«En face de l’hôtel de la concorde, le président (Alpha Condé) et moi, nous sommes allés, nous avons sonné...»
Malick Sankhon , Directeur Général de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) :
«En face de l’hôtel de la concorde, le président (Alpha Condé) et moi, nous sommes allés, nous avons sonné, il a ouvert la porte; nous avons pris place à trois, et nous avons dit que, ce que nous allons dire ici, Dieu est notre unique témoin; donc ce qui va se passer ici, si c’est répété ailleurs; c’est l’un d’entre nous.
Qu’est-ce qui nous oblige à faire des révélations ? C’est pour que chacun comprenne, pour qu’on sache que Alpha Condé ne doit rien à personne; en dehors des militants du RPG; pourquoi, il doit aux militants du RPG ? C’est parce que malgré toutes les souffrances, le RPG est resté uni derrière lui, et que c’est grâce à cette constance que lui, il est devenu président; donc, il vous doit une reconnaissance éternelle
Mais nous autres, Alpha ne nous doit rien, c’est pourquoi, quand mon parti a décidé de le soutenir, je n’ai posé aucune condition.
Nous avons dit là-bas, Alpha Condé, Malick Sankhon, Lansana Kouyaté; nous nous sommes entendus que, nous ferons de Lansana Kouyaté premier ministre. Quand nous nous sommes entendus sur cela, Alpha Condé sait ce qu’il doit faire; moi Malick, je sais ce que je dois faire; Lansana Kouyaté aussi savait ce qu’il devait faire; après cette entente, nous avons décidé de rentrer; Alpha Condé est resté là-bas, Lansana Kouayé est allé en Cote d’Ivoire; moi, je suis revenu en Guinée.
Quand je suis arrivé, les personnes à voir autour de Lansana Conté, j’ai fait les démarches, j’ai rencontré la première dame, puis toute la hiérarchie militaire, j’ai rencontré aussi ceux qui sont influents chez Lansana Conté; on s’est entendu qu’il (Lansana Kouyaté) rentre, quand il sera là, on le fera asseoir avec Lansana, pour qu’on dise ce qu’il y a à dire; il est alors renté; quand il est arrivé, la première dame (Henriette Conté) m’a dit, prends Kouyaté, présente le d’abord à mon mari, après leur entretien, tu le feras venir chez moi.
J’ai pris Kouyaté à Koba, après les discussions avec les militaires, nous nous sommes rendus à la case, et je lui ai dit; bon, moi, je t’ai escorté jusque là, maintenant si Lansana Conté apprend que, c’est moi qui t’ai accompagné, notre projet ne marchera pas; donc, moi je m’en vais.
Il me dit, je reste ici, mais si ça prend du temps, je parts; je lui ai dit hé, attends seulement, quand il viendra, et après votre rencontre, vous n’allez plus vous séparer; et quand ils se sont vus, jusqu’à 19 heures, ils étaient encore ensemble. Après la rencontre avec Lansana Conté, nous sommes allés chez Henriette, nous avons effectué les démarches, après je suis allé rencontrer les responsables des services de défense et de sécurité, le chef d’Etat-major général, le chef d’Etat-major adjoint, le ministre, tous; s’il vous plaît aidez moi, pour que Lansana Kouyaté devienne premier ministre; en ce moment, moi j’étais secrétaire général d’un ministère; c’était le tourisme.
Après ces démarches, le président Alpha Condé a rencontré des personnes, le président Abdoul Diouf, Eyadema aussi, et d’autres également, pour aider Lansana Kouyaté à devenir premier ministre; donc, nous tous, Alpha a fait sa part de travail, moi aussi, j’ai exécuté ma part; et pendant ce temps, le 01 janvier 2007, j’ai eu un accident, je rentrais avec ma femme, au niveau de «La paillotte», on a fait un accident, ma femme est morte; on m’a mis à l’hôpital, la première personne qui est venue me voir, c’était Alpha Condé, quand il est arrivé, il m’a dit, petit courage», j’ai répondu, je ne vais pas mourir, après il m’a offert un téléphone, et de l’argent; ensuite Lansana Kouyaté n’était pas à Conakry, lui aussi a dépêché quelqu’un avec de l’argent; après l’enterrement de ma femme, le 03 janvier, on m’a évacué sur Dakar; j’avais cinq côte cassées; donc, j’étais à l’hôpital les événements du 07 janvier, ont commencé en Guinée, ce que le président Alpha Condé a fait dans cette affaire, je ne le dirai pas; mais que Dieu le paye, Dieu l’a payé d’ailleurs, c’est pour cette raison qu’il est devenu président.
Donc, le président m’a recommandé à Senkoun, le représentant du RPG à Dakar, il lui a dit, occupe-toi de Sankhon, tous les jours, viens le voir, tous les jours Senkoun venait me voir à l’hôpital; à chaque fois qu’il venait, il chargeait mon téléphone, et me donnait de l’argent; et pendant que j’étais sur mon lit, moi, je négociais avec Konaté, et Elhadj Abdoul Aziz, paix à son âme, il a été secrétaire général de la ligue islamique, il m’a appelé, et m’a dit, Sankhon, les soussous sont tombés d'accord, les événements qui se passent à Conakry, pour mettre ton nom parmi les propositions pour le poste de premier ministre; j’ai répondu elhadj, si voulez m’aider, faites tout pour que Lansana Kouyaté soit premier ministre, si Lansana Kouyé obtient la primature; j’ai gagné, mais, je ne veux pas de poste de premier ministre, ça ne m’intéresse pas.
Les militaires avaient décidé de faire d’elhadj Aziz, paix à son âme, premier ministre; j’ai menacé Arafan, paix à son âme, et Kerfala, paix à son âme, j’ai dit si jamais, vous mettez le nom d’Aziz, je dirais à tout le peuple de Guinée, que c’est vous qui avez imposé Aziz, et en ce moment, vous saurez devant qui vous allez répondre; ils m’ont rappelé à l’hôpital, hé jeune frère, laisse tomber ça, tu ne connait pas Kouyaté, c’est nous qui le connaissons; j’ai dit qu’on s’est entendu pour que Kouyaté soit premier ministre; et jusqu’à demain, je suis là; la candidature de Aziz a été abandonnée.
Le cheminement est long, on ne peut pas tout expliquer, ce qui est sûr, dans cette liste, beaucoup ont entendue, Lansana Kouyaté a été proposé par les syndicats comme premier ministre, vous pensez que les syndicats l’ont proposé comme ça ? Ce n’est pas venu ex nihilo, c’est grâce à Alpha Condé que les syndicats ont donné le nom de Lansana Kouyaté. Chaque événement à son jour de révélation; donc, les syndicats ont accepté, la somme qu’Alpha a déboursée, c’est en milliards; mais vous ne l’avez jamais entendu en parler; moi je peux le dire.
Trois heures avant la nomination de Lansana, ils ont nommé Eugène, il (Lansana Kouyaté) était en Côte d’Ivoire, je lui dit, ne te soucie pas, on nom de Dieu, Eugène va partir; mais ils sont en train de le nommer; c’est une femme qui nous a aidés là-bas, c’est pas la peine de donner son nom; et dès que le nom d’Eugène a été prononcé, vous connaissez la suite; après, un bruit a couru, dans tout Conakry, les gens de Sidya sont sortis dans la rue, disant que Sidya est devenu premier ministre, vous avez entendu cela non ? C’était un coup monté par Sidya, que les gens n’ont qu’à sortir dire qu’il est devenu premier ministre, pour qu’il soit nommé obligatoirement, ce que le professeur, et nous, avons fait dans cela, c’est Dieu qui le sait, pour pouvoir neutraliser celui-là aussi.
Finalement pour Lansana Kouyaté, qui a été le dernier maillon pour nous ? C’était Mamadou Sylla; le jour que Mamadou Sylla s’est rendu à Bouramaya, il a devancé hadja Asmaou; parce que, si Lansana Conté rentrait à Conakry ce jour, avant la signature du décret de Lansana Kouyaté, trouver hadja Asmaou, le décret de Mohamed Béavogui était prêt, c’est Mohamed Béavogui qui allait prendre la primature. Donc, nous l’avons devancée, la dame n’a rien compris.
Le professeur a fait sa part du contrat, moi aussi, Mamadou Sylla a dit à Kéira, fais le projet, Keira a fait le projet, Ibrahima Kéira, Lansana Conté a signé, après la signature; Mamadou Sylla a dit au président, j’appelle Kouyaté, nous avions tous son numéro de téléphone; il a appelé Kouyaté, le président Conté lui a dit, je t’ai nommé premier ministre, donc, son décret a été signé, et moi aussi, j’ai informé mes proches.
Quand, je suis sorti de l’hôpital, je devais continuer sur la France, pour continuer mes soins; Henriette à dit à Kouyaté, ne laisse pas Sankhon là-bas, il faut l’obliger à rentrer; donc, de l’hôpital, je suis allé chez Mamadou Sylla, là où je faisais ma convalescence, la maison de Mamadou Sylla qui se trouve à Almadi; le jour d’arrivée de Kouyaté à Conakry, lui, il a pris l’avion à Abidjan, moi, j’ai pris l’avion à Dakar, je suis arrivé à Abidjan; avant mon arrivée, ils étaient partis, ils sont arrivés avant moi.
Maintenant, il fallait constituer le gouvernement de Lansana Kouyaté, il m’a appelé, on a pris place, il était assis en face de moi; il m’a dit, prends une feuille, j’ai pris une feuille, tu écris les noms que je te donne, et dès qu’il donne un nom, je l’inscris; le président (Alpha Condé) m’avait donné deux noms de ceux qui doivent faire partie du gouvernement; l’un d’entre eux m’a dit, Sankhon, je ne peux pas être dans le gouvernement, parce que, pendant mes études aux Etats-Unis, j’ai pris des crédits, et comme je travaille dans une société minière, il faut que je rembourse ces dettes, si je viens au gouvernement, je ne pourrais pas; donc, c’est pour cette raison, que cette personne n’est pas rentrée dans le gouvernement; et pour le second, Lansana Kouyaté a dit que cette personne ne sera pas dans le gouvernement, parce que ceux qui l’ont proposée, ont dit qu’il ne rentrera pas dans le gouvernement; alors puisqu’il cherchait un ministre de la jeunesse, j’ai dit alors prends Baidy Aribot, Baidy Aribot, c’est mon petit frère, on a pris Baidy Aribot.
Alpha m’avait dit, préviens moi hein, et j’étais dans un dilemme; Kouyaté et moi, dès le matin, on s’installe, celui qu’on inscrit, il le barre, et inscrit un autre, il me dit, ne dis rien à Alpha hein, alors j’ai dit si tu le dis ainsi, je ne dirais rien; et bête que je suis, depuis, j’ai gardé le silence, nous avons installé le gouvernement; quand la liste du gouvernement est arrivée, j’étais prévu pour le poste du ministre secrétaire général à la présidence; j’ai dit au premier ministre, j’ai dit bon, il faut supprimer le ministère de tourisme, ministre ça ne m’intéresse pas; j’ai dit, je veux être nommé secrétaire général à la présidence; pourquoi secrétaire général ? Parce que tu ne connais pas Lansana Conté, c’est moi qui connais Lansana Conté; s’il n’y a personne qui reste entre Lansana Conté, et toi, ils vont t’abattre; j’ai dit, je connais le président, si je suis là-bas, ils ne pourront rien contre toi; non seulement tu seras au courant de ce qui se passe, mais comme je me connais bien avec Lansana Conté, je vais te protéger; il m’a dit, aucun problème, toutes les listes étaient prêtes, à part trois postes; secrétaire général aux affaires religieuses, secrétaire général du gouvernement; secrétaire général à la présidence; donc, il m’a inscrit, secrétaire général à la présidence.
Deux jours avant la sortie; j’ai vu Thiam Idrissa, le directeur du protocole, quand ce dernier est arrivé, Lansana Kouyaté m’a dit Malick excuse nous un peu; attendez hein, nous qui avons mis cela en place dans le secret, maintenant qu’il fait jour on me met à l’écart; je suis allé attendre dehors, après leur discussion; quand il est sorti, je suis allé, et j’ai dit hé Kouyaté, tu sais que le gars ne m’aime pas, Idrissa, ces gens sont dans la magouille à la présidence; eux ils savent que je n’aime pas les magouilles, un; deuxièmement, ils savent que, si je suis à la présidence, eux ils ne vont plus apparaître; il me dit non, ne t’en fais pas, lui je le tiens; j’ai répondu hein, c’est nous qui connaissons ici, tu le tiens comment ? Je dis, de deux choses l’une, Ou bien tu es premier ministre c’est fini, je t’informe que si leur groupe, sait que je serai secrétaire général à la présidence, ils vont faire le lobby, et je ne serais jamais secrétaire général; ou tu ne le sais pas, en ce moment tu es naïf ; je dis mais, je te donne une seule assurance, je ne serai plus secrétaire général; la liste du gouvernement était finie, il n’y avait plus de place; il m’a répondu non, tu le seras ; j’ai dit Kouyaté, comme tu vas chez Lansana, si tu dis quoi que ce soit à Lansana, je le saurais, j’irai lui demander; pourquoi, il a enlevé mon nom ? Il dit non, ça ne se fera pas; quand il est allé approuver le gouvernement, ils ont dit que mon nom n’y figure pas; donc, moi j’ai été éliminé.
Quand, j’ai été éliminé, je me suis fâché, mais c’est Dieu qui ne l’a pas voulu, je suis allé demander au président, c’est toi qui a enlevé mon nom secrétaire général à la présidence, qu’est-ce que j’ai fait ? Il a dit, c’est pas moi, j’ai fermé mon téléphone, deux jours, Kouyaté a tout fait pour me joindre, il n’a pas pu, on a une amie commune, il l’a appelée, cette dernière a appelé d’autres, notre imam même est venu, il m’ont supplié, ce n’est pas grave, si Dieu n’a pas voulu que j’aille là-bas, je n’irais pas; comme je n’ai pas été, Dieu sait pourquoi, il a fait ça.
Sincèrement, j’ai mis une croix, maintenant, le président et moi; le président m’a dit, Sankhon, ça c’est inacceptable, tout ce que tu as fait, tout ce qu’on a fait et toi tu n’es pas dans le gouvernement; j’ai dit ça s’est passé ainsi, c’est pourquoi je n’ai pas eu de poste; président dis bon, tellement il était fâché; un, grâce à Alpha Condé, le gouvernement de Lansana Kouyaté n’avait pas de partis politiques, parce que, le président a été clair, aucun membre du RPG ne sera dans ce gouvernement, et comme c’est lui qui nous a aidé à mettre Lansana Kouyaté premier ministre, à partir du moment, où le RPG qui est l’artisan principal a dit qu’il ne fera pas partie; aucun autre parti n’était habilité à demander à Lansana Kouyaté de lui donner un poste; c’est pourquoi, j’avais les mains libres; alors qui doit à qui ?
Maintenant comme le professeur s’est fâché, ils ne s’appelaient plus, je suis allé chez tonton Tidiane, j’ai dit, il faut que Alpha et Kouyaté se rencontrent et discutent, parce que, je voulais que les deux se parlent d’homme à homme; nous avons organisé cela chez tonton Tidiane; quand nous sommes rentrés, tonton Tidiane, et moi, nous sommes sortis, pour les laisser, deux chefs discuter ensemble; Alpha a dit à Kouyaté, mais, tu n‘es pas sérieux, comment tu peux écarter ma liste du gouvernement ? Il a répondu, mais, Malick ne peut pas se plaindre, parce que, c’est nous qui avons mis le gouvernement ensemble; et du coup, le professeur s’est fâché contre moi, il nous a appelés, c’est vrai non docteur Tidiane ? Nous sommes venus, il dit mais, tu ne peux pas te plaindre; moi, tu m’as dit que tu n’es pas au courant.
J’ai dit devant Kouyaté, et le président, il m’avait dit de ne rien dire; il dit voilà, c’est bien fait pour toi ; maintenant, puisque, tu m’a trahi, lui aussi, il t’a trahi, bon, il dit le perdant, c’est toi, maintenant, tant pis pour toi, et d’ailleurs, je ne veux plus te voir; mais il a dit que, c’est nous qui avons mis le gouvernement, mais, il n’a pas dit au professeur qu’il m’a demandé de ne rien dire; il s’est tu sur ça, donc, devant le professeur, je n’ai pas voulu lui faire honte.
Nous sommes sortis, mais, le professeur, Kouyaté, et moi, notre accord, c’était quoi à l’hôtel ? On avait dit Kouyaté tu deviens premier ministre, et quand tu seras premier ministre, on aidera Alpha pour qu’il soit président; c’était ça notre convention, donc, Kouyaté premier ministre devait tout faire après le pouvoir de Lansana, pour que Alpha Condé devienne président; il n’a pas honoré son engagement, donc, le RPG a failli être cassé; mais le parti est resté solide derrière le professeur.
Maintenant cela fait, notre convention, n’étant plus possible, j’ai dit à Kouyaté, le poste de secrétaire général, je dis, c’est là où ils vont t’abattre, il dit bon, qu’est-ce que tu veux que je fasse, j’ai dit mais qu’est-ce que tu peux faire pour moi maintenant; je dis, je ne veux pas être sous ordre, j’ai réfléchi, je dis bon, je prends la ville de Conakry quand même; il dit d’accord, je vais envoyer le décret, Lansana va signer, j’ai dit, si tu ne signes pas, ça aussi, je le saurais, je sais tout ce qui se passe là-bas; quand nous sommes allés à Paris, il m’a appelé, je suis venu chez lui, j’ai demandé, tu a envoyé le projet, il dis non, ne t’en fais pas; j’ai dit si je ne suis pas gouverneur de Conakry, je te ferais la guerre, et je jure, je vais t’abattre, là façon que je t’ai fait entrer, je t’enlèverai de la même manière; on a haussé la voix, après il me dis, je vais envoyer le décret à Conakry, ils vont déposer, j’ai dis personne ne va déposer le décret, c’est toi-même, j’ai dit, j’attends ton retour.
Et quand il s’est retourné à Conakry, il a envoyé le projet, Lansana n’a rien dit, il a signé; j’ai été nommé gouverneur de Conakry, après, il m’a appelé en France, je dis bon, je rentre, c’est comme ça que je suis rentré.
Je n’ai jamais vu dans un pays un gouvernement qui lutte contre un gouverneur de Conakry, sauf, sous le temps de Souaré, ils ont organisé une émeute à Madina, un policier est mort, pourquoi ? Parce que, le gouvernement de Souaré voulait, que les gens aillent jusqu’à la présidence, rien que pour m’avoir; j’ai dit à Souaré, j’ai dit ça, c’est pas compliqué, on m’a dit que vous voulez m’envoyer à N’Zérékoré, je dis même à Dubréka, vas dire à Lansana Conté, je n’irai pas, et je jure, je ne sortirai jamais de Conakry, moi, je suis né ici, c’est vous qui êtes venus nous trouver ici, vous n’allez pas descendre de la campagne, vous venez ici, pour qu’on monte à votre place; je dis mais, retiens une chose, le jour qu’on m’enlèvera, d’ici deux mois, toi, tu ne seras plus premier ministre en Guinée; Dieu a exaucé mes vœux, deux mois jour pour jour; Lansana est mort, lui, il a été en prison.
Alors maintenant, pourquoi, je vous dis tout ça ? Alpha a honoré ses engagements; nous avons été au deuxième tour, Lansana a été candidat au premier tour, maintenant au deuxième tour, il est venu avec nous, Alpha ne lui a pas pris un franc, j’étais là; toute la campagne que j’ai faite à Boffa, docteur Tidiane était là; il ne m’a donné combien ? C’étaient pas six millions, c’est avec ça que je me suis battu, je ne connaissais personne à Boffa, je suis allé m’installer, je suis allé village par village, pour faire la campagne présidentielle; et maintenant, il dit que le président a dit, il va lui donner tels ministres, 30 gouverneurs, préfets, ambassadeurs; même s’il dit à Alpha, quand tu seras président, donne moi le bon Dieu, à la place de Alpha, je dirais oui, je suis d’accord; mais, puisqu’il a trahi son premier engagement, moi aussi, je ne suis pas obligé de respecter, mais alors, puisqu’il a trompé Alpha une première fois, et lui il veut qu’Alpha respecte l’autre engagement ?
Comme le dit souvent le président, les ivoiriens disent, que « le premier gahou n’est pas gahou, c’est le second qui est gnata » ; alors maintenant, aujourd’hui, personne ne peut dire que le professeur lui doit quelque chose; Alpha ne doit rien à Kouyaté, il ne lui doit rien, il n’était pas secrétaire général d’un parti ici, il n’était pas ministre, il n’était rien, Alpha a fait de lui premier ministre, et lui, il n’a pas honoré son engagement, pour aider Alpha a être président, alors Kouyaté n’a qu’à aller où il veut, on s’en fout.
Nous, tout ce qu’on sait, sait que, et Kouyaté, et Sidya, et Dalein, ils n’ont qu’à monter et descendre, le RPG aura la majorité absolue à l’assemblée.
Voilà la part de témoignage que je voulais faire, pour que, vous sachiez, que votre président, est un homme honnête et intègre, vous devez être fiers de lui, parce qu’il a toujours respecté sa parole donnée, je vous remercie»
« Je fais un appel aux enfants des victimes du camp Boiro, 1985, et autres, c'est eux qui sont notre espoir, si eux ils acceptent de s’asseoir ensemble, de discuter, de créer un espace de discussion, de discuter entre eux, parce qu'ils ne sont pas responsables, ils doivent discuter pour nous aider à avancer...En Guinée, le plus grave, c'est que l'esprit communautaire a eu tendance à emporter sur l'esprit national, le manque de civisme a été généralisé; et intolérance. La réconciliation nationale en Guinée est très très difficile, pourtant c'est une nécessité ; mais aujourd'hui les guinéens ont du mal à s’accepter les uns les autres... »
Alors que le Liberia a enregistré un nouveau cas d'Ebola, en Sierra Leone voisine, le président a demandé samedi le confinement de l'ensemble de la population du pays pendant trois jours à partir du 27 mars. Malgré un net recul, dans les trois pays les plus touchés par l'épidémie d'Ebola, le mot d'ordre reste le même : maintenir la vigilance.
A l'origine, le confinement en Sierra Leone devait uniquement concerner la capitale Freetown et quelques zones du nord. L'ensemble de la population va finalement devoir s'y plier. Pendant trois jours, des équipes interrogeront les habitants à la recherche d'éventuels malades et rappelleront les règles à suivre, notamment lors des rites funéraires. Selon l'OMS, les nouvelles contaminations ont atteint leur plus bas niveau en Sierra Leone depuis huit mois.
En début de semaine, le président guinéen Alpha Condé avait lui aussi mis en garde contre le risque de relâchement. « Ebola, ce n'est pas fini », a-t-il répété. Certes, l'épidémie est en net recul en Guinée forestière, où elle est apparue. Mais au cours de la semaine dernière, le pays a enregistré le plus grand nombre de nouveaux cas d'Ebola depuis le début de l'année, soit 95, pour la plupart dans la capitale Conakry et ses environs. La population guinéenne étant très mobile, les humanitaires n'excluent pas l'apparition de nouveaux foyers de contamination.
Retour d'Ebola au Liberia
Au Liberia voisin, les autorités étaient à quelques jours de déclarer la fin de l'épidémie. Mais la découverte d'un nouveau cas, samedi 21 mars, le premier depuis un mois, sonne comme un appel à la vigilance. Il s'agit d'une femme qui, selon les autorités, aurait peut-être été contaminée lors d'un rapport sexuel avec un homme ayant survécu à Ebola. Le virus reste dans le sperme environ trois mois après la guérison du malade.
Interrogé par RFI, le porte-parole du gouvernement libérien, Lewis Brown, assure qu'il n'y a pour autant pas de quoi se décourager, mais répète que les Libériens doivent rester vigilants. « Même si on arrivait au bout des 42 jours réglementaires sans nouveau cas, tant que la Sierra Leone et la Guinée connaissent de nouveaux cas de transmission, ce sera un risque pour le Liberia, alerte-t-il. Ce que nous avons à faire, c'est ce que nous faisons déjà. Nous avons mis en place un plan de contingence qui nous permet de répondre rapidement à toute alerte, c'est ce qui s'est passé avec ce nouveau cas. »
Le porte-parole du gouvernement libérien ajoute que ce cas est probablement « isolé », ajoutant tout de même que les autorités regardent« avec attention »cette situation. « Nous continuons de demander à la population de respecter les mêmes règles de prévention, de ne pas faiblir et de rester vigilante. Nous pensons que la situation reste sous contrôle, il y a des équipes sur le terrain qui vérifient toutes les personnes avec lesquelles cette nouvelle patiente a été en contact, pour qu'on puisse leur donner l'assistance dont ils ont besoin, surveiller leur état de santé. Et le tout pour être sûr qu'il n'y aura pas de résurgence de l'épidémie. »
« Nous souhaitions pouvoir très rapidement continuer le dialogue qui avait commencé, qui s'est interrompu, qui a repris par la force des choses avec Michaëlle Jean, secrétaire générale de l'OIF... »
Conakry, 25 mars 2015 - Le Gouvernement a tenu ce matin une conférence de presse pour appeler l’ensemble de la classe politique au dialogue, au consensus et au respect de la Constitution et des Lois de la République, qui sont les principes fondamentaux pour la démocratie, la stabilité et le développement en Guinée.
A l’issue de la conférence de prese, le Ministre Damantang Albert Camara, Porte-Parole du Gouvernement a déclaré :
« Nous appelons l’ensemble de la classe politique au dialogue. Nous sommes ouverts à des solutions, et nous restons à l’écoute. Ce dialogue doit se tenir sans préalable et reprendre au plus vite ».
« Nous respectons les décisions de la CENI dès lors qu’elles ont été prises à la majorité de ses membres, et qu’elles respectent la Constitution et les fondamentaux démocratiques ».
« Les divergences de vue sont indispensables à l’équilibre de toute démocratie, et les débats sont salutaires. Pour les forces politiques, le Parlement est l’enceinte institutionnelle par excellence pour débattre, et les médias sont des relais indépendants. Manifester est un droit fondamental que l’Etat respecte et protège avec la plus grande attention, et qui doit être exercé par les citoyens et les formations politiques dans le strict respect de la Loi. Exercer sa liberté de manifester ne doit pas se faire dans la violence ou en mettant à mal la liberté et la sécurité d’autrui. C’est aussi cela l’apprentissage démocratique que la Guinée doit continuer à faire ».
« Nous appelons tous les citoyens guinéens, sans exception, et tous les représentants des formations politiques, sans aucune distinction, à faire des prochaines élections une réussite et une fierté pour notre Nation. Œuvrons ensemble pour renforcer la transparence et la démocratie ».
« Nous appelons toutes les forces politiques à se rendre aux prochaines élections ».
« La Guinée est engagée dans un dialogue actif avec ses partenaires extérieurs concernant l’appui technique et financier nécessaire pour garantir un processus électoral transparent, juste et intègre ».
« La Guinée a besoin de poursuivre sa bonne marche en avant, avec toutes ses composantes. Notre Nation a besoin d’être soudée pour continuer à relever nos nombreux défis. Notre Nation a besoin de dialogue, d’apaisement, d’union et de consensus pour poursuivre sa marche en avant ».
Le Porte-parole du Gouvernement
M. Damantang Albert CAMARA, Porte-parole du Gouvernement, ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle, de l’Emploi et du Travail
Ce jeudi 19 mars 2015, les femmes de Hamdallaye Concasseur, étaient dans la rue pour réclamer l’eau potable dans leur quartier. Empêchant la circulation en scandant des slogans comme : ‘’Alpha Yoooh, yéé mouna’’ (Alpha, il n’y a pas d’eau), ces femmes avec les tricolores en main, voulaient se faire entendre.
Après plus d’une heure de manifestation, le président de la délégation spéciale de Ratoma, Sékou Bantouta Camara, est arrivé pour faire l’état des lieux. Visiblement très souffrant, M. Camara a refusé catégoriquement insurgé contre la présence de notre reporter dont il ordonnera sa garde rapprochée de retirer et de confisquer la camera. Pour le nommé local, la journaliste n’avait pas l’autorisation de filmer ce qui s’y passait…
S’adressant aux manifestantes, le président de la délégation spéciale de Ratoma a encore promis de régler le problème au niveau du ministre de l’Energie. « S’il vous plait, rentrez à la maison ! Je vais aller voir le ministre de l’Energie et de l’Hydraulique pour régler le problème », a plaidé Sékou Batouta Camara, qui finira par annoncer une plainte contre la SEG.
« Je suis très malade », avoue Sékou Batouta Camara aux femmes de Hamdallaye, laissant entendre qu’il a du mal à assumer ses responsabilités de président de la délégation spéciale de Ratoma…
Pendant qu’il plaidait auprès des femmes qui manifestaient ce matin (jeudi 19 mars 2015) contre le manque total d’eau dans leur quartier, le président de la délégation spéciale de Ratoma a expliqué qu’il était malade et qu’il avait du mal à assumer ses exigeantes responsabilités. « Vous-mêmes vous voyez mon état de santé », dit-il, montrant son visage et l’intérieur de sa bouche. « Je suis très malade, mais je vais tout faire pour vous. Je vais porter plainte contre la SEG (société des eaux de Guinée). Pourquoi, ils ont promis trois forages et n’ont construit qu’un seul. Le problème d’eau est un problème de tout le monde », a ajouté le nommé local.
A force de promesses, teintées de lamentations sur sa fragile santé devant les révoltées mères de familles, le président de la délégation spéciale de Ratoma a finalement réussi à faire enlever les barricades et faire rétablir la circulation.
De retour de Hamdallaye, Fatoumata Yacine Sylla et Abdoulaye Oumou Sow pour Guineematin.com