à jour le dimanche 1 avril 2012 00:43
- Publié le samedi 31 mars 2012 19:16
- Écrit par Asmaou Barry
Comme prévu, l’Opposition a tenu son meeting à l’Héliport de Bellevue ce samedi 31 mars pour continuer ses revendications sur l’organisation des élections législatives d’une part, et d’autre part montrer au RPG arc-en-ciel que l’Opposition est majoritaire. Daniel Kolié du parti CADRE a ouvert le bal des discours en langue Képelè. Les leaders ont tour à tour fustigé la CENI et la gouvernance d’Alpha Condé.
Dialikatou Diallo du PEND s’est adressé aux à la foule au nom de Lansane Kouyaté qui est en voyage en ces termes :
« Chers militants et sympathisants , nous vous avons convoqués pour vous éclairer sur cette situation qui nous préoccupe tous qui est le problème de la CENI. Nous demandons le départ de cette CENI, nous demandons la recomposition de cette CENI car elle ne répond plus au paysage politique actuel. Le fichier électoral doit être élagué complètement et dénoué de toute fraude et de mascarade électorale ».
Mouctar Diallo Président des NFD de poursuivre :
« Le 16 mars passé, le RPG arc-en-ciel qu’on appelle majorité présidentielle avait organisé ici un meeting, ils n’ont pas pu mobiliser plus de 200 personnes. Malgré les propagandes au niveau des médias publiques, malgré l’annonce de la venue du Président Alpha Condé. Et nous l’Opposition, responsable, démocrates, progressistes l’légaliste, républicaine, nous avons mobilisé tout ce monde. Ça montre que le Président Alpha Condé est mal élu. Nous avons mobilisé à Bonfi, à Coléah et ici à Bellevue. Nous mobiliserons partout comme ça , plus que comme ça d’ailleurs, parce tout seulement il n’y a pas de cola. Nous vous disons de rester mobilisés parce que le mensonge doit finir. Alors il faut dire à Alpha « Woulé bara gnon ». Il ne veut pas les élections législatives, il fait semblent, il veut faire croire aux gens que c’est l’Opposition qui ne veut pas aller aux élections. C’est faux».
L’homme qui n’a pas sa langue dans sa poche n’a pas hésité de dire que le Président Alpha va instaurer une dictature en Guinée et que le CNT est sous les ordres du Pouvoir et que Alpha aurait même interdit aux gens de vendre leurs biens. Mouctar se demande si le Président ne finira pas par nommer des chefs de carrefour et même de chefs de famille « pour mieux instaurer la dictature et le communisme »
Les Opposants soutiennent que le problème de la Guinée n’est pas ethnique car selon eux toutes les ethnies vivent en harmonie depuis des siècles. Pour eux la Guinée a un problème de gestion. C’est pourquoi ils demandent au Président démissionner, « puis qu’il ne peut pas résoudre les problèmes de la Guinée, il viole la loi, il viole les droits humains, il nous a affamés, il nous empêche d’exercer nos droits et comme il ne peut pas amener la Guinée vers l’unité, il n’a qu’à partir. Vive la démocratie, vive l’unité nationale. La Guinée est une famille ».
