La victoire éclatante
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- Mis à jour le samedi 31 mars 2012 00:37
- Publié le samedi 31 mars 2012 00:33
- Écrit par Souleymane Jules DIOP
"Napoléon disait, à Sainte-Hélène, que la destinée d’un pays dépend parfois d’un seul jour. L’histoire justifie cette assertion, mais montre aussi qu’il faut généralement beaucoup d’années pour préparer ce jour" (Gustave LE BON)Ma joie est grande, et les mots pour la traduire me manquent. J’ai été touché par tous les messages que j’ai reçus de mes compatriotes et je n’ai pas été insensible au petit mot que le président de la République nouvellement élu m’a adressé au lendemain de sa victoire. Mais celui qui m’a le plus ému m’est venu de mon frère et ami Bara Tall, qui m’a été d’un soutien inestimable quand je faisais face à Karim Wade, soutenu par ses puissants avocats. J’ai oublié ma propre souffrance, face à ce qu’a enduré cet homme, qui a perdu son père après son emprisonnement, parce qu’il a refusé un marchandage sordide que lui imposait Abdoulaye Wade. J’ai pensé à tous ceux qui ont été injustement traités parce qu’ils ont refusé de se plier à la volonté d’Abdoulaye Wade et à son projet de dévolution monarchique du pouvoir, à tous ceux qui sont morts en s’y opposant; le peuple du 23 juin enfin, ces anonymes qui ont défié le torse nu et les mains nues, le régime de Wade et la police d’Ousmane Ngom, pour s’opposer à un projet de loi qui aurait sans doute maintenu l’ancien président au pouvoir et mis en place les conditions de son remplacement par son fils. C’est à toute cette masse anonyme qui s’appelle peuple que nous devons cette victoire éclatante. Me parviennent encore les images de ces engins crépusculaires qui éblouissaient les manifestants avant de rouler sur eux comme des chenilles, l’impuissance avec laquelle je regardais faire la répression, le coeur meurtri face à ce qu’Abdoulaye Wade, grisé par le pouvoir, considérait comme «la brise». Devant tant de souffrance que le peuple anonyme a endurée pendant ces douze années pénibles, la mienne propre s’efface.
Je ne m’attribue aucun mérite, dans ce long combat pour nous défaire de ce régime despotique et brutal. J’ai épousé cette lutte parce qu’elle est de mon âge, parce qu’elle est de mon temps, aussi parce qu’elle touche à mes convictions les plus profondes. Mais je ne peux faire semblant d’être indifférent à la victoire de Macky Sall. Il m’est intime, par les rapports fraternels que nous entretenons depuis bientôt vingt ans, qui se sont exprimés jusqu’à la veille de ce second tour qu’il a remporté haut la main. La nature particulière de nos relations ajoute à ma joie, je dois avouer. Mais ce sont les qualités personnelles du nouveau président de la République qui me font espérer. C’est un homme qui incarne un leadership tout à fait nouveau, loin de la posture messianique des leaders formés à l’école coloniale, cette forme de commandement de type vertical qui assujettit et déshumanise. Nous avons notre premier président né après l’indépendance de notre pays, qui a fait tout son cursus scolaire au Sénégal, formé par des enseignants sénégalais. Il est aussi, par ses origines modestes, son parcours académique, l’exemple du modèle social que nous ne cessons d’appeler de tous nos voeux et qu’il nous faudrait promouvoir. Il faudrait que le système éducatif redevienne le creuset de l’excellence et qu’il soit aussi le lieu privilégié où les inégalités sociales s’estompent, l’endroit où chaque enfant, qu’il soit riche ou pauvre, a une égale chance de réussite et qu’au sommet de l’échelle sociale, hommes et femmes soient traités selon leurs compétences. L’édification d’une société libérale de compétition et de mérite n’est pas antagonique avec notre attachement à la justice sociale et à la solidarité envers les plus démunis. Si Macky Sall a réussi d’une manière aussi spectaculaire, c’est qu’il a su ramener la confiance chez les gens simples, parler au vrai peuple auquel il appartient.
C’est cette appartenance qui lui confère l’humilité nécessaire à l’exercice de sa nouvelle charge, qui exige une nouvelle façon de penser et d’agir. J’espère que cette qualité ne le quittera jamais et qu’il saura la mettre au service de ce pays et surtout au service des plus pauvres, qui fondent en lui de grands espoirs. Il est la preuve que le travail paie, puisqu’il a été au contact du vrai peuple pour se faire adopter.
Nous devons vite revenir à ce qui est l’essence de toute République, une assemblée d’hommes qui consentent à une cession mutuelle de droits et qui concourent ensemble au bien-être et à la sécurité de tous. Abdoulaye Wade nous a fait beaucoup de mal, ainsi qu’à de nombreux anonymes qui ont souffert en silence, en attendant d’être délivrés du mal. Mais nous devons regarder l’avenir sans amertume et être fiers de ce que nous avons accompli. Jamais nous n’avons été placés dans des conditions aussi favorables pour nous inventer un nouveau pays, une nouvelle société plus juste et plus solidaire. Il est heureux qu’en même temps que nous chassons Abdoulaye Wade du pouvoir, nous mettons fin à la vaste escroquerie ourdie par Bethio Thioune, et que partent avec lui tous ceux qui lui ressemblent.
Je ne veux pas être long, pour ne pas devenir banal. Je souhaite ardemment que Macky Sall réussisse sa mission, parce que sa réussite sera la nôtre et fera le bonheur de ses concitoyens. Prions pour qu'une société nouvelle soit édifiée, dans laquelle chacun trouvera sa place. Les Sénégalais ont trop souffert, c'est pour eux qu'il faut maintenant agir. Nous venons de remporter une victoire éclatante, mais une tache immense nous échoit, celle de répondre aux besoins des populations. Les attentes sont nombreuses et nous devons tout faire pour qu’elles ne soient pas déçues. Agissons avec humilité et pensons à ceux qui, enfuis sous une épaisse couche de sable encore frais, nous demanderont un jour : qu'avez-vous donc fait de ce sacrifice suprême ?
SJD
Ps: Je ne peux finir sans déplorer le comportement peu honorable de l’ancien président Abdoulaye Wade qui, même défait, continue de s’immiscer dangereusement dans les affaires de la République, rompant avec le devoir de réserve qui doit être le sien désormais. Son successeur n’est même pas installé, qu’il projet déjà de diriger la liste de son parti aux législatives. Si son fils n’est en rien coupable, ce sera à la Justice de ce pays de le dire et il ne pourra plus rien faire qui l’empêchera de répondre de sa gestion. Le premier impératif de justice, qui est aussi une exigence républicaine, c’est que ceux qui ont commis l’injustice ne restent pas impunis.
Source : seneweb
Comment le CEMGA et le Haut Commandant de la Gendarmerie ont convaincu Wade?
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- Mis à jour le mardi 27 mars 2012 13:20
- Publié le mardi 27 mars 2012 13:13
- Écrit par Henriette Niang Kandé
Comment le CEMGA et le Haut Commandant de la Gendarmerie ont convaincu Wade?
Xalima-News-On en sait un peu plus sur les conditions du coup de téléphone de Wade à Macky Sall. Selon Sud Quotidien, c’est les généraux , Abdoulaye Fall, chef d’Etat-Major Général des Armées (CEMGA) et l’autre Abdoulaye Fall, le Haut commandant de la Gendarmerie qui auraient intimé l’ordre à Wade de reconnaître sa défaite pour préserver le Sénégal du chaos. 18h 30, les deux généraux pénètrent au palais et donnent les premières tendances lourdes au président de la République, issues des renseignements généraux.Après avoir écouté les deux officiers de l’armée, le Président les a rassuré. A 21H 30, il appelle Macky Sall et lui félicite.Rappel, le CEMGA n’a pas voté au premier tour et au deuxième. Signe de parfaite neutralité !COUP DE FIL MACKY À Wade a consulté son entourage proche et des hautes personnalitéshttp://enqueteplus.com/ Dimanche dernier, Wade a consulté son entourage proche et des hautes personnalités de l'État avant d'appeler son tombeur, Macky Sall. EnQuête a appris que les avis des uns et des autres l'ont sans doute convaincu à jeter si vite l'éponge. Mais les arguments qu'il a le plus pris en compte sont ceux de sa famille.En effet, EnQuête est en mesure de dire que c'est à 21h 24 que Karim Wade a pris son téléphone, après que son père eut accepté l'idée de reconnaître sa défaite, pour appeler Pape Samba Diop, le chef de cabinet de Macky Sall. ''Le président Wade voudrait s'entretenir avec le président Macky Sall'', a dit le fils Wade au bout du fil. Le téléphone remis à Macky Sall, c'est Wade père qui lâche : ''Les premières tendances montrent que tu es largement en tête. Je reconnaîs que tu as gagné et j'ai perdu. Je te félicite et te souhaite beaucoup de succès''. Il faut dire que quand Gorgui câblait Macky, il avait à ses cotés son épouse Viviane et ses deux enfants Karim et Syndiély. Quant à Macky Sall, il a remercié le président Wade pour son appel.Quelqu'un qui a été témoin de cette scène, c'est Thijs Berman, le chef de la mission des observateurs de l'Union européenne. En effet, il était présent au moment de l'appel de Wade. Après ce coup de fil, Macky Sall en a reçu de l'ambassadeur de France à Dakar, Nicolas Normand pendant une bonne quinzaine de minutes. Itou, le roi du Maroc, Mohamed VI a eu Macky Sall au téléphone pour le féliciter de sa victoire.RECONNAISSANCE DE SA DEFAITE Le secret du coup de fil de Me WadeNETTALI.NET - Il avait promis de ne pas faire moins que Diouf, et il a tenu parole en appelant le vainqueur Macky Sall. Un appel qui s’est fait non sans la consultation de hautes personnalités et celle de sa famille.
Wade a d’abord recueilli le conseil de son entourage proche et des hautes personnalités avant de se résoudre à appeler Macky Sall au téléphone pour reconnaître sa défaite et le féliciter. Et ces consultations ont finalement eu raison de lui. Mais dans cette décision, c’est surtout les conseils de sa famille qui auront le plus pesé. Et c’est quelques minutes avant 21 h 30, l’heure à laquelle, il a appelé son tombeur que son fils Karim a pris son téléphone pour appeler Pape Samba Diop, le chef de cabinet de Macky Sall qui lui a à son tour, passé Macky Sall, au téléphone.Et Me Wade de reconnaître sa défaite et de féliciter Macky Sall, en présence de son épouse Viviane et ses deux enfants Karim et Syndiély et en donnant comme arguments les premières tendances qui donnent ce dernier vainqueur.Macky Sall qui n’a pas manqué de remercier Wade pour son appel avant de recevoir l’ambassadeur de France à Dakar, Nicolas Normand pendant une bonne quinzaine de minutes.Et l’on ne manque pas de se demander si Me Wade avait au fond le choix au vu des résultats qui tombaient au fur et à mesure et qui montraient une razzia de son ancien Premier ministre et les écarts énormes notées. Céder le pouvoir comme il l’a fait, n’aurait été de toute façon que le seule issue possible et imaginable. Ces scénari de forcing annoncés par une certaine presse n’auraient été possibles que dans le cas où les écarts étaient serrés.Wade part ainsi sur la pointe des pieds pour une défaite qui sentait à mille lieux, comme en atteste d’ailleurs ces menaces brandies ça et là contre les populations de Podor et de Matam, cette diète qu’il promettait aux fonctionnaires, si jamais il n’était pas élu, le chantage des chantiers, les dettes contractées et le chaos qu’il président dans une interview du journal français "La Croix". "Alea jacta est", le sort en était déjà jeté, il fallait qu’il parte et il est parti. A Macky maintenant de jouer et d’essayer de faire mieux que Wade.NettaliComment Abdoulaye Wade a-t-il tenu ses troupes pour éviter tout dérapage hier ?
DAKARACTU.COM Contrairement à ce qui s'est passé au premier tour, lorsque Farba Senghor et Serigne Mbacké Ndiaye ont fait des sorties pour déclarer la victoire du candidat de Fal 2012, Abdoulaye Wade a décidé, hier, d'interdire à tous ses collaborateurs de parler jusqu'à ce qu'il leur en donne l'autorisation. Voici ce qui explique l'absence de représentant de la coalition Fal 2012 sur les plateaux de radio et de télévision en début de soirée.
Quand Wade décide, au vu des tendances, d'appeler Macky Sall pour le féliciter, ne sont dans la confidence que son épouse Viviane, son fils Karim, son conseiller financier Samuel Sarr... Mais aussi son ministre de l'Intérieur qui lui a fourni les résultats des 500 bureaux-test et des fiches de renseignements établissant sa défaite de façon incontestable.
Après son coup de fil de félicitation à Macky, Abdoulaye Wade a remis le communiqué y afférent à Babacar Diagne, avant de lever l'embargo sur la parole qu'il avait imposé à son entourage.
C'était l'unique manière de gérer cette soirée pour empêcher tout dérapage. Un peu comme Abdou Diouf avait fait en 2000, qui avait pris son monde de court pour féliciter Abdoulaye Wade, son tombeur au second tour de la présidentielle qui a donné lieu à la première alternance démocratique à la tête du pays.Résultats-Scrutin Second tour : « Y’en a marre » félicite Macky Sall tout en gardant son statut de veille
http://www.pressafrik.com L’euphorie de la victoire de Macky Sall au soir du 25 mars face à Abdoulaye Wade ne semble pas pour autant emporter les membres du Mouvement « Y’en a marre » à l’instar de Simon qui félicite le nouveau président de la République Macky Sall à qui, il rappelle également sa « lourde tâche ».
Le Mouvement « Y’en a marre » connu pour son combat inépuisable pour faire partir Abdoulaye Wade du pouvoir, peut d’ores et déjà s’estimer heureux de voir son vœu se réaliser dans ce second tour du scrutin. En effet, même si la victoire de Macky est approuvée par les y’en a marristes, les camarades de Simon rappelle au candidat de Benno Bokk Yaakaar les responsabilités qui l’incombent.
« On célèbre cette journée, on est là pour féliciter le président Macky. On ne parle pas de victoire, mais on parlera d’acquis. Le peuple a choisi son camp, le peuple a dégagé Abdoulaye Wade. Cet acquis on va le conserver », a émis Simon dans les colonnes du journal « L’AS ». Toutefois, ce soulagement n’a pas empêché à ce membre de « Y’en a marre » d’avoir une pensée pieuse pour les gens qui ont donné leur vie au prix de leur patrie. « On ne peut pas ne pas penser à ces jeunes, à ces gens morts au combat, parce que c’est grâce à eux qu’on a obtenu ce qu’on voulait. Il faut qu’on pense aux familles de ces martyrs », dit-il.
Wade est parti, mais Simon interpelle le nouveau président du Sénégal sur sa « lourde tâche ». « On attend de lui qu’il respecte les conclusions des Assises nationales. Il nous a fait des promesses, il a fait des promesses au peuple sénégalais. On espère qu’il va les respecter. On lui souhaite bonne chance. Mais Y’en a marre, son combat commence aujourd’hui. C’est le début », déclare Simon.Mamadou Sakhir NdiayeMe Wade quitte le Palais de la République ce mercredi
http://www.pressafrik.com Le président sortant Me Abdoulaye Wade a indique lors d’une visite lundi à Keur Nganda (département de Diourbel) qu’il a « décidé de quitter le palais de la République mercredi. Me Wade s’est rendu dans la « ville sainte » pour « remercier et saluer » le Khalife général des mourides, Serigne Sidy Mouctar Macké au lendemain de sa défaite face à Macky Sall, son ex-premier ministre.
En ce qui concerne, sa vie après le palais, sur place, Abdoulaye Wade a exprimé sa volonté de résider dans la capitale du mouridisme.
Le président Abdoulaye Wade, qui avait à ses côtés son fils Karim et son ministre des Affaires étrangères Madické Niang, a eu un entretien d’environ une demi-heure avec le marabout.
« Je veux achever dans un court délai ma maison encore en chantier à Touba. Toute ma vie, je me mettrai au service de la communauté mouride », a dit le président sortant qui est revenu sur les liens forts l’unissant à Touba.
Il a assuré que pour rien au monde, il ne tournera le dos à la cité religieuse.
Aussi, le président Wade a donné des assurances au guide spirituel sur la poursuite des chantiers qu’il avait entamés dans la capitale du mouridisme. A ce propos, il a promis d’user de son entregent auprès de ses partenaires pour l’achèvement de ces travaux parmi lesquels, le programme de modernisation de Touba.
« Je ferais appel au besoin à mes amis étrangers pour honorer cet engagement pris devant Serigne Saliou Mbacké. Mes rapports avec Touba transcendent le pouvoir temporel. Le fait de perdre le pouvoir ne traduit pas que je vais lâcher Touba », a-t-il indiqué.
Par cet acte, le président Me Wade a lancé un signe à la communauté mouride. C’est ainsi, que le porte-parole du Khalife général, en l’occurrence Cheikh Bassirou Mbacké, a soutenu que le nom du président talibé restera gravé en lettres d’or dans les annales de la confrérie mouride pour « avoir été le premier président au monde à revendiquer partout son appartenance à la communauté de Cheikh Ahmadou Bamba ».
Selon Cheikh Bassirou Mbacké, le nom du président sortant restera gravé en lettres d’or dans les annales de la confrérie mouride pour ’’avoir été le premier président au monde à revendiquer partout son appartenance à la communauté de Cheikh Ahmadou Bamba’’. Gata DOREEN VISITE CHEZ LE CALIFE DES MOURIDES Wade annonce qu’il quitte le Palais ce mercrediNETTALI.NET - 24 heures après sa défaite au second tour de l’élection présidentielle, Me Abdoulaye Wade a presque plié ses bagages libérer sa « maison de fonction ». En visite ce lundi, à Nganda, une localité de la région de Diourbel où le khalife général des Mourides séjourne, il a déclaré qu’il quitte le palais demain mercredi 28 mars.Me Wade a dit au khalife qu’il souhaiterait résider dans la ville sainte. « Je veux achever dans un court délai ma maison encore en chantier à Touba. Je me mettrai au service de la communauté mouride pendant toute ma vie », a souligné le président de la République sortant.Malgré son départ de la tête de l’Etat, le président Wade a promis de poursuivre les chantiers de Touba. Il a dit qu’il va s’appuyer sur ses partenaires pour finir les travaux de la cité religieuse. « J’ai perdu le pouvoir, mais je ne vais pas lâcher Touba. Je ferai appel à mes amis pour terminer les travaux de modernisation de la ville sainte », a dit le président sortant.Me Wade avait à ses côtés son fils Karim Wade et le ministre des Affaires étrangères, Me Madické Niang. Le porte-parole du khalife général des Mourides, Serigne Bassirou Abdou Khadre a loué les relations entre Wade et la cité religieuse. Serigne Bassirou a laissé entendre que le nom de Me Wade sera à jamais gravé dans les annales de la ville sainte.SAMBA NDIAYE NettaliSECOND TOUR DE LA PRESIDENTIELLE Obama félicite Macky Sall, et rend hommage à WadeNETTALI.NET - C’est via un communiqué du bureau de presse de la Maison blanche que Le président Barack Obama a adressé ses félicitations à Macky Sall pour sa victoire à l’élection présidentielle sénégalaise“Les observateurs locaux et internationaux ont indiqué que l’élection avait été organisée de façon transparente et libre et qu’elle reflétait la volonté des Sénégalais”, note le président de États-Unis d’Amérique qui a aussi rendu hommage au président Abdoulaye Wade pour son “leadership et son amitié envers les États-Unis pendant sa présidence”.“Je souhaite établir des liens tout aussi productifs avec le président élu Sall, tout en approfondissant ceux qui unissent depuis longtemps les États-Unis et les Sénégalais”, fait savoir le document, daté du lundi, rendu public par le bureau de presse de la Maison Blanche.Pour M. Obama, “tout au long de cette élection, le Sénégal a été fidèle à sa tradition qui fait de lui un modèle de bonne gouvernance et de démocratie à l’oeuvre en Afrique et il reste un exemple pour ses voisins (...) Les résultats d’aujourd’hui renforcent le sentiment encourageant, à travers le continent et dans le monde entier, que la quête de la dignité humaine ne saurait être déniée et que la vague démocratique sur le continent africain doit se poursuivre”NettaliEN COLERE CONTRE LA France Wade refuse de prendre un coup de fil de JuppéNETTALI.NET - Le président de la République, Me Abdoulaye Wade, a décidément une dent contre la France, au point que lorsqu’Alain Juppé l’a appelé ce lundi, il a refusé de le prendre, lui faisant répondre qu’il n’a qu’à se référer à son homologue des Affaires étrangères, Me Madické Niang.« Ce lundi 26 mars 2012, M. Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères de la France, a appelé au téléphone M. le président de la République, Me Abdoulaye Wade, à qui il voulait parler », annonce un communiqué du porte-parole de la Présidence, Serigne Mbacké Ndiaye.Mais le président Abdoulaye Wade a refusé l’appel, lui demandant de « s’adresser à son homologue sénégalais Me Madické Niang, ministre d’Etat, ministre des Affaires Etrangères du Sénégal ».Un peu avant ce coup de fil, Me Juppé avait publié un communiqué pour féliciter Macky Sall pour son élection à la présidence du Sénégal.« Le scrutin du second tour s’est déroulé dans le calme et la sérénité, démontrant la très grande vitalité démocratique du Sénégal, qui est un exemple pour l’Afrique toute entière.La France salue l’attitude digne du Président Wade qui a félicité, dès hier soir, son adversaire. Le nouveau chef de l’État sénégalais, M. Macky Sall, pourra compter sur le soutien de la France qui est déterminée à accompagner, comme elle l’a toujours fait, le Sénégal sur la voie du progrès, de la paix et du développement », écrivait le ministre français des affaires étrangères.Juppé ajoutait que le président de la République a adressé un message de félicitations à M. Macky Sall et au Président Wade. « Je vais m’entretenir aujourd’hui avec lui ainsi qu’avec le Président Wade, pour, à mon tour, féliciter chacun d’entre eux de ce grand succès démocratique et les assurer de l’amitié et du soutien de la France », avait-il assuré. Si Macky Sall a répondu à son coup de fil, Wade ne lui a pas fait cet honneur.Mouhamed DiawMacky Sall : « Pourquoi je ne vais pas gouverner comme Wade »http://www.rewmi.com RFI Hier, un de nos Observateurs, Seydou Badiane, a accompagné les journalistes d’RFI lors de leur interview de Macky Sall. Il a pu filmer celui qui deviendra bientôt le nouveau président du Sénégal. Voici la première partie de cet entretien, dans lequel le candidat de la coalition Benno Bokk Yakaar revient sur les rapports qu’il entretenait avec le président sortant et candidat Maitre Abdoulaye Wade. Il aborde également les raisons de leurs « divorce ». Il explique enfin comment il compte gérer le pays, tout en restant vigilant. La suite de cet entretien sera publiée demain.
Laurent Correau (RFI) : Alors, on vous décrit souvent comme un fils spirituel de Wade. Les FAL 2012 disent même que les électeurs devraient préférer l’original à la copie. Qu’est-ce-que vous répondez à cela ? Est-ce-que vous êtes différent d’Abdoulaye WADE ?
Macky Sall : Je pense que je suis très différent d’Abdoulaye Wade, d’ailleurs tous les êtres sont différents. Les gens des FAL2012 lancent des slogans, on est en campagne, c’est normal. Mais ça n’a aucune emprise par rapport à la réalité des choses. Je pense que j’ai une rupture avec Wade qui découle de la perception que nous avons sur la manière de gouverner puisque, s’il avait un respect pour la séparation des pouvoirs, nous n’aurions pas eu de problèmes.
« Les raisons de notre divorce »
Les raisons de notre embrouille c’est simplement parce que l’assemblée nationale a convoqué son fils pour l’auditer. Donc, déjà, il y a une divergence fondamentale sur l’éthique de gestion et sur comment nous devons concevoir et respecter le bien public, ça c’est fondamentalement différent.
Ensuite nous avons une divergence fondamentale sur le faste. Aujourd’hui le pouvoir en place, c’est un pouvoir qui fait beaucoup de gaspillages, beaucoup d’investissements qui n’ont aucune emprise avec la réalité ou d’utilité, en tout cas pour l’économie ou le développement de notre pays. Je suis pour une gouvernance plutôt sobre et efficace qui impacte le développement économique de notre pays et qui impacte également le développement social du Sénégal. Donc, ça va être très différent si moi je suis élu, vous verrez qu’il y aura une divergence fondamentale sur la manière dont l’Etat lui-même se comporte. On va réduire la voilure mais en renforçant l’efficacité et l’efficience. Donc tout sera fait sur la base de l’optimisation. Pour qu’avec peu de moyen on puisse faire beaucoup plus de choses.
« Si je suis élu, je vais consolider la démocratie »
En outre, nous sommes différents dans la promotion de la démocratie. Moi, je ne vais pas compromettre la constitution et c’est pourquoi j’ai décidé, si je suis élu, de ne faire qu’un mandat de cinq ans au lieu de sept. J’aurai été élu pour sept ans. Nous voulons aller dans une nouvelle République où les institutions seront restaurées et respectées. La question du nombre de mandats et la durée va être fixée définitivement. De façon à ne plus permettre à un président de revenir comme il le voudrait. Donc deux mandats de cinq, pas plus. Et cette disposition ne sera plus révisable. Et donc les assises avaient déjà endossé cette mesure. Je la mettrai en œuvre. C’est dire que je m’oriente vers la consolidation de notre démocratie, vers des institutions fortes et vers une démocratie irréprochable.
Confèrence de presse de Macky Sall au Radisson: Je serais le Président de tous les Sénégalaishttp://xalimasn.com Confèrence de presse de Macky Sall au Radisson (en français)WolofSénégalais, Sénégalaises, mes chers compatriotesEn ce 25 mars 2012, après la journée mémorable du 26 février le peuple sénégalais s’est exprimé dans les urnes. A l’intérieur de nos frontières comme à l’étranger, les électeurs ont voté dans le calme et la sérénité.Leur maturité est un motif de fierté de chacun de nous. Ce soir un résultat est sorti des urnes, le grand vainqueur reste le peuple Sénégalais.Nous avons prouvé à la face du monde que notre démocratie est majeure. Ce soir mes pensées vont tout d’abord aux martyrs de la démocratie qui ont perdu la vie pour défendre notre constitution et notre démocratie. Paix à leur âme.Je pense aussi à tous nos concitoyens et je voudrais rendre hommage à tous ceux qui ont voté pour moi, à mes alliés du premier tour et du second tour mais également à mes compagnons de premières heures de l’Alliance pour la République (APR).Je salue également ceux qui ont porté leur choix sur l’autre candidat. Je serais le Président de tous les Sénégalais. Le Président Abdoulaye Wade m’a appelé ce soir au téléphone pour me féliciter. Je l’en remercie.Je voulais également en cet instant précis rendre un hommage précis à la presse. Une presse qui abat un travail important dans des conditions difficiles. Tout au long du processus qu’il s’agisse de la presse nationale, comme de la presse internationale, leurs rôle a été déterminant.Mes remerciements vont également à nos frères africains et d’autres continents pour l’intérêt qu’ils ont porté au Sénégal. Je salue les observateurs nationaux à travers le RESOCIT (Réseau des observateurs de la société civile), les observateurs internationaux pour leur contribution au bon déroulement des élections.Mes chers compatriotes, mes chers alliés,L’ampleur de cette victoire aux allures de plébiscite exprime l’immensité des attentes des populations. J’en prends toute la mesure. Ce soir une ère nouvelle commence pour le Sénégal. Ensemble nous allons rapidement nous atteler au travail de redressement attendu par chacun et attendu de chacun.Vive le Sénégal ! Vive l’Afrique !ADL/SABA Touba pour faire ses adieux : Wade parle de sa retraite au Khalife
http://www.walf.sn C'est dans la plus grande discrétion que le président déchu s'est rendu hier chez le khalife général des mourides, Serigne Sidy Makhtar Mbacké, dans son village de retraite spirituelle à Keur Ngana. Cette visite qui survient 24 heures après sa défaite face à son rival Macky Sall a eu toutes les allures d'un adieu. D’ailleurs, le président sortant n’écarte pas d’aller passer sa retraite dans un autre pays que le Sénégal : le Maroc.
(Envoyé spécial à Touba) - Comme ses prédécesseurs Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf, le président Abdoulaye Wade, battu ce dimanche par Macky Sall, pourrait bien passer sa retraite politique hors du Sénégal. Précisément dans une résidence privée au Maroc, sur invitation du roi Mouhamed VI. Le chef de l’Etat sortant en a fait la révélation hier lors de sa visite à Touba. Non sans préciser qu’il se donne un temps de réflexion avant de donner suite à cette invitation. Mais avant cela, Me Wade souhaite effectuer un petit pèlerinage dans quelques pays arabes comme l’Arabie Saoudite, le Koweït, les Emirats, entre autres.Cependant, le président sortant Me Wade indique vouloir rester encore au Sénégal pour continuer à participer au développement de son pays. ‘Après la prestation de serment qui sera suivie de la passation de service, je ne resterai pas plus de 48 heures au palais. Je continuerai les travaux de mon domicile à Touba. Je compte rester dans mon pays pour continuer le combat pour que le Sénégal accède dans le giron des pays émergents’, a-t-il dit. A la suite de ce propos, sur un ton pathétique, empreint d’émotion, il précise avoir hissé le Sénégal à un niveau de développement jamais égalé. ‘Le Sénégal est passé du niveau de pays sous-développé au stade des pays intermédiaire. Mais les opposants ne le savent pas’, regrette Me Wade. D’ailleurs, si le président déchu réclamait trois années supplémentaires pour terminer ses chantiers, c'est parce que, dit-il, il voulait ‘inscrire le Sénégal dans le cercle restreint des nations émergentes’.Cette visite-éclair du chef de l'Etat chez l'autorité religieuse de Touba qui intervient 24 heures après sa défaite face à son rival et ex-Premier ministre, Macky Sall, est perçue comme étant un adieu. ‘C’est grâce à Touba que j’avais pu accéder à la magistrature suprême. C’est pourquoi, après ma chute, je suis venu présenter mes remerciements et félicitations à la communauté mouride. Touba m’a soutenu dans ma chute. Même si je ne suis pas sorti victorieux de cette échéance’, explique Me Wade qui a renouvelé ainsi sa fidélité à la communauté mouride à laquelle il dit appartenir.La visite chez le khalife général des mourides a eu lieu dans le village de retraite spirituelle de ce dernier, Keur Ngana (département de Diourbel, arrondissement de Ndindi) distant de 100 km de Touba. A la tête d’une petite délégation, le président Wade n’a pas manqué de s’attaquer à l’opposition à qu’il impute l’impasse dans laquelle le pays se trouve. Selon lui, le retrait des investisseurs, pour des raisons de sécurité, est dû aux manifestations électorales dont il accuse les hommes politiques d’être les instigateurs.Par le biais de son porte-parole Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre, le khalife s’est dit satisfait des réalisations faites durant le mandat du pape du Sopi. Mais également par le respect de ses engagements vis-à-vis de la communauté mouride et ce, depuis le règne du défunt khalife général des mourides, Serigne Saliou Mbacké. ‘Vous êtes sorti par la grande porte. C'est une victoire pour le Sénégal. Vous avez été le premier chef d'Etat sénégalais à afficher publiquement son appartenance à la communauté mouride (...)’, affirme le porte-parole de Serigne Sidy Makhtar Mbacké.C'est à bord d'un hélicoptère que le candidat déchu à la présidentielle a débarqué dans le village de Ngana, un peu avant 17 heures, impeccable dans un grand boubou bleu assorti d'une écharpe blanche et un bonnet de même couleur. La sécurité présidentielle a été renforcée par la compagnie de la brigade de gendarmerie de Diourbel. Pour rappel, au lendemain de son élection en 2000, Me Wade avait effectué un voyage à Touba pour, dit-il, remercier la communauté mouride de l’avoir élu. Un geste qui avait été, à l’époque, diversement apprécié.FAIR-PLAY ME MADICKE NIANG (MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES) : ‘Le verdict divin est tombé, nous l'acceptons’Cinq minutes après le départ du président Wade, son fils Karim débarque au village de Keur Ngana en compagnie du ministre des Affaires étrangères Madické Niang. Mais leur tête-à-tête avec le khalife n'aura duré que quelques petites minutes. En fait, les deux personnalités devaient rejoindre le président Abdoulaye Wade à Touba où il effectuait un ziarra au mausolée de Cheikh Ahmadou Bamba.Si Karim Wade a refusé de s'adresser à la presse, ce ne sera pas le cas pour le ministre Madické Niang qui a accepté d'échanger quelques mots avec les journalistes. ‘Nous sommes à l'aise pour accepter le verdict divin. Ce verdict est tombé, nous l'acceptons. Nous sommes venus rendre grâce à Dieu, au prophète Mouhamed et à Serigne Touba. Le président a une fois de plus démontré à la face du monde qu’il est un homme exceptionnel. En reconnaissant sa défaite et en continuant à travailler aux côtés du peuple sénégalais’, a confié le ministre Madické Niang. Pape NDIAYECHRONIQUE DE L’IMPROVISTE – Par Henriette Niang KandéWeddi, guiss bokku cihttp://www.sudonline.sn Les spin doctors n’ont pu rien faire pour Maître. Tout y est passé : le décollage économique, les 40% alloués à l’éducation nationale, les infrastructures, les chantiers en cours, la religion, l’argent, la fille de son père, le chantage, l’achat de conscience, les menaces… Jamais un candidat, président sortant n’a été aussi loin en public, dans le dévoilement de ses affects. Tout ! Même l’orthodoxie des méthodes d’accouplement et le désordre dans certains caleçons se sont invités dans le débat. Des besogneux qui avaient longtemps mis leurs pulsions libidinales en berne, ont dénoncé, avec des airs de puceaux effarouchés, la gaudriole et ceux qui vivent la politique comme un roman fangeux d’Harlequin.Les citoyens n’ont pas joint leurs votes et leurs voix. Refusant ainsi de se laisser entraîner dans le cloaque des grands déballages qui se sont enfermés dans un étau de contradictions. Ils ont déchargé leur ras-le-bol de manière démocratique, à la mesure de leurs inquiétudes et de leur excitation exaspérée. Les jeunes à qui Maître devait trouver du travail, l’ont envoyé à la retraite. La nouvelle aurore qu’il leur promettait avait des allures crépusculaires. Weddi, guiss bokku ci
Les résultats sortis des urnes dans la soirée d’hier, au fur et à mesure qu’ils étaient égrenés, ont fait l’objet d’un commentaire formidable par un ami qui n’est pas ornithologue. Son sens de l’écoute et de l’observation lui ont fait faire un parallèle entre les résultats des urnes et la technique qu’utilisent les oiseaux migrateurs : le premier oiseau se lance et ouvre la voie au second qui indique le chemin au troisième. L’énergie du troisième fait s’envoler le quatrième qui entraîne le cinquième et l’élan de ce dernier provoque l’envol du sixième qui donne la force au septième… Weddi, guiss bokku ci.
Hier, la majorité des Sénégalais qui ont voté, ont exprimé en un seul acte, leur rejet et leur espoir. Rejet clair et sans équivoque d’un troisième mandat, même amputé de deux ans, comme promis par Maître, mais aussi rejet d’une gestion de l’Etat essentiellement clanique, opaque et basée sur la ruse. A la manière de renards tâchés de sang et couverts de plumes qui se proposent de garantir à l’avenir, la sécurité des poulaillers.
De plus, à force de voir Maître gouverner pour le plus grand profit du plus petit nombre, détruisant par ses pratiques du pouvoir, l’esprit républicain, l’électeur «moyen», celui pour qui la vie est de plus en plus dure, a refusé de voter pour le candidat des Fal 2012.
L’ampleur de sa défaite est à la mesure du système ploutocratique, clientéliste et corrompu. Il ne pouvait y avoir donc qu’une solution citoyenne à la hauteur de l’exaspération de ce pays qui fait rêver beaucoup de peuples mais qui déprime ses habitants. Si la philosophie impose d’exprimer clairement ce qui se conçoit bien, le temps de l’élection présidentielle est un moment de réconciliation entre les citoyens et la politique. Dans les deux cas de figure, les Sénégalais ont fait hier, un « sans faute ». Weddi, guiss bokku ci.
Le parti du président de la République que le Sénégal s’est choisi hier, a pour emblème, un cheval. Khadim Samb, notre expert maison ès sciences équestres m’a appris que les races de chevaux locaux se déclinent en futanké, naaru góór, mbayard, et par. Cette dernière catégorie étant celle utilisée pour tirer une charrette. Nous osons croire que Macky Sall, n’attèlera pas à son cheval, une charrette de luma dans laquelle sont empilés pêle-mêle, des poulets du pays, des chèvres, des légumes, des fruits de saison… Et Khadim Samb de classer d’office le cheval de Macky Sall dans la race des futanké.
Sans présager de rien, espérons seulement que le quatrième président du Sénégal, n’enfourchera pas son futanké pour des chevauchées solitaires, ou, à l’image d’un cow-boy, s’adonner à ce jeu qu’on appelle rodéo, se contorsionnant au point de s’abîmer les adducteurs, pour rester coûte que coûte sur la bête. Ou pis encore, faire comme Caligula, qui a construit une maison pour son cheval Incitatus qu’il fit Consul. Mais à cette époque, les Romains ne le surent qu’après avoir lu Suétone. Mais nous, aujourd’hui, nous sommes informés, nous savons et avons dans nos mains, les cartes qui peuvent faire tomber de cheval, en rappelant en même temps que sur le chemin de la gloire, il n’y a pas de concession à perpétuité. Maître ne nous démentira pas. Weddi, guiss bokku ci par Henriette Niang Kandé
Mali : En attendant le vote des bêtes sauvages
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- Mis à jour le jeudi 29 mars 2012 15:51
- Publié le samedi 24 mars 2012 04:12
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
Il leur a suffi de faire un petit tour à Katibougou, situé à 15 km du palais présidentiel de Koulouba, où ils se sont emparés de du Dépôt d’armes. Katibougou, l’historique faubourg où certains auteurs de coups d’Etat ou seulement de futurs dictateurs ont fait leur premiers « présentez armes ! » et autres « gardawous, repos, gardawous !.. » ; de simples lacourous qui quelques décennies plus tard se sont autoproclamés généraux, voire maréchal.
De l’armurerie, évidemment direction l’ORTM, la Télévision malienne, là où les chefs à vie se fabriquent une autre vie, à vie. Jusqu’à 4h du matin, les Maliens terrés dans leurs salons cossus ou leurs entrées-couchers se demandaient si c’est AQMI, dirigeant les rebelles touaregs qui avait eu raison de la démocratie naissante du Mali ou au contraire, l’incroyable laxisme d’ATT devant ce qu’on ne peut plus considérer comme de simples incursions. Sinon comment comprendre qu’ATT aille à la frontière du Niger faire accueillir par près d’une demi-douzaine de ses ministres, cette rébellion qui n’en est plus une mais est devenue maintenant une véritable tentative de conquête, faisant entrer du matériel lourd et sophistiqué au Mali avec ce qui ressemble à un silence coupable d’un Général couvert de lauriers, ATT ? Rêve brisé des Almoravides, rêve éconduit d’un grand Maroc qui irait de Rabat au Cap. Entre temps, on n’oubliera pas l’insoumission d’El Bekay et les Kuntas qui pourtant devaient tribut au Roi du Macina depuis le Grand Chaïkou Amadou à Amadou Amadou qui finit par en découdre avec El Hajj Omar à l’occasion d’une éphémère et hypocrite coalition avec les Kuntas qui n’avaient que mépris pour les Cheiks, qu’ils aient nom Oumar ou Amadou.
Depuis plusieurs mois, il faut être de mauvaise foi ou ne pas s’intéresser à cette étrange passivité d’ATT qui traîne la main pour donner les moyens adéquats aux soldats maliens pour en finir avec cette affaire; au lieu de cela, il pourvoit l’armée en plus de 70 généraux alors que Moussa Traoré et Alpha Oumar Konaré pendant toutes leurs « mandatures » ont nommé moins de 20 généraux. 18 si les chiffres que je possède sont exacts.
Ce n’est pourtant pas faute de moyens ? C’est un secret de polichinelle qu’ATT fait partie de nos « Pères de la nation » qui ont bénéficié des largesses de Kadhafi, qu’ils n’ont vraiment lâché que lorsque ce dernier s’est fait charcuter par Sarkozy dont il a financé les élections. A l’époque, les bégaiements d’ATT m’ont paru louches. D’où la hâte de Sarkozy à en finir avec ce témoin gênant. Au prix de 300 000 à 350 000 euros le missile tueur. Avec parfois près de 6 sorties journalières. Wade au moins peut se targuer d’avoir été ingrat avec le Guide. Et pour la mauvaise cause par-dessus le marché : il voulait mal finir comme son bailleur de fonds.
Il faut que les Nègres cessent de se bercer d’illusions. ATT n’était plus pour les Maliens-eux-mêmes ce qu’il était. Ce vendredi noir qui amené cet ATT-là et ses compagnons à dire à la soldatesque de Moussa Traoré :
Stop, ça suffit !
C’était au seuil des années 90.
Il l’a pris le pouvoir et comme promis l’a rendu à temps. Il a attendu et démocratiquement, le peuple malien a eu besoin de lui, comme les Français sont allés cher De Gaulle à Colombey-les-deux Eglises, ils l’ont élu démocratiquement.
Mais le pouvoir est doux, me dit souvent un ami qui n’en est plus très loin. Il devait ajouter, et l’appétit vient en mangeant!
Le pouvoir est une drogue, disait Michel Jobert, petit de taille, mais inversement grand ministre des Affaires étrangères. Ce qui explique son fameux « moi je suis ailleurs », répondant à la question de savoir sil était vraiment un homme de droite, puisque ministre de Gaulle et de Pompidou quoiqu’atypique dans certaines de ses positions sociales ou en matière de politique étrangère.
A sa place, j’aurais répondu, « j’essaie d’être un homme de droiture ».
Tsiranana, « père de l’Indépendance » de Madagascar disait, lui :
L’indépendance ?
« Nous on n’en voulait pas hein, c’est De Gaule qui.
Et il ajoutait :
« D’ailleurs, entre nous, comme vrais présidents il n’y a qu’Houphouët et Senghor, nous autres, on se débrouille ».
Bref, et c’était sa définition du pouvoir : il faut l’exercer pour savoir ce qu’il en est.
Fin de citations comme disent nos journalistes.
L’usure du pouvoir disait Giscard d’Estaing qui s’y connaît en vieillissement précoce, conduit au pouvoir solitaire. Il pensait à De Gaulle qu’il avait pratiqué, en tenant bon pendant au moins dix ans, gérant d’une main de fer le Plan de stabilisation qui en effet, il faut mettre cela à son compte, a relativement consolidé le franc français confronté à l’hyper solidité du mark allemand.
La solitude, ATT, redevenu hélas, Amadou Toumani Touré, il l’a connaît aujourd’hui à Djikoroni où il s’est réfugié. 70 généraux sans troupes ne peuvent rien contre des troupes armées, même si ces dernières s’étaient précisément révoltées de n’en posséder pas suffisamment pour venir à bout d’un irrédentisme qui date du premier empire noir que « ceux du Nord » n’ont jamais voulu reconnaître depuis la nuit des temps.
On n’attend plus que le coup de sifflet de la « communauté internationale » pour appeler au vote les bêtes sauvages (Amadou Kourouma).
Sur le plan familial, il ne sera probablement pas seul. Une des ses femmes, ceci est peut-être lié à cela, une Touarègue pourrait être elle, bien placée pour minimiser cette « mutinerie », selon un mot d’ATT, sur un ton qui se voulait serein, dans le silence des Maliens, et celui de l’ORTM, qui pourrait tout de même nous ramener l’immortel Banzoumana, l’aveugle qui jouait de son ngoni (harpe luth) oublié dans sa case, depuis sa cour.
J’ai soudain sommeil, comme l’Afrique, depuis cette de nuit de gésine..(Cheik Hamidou Kahn)
Mais voilà que des Maliens voudraient nous ramener vingt ans en arrière, après l’historique conférence nationale et le fameux vendredi noir, après qu’on a saccagé ce bijou, une usine emblématique du Mali qi ne voulait pas baisser les bras devant la dictature d’un Moussa Traoré.
Et c’est reparti. « Un pas en avant, deux en arrière !
Des milliers d'anti-putschistes sont sortis lundis. 48h après, c'étaient encore des milliers de Maliens qui sortaient pour crier vive les putschistes ! Pendant ce temps, ATT est terré dans un camp à Djikoroni, protégé par ses fidèles dont sans doute certains des quelque 70 généraux qu'il a fait nommer, alors que Moussa Traoré et Konaré au cours de leurs "mandatures" (20, 30 ans ?) n'en n'ont pas désigné 20. Pendant ce temps, les grandes formations se font discrètes. Or on sait qu'ATT, bien qu'élu lors d'élections "transparentes, démocratiques et crédibles" selon la formule consacrée, n'en était pas moins un président de consensus. En effet ATT n'était pas alors à la tête d'un Parti politique. C'est cette majorité consensuelle qui semble avoir volé en éclats, exacerbée, comme une grande majorité de Maliens, par la façon "laxiste" dont le Président qui n'était pas candidat lors de la prochaine présidentielle, a géré ce grave problème du Nord. Des soldats écœurés par un manque d'équipements, face à des rebelles touaregs massivement soutenus, armés et peut-être devenus une tête de pont d'un AQMI qui veut quoi ? Conquérir le Mali ? Tentatives des Almoravides, et d'un certain rêve d'un Grand Maroc ?
Même s'il vit avec une femme touarègue !
Des élections (prévues en avril !) sans ATT, au moins pour arbitrer (car on le chuchote dans certains milieux politiques maliens) ? Avec cette junte qui en rappelle une autre qui vient de laisser dans les bras des Guinéens les souvenirs horribles du Stade du 28 Septembre 2009, (150 morts, des dizaines de femmes violées par des militaires, des milliers de blessés, non loin du Camp Boiro où ont péri des milliers d'innocents (certains parlent de 50000 suppliciés morts de la diète noire), autre souvenir sur lequel des bulldozers viennent de cracher du ciment, en rasant le Pont des pendus, symbole d'une répression où une soixantaine de Guinéens ont péri à travers tout le pays, pendus pour l'exemple, en réaction au "complot" du 22 novembre 1970, qu'auraient fomenté des opposants guinéens exilés. L'officier Sanogo rappelle tristement, dans sa verbosité, le Capitaine Dadis Camara, reclus à Ouagadougou sur le chemin du TPI, Président du CNDD (Conseil National pour la Démocratie et le Développement), auteur des massacres du 28 Septembre à Conakry, en Guinée.
II est temps que les acteurs politiques maliens qui ont fait élire ATT sortent du bois à visage découvert, sans se camoufler derrière des pancartes qui clament le maintien de la Junte ou au contraire qui veulent son départ.
Wa Salam
Les militants bravent le soleil et la poussière
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- Mis à jour le samedi 24 mars 2012 23:27
- Publié le samedi 24 mars 2012 23:09
- Écrit par Diawwo Labboyah
Le 24 mars, au stade de Coléah, commune de Matam, une foule de militants ont répondu à l’appel du Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et de l’ADP (Alliance pour la démocratie et le progrès). Les rayons solaires et les nuages de poussière ne les ont pas déconnectés des discours de leurs leaders, qui n’ont pas tari de mots pour dépeindre la mal gouvernance et le malaise de leurs concitoyens. Cette fois-ci, loin des forces de l’ordre, les militants en délire, ont chanté, dansé et scandé des slogans hostiles au Pouvoir. Sur les pancartes et les banderoles, on pouvait lire : « Maalé saré khorokho (lisez le riz coute cher) »,« Non au parti-Etat », « Non au tribalisme »,« Election des députés, oui ! Sélection des députés, non ! », « Loucény Camara dégage », « Non à la fusicratie, oui à la démocratie », « Tout le monde a lutté. Non à l’exclusion », « La Guinée va mal, changeons ce changement », « Pas d’élections avec une CENI sous ordre », « À bas la fraude », « Non au bourrage d’urnes », « Les Guinéens ont faim », « Vive le Collectif et l’ADP », « Vive la démocratie », « Election transparente, gage de paix », « Pas d’exclusion de l’ADP et du Collectif ».
Excusez du peu !
Des discours, il yen aura eu pour tout le monde. Aboubacar Soumah, président du PPC (Parti pour le Progrès et le Changement) a ouvert les hostilités.
« La Guinée vit des jours sombres, dus à la restriction des libertés fondamentales, à la misère, au manque de vision politique, depuis l’avènement du régime du Président Alpha Condé au pouvoir. Après quinze mois de gestion politique et économique, lui qui prônait le changement est dans l’incapacité notoire de diriger le pays, pourtant doté de toutes les richesses ».
Et Faya Millimono, vice président de NGR (Nouvelle génération pour la République) d’enfoncer le clou :
« Nous ne pouvons vous remercier suffisamment, on a voulu vous dérouter. Nous avions demandé à avoir un meeting avec vous à Bonfi, on nous a dit qu’il faut venir à Coléah et nous allons ajouter que même si c’est à Sékhoutouréayah (Palais présidentiel) les Guinéens viendront pour dire à Alpha que ça ne va plus en Guinée. Il n’y a pas de manipulation qu’on n’a pas tentée, vous avez démontré qu’en Guinée, chaque mètre carré c’est le droit de tous les Guinéens d’y aller ».
Aboubacar Sylla de l’UFC (Union des forces du changement) a loué l’unité de l’Opposition guinéenne.
« Si on n’était pas en train de mettre en place un régime autocratique qui va devenir demain une nouvelle dictature dans notre pays, on ne se serait pas réuni ici pour en tirer des conséquences, prendre des mesures et empêcher notre pays de sombrer à nouveau ».
Mamadou Oury Ditinn Diallo du PUD, David Camara, Secrétaire général de la NGR, Charles Pascal Tolno du PPG et Lansana Kouyaté du Parti de l’Espoir pour le Développement national ont traduit le message de l’Opposition dans les principales langues nationales. Lansana Kouyaté n’a pas du tout été tendre avec le pouvoir en place :
« Les sacrifices que vous avez consentis ne seront jamais vains. La liberté sera libérée. Cela dépasse les considérations ethniques, régionales et religieuses. On veut aujourd’hui noyer les acquis, nous disons Non ! ».
Mouctar Diallo des NFD (Nouvelles Forces Démocratiques), a rappelé le « deux poids deux mesures » que les autorités ont observé en encadrant et soutenant le meeting du RPG (Rassemblement du peuple de Guinée) le Parti au pouvoir, le 16 mars à l’Héliport de Belle-vue et réprimé celui du lendemain 17 au Stade de Bonfi :
« Les organisateurs du meeting de l’Héliport avaient annoncé l’arrivé du Président Alpha Condé, fait du battage médiatique, donné de l’argent pour la mobilisation, déplacé des bus dans toutes les communes et même vers Coyah pour ne récolter que quelque 200 personnes. Et nous ici, ce n’est pas notre grand meeting, ce n’est qu’un essai. L’Opposition est majoritaire en Guinée. Votre mobilisation le prouve. Et comme vous, il y a des milliers de Guinéens à l’étranger, déterminés à dire non ! Non et non à la dictature ! On peut tuer et emprisonner les combattants mais pas le combat. Nous n’allons pas provoquer, mais nous n’accepterons pas de subir ».
Le leader des NFD poursuit :
« Le président Alpha Condé a dit qu’il ne faut plus que des Guinéens vendent du riz à d’autres Guinéens. Et à Kaloum, les gens ne pourront plus vendre leurs terrain et maison. Demain, il dira qu’il n’y a plus de mosquées et d’églises, on ne doit plus conduire des véhicules luxueux. Il va dire à tous les Guinéens de s’habiller en jaune (couleur du RPG) et il va continuer à nous appauvrir. Nous disons Non ! ».
LePrésident de l’UFR ne reconnait plus son compagnon de lutte :
« De tous les leaders, je suis celui qui ne comprend plus rien. Pendant dix ans, j’ai été dans l’Opposition avec Alpha Condé et nous avons parlé de ces questions-là. Alors quelqu’un qui dit que j’ai consacré ma vie à la démocratie, moi je veux des élections transparentes et dès qu’il arrive au pouvoir, il saute de l’autre côté, il dit non il n’y a plus d’élections parce que moi je suis là. Comment veux-tu reconnaître un tel frère. Quand je le vois, je dis Alpha c’est toi ça ?… Je ne comprends pas ce gouvernement. Alpha a combattu Lansana Conté pendant 25 ans, en disant que son régime n’était pas bon. Dès qu’il s’assoit, il appelle tous les voleurs qui étaient autour de Conté pour les mettre autour de lui ».
Cellou Dalein Diallo de l’UFDG, visiblement remonté a clos :
« Vous avez bravé la chaleur et la soif, mais vous avez également bravé l’intoxication. Je n’ai pas dormi, on a dit qu’il ne faut pas venir à Coléah, que le RPG a armé ses loubards pour violenter et blesser nos militants. Ils ont diffusé ça largement dans tous nos fiefs. Vous ne les avez pas écoutés et vous avez répondu massivement. On pensait que le combat pour l’instauration du droit, du respect des règles démocratiques et la protection des droits de l’Homme était terminé avec l’élection de Mr Alpha Condé. Nous sommes des leaders déçus parce que nous pensions que le Président Alpha Condé était le porteur de votre message. Nous pensions que le combat serait celui du développement et de la réconciliation ».
En véhicules, motos et à pieds, les militants ont raccompagné dans l’allégresse leurs leaders. D’autres meetings sont prévus dans les prochains jours à Conakry et à l’intérieur du pays. Aucun incident n’a été enregistré au moment où nous quittions les lieux. Comme pour dire que sans les forces de l’ordre, tout peut bien se passer.
Transfert des actions de Shell Guinée à Vivo Energy Guinea Le personnel réclame vingt deux milliards de francs guinéens
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- Mis à jour le vendredi 23 mars 2012 23:53
- Publié le vendredi 23 mars 2012 23:17
- Écrit par Diawo Labboyah
Le 23 mars, la Compagnie Shell Guinée, par l’intermédiaire de ses conseillers MM Sékou Koundiano et Dinah Sampil, a saisi par requête Mme Sylla Yaye Ramtoullaye Diallo, présidente de la Cour d’Appel de Conakry, pour demander l’arrêt de l’exécution provisoire du jugement du Tribunal du travail de Mafanco, rendu le 9 mars dernier. Il faut rappeler qu’un contentieux oppose Shell/Guinée à son personnel depuis qu’elle avait décidé de céder 80 % de ses actions à une nouvelle société pétrolière Vivo Energy Guinea. Conformément à un « Protocole d’accord sur le plan social » signé le 10 mai 2006 entre la société et son personnel, la soixantaine de travailleurs réclament à Shell/Guinée de leur payer quelque 22.500.000.000 francs guinéens. Saisi du dossier le 19 janvier 2012, le Tribunal du travail a tranché :
« Shell Guinée est (condamnée) à payer à ses travailleurs tous les droits découlant du Protocole du 10 mai 2006 ; dit que le changement d’appellation de Shell Guinée en une autre est subordonné au paiement intégral des droits des travailleurs de Shell Guinée SA ; ordonne l’exécution de la présente décision nonobstant toutes les voies de recours ».
Suite à la décision, le Syndicat des travailleurs de Shell Guinée a requis un huissier pour saisir les avoirs de la société pétrolière domiciliée à la BICIGUI. Avant que les fonds ne changent de propriétaire comme la société a changé de nom. Saisie contestée par les avocats de Shell. Ceux-ci estiment que l’huissier, en exécutant la décision du tribunal du travail, a outrepassé ses fonctions qui consistent à exécuter des décisions rendues. Et de préciser que la société pétrolière a interjeté appel contre le jugement rendu en première instance, et qu’il n’y a ni péril ni urgence. En plus, la décision du Tribunal du travail n’aurait pas précisé le montant à saisir. Mieux : les conditions d’exécution provisoire ne sont pas remplies.
La défense trouve que Shell n’est plus en Guinée, depuis le 9 mars. Date à laquelle Vivo Energy Guinea s’est fait enregistrer au RCCM (Registre de commerce et du crédit mobilier) à la place de Shell Guinée. Ce qui officialiserait la passation des actions entre les deux sociétés.
« Shell OVERSEAS Holding Limited (partant), cède la totalité des 1.150.525 actions à la société Vivo Energy Guinea Holding B.V (nouvelle actionnaire », peut-on lire dans la Déclaration modificative.
La défense dénonce :
« Ils ont voulu nous laisser une coquille vide ».
Celle-ci prévient qu’une fois que le départ de Shell de la Guinée sera effectif, le personnel n’aura que ses yeux pour pleurer.
La décision de Dame Sylla Yaye Ramatoullaye Diallo à propos de la requête dont elle est saisie sera connue le 29 mars. Me Diaby Abdou Karim, avocat de la défense, est confiant :
« J’ai confiance, parce que je me suis battu sur le champ du droit, de l’équité et de la morale. Ce n’est pas un problème de force, parce qu’eux ils ont de l’argent, mais de droit. C’est un protocole qui a été signé entre une société et ses employés. C’est des droits acquis ».
Me Dinah Sampil, avocat de Shell Guinéea cette remarque teintée d’humour :
« Une décision est comme un biscuit que deux personnes tiennent en main. Ils savent que chacun aura un morceau, mais ils ne savent pas à quel endroit précis le biscuit va se couper ».
Les travailleurs de Shell ont écrit à Christian Sow, ministre de la Justice, garde des sceaux, pour attirer son attention :
« Depuis 2010, nous ne comptons plus les rencontres, séances de travail et autres réunions organisées sous les auspices de l’Inspection générale du travail. Nos revendications portaient sur un point : le départ de Shell et le paiement intégral de nos droits avant tout transfert à la nouvelle société, conformément au Protocole d’accord signé entre la Direction de Shell et les employés. Nous avons déclenché une grève qui n’a été suspendue qu’après l’engagement pris mais non tenu par la Direction de Shell Guinée ».
La lettre note plus loin que :
« Shell Guinée n’est pas le seul du groupe Shell Afrique à aller en justice pour le même motif. Pourtant, les DG de ces pays respectifs, bien que confrontés à la même situation, n’ont pas recours aux moyens sauf légaux auprès des « gens qui comptent », contrairement au lobbying malsain que nous constatons ici ».
Selon des informations, Samba Seye, Directeur général de Shell Guinée, a été aperçu plus d’une fois, chez le ministre de la Justice. Ce qui renforce l’inquiétude des travailleurs qui craignent le recours aux pots-de-vin pour étouffer l’affaire.
Comme l’a précisé la lettre, Shell aurait annoncé son départ dans certains pays africains. Le Tribunal du travail d’Abidjan-Plateau a remis les travailleurs de Shell Côte d’Ivoire dans leur droit depuis le 17 octobre 2011 :
« La Société Shell-CI doit être tenue en cas de cession des actions détenues par la société Shell entraînant cession du contrôle par cette dernière au paiement de la prime de bonne séparation convenue dans la convention ».
Au Sénégal, c’est le ministre de l’Energie qui s’en est occupé. Samuel Améte Sarr a, dans une lettre datée du 31 mars 2010, écrit à Ebenezer Faulkner, Directeur général Shell Sénégal :
« Lors de notre rencontre du 31 mars 2010, vous m’avez informé du départ effectif du Groupe Shell de notre pays…Compte tenu de la sensibilité de ce dossier et du caractère hautement stratégique du secteur de l’énergie, l’Etat du Sénégal vous prie de prendre les dispositions adéquates afin de régler définitivement les questions suivantes avant la finalisation de votre transaction :
1- Indemnisation du personnel de Shell Sénégal,
2- Attribution sans frais d’une partie du capital de la nouvelle société au personnel de Shell à transfert ».
À présent, la balle est dans le camp de la Justice guinéenne et de son ministre.
Diawo Labboyah

Comment le CEMGA et le Haut Commandant de la Gendarmerie ont convaincu Wade?