La France écarlate

Un serial killer ? Qui a tué des enfants de 3, 6 ou 8 ans.. Un professeur aussi. Il a récidivé à trois reprises. Il « préfère » les enfants, les Juifs ? Non, il aime toutes les races. Il avait déjà tué un Noir (antillais), deux Arabes ou plutôt des Musulmans, tous les trois militaires, autant dire la République, la semaine dernière ! Moi je ne savais pas. Il y a une semaine, le tam tam ne devait pas être très fort, pour mes oreilles. Pour la France profonde non plus, on dirait. On n'avait pas suspendu la campagne, les candidats n'étaient pourtant pas au vert. Passons. Petite amnésie nationale. Une maladie de la République non pas tricolore, mais multicolore. Et pourtant c'était la même arme, le même scooter, même si le scooter n'était pas de la même couleur. Même signes, de sang froid, de cruauté.

Mais ce matin ce mardi matin, ce n'était pas la même chose. Des enfants. Une Ecole juive.

Il a osé tourner « l’arme fatale. » contre le symbole de toute une communauté. Demain ce sera encore, peut-être, contre des Chinois, ensuite des Nègres, enfin des chiens. Il n’y a pas d’école de Nègres ni de Chinois, encore moins pour chiens. Même si la SPA de Brigitte Bardot.. C’est pour qu’on se souvienne de la formule au sud des Etats unis, jadis, il n’y a pas si longtemps, au fronton de certains bâtiments, restaurants, cafés, etc. :

« Interdits au chiens aux Chinois et aux Nègres ».

Les Indiens (Peaux rouges) ne figuraient pas sur cette liste, et pour cause ! « La conquête de l’Ouest » les avait « terminés ».

« On est dans le symbolique», dit un commentateur d’un des médias qui depuis ce mardi matin ont mis entre parenthèses le siècle et sa mondialisation, y compris la campagne présidentielle.

Un malade mental ?

Les Dogons disent : les Blancs pensent trop.

Ils réfléchissent avant de tuer des humains. Ils visent juste, pour ne pas se tromper de cibles : chiens, Juifs, Nègres, etc.

Un tueur qui a des idées derrière la tête.

« La France a mis des moyens considérables.. ».

Comment Ben Laden a pu vivre aussi longtemps après Ground Zero !

II y avait pourtant des « Sémites » dans les tours jumelles de Manhattan.

Obama est choqué. Le Vatican aussi. Israël offre ses services, pour chasser les tueurs de Juifs, Israël, avec son Mossad., en a l’expertise.

La France est bouleversée. Toute la République : gauche, droite, centres et extrêmes. La France fait front, sans jeu de mots, un Front national. Puisque Marine Le Pen est « bouleversée ». Textus :

"L'heure n'est plus à l'affrontement, il n'y a plus de politique, il n'y plus de droite, il n'y a plus de gauche.."

Elle aurait voulu finir sa phrase :

Il n'y a plus d'Extrême gauche, il n'y a plus d'Immigrés, surtout, il n’y a plus d’extrême droite. Ah ça non, elle n'a pas pu aller jusqu’au bout de son...

Emotion..

La France entière fera une minute de silence demain : dans toutes les écoles.

Aujourd’hui c’était contre la petite faune d’une école juive de Toulouse, demain ce sera contre des Roms. Ces « Gens du voyages » qui ne vont même pas à L’Ecole obligatoire de Jules Ferry.

Une bête qui est loin d’être folle. Ca n’existe pas des animaux fous.

A suivre, c’est le cas de le dire, car l’homme, est toujours en liberté. Enfin la bête court toujours.

En scooter, peut-être le même scooter qu'il conduisait quand il a buté les deux militaires musulmans et le Nègre français, venu de ce département tellement loin de l'Hexagone qu'on oublie que là-bas aussi les portables commencent tous, tout bêtement par 06 et les fixes par 01. Je crois, mais je n'en sais rien au fond. Moi je suis français de la Métropole, débarqué de Bandiagara, venu écouter Jacques Tarnéro, qui ne vous dit pas grand-chose, et Dany le rouge. C’était à Nanterre la Folie, pas loin des "bidonvilains". Il y a longtemps, vraiment longtemps de cela. C’était au siècle dernier. "Un quart avant Jésus Christ (Jean Yann), la France s'ennuyait (Vianson Ponté). Paix à leur âme.

Qu'est-ce qui ne cloche donc pas dans cette République ?

Dans 50 ans la France sera à 30% noire. (François Mitterrand). Cela a été dit il y a 15 ou vingt ans. Donc et attention, il ne reste plus que 30 à 35 ans pour voir cette France franchement Black-Blanc-Beur. J’ignore si c’est le bon ordre. Déjà la « Peur sur la ville » est telle que d’aucun la voit déjà « Black-Black-Black. Une honte pour l’Europe ». Il est vrai que le quidam s’était excusé qui avait compté sans les limiers d’un grand quotidien du soir. Vicieux, ils étaient allés jusqu’en Israël, dénicher les propos philosophards qu’il avait tenus dans Haaretz, un quotidien, équivalent du.

N’oublions pas la question lancinante de Mazerolle, avec une émotion non feinte.

Qu’est-ce qui ne cloche pas ?

C’est tout bête. La France qui a cessé d’être seulement Bleu-Blanc-Rouge pour devenir BBB (Alain Finkielkraut), vient de passer à l’Ecarlate.

Ce rouge vif, couleur du Phénix est l’impossible parangon de l’immortalité qui gît dans l’éphémère.

Comme les civilisations, vues par Arnold Joseph Toynbee, ou plus près de nous, par ce Nègre qui vient de nous quitter un « triste petit matin.. » en avril 2008 :

"Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente."

Parce que :

"..L'action coloniale, l’entreprise coloniale, la conquête coloniale, fondée sur le mépris de l’homme indigène et justifiée par ce mépris, tend inévitablement à modifier celui qui l’entreprend; que le colonisateur, qui, pour se donner bonne conscience, s’habitue à voir dans l’autre la bête, s’entraîne à le traiter en bête, tend objectivement à se transformer lui-­même en bête. C’est cette action, ce choc en retour de la colonisation qu’il importait de signaler ».

Aimé Césaire, il y a de 62 ans.

Il suffit à présent de rafraîchir et remplacer colonisateur par Français moins.

Wa Salam, Shalom,

Saïdou Nour Bokoum

PS : A un jour près, jour anniversaire des Accords d'Evian, 18 mars 1962. Qui n'ont pas arrêté ça, la joie morbide de buter le raton (d'où ratonnade), le bougnoule, le crouille, dans une encoignure de sortie du dernier Métro..Le Nègre étant bon pour le coup de balai.

Dernière minute : Coup d’Etat au Mali. René Dumont n’a toujours pas raison. L’Afrique noire n’est pas mal partie. Elle n’est allée nulle part, depuis un demi-siècle. On attend toujours le Vote des bêtes sauvages (Amadou Kourouma, Prix Renaudot 2000)

Addenda : Ce n'était pas un "Blanc", encore qu'en matière de couleur raciale, un Arabe.. Donc il semble avéré que ce n'était pas un Dupond T ni un Dupond D, mais c'est pire. L'idée qui parcourt le fond de mon article vient d'être incarnée dans le sang par ce qui vient d'arriver en Amérique. Et notre flegamtique Président aux nerfs d'acier vient d'entrer en transes. "Mon" Blanc est une fabrication du Blanc hégémonique (Gramsci). Il (Services secrets français, Police, Gendarmerie) devaient avoir à l'oeil le "Musulman", depuis Montauban, depuis le premier Toulouse, l'attendant dans un au cimentière d'une "certaine communauté", ou dans une école bien ciblée (avec les mioches et les potachhes, les larmes de crocodiles,  ça coule plus facile !) pour creuser son Ground Zéro, afin que la France aussi ait son Eleven nine, 2001 ou plus simplement, la réélection de qui vous savez. Il suffit de mobiliser les médias pour la bonne cause. De toute façon il faut attendre la fin de la polémique, sonder l'effet sondage, pour savoir le secret qui gît au fond de ce puits insodable indigne de Machiavel lui-même. 

 

 

 

Kadhafi-Sarkozy : nos nouvelles révélations

Le mémo « GEN/ NS V. MEMO DG », qui embarrasse Nicolas Sarkozy, c’est lui. L’enquêteur privé Jean-Charles Brisard a explicité, lors d’un entretien enregistré par Mediapart, le contenu de son mémo mettant en cause le financement par le régime Kadhafi de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Ancien membre de l’équipe de campagne d’Édouard Balladur en 1995, M. Brisard a notamment confirmé la mention du nom de l’ancien ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux, dans le montage financier.

Dirigeant d’une société de renseignements privés, JCB Consulting, basée en Suisse et spécialisée dans les enquêtes sur le financement du terrorisme, Jean-Charles Brisard avait recueilli, en décembre 2006, les confessions du médecin personnel du marchand d’armes Ziad Takieddine, le docteur Didier Grosskopf.

 JC. Bisard© dr

D’après le mémo, les « modalités de financement de la campagne » de Nicolas Sarkozy en 2007 ont été « réglées lors de la visite en Libye » de « NS + BH », en octobre 2005. Ce que semblaient déjà suggérer les notes personnelles adressées à la même période par Ziad Takieddine à Claude Guéant, directeur de cabinet du ministre de l’intérieur, aujourd’hui entre les mains de la justice (Lire notre précédent article).

Selon le “mémo Brisard”, Ziad Takieddine, chef d’orchestre depuis le printemps 2005 d’un rapprochement entre MM. Sarkozy et Kadhafi, avait été « chargé du montage ». À cette époque, le marchand d’armes voyageait en permanence accompagné de son médecin, devenu témoin malgré lui, avant d’être l’homme qui en sait trop.

« Il (Didier Grosskopf – ndlr) m’a cité deux contrats dont les rétrocommissions ont servi à ça », a poursuivi M. Brisard lors de notre entretien. C’est ultra sensible. J’ai un classeur. Il y a des montants, des noms, des pays, des dates précises ».

Comme l’indique la suite du mémo « GEN/ NS V. MEMO DG » (voir ci-dessous), le Dr Grosskopf aurait personnellement « soigné Saïf al-Islam », l’un des fils du colonel Kadhafi, aujourd’hui emprisonné en Libye. Le mémo fait également état des déboires de l’associé de Takieddine, Abdulrahman el-Assir, victime selon lui d’une tentative d’opération “homo” (élimination physique) à Gstaad, où il résidait.

Ci-dessous, la suite du mémo « GEN/ NS V. MEMO DG », en respectant sa graphie :

DIVERS

AR AL ASSIR TENTAT OP HOMO GSTAAD

INTERM FR NORMAND CHARS LECLERC AGRESSION (SOIGNE HOPITAL WELLINGTON A LONDRES)

SOIGNE SAIF AL ISLAM, ET AUTRES DIGNITAIRES LIBAN, AS, LIBYE, SYRIE

ACCOMP ZT / SERT DE FAIRE VALOIR

MEDECIN PERSO DES INTERLOCUTEURS DE ZT

AVANCE ARG (JET…) PR ZT (CB) PAS REMBOURSE

PROMESSES FIN DE ZT NON RESPECTEES.

DG : PROJET CREER UNE SOCIETE OFF SHORE (PB FISCAUX ET ORDRE)

« Le docteur Grosskopf a suivi M. Takieddine partout dans ses déplacements. Il lui servait de faire valoir, a commenté Jean-Charles Brisard. Il est devenu le médecin de famille de tous ces dirigeants arabes, en Libye, en Syrie, aux Émirats. Dès qu’il y en avait un qui avait mal quelque part, on l’envoyait. Il a soigné tout le monde… Saïf Al Islam, il a connu le fils et le petit fils de Sultan, de Naïef (deux ministres saoudiens – ndlr)… J’ai une liste. Il l’accompagnait. Il était là dans ses valises. Il a entendu beaucoup de choses ».

« J’ai envie de tout balancer »

MM. Hortefeux et Takieddine, en 2005© dr

À l’automne 2006, le marchand d’armes s’est fâché avec son médecin, lui reprochant des honoraires abusifs. Ce que confirme M. Brisard : « Dans un second temps, il l’a attaqué. Il (Grosskopf – ndlr) m’a dit : “J’ai envie de tout balancer parce qu’il m’attaque”… Il peut être violent, le garçon (Ziad Takieddine ndlr) ». Rencontré par Mediapart fin février, le neurochirurgien a confirmé s’être confié à Jean-Charles Brisard.

Né le 13 mai 1968, Jean-Charles Brisard a débuté sa carrière au cabinet militaire d'Édouard Balladur, alors premier ministre (1993-1995), avant de diriger la “cellule jeunes” de son équipe de campagne pour l’élection présidentielle. M. Brisard a également été l’assistant parlementaire du député RPR Alain Marsaud, de 1993 à 1997.

Il va suivre ce dernier au sein du groupe Vivendi Universal comme adjoint au directeur de l’analyse et la prospective. C’est là qu’il va nouer de solides contacts au sein de la Direction de la surveillance du territoire (aujourd’hui DCRI), avant de s'installer en Suisse en 2003 où il « dirige l'enquête internationale des familles des victimes du 11 septembre sur le terrorisme islamiste ». En novembre 2008, il a été décoré de l’Ordre national du Mérite sur le contingent du ministère de l’intérieur.

A l’automne 2011, Jean-Charles Brisard surgit en qualité de témoin dans l’instruction des juges Van Ruymbeke et Le Loire sur l’affaire des ventes d’armes au Pakistan et à l’Arabie saoudite pour évoquer ses fonctions au sein de la campagne Balladur. À ce sujet, Brice Hortefeux apparaît dans un autre mémo rédigé par Brisard.

Ci-dessous, la copie d’un extrait de la liste des mémos donnée par M. Brisard aux enquêteurs et versée au dossier :

Le témoin des remises d’espèces par Brice Hortefeux en 1995, « c’était quelqu’un qui était dans la cellule jeunes et qui a assisté à cela », explique M. Brisard. « Hortefeux donnait des espèces à certaines personnes pour des actions de soutien à la campagne, des tractages », détaille-t-il. Des soupçons qui avaient déjà été évoqués par des témoins lors de l’enquête.

Dans la liste des notes qu’il a communiquée aux enquêteurs, M. Brisard fait aussi figurer quatre fichiers intitulés « EPOC » (Copé à l’envers) concernant Jean-François Copé. Parmi ces mémos, figure la référence d’un compte bancaire ouvert en Suisse en juillet 2005 par Isabelle Copé, la sœur du patron de l’UMP, alors ministre du Budget. Le frère et la sœur sont aujourd’hui associés dans le même cabinet d’avocats.

MM. Copé et Takieddine© (Mediapart)

Ami proche de la famille Copé, M. Brisard avait en effet contribué à l’ouverture du compte d’Isabelle Copé au Crédit suisse.

« Les policiers avaient déjà des éléments sur ce compte, assure aujourd’hui M. Brisard. On a échangé là-dessus. Eux me disent : “On a vu votre nom dans un dossier bancaire”. J’ai dit : “Ce ne serait pas un compte ouvert au nom d’Isabelle Copé ?” C’est moi qui avais le contact avec la banque… Moi j’étais résident suisse et client de la banque… J’ai pris contact avec le banquier. Je les ai accompagnés en voiture, j’étais pas là quand ils ont ouvert le compte, j’ai eu la décence d’attendre à l’extérieur. Je n’étais pas dans la pièce avec eux. D’après ce que m’a dit la sœur, ils ont mis quinze mille euros à l’ouverture, et deux ans plus tard, ils l’ont retirés. »

Les policiers ont consigné, dans un procès-verbal du 18 octobre 2011, le témoignage de M. Brisard selon lequel Isabelle Copé et son mari « lui ont précisé que son compte était en fait pour Jean-François Copé, qui lui servirait de compte de passage ». Ce point, dévoilé en novembre par Le Journal du Dimanche, avait été démenti par M. Brisard dans Paris Match quelques jours plus tard.

Interrogé le 12 mars sur TF1, Nicolas Sarkozy a jugé « grotesque » l'hypothèse d'un financement de sa campagne de 2007 par le régime Kadhafi. De son côté, Brice Hortefeux a indiqué à Mediapart, jeudi 15 mars, ne pas être « concerné par le financement de la campagne de 2007 ».

 source : médiapart

 

8 Mars : Les femmes fêtent

Les Guinéennes se sont fortement mobilisées au palais du peuple pour célébrer la journée internationale de la femme dont le thème choisi est « le renforcement du pouvoir d’achat des femmes rurales et leur rôle dans l’éradication de la pauvreté, la faim, les défis actuels et développement ».

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Jeunes Sénégalais : la lutte des générations (première partie)

Au Sénégal, on n'a jamais autant parlé de générations. « Je compte organiser l’alternance générationnelle avec les jeunes leaders politiques qui auront moins de contradictions entre eux  », disait Abdoulaye Wade à Thiès lors de la campagne du premier tour. Alain Juppé himself s'était emparé du super concept. Le premier février, il déclarait que Paris avait «souhaité que le passage de générations soit organisé. » Une manière subtile de dire au vieux: « Place aux jeunes! »

Au Sénégal, on ne vous apprend rien, les jeunes représentent une très grande partie de la population. Plus de 40%, c'est le chiffre annoncé en général.

Pourtant, comment établir la moindre généralité sur cette jeunesse hétérogène, qui va grandir et constituer le Sénégal de demain? Entre les jeunes des confréries religieuses, les jeunes des partis politiques, les jeunes étudiants qui manifestent contre les grèves de leurs professeurs, les jeunes mécaniciens, les jeunes marchands ambulants, les jeunes émeutiers de la campagne électorale, les jeunes de bonne famille, les jeunes chômeurs, les jeunes de retour d'une migration en Europe, peut-on vraiment trouver des points communs? Un intérêt général, un rêve ou une vision commune peut-il prendre le pas sur la survie individuelle ou familiale, dans un contexte marqué par la paupérisation et la précarisation, non seulement du travail mais aussi de la vie elle-même?

Dans cette armée dépareillée des jeunes, chacun aura l'attitude politique qu'il se sera choisie, et là encore les généralités ne valent rien.

Le jeune, la fac et la prison

Entre jeunesse et politique, la rencontre se fait souvent, comme dans d'autres pays, sur les bancs de la fac. Combien de ténors de la politique sénégalaise actuels ont fourbi leur mousqueton à l'UCAD? Combien ont appris la verve, le courage, le charisme, combien ont frotté leurs idéaux aux gaz lacrymogènes ou aux armes policières de l'époque? Combien ont fait de la prison, et s'en glorifient d'ailleurs, car la prison, ça vous forge, ça révèle l'arbitraire du pouvoir en place? Quelque part au Sénégal, le charisme de l'homme politique est ce mélange d'intellect, de verve d'avocat, mais aussi de martyre et de combattant. La nouvelle génération ne déroge pas à la règle, on le voit avec les événements récents, cette gloire de la jeunesse qui sort de prison: Thiat de Y'en A Marre, en garde à vue en août 2011 pour offense au chef de l'état; Simon et Kilifeu, de Y'en A Marre aussi, condamnés en mars 2012 à trois mois avec sursis pour participation à une manifestation illégale; Malick Noël Seck, arrêté en novembre 2011 puis grâcié présidentiellement, pour menaces de mort sur les membres du Conseil Constitutionnel (il avait en réalité écrit une lettre un peu ambigüe); le même en février 2012, pour détention illégale d'armes blanche; Barthélémy Dias, le jeune maire de Sicap Mermoz, qui a « pété un plomb » et tiré comme un cow boy, quand des centaines de nervis armés sont arrivés pour caillasser sa mairie. Il croupit toujours à l'ombre, en attendant que l'enquête sur la mort d'un des nervis fauché par balle avance. Thierno Bocoum et ses acolytes des Jeunesses de Rewmi, le parti d'Idrissa Seck, début 2012 pour manifestation illégale... Ils sont nombreux, les jeunes de l'opposition qui ont gravé leur nom dans la pénombre des geôles des gardes à vue de commissariat ou de Rebeuss, la prison centrale. Et chaque fois qu'il en sort un, il se dit « plus déterminé que jamais », comme si son sort avait prouvé l'arbitraire.

Le jeune, la pierre et le doigt d'honneur

L'autre jeunesse, celle qui ne va pas à l'école, qui ne s'implique pas d'habitude en politique, a récemment montré un autre de ses visages. La face émeutière, celle qui veut tout cramer par ras-le-bol. Celle qui a fait frissonner le Sénégal et bouillir la marmite des spéculations sur la violence. Si parmi eux, certains étaient politisés, affiliés, réellement partisans, une bonne part de ceux qui érigeaient des barricades, lançaient des pierres à la police, mais aussi, on l'a vu dans d'autres circonstances, pillaient les boutiques ou les maisons de ministres (ce qui s'est passé lors des émeutes du 27 juin) n'ont pas leur carte d'électeur. La violence qu'ils ont exprimée ne relève pas de l'opportunisme politique. On ne peut pas dire non plus qu'il s'agisse de « profiteurs » ou de jeunes désoeuvrés qui n'ont rien d'autre à faire, même si le facteur de l'ennui dû au chômage est quand même déterminant dans la manifestation. Ils sont en fait assez difficiles à cerner: ils veulent du changement sans pour autant croire en la politique ou en la démocratie. Ils sont déterminés, rompent avec le fatalisme de leurs parents, sans pour autant montrer leurs rêves ou leurs espoirs.

Ils représentent en cela quelque chose de nouveau au Sénégal. Ils représentent un doigt d'honneur brandi à la face de l'état, des partis, du système. Ils ne représentent qu'eux, leurs revendications ne sont pas vraiment formulées, mais ils disent tellement de choses. Ils s'emparent d'un slogan, « Wade dégage », par exemple, mais leur lutte va finalement bien au delà, plus qu'une lutte des classes, elle est peut-être cette nouvelle forme de lutte que connaissent ou vont connaître bien des pays au monde: la lutte des générations, pour un monde meilleur peut-être, mais surtout pour une justice générationnelle, pour des droits à un avenir, Pour que cesse, au Sénégal et peut-être ailleurs, cette vieille discrimination qui fait du jeune le bouc-émissaire social par excellence, le dernier des considérés, l'abruti duquel on se moque. Wade avait raflé le vote des jeunes en 2000 avec cette magnifique sortie, lors d'un meeting: « que ceux qui n'ont pas de travail lèvent la main! Je promets de leur trouver un emploi ». Comme on a coutume de le dire ici, 12 ans après, leurs mains sont toujours levées. Ils ont été les vrais perdants de ces 12 dernières années.

Et pendant que leur horizon socio-professionnel se rétrécissait, leur accès à l'information sur le monde s'élargissait, leur champ des possibles n'était plus verrouillé par un parti quasi-unique et des médias aux ordres, mais bien par des contraintes physiques et sociales qui les condamnaient à rester bloqués dans leur chômage, leur ennui, leur pauvreté, leur dépendance vis à vis des anciens. Une donne qui va peut-être changer.  (A suivre)

Facinet/Alpha : toute la Basse Côte dans la farine !

Mais quand on nous dit que tous les Partis doivent se fondre dans le RPG-Arc-en-ciel, je ne dirai à aucun ressortissant de la Basse Guinée de respecter ce diktat (Facinet).

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