Ne rouvrez pas la Boîte de Pandore !
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- Catégorie : Le Net-Market
- Mis à jour le jeudi 22 mars 2012 18:44
- Publié le jeudi 22 mars 2012 18:34
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
« El Haj Omar a contribué à la victoire du colonialisme, en stoppant les mouvements d’alliances et de résistance qui commençaient quand..
« El Hajj Omar voulait conquérir le Fouta.. »,
C’est ou bout de certaines lèvres hal poular !
« Samory, avec ses massacres dans certaines régions.. ».
Régions aujourd’hui, qui font partie de la très récente Côte d’Ivoire (Kong, Bondoukou ?) Pierre Kipré, Mody Sékéné Cissoko (pour ce dernier, je ne serais pas très affirmatif) et d’autres professeurs d’histoire et non des moindres, défendent ces thèses, parfois de façon biaisée, ou en chuchotant pour le cas Guinéen. Je dis que guineeactu, ni aucun site, ne saurait accueillir un tel débat sans brûler la Toile. J’ai toujours entendu parler d’El Hajj Omar ici ou ailleurs comme un Etranger en Guinée. Etonnant Sékou Touré qui l’a reconnu et même a sans doute sincèrement cru l’honorer en donnant son nom à un camp militaire. Mais El Hajj Omar n’était ni conquérant encore moins « un guerrier ». Or ici même, mon Beau Boubacar Doumba a « commis » un texte dense, un témoignage d’un vrai Foutankè, qui savait de quoi il parlait, puisque de la famille ou proche de ceux qui étaient concernés quand il a dit le rôle qu’a joué El Omar pour concilier des factions au Fouta. Alpha Macki Tall a renvoyé à sa Sharia un Grand du Fouta qui voulait qu’il lui livrât un noble réfugié, ou qu’il le mît à mort. Je ne ferai ni l’un ni l’autre, lui dit le jeune « roi » qui fut « couronné » à 16 ans. C’était le fils d’Aguibou, fils d’El Hajj Omar « qui était venu prendre la couronne d’Oumar, son homonyme » !
Le rescapé était le père de l’Almamy Aguibou de Dabola, père de Diawadou Barry. Petite prolongation pour Diawadou, stoppée par qui vous savez. Mais le nom Aguibou est un geste de reconnaissance de son grand-père, à l’égard d’Alpha Macki, fils d’Aguibou Chaïkou Tall. Alpha Macky Tall était le père de Mariatou Tall, ma mère. Cette dernière porte le nom de la Mariétou couchée à Djégounko, entre Timbo et Dabola, où l’Almamy Oumar l’avait « accueilli », mais il allait y jouer le rôle stratégique de SAS entre le Tamba rebelle, menaçant, jamais réduit par les chefs du Fouta. Rôle qu’il a joué au Bornou Kanem, en reconnaissance de quoi on lui « offrit », Mariatou, celle que j’évoque ci-dessus, Bornou-Kanem à l’époque indépendant du Nigéria. Rôle qu’il a joué au Nigéria. Où on voulût le couronner, évidemment il déclina cette offre, mais accepta comme épouse, Nènè Haoussa une fille de Mouhamadou Bello, fils du grand saint, vainqueur, « guerrier » (oui M. MSB) du premier grand djihad peul-toucouleur nigérian, Ousmane Dem (et non Dan) Fodio,. J’ai parlé ici de La ruse de Djégué, une fille que Soundjata réussit à mettre dans la couche de Soumangourou Kanté qui finit par dévoiler son secret, se transformer en vent, comme, astakh firlah, oui, comme le prophète Daouda dont il avait « hérité » de certains dons et secrets, détenus par les « hommes du métal et du feu », disons pour aller vite, les forgerons, nos alchimistes, au sens ésotérique du terme.
Mais d’où viennent Koly Tenguéla et les Peuls Déniankôbhè ? N’est-ce pas le Yèttè Bah de ce site, comment démêler les seulement Bah et les Bah-Kéïtas, véritable patronyme des peuls Dényanhôbhè ? Je ne sais pas s’il y a un Barry de Dabola qui hante ce site. Donc, n’en déplaise à M. Mamadou Saliou Bah (1) qui écrit :
« ..Il est également évident que le SCHIISME existait déjà, parce que datant de la succession du Prophète. (Les PARTISANS d’Ali). Mais cela n’est, a mon humble avis, pas très important ici. Il s'était complètement éloigné de la Politique de l’époque, JOUHE, mais n'eut pas la liberté de CONSCIENCE (sic) auprès de l’autorité. D'où sa LEGITIME DEFENSE (re-sic). Voyez-vous, il y a les Hubbu avec JOUHE et les Hubbu avec ABBAL son fils qui lui était " guerrier " a L’INSTAR D’EL HADJ (souligné par moi). Avec toutes les exactions que peut commettre tout guerrier ».
AST n’était pas un guerrier, Lansana Conté si, Alpha Condé non.
Donc « il est évident » (MSB) que le chiisme n’existait pas du temps des Compagnons, et paradoxalement, Ali ne pouvait pas être chiite ! Je suis conscient de cette espèce d’aporie sémiologique. Et donc écrire les « partisans de Seydina Aly », en sous-entendant « chiites », est une confusion linguistique. En effet, bien que ce soient les Arabes qui ont fait découvrir à la Civilisation « blanche » la culture gréco-romaine, ils ne parlaient pas français au temps de Seydina Aly 2) Toutes les tourouk (pluriel de tarika) mènent à Ali qui recueillit auprès de son cousin, le Prophète Muhammad (PSL), le secret à transmettre selon une chaîne qui s’est morcelée par la suite en plusieurs « tarika » : khawatyya, chadhilya, qadrya, plus tard tidjanyah, etc. jusqu’au 9 è siècle, il y a des Ecoles, il y a des soufis, et en face de terribles docteurs de la Sharia. Depuis Seydina Aly, Hassan Al Basri, Sari Saqâti, oncle et maître du grand Djouneid, maillon incontournable (9è siècle), pas de schisme significatif, ni de chiisme. 3) De nos jours, il y a une sous branche du « chiisme » qui se passe de dépasser Seydina Aly, et donc qui ne veut pas remonter jusqu’à.. ici se trouve le Rubicon, ligne rouge : Stop.
Il y a un autre facteur historique d’où vient le chiisme qui domine dans l’Empire perse dont on connaît aujourd’hui certains effets collatéraux, explosifs.. Avec une des déviations ou déviance du chiisme, (vous savez, les 12 Imams cachés dont le premier serait évidement Seydina Aly, qui doit reparaître, comme le Mahdi dont parle le Prophète), douze comme le chiffre 12 des mois de l’ancienne religion perse, le zoroastrisme.. 4) Un autre facteur qui complique les conflits doctrinaux, qui renvoie à cette quasi-revanche de la branche noble représentée par Abou Sofian, qui dût se résoudre à se plier, se soumettre (sens littéral d’islam) à ce représentant, ce parent pauvre des nobles de la Mecque, Muhammad (PSL). En effet c’est le petit fils d’Abou Sofian devenu Calife qui est l’ordonnateur du martyre de d’Al Hussein à Kerbala, dont on a vu juste après la guerre contre Saddam, quelques images du rituel d’hommes en noir se « martyrisant » en expiation de ce crime sans nom. Non il n’est pas « évident que le shiisme existait déjà.. », etc., etc. .
Alors face à cet islam vainqueur, qui est descendu sur un peuple de bédouins, ces « gaous », le Perse qui, adossé à plus de 25 siècles de civilisation devait prendre sa revanche, tout en étant musulman jusqu’à l’excès, ceci voilant ce qui est sous-jacent, à savoir la disqualification de son ancienne religion vaincue par Muhammad, l’envoyé de Dieu. Que voulez-vous, ce n’est pas sa faute s’il est arabe et qu’avec la nouvelle religion, bien après le Prophète, après avoir balayé la puissance plusieurs fois millénaire des Perses, l’islam arrive jusqu’à Poitiers et séjourne 7 siècles en Espagne. Un empire certes, mais le Prophète ne l’avait pas cherché. Tout comme El Hajj Omar dont les héritiers ont régné au moins 40 ans sur un territoire de plus de 300 000 km2. Mais El Hajj Omar à Médine n’avait reçu qu’une attestation s’inscrivant dans la « silsila » (chaîne de transmission) de la tidjanya, faisant de lui le khalife dans tous les pays au-dessous du Sahara, des mains d’un disciple de Cheick Ahmada Tidjane, mort seulement 30 ans plus tôt. C’est dire la proximité, sinon l’authenticité de cette (trans)mission, Mohammed Al Ghali. Khalife au sens strictement spirituel, c’est-à dire représentant du fondateur, mieux, représentant du Prophète via Seydina Aly. Comme l’homme est khalife, lieutenant Du Tout Puissant dans le monde. C’est dans le coran ou dans les hadiths.
Question à tous : comment être khalife de Boukari Tamba, de Dina Ali, avant d’obtenir d’eux qu’ils se convertissent ? « A l’instar » (MSB) de Martin Luther King, ou de Gandhi, El Hajj Omar n’a jamais tenu un fusil lui-même. Il n’avait qu’un chapelet, une gourde et un bâton qui l’aidait à marcher, pendant que les sofas chevauchaient..Je suis désolé d’avoir contourné le débat avec M. BDD, dont le thème tourne autour des Hubbus. Quand je ne maîtrise pas un sujet, j’évite d’aller du coq à l’âne. Enfin à la décharge des « guerriers », je connais beaucoup de monde qui ne savent même pas manier un couteau (sauf à la cuisine) mais qui sont maîtres d’œuvres d’assassinats de masse ! Je connais un livre sacré, le plus long de l’humanité (plus de 26 00 versets), le Mahabharata qui se résume en un propos simple : l’initiation d’un Kshatria, Arjuna, par Krishna, un « deva » (dieu pour simplifier), représentés plus tard par les Brahmanes, (maîtres des rois et des seigneurs de guerre), pour le conduire vers la sainteté. Le pouvoir, « la Force est avec le chapelet ». Hélas elle a deux faces, celle de Vathor et celle des vrais Jedis. Et si tout ceci se ramenait entre Hubbus tentés par l’Empire et Hubbus fidèles aux leçons d’Obi One ? Face à un Empire, un Almamya que se déchirent plusieurs almamis ? Que ce débat n’a rien à voir avec ces vains propos :
« Nos almamis sont plus grands que vos mansas.. », ou « nos mansas sont venus au secours de vos esclaves.. » On lit ceci un peu en filigrane. Si je voulais me résumer, je dirais qu’il ne faut pas mélanger la science sacrée avec l’Histoire. Ou alors il faut avoir les outils adéquats pour les démêler. Le royaume saoudien est issu d’u pacte entre un « Hubbu » bédoin et un « militant anticolonialiste », Ibn Séoud. Les Anglais sont-ils pour autant partis ? Où est la différence entre l’omniprésence des Américains et celle de Laurence d’Arabie ? Et encore lui, il est presque mort du côté des Arabes. Wa Salam. Depuis ma petite Kaaba imaginaire,
El Hajj Saïdou Nour Bokoum Mo Mariétou Tall.
Note : voir commentaires de l’article : http://guineeactu.info/debats-discussions/chroniques/1219-guinee-linsurrection-hubbhu-dans-le-bailo.html
NB Un jour BDD me donnera certainement l’occasion de parler d’une autre petite séquence de l’Histoire spirituelle et profane de la Guinée : je parlerai de mon côté Mo Bokoum. Pas de privauté, de l’histoire pure. PS A mon humble avis BDD avait bien raison quant au fond du dernier débat : La Grande Guinée d’avant les Colons et l’œuvre de nos ancêtres, à cause de l’Histoire, il y place jusqu’au sommet de l’Etat pour tous leurs descendants : Haoussas, Toucouleurs, Bamanas, Burkinabès, eh oui, relisez « Crépuscule des temps anciens », un peuple qui s’était sacrifié pour toute l’Afrique. Alors ce puzzle fait de brisures depuis Berlin 1884-85, qui a réduit nos frontières, ne doit pas réduire notre esprit critique. Mais je répète, relire en bâillant, les yeux vaguement ouverts ce micmac historique, c’est ouvrir inutilement le panier sans fond, un tonneau des Danaïds qui ne contient que des nœuds de serpents.
