Guinée : un responsable de la société civile accuse les observateurs de l’UE

« Les observateurs de l’Union européenne n’avaient pas à interférer dans le déroulement de l’élection pour dire que ceci est valable ou que ces anomalies-là n’ont pas entaché la crédibilité du scrutin », a notamment protesté le président du Conseil national des organisations de la société civile pour la démocratie et le développement de la Guinée (CNOSCDDG), à l’occasion de sa conférence de presse animée hier, samedi 17 octobre 2015, au siège de son organisation, à Sonfonia Gare. 

Selon monsieur Salmana Diallo, président du CNOSCDDG, le déroulement du processus électoral a connu beaucoup d’irrégularités qu’on ne pourrait banaliser aussi facilement et qui ne devraient échapper à la vigilance de tout observateur qui se veut crédible. Des votes multiples (doublons) et sans enveloppe ; une prolongation exagérée du temps de vote ; une présence encombrante des gens qui se disent observateurs sans badge, etc.

Pour le président du CNOSCDDG, il faut plutôt s’interroger sur les motivations réelles de ceux qui, par leurs propos, ont cautionné et « validé » le scrutin du 11 octobre 2015.

Egalement très critiquée, la CENI  n’aurait pas dû engager la Guinée dans un scrutin aussi mal préparé, a estimé le conférencier, Salmana Diallo.

Enfin, la centralisation des résultats a été présentée comme l’ultime niveau de magouille où les observateurs de son organisation ont été exclus de la salle d’enregistrement des procès verbaux. « Pourquoi nous garder dans une salle de lecture, au lieu de nous permettre d’être présents dans la salle d’enregistrement des PV ? », s’est interrogé monsieur Diallo.

Au-delà des critiques, quelques fois très sévères, contre les fameux observateurs de l’Union européenne et les commissaires de la CENI, le responsable de la société civile s’est plaint du manque de moyens qui l’a obligé de réduire le nombre de ses observateurs à mille, au lieu des mille cinq cent initialement prévus.

Fatoumata Djouldé Diallo pour Guineematin.com

Présidentielle J-6heures : à Sonfonia la soldatesque a voté en dégainant : un mort

 

ManifestationUn autre guinéen vient de faire les frais des contestations près électorales au quartier Sonfonia Gare, précisément à Hafia II, en allant vers la Cimenterie, dans la haute banlieue de Conakry, a appris Guineematin.com de plusieurs sources concordantes.

Selon des témoins qui ont joint Guineematin.com au téléphone, c’est peu après 11 heures que des agents de sécurité, venus dans un véhicule pick up ont tiré sur des jeunes qui avaient érigé des barricades et qui empêchaient la circulation sur l’axe Sonfonia-Cimenterie. Pour le moment, on parle d’un mort et de trois blessés.

Le défunt, prénommé Boubacar, serait originaire de Têné dans la préfecture de Télimélé, selon une dame qui s’est présentée comme étant la sa sœur de la victime et qui s’est retournée au quartier pour porter la mauvaise nouvelle aux autres parents.

Selon les témoins, le corps est actuellement à la mosquée de Sonfonia Gare. « Ce n’est pas la croix rouge qu’on attend, mais les parents de la victime », a dit un de nos contacts.

Enfin, les blessés (Mamadou Lamarana Diallo, Thierno Ousmane Diallo et Mamadou Sow), tous de jeune âge, sont en route pour la clinique « Mère et enfants » de Kaporo.

La Guinée est à la veille d’une élection présidentielle à risque, d’autant que le chef de l’opposition a déjà annoncé qu’il ne reconnaîtra pas les résultats…

Mais, ce matin, son directeur de campagne a appelé leurs militants à aller voter dans le calme et la sérénité. Fodé Oussou Fofana a plusieurs fois insisté sur la nécessité d’éviter des perturbations en vue de réussir l’élection dans le calme.

A suivre !

source : guineematin

Football : l’ASK remporte la finale de la coupe nationale

L’association Sportive du Kaloum s’est adjugée le trophée de la 56ème édition de la coupe nationale de Guinée aux dépens de l’éternel rival qu’est le Horoya AC. La rencontre qui s’est disputée ce dimanche dans un stade du stade du 28 septembre à la limite du praticable, a vu le « sous marin jaune » s’imposer par 1 à 0.

L’unique but de la partie est un autogoal du latéral gauche du Horoya suite à une forte pression des Kaloumistes. C’est l’arrière latéral gauche, Ibrahima Sory Bangoura qui a dévié dans ses propres filets une lourde frappe du Congolais Kabongo Kassongo à la 52ème minute. Malgré de multiples tentatives, les poulains de Lapé Bangoura ne parviendront pas à remettre les pendules à l’heure.

L’AS Kaloum, détrônée du titre de champion cette saison par le Horoya vient ainsi de prendre une belle revanche sur son adversaire du jour en ne terminant pas bredouille au compte de la saison 2014-2015.

Le club du centre-ville de Conakry qui remporte ainsi son 5ème titre de la coupe nationale, représentera la guinée la saison prochaine en Coupe de la Confédération Africaine de Football tout en empochant la somme de 100 millions de francs guinéens.

Quant au Horoya il devra se consoler avec 50 millions de Francs guinéens, lui qui espérait faire le doublé après avoir été sacré champion de Guinée il y a quelques semaines. Le club de Matam évoluera en ligue africaine des champions.

Un véritable challenge pour les deux meilleurs clubs guinéens du moment.

Alpha Mamadou Diallo pour guineematin.com

La Guinée est-elle au bord de l'explosion 2 (Médiapart)

« Il n'y a plus d'espace pour un esprit libre et indépendant donc tout le monde préfère se taire »

Bien qu'exilé de longues années à l'étranger, et en particulier en France où il a noué des relations très proches avec les socialistes, Alpha Condé n'a pas inversé la tendance. Même s'il met en avant les soutiens de François Hollande, Georges Soros ou Tony Blair, sans oublier son ami de lycée Bernard Kouchner, Alpha Condé, secondé par un fils omniprésent, n'entend nullement partager le pouvoir (lire ici notre précédente enquête). « Rien n'a changé dans les médias depuis 2010 », déplore Fodé Kouyaté, président de l'Association des blogueurs de Guinée (Ablogui). « Les journalistes s'intéressent aux interprétations ethniques et délaissent les analyses de fond, et les lecteurs s'arrêtent à leurs patronymes. » Née en réaction au traitement de l'information par les médias en 2010, l'Ablogui va lancer à l'occasion de la présidentielle de 2015 Guinéevote, un projet de veille citoyenne. « En 2010, on a eu de la chance que le taux de pénétration d'internet ne soit pas très important car les propos relayés par la presse en ligne étaient de nature à créer une guerre civile. »

La signature, le 20 août 2015, d'un accord inattendu entre le pouvoir et l'opposition concernant les principaux points de crispation (commission électorale indépendante, fichier électoral, délégations spéciales) a momentanément atténué les tensions dans un pays où existe « une incapacité à trouver des compromis équilibrés et rationnels dans le dialogue politique », selon Florent Geel de la Fédération internationale des droits de l'homme.

À 78 ans, Alpha Condé parle aujourd'hui de son « premier mandat » comme si le second était une évidence. En réclamant en cinq ans ce qui n'a pas été fait en cinquante, le principal opposant d'Alpha Condé, Cellou « Dallein » Diallo, espère de son côté monter sur la plus haute marche d'un pouvoir qu'il connaît bien. Il a servi pendant dix ans le triste magistère de Lansana Conté dont il revendique toujours l'héritage, moins pour ses accomplissements que pour draguer l'électorat soussou de la Basse-Guinée dont était originaire l'ancien président.

Convaincu de s'être fait voler la victoire en 2010, lâché par les autres opposants, Cellou Diallo semble prêt à tout pour devenir président en 2015. Même à s'allier à Moussa Dadis Camara, chef de l'État lors du massacre de plus de 150 opposants à sa candidature, le 28 septembre 2009, dans un stade de la capitale. Que ses militants aient été tués, violés et lui-même blessé le jour du massacre pèse visiblement peu dans la balance électorale de Cellou Diallo. « Il y a la justice et la politique », a-t-il justifié.

L'opposant Cellou Diallo en campagne.L'opposant Cellou Diallo en campagne. © DR

Car dans la région de Guinée forestière où il est né, Moussa Dadis Camara n'est pas cet énième futur ex-dictateur pressenti par la communauté internationale. Il est l'enfant du pays, la fierté locale. « À Nzérékoré parmi les Guerzés, il y a une vraie popularité de Moussa Dadis Camara et une vraie attente de son retour », témoigne Vincent Foucher d'International Crisis Group. « Pour les Guerzés, c'est l'homme qui les a enfin représentés et qui a d'une façon réparé le sentiment qu'ils ont d'être marginalisés depuis l'indépendance. Il est aussi l'une des rares personnalités politiques transethnique. À Conakry aussi il y a de l'affection pour ce jeune capitaine qui n'a pas hésité pas à convoquer les ministres et arrêter des trafiquants de drogues. » Cette popularité vaut de l'or – peut-être la victoire – pour Cellou Diallo, perçu comme le candidat des seuls Peuls.

L'inculpation de Moussa Dadis Camara par la justice guinéenne le 8 juillet pour le massacre du 28 septembre 2009, quelques jours seulement après l'annonce de l'alliance de son parti avec celui de Cellou Diallo, a logiquement révolté une partie de la Guinée forestière. D'autant que Moussa Dadis Camara a tenté, sans succès, de rentrer en Guinée via la Côte d'Ivoire le 25 août pour mettre fin à son exil au Burkina Faso.

« Les efforts du régime d’Alpha Condé visant à bannir Monsieur Moussa Dadis Camara de la Guinée est la consécration du mépris que le régime d’Alpha Condé a toujours éprouvé pour les Guinéens, en général, et les habitants de la "Forêt" qu’il considère comme des bushmen sans dignité, en particulier », accuse Faya Millimouno, candidat à la présidentielle originaire de la « Forêt ».

Région chrétienne et animiste dans un pays musulman, stigmatisée pour sa consommation de viandes sauvages pendant l'épidémie d'Ebola, théâtre d'affrontements meurtriers et de répressions brutales du pouvoir, la « Forêt » se voit aujourd'hui privée de son « héros » et concentre les inquiétudes liées à l'élection présidentielle.

Dans ce climat de méfiance généralisée, on cherche en vain quelqu'un pour élever le niveau du débat. L'écrivain de renommée internationale Thierno Monénembo était tout désigné. Mais dans une tribune publiée dans Le Monde, l'intellectuel, sympathisant de l'opposition, qualifie de « joli coup de poker » l'alliance de Cellou Diallo avec Moussa Dadis Camara. À Conakry, choisie pour être la capitale mondiale du livre en 2017, les rares intellectuels font profil bas. « Il n'y a plus d'espace pour un esprit libre et indépendant donc tout le monde préfère se taire plutôt que d'être interprété n'importe comment, témoigne Amadou Bano Barry. La classe politique instrumentalise tout et tout le monde. Il y a trois catégories de personnes en Guinée : des militants, des miliciens et des militaires. Il n'y a plus de citoyens. »

Tout compte fait, les Guinéens ont une grandeur, précieuse comme son or et ses diamants : ce pays a regardé pendant 57 ans ses six voisins se déchirer l'un après l'autre sans jamais les imiter. « Ce pays a été jusqu'à maintenant une vraie exception dans la région, explique Mike McGovern. Quels que furent les résultats, le nationalisme à la base de la politique de Sékou Touré a créé une citoyenneté guinéenne, un habitus socialiste qui a survécu à son régime jusque dans les années 2000, mais dont les traces sont de moins en moins visibles », analyse-t-il. « C'est le paradoxe de la Guinée, une situation explosive peut ne pas exploser, rejoint Amadou Bano Barry. La société guinéenne est encore régie par des autorités morales et religieuses qui interviennent en dernier recours. Sans compter qu'aucun pays voisin n'est intéressé par la déstabilisation du pays et qu'aucun acteur international majeur ne s'intéresse non plus à la Guinée. Notre misère constitue notre chance. »

Médiapart

Kolon Kala Son Yé min ?

 

KOLOKALAN son yémin !

Kolonkalan a koun ti

Pilon où est le voleur

Pilon fends-lui le crâne

C’était une comptine que chantait ma mère

Pendant que mon frère

Me lisait le « Petit chose »

Et j’attendais la page cruelle

Où il disait « Jacques tu es un âne »

Kolonkalan son yé min ?

Kolokalan a koutnti !

C’étaient deux porteurs de pilon

Chasseurs de voleurs, de félons

Ils entraient en transe

Comme des toupies de rhombe

Faisaient le tour des mensonges

Ils dansaient au pas de l’invisible Chaman

Portant la part polaire du qutb zaman

Qui renvoie le tiers-malheur à son Seigneur

Gardant pour soi

Ce que Seul l’Eternel Soi

Acceptait de l’ami

Hallaj, aimé d’Allah

Qui osa « An-nal-Haq ! »

Quoi ? S’indignèrent le Oulémas

« Houwa c’est moi! » déjà au sommet de la croix

Ma dina, ma foi

Ce pays tien, vrai parc de monts

Amant des saints chercheurs de faîtes

Où le NON et le NOM

Sont leur unique provende

Trônant sur des tonnes de fer et d’alu

Ces racines des cieux

Qui retiennent la terre de s’effondrer

Sous les péchés

De ceux qui ont craché sur le Sacramentel

Ces montagnes qu’elles aient nom Simandou

Nimba Kakoulima Gangan

Le dernier-tiers péché tombera

Sur ce pauvre Taga nguél

Les Tianguél qui irriguent nos bowès

Ne sont plus loin de Bowal Siam

Que le martyre guinéen voit à l’horizon

Déjà Akhir zaman ?

Se demandent les martyrs

« Kolokalan, dis-nous

Kolonkola est encore loin de Koumbia ? »

« Que de signes.. »

Madina ici s’arrête ma piste

Ma route s’est fendue comme sa lune

Salam et Salatou sur lui

Mon sentier laissé aux lampistes

D’une gare où le train siffle depuis

Six cent soixante six fois

Mais ces gens de peu de foi

Ont besoin de l’envers de tes belles lances

Rimah qui rime avec Rahma

Salam Maître Madina

Guinè est devenue Jérusalem

Salam, tu es Saladine

Signé : Un pauvre en Allah – Exalté !- Désolé, je ne me corrigerai que quand je sortirai de mon Hal. Qui suis-je, j’en ai oublié mon nom couvert par tant de lumière

NB  : Inspiré de Madina Masriah (Saïdou Nour Bokoum). Kolon Kalan Son Yé min ? est extrait de mon roman CHAINE (Denoel, 1974)