Tournée- marathon de Cellou Dalein Diallo
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- Catégorie : Vidéos de la campagne
- Mis à jour le lundi 9 juillet 2012 15:46
- Publié le lundi 9 juillet 2012 15:39
- Écrit par Abdoulaye Bah

Le film de l'événement
Le leader de l'Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, en compagnie de ses fidèles collaborateurs, dont Dr Fodé Oussou Fofana, Dr Ben Youssouf Keita et Ibrahima Sory Touré dit Alain, a entamé une tournée de sensibilisation et de remerciement du 30 Juin au 10 Juillet à Télimélé, Gaoual, Koundara et Boké, ainsi qu'à Sangarédi et Kamsar. Retour sur dix journées de marathon bien rempli en Moyenne Guinée et en Basse Guinée.
Télimélé
Cellou Dalein Diallo empêché de tenir son meeting au stade
C'est le samedi 10 Juin vers 7h du matin que le cortège de Cellou Dalein Diallo a quitté Conakry pour Télimélé. A mi-chemin, il s'est arrêté à Bangouyah, dernière sous-préfecture de Kindia avant la ville de Télimélé. Là, il a invité ses partisans à mener une campagne de porte-à-porte auprès des déçus de la nouvelle gouvernance, en prélude aux futures législatives. Après Bangouyah, le leader de l'UFDG a parcouru successivement les sous-préfectures de Konkouré, Sinta, Tourkoun et Gougoudjé. Partout où il est passé, il a prôné l'unité nationale, la réconciliation entre les Guinéens, tout en dénonçant la politique d’exclusion de la nouvelle gouvernance. Malheureusement, Cellou Dalein Diallo sera empêché de tenir son meeting au stade préfectoral de Télimélé, première étape de sa visite, par les autorités locales. Dès son arrivée vers 18h dans cette ville, l'hôte et sa suite ont été accueillis par un cortège impressionnant de motards et de véhicules qui klaxonnaient. Durant tout le trajet, ils ont été gratifiés d’un bain de foule, qui l'acclamait au bord de l'artère principale, depuis le point d'entrée de la ville au Stade préfectoral. Malheureusement à ce niveau, deux gendarmes et un policier gardaient jalousement le portail, empêchant ainsi tout accès. Après une petite pause, le cortège a continué son tour de stade. Malheureusement au deuxième petit portail, d'autres agents de sécurité étaient postés là. Même les bambins hissés sur le mur ont été intimés de dégager. Cellou Dalein Diallo a dû tenir son meeting aux abords du stade. La bonne nouvelle est qu'il n'y a eu aucun incident entre ses partisans en délire et les forces de l'ordre qui veillaient au grain. Visiblement très remonté, le leader de l'UFDG s'est tout d'abord excusé auprès de ses partisans pour, dit-il, avoir reporté à deux reprises sa visite à Télimélé. Ensuite, il a félicité et remercié ses partisans pour avoir massivement voté pour lui au premier et second tour de la dernière élection présidentielle. Poursuivant son intervention, il a déploré et dénoncé ce qu'il a appelé la politique d'exclusion du président Alpha Condé et de son administration.
« Nous sommes un Parti agréé mais on est exclu du stade préfectoral aujourd'hui. Voilà que vos droits sont bafoués. On est obligés de se retrouver aux abords du stade. Il n'y a absolument aucune cérémonie à l'intérieur du stade », s’est plaint le président de l’UFDG.
Plus loin, il enfonce le clou sous les acclamations populaires.
« Lorsqu'on parle de la politique d'exclusion de M. Alpha Condé, tous les jours regardez autour de vous, vous verrez l'évidence », poursuivant, « Aujourd'hui, cette Guinée de M. Alpha Condé et du RPG- Arc-en-ciel, c'est celle de l'arbitraire, de l'injustice, de l'exclusion et de tout sauf la démocratie. Mais nous n'allons pas laisser M. Alpha Condé faire. Nous avons décidé de résister, de le contraindre à mieux faire ».
Et ce n'est pas tout.
« Le monde a changé. Il faut que la Guinée change. Vous avez vu les révolutions en Tunisie, en Libye, en Egypte et en Syrie. Vous avez suivi les élections au Sénégal. M. Alpha Condé ne veut pas organiser des élections transparentes en Guinée, a-t-il scandé, parce qu'il ne sait pas comment passer de 18 pour cent à plus de 66 pour cent.. Il a dompté la justice, il a dissous les conseillers communaux, il cherche une CENI à sa dévotion ».
Le Préfet de Télimélé se démasque :
« Moi, je suis du RPG »
Au lendemain de l'annulation de son meeting au stade fédéral de Télimélé, le leader de l'UFDG, Cellou Dalein Diallo, s'est rendu dans les locaux administratifs du préfet, Mouloukou Souleymane Camara, pour une audience-surprise. Dès son installation, il lance sa boutade.
« Je suis frustré parce que vous ne m'avez pas ouvert le stade ».
Le visiteur poursuit :
..L'UFDG est un Parti légalement reconnu. Je vous ai dénoncé au stade parce que c'est de l'exclusion. L'UFDG était candidat au second tour. Nous avons accepté les résultats. Et nous les reconnaissons jusqu'à présent malgré tout. Nous avons droit à certains égards de l'Administration ».
Sur ce, Cellou Dalein Diallo s'est mis à présenter sa délégation. Mais dès qu'il a cité Dr Fodé Oussou Fofana, le préfet l'interrompt.
« J'ai toujours entendu la voix de Docteur sans le voir. Docteur ça va ? ».
Et Dr Fodé Oussou de répondre. Et toute la salle de rire. Poursuivant son intervention, Cellou Dalein a rappelé au préfet ce qu'il a dit au Chef de l'Etat lors de leurs multiples rencontres. La tenue des législatives libres, transparentes et crédibles est un facteur de réconciliation :
« Chacun d'entre vous doit contribuer à l'apaisement ».
En réponse, le préfet de Télimélé rétorque en disant que le code des Partis politiques doit être respecté par tout le monde :
« Si vous étiez venus avant Kassory (Fofana), on allait vous donner le stade. Mais Kassory (Fofana) est venu, on lui a refusé le stade, ainsi que le centre culturel. Donc, si vous venez, on ne peut pas vous donner le stade. On doit traiter tout le monde sur le même pied d'égalité ».
Le Préfet révèle :
« Depuis hier, on a fait des flashs jusqu'à la Présidence pour dire que j'ai fait ceci, j'ai fait cela. Mais j'ai dit que je n'applique que la loi. Je suis un homme tout terrain. Je ne suis pas prêt à faire du tort ».
Sur la même lancée, le préfet met les pieds dans le plat. Sans rire :
« Moi, je suis du RPG, hein ! Mais à Télimélé, je sais que beaucoup de mes parents sont avec vous. J'ai dit que s'il doit y avoir le meilleur siège, on doit commencer par là où j'ai beaucoup de parents. Donc, j'ai dit à l'arrivée d'Elhadj (Cellou Dalein Diallo) de l'envoyer jeter un coup d'œil au siège du Parti. Peut-être lui-même sera sensible pour apporter la moindre amélioration parce que c'est le Parti le plus populaire de Télimélé. Tout cela rentre dans le cadre du développement local ».
Télimélé
Des sous-préfets zélés tentent de gâcher la tournée
Après cette visite matinale, le cortège de Cellou Dalein Diallo s'est rendu dimanche à Madina Teliko dans Sarékally d'abord, puis à Bhoundou Boummel dans Bourouwal, ensuite à Bossoura dans Tarihoye, et enfin à Koba, Missira et Compéta, où la délégation a passé la nuit. Tout se serait bien passé si à Sarékally, le sous-préfet, Alsény Bangoura, ne s'était pas mêlé à la danse. Entre Sarékaly et Bourouwal, par exemple, des témoins l'ont aperçu sur la moto en train de demander aux riverains de rester à domicile, alors que les organisateurs qui le suivaient derrière, les haut-parleurs aidant, demandaient le contraire. Du rififi on vous dit, a-t-on constaté. Pire, à Sogoroyah, les responsables locaux de l'UFDG se sont plaints chez Cellou Dalein Diallo sur les agissements de leur préfet.
« Nous avons demandé le marché, il a refusé. Nous avons demandé l'école, il a refusé. Nous avons demandé un bâtiment construit par nos ressortissants, il a dit non. C'est ainsi que nous avons aménagé ce lieu pour recevoir votre délégation », a indiqué un des responsables.
Durant son trajet, Cellou Dalein Diallo a laissé transparaitre son émotion à deux endroits, d'abord à Boussoura et à Compéta. Là, il a été accueilli par des cantiques religieux. On voyait le leader de l'UFDG murmurer.
« J'ai été touché par ces chansons. Cela m'a rappelé mon enfance », dit-il aux califes.
Autres moments pathétiques, c'est quand Cellou Dalein Diallo a été accueilli à Missira et à Compéta sous une forte pluie par une foule joyeuse, dont des femmes qui portaient leur bébé au dos. Tous scandaient à gorge déployée :
« Cellou ! Cellou ! ».
Malgré la fraicheur qui faisait rage.
Gaoual
Le préfet met les bâtons dans les roues de Cellou Dalein Diallo
Le lundi, Cellou Dalein Diallo et sa suite ont tenu un meeting géant devant ses inconditionnels à Gaoual, ville dans la région de Boké, mais sous haute tension. L'altercation entre les organisateurs et les autorités locales a été évitée de justesse, surtout lorsque les forces de l'ordre ont bloqué le cortège de la délégation officielle à la rentrée de la cité.
Après Compéta, le cortège de Cellou Dalein Diallo s'est dirigé à Kakoni où il a été accueilli en grande pompe par une forte mobilisation populaire. Dans son discours d'ouverture, le fédéral a dénoncé les mutations arbitraires des responsables du Parti au sein de l'administration, les affectations fantaisistes et les intimidations auxquelles se livreraient les élus locaux.
Poursuivant son intervention, l'orateur a proposé un fils du terroir, en l'occurrence Ousmane Diallo comme tête de liste à l'uninominal de Gaoual lors des prochaines législatives. Ce jeune issu de la diaspora a fait ses preuves, notamment l'électrification rurale à Kakony, le parrainage des jeunes étudiants guinéens en France.
En réponse, Cellou Dalein Diallo a harangué la foule durant une quarantaine de minutes, tout en fustigeant la politique du diviser pour régner. Par ailleurs, le leader de l'UFDG apparemment très touché par les affectations fantaisistes de ses sympathisants fulmine.
« Il ne faut pas avoir peur du préfet et du sous-préfet. S'ils vous intimident ou se livrent à l'injustice, à l'exclusion, refusez et résistez. Si vous voulez manifester ou faire des villes mortes, vous n'avez qu'à les informer mais vous n'avez pas besoin d'autorisation. La constitution vous y l'autorise ».
Après le meeting et la prière de 14 heures, Cellou Dalein Diallo et sa suite, dont Dr Fodé Oussou Fofana, Alain Touré et Ben Youssouf Keita, se sont rendus au domicile du secrétaire fédéral UFDG- Espagne, qui a récemment perdu son père, pour les condoléances d'usage.
A 17 heures, la délégation de l'UFDG est accueillie à la rentrée de Gaoual par une soixantaine de motards et une file de véhicules. Mais la tension est vive dans la cité. Auparavant, le préfet Ibrahima Barboza Soumah est accusé d'avoir usé de toutes les manœuvres pour faire échouer le meeting. Refus de donner les lieux publics, interdiction aux fonctionnaires et aux commerçants de participer à la réception. Et pour occuper la jeunesse, il a organisé un tournoi de football ailleurs. Pire, le fédéral de l'UFDG avait été convoqué par le préfet pour des explications sur la tenue du meeting. Dès l'arrivée du cortège à la rentrée de la ville, les militants ont demandé au cortège de faire le tour du centre, via la Douane, avant de débarquer à Hafia où l'attend la foule.
Après quelques mètres de parcours, des policiers et gendarmes ont bloqué le cortège.
« Ils m'ont dit d'aller voir le préfet, je leur ai dit pas question », a confié l'un des organisateurs, c'est ainsi qu'ils nous ont laissé passer. On a fait le tour du centre-urbain ».
Dans son allocution, le fédéral Mamadou Törö Camara a dénoncé le fait que la population de Gaoual est en train de subir toute sorte d'intimidations.
Le président de l'UFD a déclaré :
« Aujourd'hui, les Guinéens sont déçus de la manière dont M. Alpha Condé est en train de gérer le pays. Mêmes ses alliés sont déçus de lui. Il n'a aucune intention d'aller à des élections transparentes et crédibles ».
Aussi, il a annoncé qu’ils ont décidé au sein du Collectif des Partis politiques pour la finalisation de la Transition et l'Alliance pour la démocratie et le développement (ADP) de s'opposer à tout ce qui peut compromettre la transparence et l'équité des élections législatives. Il a rappelé à ses militants qu'ils n'ont pas besoin de l'autorisation d'un maire ou d'un préfet pour faire des manifestations.
« (C’est) le comportement irresponsable et illégal du gouvernement de M. Alpha Condé et de son administration, (qui a conduit, ndlr) des préfets à s’illustrer dans la violation de la loi, dans la répression des Partis de l'Opposition, notamment de l'UFDG. Gaoual est souvent cité comme exemple, c'est dommage », dit-il en en conclusion.
Chaudes empoignades entre le préfet et Dr Fodé Oussou Fofana
Mais avant son départ de Gaoual, Dr Fodé Oussou Fofana et Alain Touré ont effectué une visite de courtoisie au préfet Ibrahima BarbozaSoumah, en compagnie des patrons de la police et de la gendarmerie et de ses fidèles collaborateurs. Une chaude empoignade a éclaté dans le bureau du préfet. Dans son discours, Dr Fodé Oussou s'est dit inquiet à cause, soutient-il, de ce qu'il a vécu la veille.
« J'ai vu des gendarmes et des policiers, on ne m'a pas raconté, j'ai vu des gendarmes qui se sont mis sur notre chemin pour nous demander de retourner, nous empêchant ainsi de circuler et d'avoir un cortège ».
« Non, les gendarmes étaient là pour éviter l'affluence des badauds. Ils avaient barré la route pour permettre à la délégation officielle de passer et non pour vous empêcher de passer. Mais comme nous ne sommes pas en campagne électorale, j'ai dit pas de vacarme ni de tintamarre », s'es défendu le fonctionnaire.
Plus loin, le préfet soutient, le préfet ajoute :
« Je suis un fondateur de Parti. Mon Parti, ce n'est pas le RPG. Je suis préfet aujourd'hui. C'est pour un temps. Mais demain, je retourne à mon parti », a affirmé l'ancien directeur de campagne de l'Union pour le Développement de Guinée (UDG) d'El Hadj Mamadou Sylla (Futurelec).
Des motards convoqués pour avoir pris part à la réception
Le ton monte alors dans le bureau, quand le fédéral a interrompu la conversation pour informer que des motards sont convoqués au dehors pour, dit-il, avoir accompagné le cortège de Cellou Dalein Diallo.
« Ce sont des racontars. Elhadj Cellou me connait très bien, plus que beaucoup parmi vous », dit-il.
Effectivement, notre reporter a rencontré cinq motards dans la cour qui ont confirmé les faits.
« Nous sommes au nombre d'une quarantaine mais ce sont les chefs qui sont convoqués pour avoir formé un cortège. Quiconque nous déplace, on s'en ira. Cela n'a rien à voir avec la politique », a confié Mady Camara. « Je suis politicien comme vous. Les menaces politiques ne m'effraient pas », a lâché le préfet tout en se levant de son fauteuil. Le ton monte plus fort dans la salle, quand Dr Fodé Oussou Fofana a dit que la décision du ministre Alhassane Condé interdisant tout cortège n'engage que lui. Au même moment, les collaborateurs du préfet s'emportent pour répliquer.
« Trop, c'est trop ! », lâche le préfet.
Le ton monte encore. Face à la montée de la tension, Dr Fodé Oussou calme le jeu.
« Attendez ! Nous sommes dans le bureau du préfet, qui est l'autorité. Nous nous sommes adressés au préfet. Personne ne peut l'effrayer, on n'a pas ce moyen. Mais personne ne peut nous effrayer nous aussi ».
Avant de trancher.
« Si le préfet n'est pas équitable, on va le dénoncer. Mais si des motards sont convoqués pour avoir formé un cortège, je dis que c'est anormal ».
« Personne n'est convoqué ici, on les appelés pour le port des casques. Et je veux qu'on corrige cette version », nuance le préfet ».
« Si c'est pour le port de casques, d'accord mais ils ne doivent pas être emprisonnés » ».
Après une longue dispute verbale, tout finit dans la paix sur fond de boutade.
« Si tu le fais, je t'arrête », fait semblant de menacer le préfet à Dr Fodé Oussou Fofana.
« Si tu m'arrêtes, tu risques d'avoir des problèmes ».
« Je te fais arrêter. Même si on va me chanter dans tous les médias.. », dit-il un rien chahuteur.
Aux dernières nouvelles, les motards convoqués ont été libérés dans l'après-midi, selon un témoin joint au téléphone.
Abdoulaye Bah
Envoyé spécial
NB : plureportage gratuit (ndlr nrgui.com)
