Les djihadistes prennent-ils vraiment au sérieux le «calife» autoproclamé Abou Bakr Al-Baghdadi?
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- Catégorie : On ne vit pas que de pain
- Mis à jour le samedi 12 juillet 2014 17:44
- Publié le samedi 12 juillet 2014 17:44
- Écrit par Joshua Keating
Abou Bakr Al-Baghdadi / Capture d'écran de la vidéo prise à la mosquée de Mossoul /REUTERS
Pour le moment, on attend toujours la réaction des hauts dirigeants de la mouvance.
Abou Bakr Al-Baghdadi, le leader de l’Etat islamique en l’Irak et au Levant (EIIL) a longtemps gardé profil bas, ce qui n’a rien de surprenant vu le sort de ses prédécesseurs. Il y a seulement deux photographies connues de l’homme.
Le choc fut donc compréhensible quand il a fait sa première apparition publique majeure, le 5 juillet, à la Grande Mosquée de Mossoul, tout de noir vêtu et montre chic au poignet. (Ce qui semblait être des frappes aériennes du gouvernement israélien ont d'ailleurs suivi son allocution.)
Baghadi s'est montré peu de temps après s'être autoproclamé «calife» d’un nouvel Etat islamique, fin juin. Il est évident que d’autres Etats-nations établis ne vont pas se précipiter pour reconnaître sa tentative de résurrection d’un empire du VIIe siècle, mais il sera intéressant de voir la réponse d’autres groupes militants inspirés par al-Qaida à travers le monde.
EIIL est en désaccord avec le commandement général d’al-Qaida depuis un certain temps, et la déclaration de son chef représente un défi majeur pour Ayman al-Zawahiri, le successeur d’Oussama ben Laden. Zawahiri n’a pas encore réagi à l'annonce de Baghdadi, mais quand il le fera, on peut s’attendre quelque chose de cinglant.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que jusqu’à présent, les autres groupes djihadistes ne se sont pas rués pour prêter serment d’allégeance à Baghdadi. Un certains nombre de groupes islamistes en Syrie, y compris la branche officielle d’al-Qaida, al-Nosra, a même condamné sa déclaration.
Traduit par Nora Bouazzouni
Slate
