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Mis à jour le jeudi 18 juin 2015 12:25
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Publié le jeudi 18 juin 2015 12:25
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Écrit par Saïdou Nour Bokoum
Un tireur blanc a fait neuf morts mercredi dans une église de la communauté noire de Charleston en Caroline du sud. Le suspect est toujours en fuite.
Une fusillade dans une église noire à Charleston en Caroline du sud a fait neuf morts mercredi. Le suspect, un jeune homme blanc d'environ 21 ans, est toujours en fuite. Selon la police, il s'agirait "d'un crime raciste". Le point sur ce que l'on sait pour le moment.
Que s’est-il passé ?
La fusillade s'est produite vers 21h locales (1h GMT) dans l'une des plus vieilles églises noires de la ville, l'Emanuel African Methodist Episcopal Church, située au 110 Calhoun Street. "Apparemment, la personne est juste entrée dans l’église et a ouvert le feu. On ne sait pas encore ce qu’il s'est passé", a expliqué le pasteur Thomas Dixon à CNN.
L’église a été fondée en 1816 lorsque des membres afro-américains de l’Eglise épiscopale méthodiste de Charleston forment leur propre congrégation après un différend sur les lieux de sépulture. Six ans plus tard, Denmark Vesey, un des fondateurs de l’église prépare une révolte d’esclaves, mais il est dénoncé. L'affaire crée un climat d'hystérie et l'église est brûlée. Elle est reconstruite en 1834.
Chaque mercredi soir, l'Emanuel African Methodist Episcopal Church donne des cours d’étude de la Bible dans son sous-sol.
Combien y a-t-il de victimes ?
© Copyright 2015, L'Obs Des policiers devant une église noire de Charleston, le 18 juin 2015.
"Nous avons pu constater qu'il y avait huit individus décédés à l'intérieur de l'église", a expliqué le chef de la police, Gregory Mullen au cours d'une conférence de presse. Il a précisé que l'un des deux blessés, qui ont été transportés à l'hôpital le plus proche, y est décédé.
Carl Anderson, le président du Caucus noir de Caroline du Sud a indiqué à Buzzfeed que le sénateur Clementa Pinckney, qui est aussi pasteur dans cette église, se trouvait à l’intérieur du bâtiment lors de la fusillade. On ne sait pas s’il a été touché.
"C’est une tragédie qu’aucune communauté ne devrait avoir à vivre", a dit Mullen à la presse. "C’est impensable que quelqu’un se rende dans une église où les gens sont en train de prier et leur ôtent la vie." Selon lui, il s'agit d’un "crime raciste".
On ne connaît pas encore le nombre de survivants.
Qui est le suspect ?
La police a indiqué sur son compte Twitter être toujours à la poursuite du suspect, un homme blanc, âgé d'environ 21 ans et glabre, portant un jean, un pull gris et des grosses chaussures de marque Timberland. Il serait assez mince.
Vers 22h45 heure locale, la police a arrêté un homme, bien que plusieurs journalistes aient indiqué sur Twitter qu’il s’agissait d’un photographe local et non du suspect. Il a été relâché un peu plus tard, selon la chaîne WCSC.
Quel est le contexte ?
C'est un nouveau coup dur pour la communauté noire aux Etats-Unis. Même s'il s'agit à Charleston d'un incident de nature très différente, elle avait déjà été très éprouvée depuis l'été dernier par plusieurs homicides commis par des officiers de police blancs contre des hommes noirs non armés.
Depuis Ferguson à l'été 2014 et jusqu'à tout récemment à Baltimore, ces actes, qui restent souvent impunis, ont ravivé les tensions raciales dans le pays et renforcé la communauté dans l'idée que la vie des Noirs ne compte pas autant que celle des Blancs. C'est l'avènement des smartphones dotés de caméras qui a permis de souligner l'ampleur du problème en révélant instantanément ces événements sur les réseaux sociaux et dans les médias.
Quelles sont les réactions ?
Le maire de Charleston, le démocrate Joe Riley a parlé de "tragédie" au "Post and Courier". "Nous sommes encore en train de rassembler des informations, donc nous n’avons pas de détails pour le momenté, a-t-il déclaré. "C’est une tragédie innommable et déchirante dans cette église historique, une personne mauvaise et haineuse a pris la vie des citoyens qui étaient venus prier ensemble."
"Bien que nous ne connaissons pas encore les détails, nous savons déjà que nous ne comprendrons jamais ce qui motive quelqu’un à entrer dans un de nos lieux de culte et prendre la vie de quelqu’un", a indiqué sur Facebook Nikki Haley, gouverneur de Caroline du Sud.
Hillary Clinton, candidate à l'investiture démocrate, a rencontré le pasteur de l'église mercredi. "Mes pensées et prières sont avec vous", a-t-elle écrit sur Twitter.
Le candidat républicain Jeb Bush, qui était attendu à Charleston dans la journée, a annulé sa visite. Il a également réagi sur les réseaux sociaux.
Le King Center, le mémorial dédié à Martin Luther King, a tweeté une image du militant à l'Emanuel African Methodist Episcopal Church en 1962.
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Mis à jour le samedi 13 juin 2015 18:13
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Publié le samedi 13 juin 2015 18:13
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Écrit par Alpha Oumar Diallo
La présidentielle s’annonce tendue. Les acteurs politiques de la mouvance présidentielle et de l’opposition s’accusent mutuellement de préparer des fraudes en enrôlant notamment des mineurs. Madame Yansané Bintou Touré, leader du Parti guinéen pour le progrès et développement (PGPD) accuse le président de la CENI d’être à l’origine de la crise politique. Elle invite Bakary Fofana à communiquer davantage avec l’opposition pour décrisper le bras de fer entre les protagonistes. Gouvernance du régime Alpha Condé, emploi jeune, éducation, la patronne du PGPD a dit tout au cours d’un entretien exclusif qu’elle nous a accordée.
Aminata.com: que vous inspire la crise politique qui sévit dans notre pays?
Madame Yansané Bintou Touré: cette crise a commencé depuis la signature de l’accord de 3 juillet entre l’opposition et la mouvance. Apparemment, selon l’opposition les conclusions n’ont pas été respectées par la mouvance. Donc, cette crise commence depuis là. Aujourd’hui je crois que cette crise perdure, elle commence à gêner les populations, à gêner le quotidien des populations. Il y a eu beaucoup de marches, beaucoup de violences, les gens sont décédés. Je crois qu’il est temps qu’on revienne à des meilleurs sentiments. J’ai l’impression qu’on tend vers une transition qui pourrait encore dégrader la situation socio-politique. Comme on est dans un pays où les droits ne sont pas respectés. On a vu ici à la mort du président Lansana Conté, normalement, c’était Aboubacar Somparé qui devait constitutionnellement le remplacer. Très malheureusement, il y a eu un coup d’Etat, c’est Moussa Dadis qui est venu comme un cheveu dans la soupe. Donc, je m’inspire de ça pour dire qu’on s’inquiète pour ne pas qu’on retombe dans une transition. On sait comment Monsieur Kory Koundiano a été désigné, ç’a fait assez de polémiques même si c’est par voie élective mais il a été proposé par le Président de la République.
Mais à la différence du coup d’Etat de 2008, l’actuel président vit encore
Oui, c’est ce que j’ai dit, une transition parce que selon les accords de 3 juillet on devrait organiser les communales avant la présidentielle. Mais aujourd’hui on est dans une tendance où on est déjà dans le champ des élections présidentielles et l’opposition n’est pas favorable. Si on continue dans ces discussions, on risque de ne pas organiser les élections présidentielles même si une date est fixée pour le 11 octobre. Mais en tant que femme en tant que mère je souhaite que ces élections soient inclusives pour le bien être des Guinéens. Quand je dis une transition, au cas où le mandat expire et qu’on n’arrive pas à organiser la présidentielle on risque d’aller à une transition.
Il y a par exemple l’UFDG de Cellou Dalein Diallo qui affirme que si le mandat d’Alpha Condé expire, il ne sera pas légitime
Quand un mandat est échu ça veut dire que le président ne représente plus le peuple qui l’a élu.
Donc, vous n’allez pas le reconnaitre en tant que président?
C’est trop dur de dire ne pas le reconnaitre. Vous savez on est dans un pays de consensus et de dialogue, le droit n’a jamais été respecté en République de Guinée. Quoi qu’on dise, il est [Alpha Condé] président de la République, si son mandat expire, c’est vrai qu’il perd sa légitimité mais il faut bien qu’on respecte la constitution en ce moment. Il y a le président de l’Assemblée nationale qui doit normalement gérer les rênes du pouvoir jusqu’à ce qu’on ait un nouveau président de la République. Donc, dire le reconnaitre ou ne pas le reconnaitre, je me méfie beaucoup de ce genre de terme. Mais ce qui reste clair, si son mandat échu, il n’a plus de légitimité, il n’a plus de légalité. Forcément, il sera remplacé par monsieur le Président de l’Assemblée nationale, constitutionnellement qui va gérer les rênes du pouvoir jusqu’à ce qu’on ait un nouveau président de la République.
Une rencontre entre acteurs politiques est prévue probablement le 15 juin prochain. Que préconisez-vous pour une sortie de crise?
La fois dernière je disais dans une émission pourquoi on continue à délivrer des agréments pour des partis politiques si on ne peut pas associer tous les partis politiques au débat national. Aujourd’hui on pousse tout le monde à choisir un camp, opposition ou mouvance. Il y a des partis politiques qui ne se retrouvent pas dans l’idéologie de ces deux camps. Je crois qu’ils ont droit aussi à la parole. Ceux qui viennent comme médiateurs doivent quand même accepter de faire recours à ces différents partis politiques même si on pense qu’ils n’ont pas assez d’électeurs. En général, les solutions viennent des gens qu’on ne consulte pas. Donc, nous sommes tous égaux en termes de constitution, c’est-à-dire que nous sommes légalement constitués comme ces différents partis parce que je n’aime pas parler des petits ou des grands partis.
Mais qu’est-ce votre parti propose pour une sortie de crise?
Ce n’est pas la première fois que je me prononce sur ça. Lors de la conférence de presse, j’ai traité le président de la CENI de sourd-muet ça veut dire qu’il ne parle pas, il ne discute pas, il ne consulte pas, il ne dit rien. Le pays brûle par ses faits et agissements. Si la CENI a proposé un calendrier qui ne fait pas l’unanimité, je crois que la hauteur voudrait que le premier responsable de l’institution invite les uns et les autres autour de la table pour dire avec des preuves techniques qu’on doit aller aux élections présidentielles. C’est à CENI de convaincre les acteurs politiques. A un moment donné on doit dépolitiser les institutions. Aujourd’hui le nerf de ce dialogue c’est la CENI. C’est la CENI qui veut déroger à la loi. Quand on veut déroger à la loi, ce n’est pas interdit mais il faut donner des arguments techniques irréfutables pour que les uns et les autres comprennent pourquoi on ne peut pas aller aux élections locales mais aux élections présidentielles. Le dernier ressort revient à la CENI.
Vous avez dénoncé la gouvernance du président Alpha Condé. Il a lui-même dit qu’il a hérité d’un Etat en faillite. Qu’est-ce que vous lui reprochez? Pensez-vous qu’il n’a pas fourni assez d’effort?
Au PGPD nous sommes partisans des idéaux qui veulent qu’on fasse son résultat. Certes il y a eu assez de lacunes, assez de faiblesse depuis l’avènement du multipartisme en Guinée. Mais le Pr. Alpha Condé a vécu dans une des nations les plus démocratiques au monde, c’est la France. Il a fait plus de 30 ans. Je crois que la plus simple de chose, c’est de nous ramener les valeurs élémentaires de la démocratie. Il faut reconnaitre aussi que tout n’est pas négatif. On dit souvent que chaque pouvoir a son point faible et son point fort.
Vous dénoncez sur le côté ethnocentriste du régime de M. Condé?
Quand on a voulu rédiger notre projet de société, nous nous sommes partis rencontrer les populations. Nous les avons écoutés. Nous avons compris que ces populations pensent que cette gouvernance est caractérisée par l’ethnocentrisme, le favoritisme, la médiocrité, … C’est le sentiment de la population. Quand on voit les décrets qui passent à la télévision on sent que ce n’est pas inclusif. Les gens ont ce sentiment. Je pense qu’on ne doit pas se rejeter la balle. C’est lui qui est président de la République, c’est lui qui doit donner de bilan. La dernière fois je disais que si le président arrive à lancer le barrage Kaléta, il aura contribué au développement de la Guinée. Cela veut dire que si en cinq ans on a pu faire un barrage, pendant 24 on aurait pu faire 4 barrages. Je vois la Cité Plazza, je ne sais pas sur quelle base on a concocté ce projet, je ne sais pas si c’est un BOT. Il faut reconnaitre qu’aujourd’hui que les populations à la base n’ont pas d’information, on voit seulement des édifices sauf qu’on ne sait pas comment ça se passe. Certes il y a des choses qui sont en train d’être réalisées, tout n’est pas négatif mais là où on l’attendait c’est surtout au niveau des droits de l’homme. Il a vécu dans une des nations les plus démocratiques au monde mais malheureusement on continue de tirer à bout portant sur les manifestants, on continue de priver les Guinéens des droits élémentaires. On a vu des leaders politiques confinés chez eux pour ne pas qu’ils manifestent leur droit constitutionnel même si ces manifestations sont émaillées des violences, des morts, … Sincèrement le droit le plus élémentaire d’un individu c’est sa liberté d’expression, c’est sa liberté de mouvoir.
Vous êtes conseillère juridique au ministère de la jeunesse et de l’emploi des jeunes dirigé par Moustapha Naïté. Comment se passe votre cohabitation?
Naïté est venu au ministère déjà on avait créé notre parti politique. C’était en ce temps Bantama Sow [actuel ministre des Guinéens de l’étranger, NDLR] qui était ministre de la jeunesse. Quand le parti a été créé, j’ai eu des relations exécrables avec le ministre Bantama. Mais Naïté comprend que tout Guinéen a la liberté d’expression, a la liberté de s’associer, de créer un parti politique. Jusqu’à preuve de contraire je ne vois pas une loi qui interdit cela. On cohabite très bien. Je pense que je fais mon travail de conseillère juridique. Je n’associe pas mon travail à la politique. Je suis conseillère juridique de 8h30 à 16h30. Je crois qu’à partir de 16h30 je le droit d’être la présidente du Parti guinéen pour le progrès et le développement (PGPD). On me dit souvent que je suis dans le système et je critique. C’est normal, en France, il y a les frondeurs. Moi je ne suis pas dans le système pour le moment. Je suis dans l’administration. Et l’administration est impartiale.
Vous êtes une femme, comment vous parvenez à concilier le foyer, votre formation politique et votre poste de conseillère juridique?
Il faut dire que c’est un peu difficile. C’est le moment de remercier mon conjoint lui aussi a découvert en moi depuis longtemps ce potentiel de femme publique, de femme engagée. Je crois qu’il me facilite la tâche. Je fais tout pour ne pas léser le foyer. C’est ce qui est difficile c’est quand on est dans une activité publique et qu’on lèse son conjoint. Il y a une compréhension, une confiance et un respect mutuel. Je fais tout dans le respect du foyer. On dit souvent qu’une femme qui n’a pas pu gérer un foyer ne peut pas gérer un pays. Je dois pouvoir allier les deux pour qu’un jour je puisse gérer cette nation.
Vous avez annoncé votre candidature à la présidentielle de cette année. Pouvez-vous nous dire le programme de votre parti sur les propositions pour un plein emploi des jeunes?
Dans notre programme, il y a un axe sur la création de l’emploi. Aujourd’hui il faut reconnaitre que le chômage de jeunes est endémique. Tous les gouvernements s’attèlent à converger pour l’amélioration de l’employabilité des jeunes. Dans 10 ou 20 ans si on ne s’occupe pas des jeunes, ils vont s’occuper de nous. Notre programme s’accentue sur la formation. Quand vous prenez l’emblème du parti, nous avons un livre et une colombe-la-dessus avec un épi au bec. Le livre symbolise tout ce qui est éducation. Nous avons intérêt à ce que nos jeunes soient éduqués. Nous voulons donner une qualification à la formation de jeunes pour que cette qualification s’adapte à l’économie du temps moderne. Nous avons beaucoup des jeunes sur le marché de l’emploi malheureusement qui n’ont pas de qualification. Nous avons dit par exemple au niveau du primaire qu’il est important de ramener la gratuité les manuels scolaires. La Guinée doit accepter de donner gratuitement les manuels scolaires aux enfants. C’est bien possible. Aujourd’hui nous avons des ministres qui reçoivent des salaires faramineux, qui ont beaucoup de carburant. L’Etat fait beaucoup de dépenses. Je crois que si on fait la rationalisation de dépenses, nous pouvons faire beaucoup de choses pour nos jeunes. Ça nous permettra d’abord de donner la gratuité de manuels scolaires, le quartier où j’habite, y a des élèves qui n’ont pas allé à l’école à cause de 300 000 GNF parce que les parents n’ont pas le frais de scolarisation. Nous avons pensé aussi qu’il faut développer l’enseignement professionnel. Malheureusement, l’enseignement professionnel est le parent pauvre en République de Guinée. Il y a une pratique qui n’est pas reluisante, c’est du fait d’envoyer les ressources des universités publiques dans les universités privées. Nous avons le système LMD, ce n’est pas pour le dénigrer mais quand vous écoutez nos étudiants qui ont fait ce système, sincèrement ce n’est pas intéressant. Je crois qu’il faut repenser l’éducation. Donc la base c’est la formation, la qualification de l’école guinéenne. Nous avons beaucoup des diplômés sans emploi mais la base, c’est le manque de formation.
Le deuxième volet, nous avons une politique nationale de la jeunesse de huit axes qui convergent vers l’amélioration de l’emploi des jeunes. Je suis très mal placée pour dénigrer la feuille de route qui a été mise en place quand on était à Kamsar, j’ai participé, mon avis a été demandé, je crois que pour être honnête si ce n’était pas Ebola, on aurait quand même faire beaucoup de choses pour la jeunesse guinéenne. Dans notre programme, c’est la formation qui doit s’adapter au marché de l’emploi.
Entretien réalisé par Alpha Oumar Diallo pour Aminata.com