Zorro-Resco et consorts, suite

Le mercredi 28 novembre, Frédéric Foromo Loua, président de l’ONG \"Mêmes Droits pour Tous\" et le coordinateur de la-dite ONG, Adrien Tossa Montcho, ont une nouvelle fois comparu devant le tribunal de première instance de Kaloum. Relevant sur
les propos du gouverneur taxant MDT d’ONG illégale, M. Frédéric a dit que sonONG a obtenu son agrément en 2006, agrément qui doit être renouvelé à chaque 3 ans. Ce qui a fait que cet agrément a été renouvelé en 2009 à la suite du décès du ministre de la Décentralisation, donc par un intérimaire.

« Nous avons des accords de partenariat avec le Ministère de la Justice, donc l’administration pénitentiaire, le Ministère des Affaires sociales, de la Promotion féminine et de l’Enfance, des hôpitaux nationaux», rapporte Me Loua, avant de d\'ajouter que MDT est aussi en partenariat avec certaines organisations de défense des droits de l’homme, Human Rigth Watch notamment». Selon lui, MDT assiste des personnes détenues sans ressources. Cette assistance se fait par l’accompagnement de ces détenus à l’hôpital afin d’être soignés, la fourniture d’alimentation à la Maison centrale, l’assistance lors des procès, car ces détenus ne peuvent pas payer les services d’avocats.

« Avez-vous été payés pour demander la libération de Mamadou Billo Barry et de Facély Fofana ? », demande Me Traoré de la partie civile. « C’est ce qu’on raconte aux gens. C’est une tentative de désinformation et de dénigrement de notre ONG. Aujourd’hui, on dit à la population que c’est MDT qui libère des criminels, qu’on a reçu 5 à 6 millions de francs pour les libérer », rétorque Frédéric Foromo tout en disant que son ONG n’a pas besoin de l’argent d’un détenu. Plus loin, il dit qu’après que le gouverneur a fait accompagner Boniface avec une vingtaine d’agents pour lui envoyer l’agrément de MDT, il a instruit M. Alfred Sauvy Guilavogui, Directeur régional de la Sûreté, d’entendre les membres de l’ONG sur procès verbal. « Après les notes explicatives qu’on nous a demandées, ils nous ont dit qu’ils vont faire le compte rendu à l’autorité, c’est-à-dire Resco », explique Me Frédéric.

Répondant au procureur qui avait dit lors de la précédente audience que MDT n’a pas le droit de libérer des criminels et que le PV d’élection de domicile n’est pas un acte jurique, le président de MDT dit que c\'en est bel et bien un, parfaitement légal car, argumente-t-il, c’est une autorité judiciaire qui a signé le PV d’élection de domicile. Mieux, « le procureur Cissé, lui-même, a signé des PV d’élection de domicile quand il était juge d’instruction ».

Quand la défense demande à Me Frédéric s’il a agi en tant qu’avocat ou président de MDT, il dit qu’il travaille au sein de cette ONG en tant qu’avocat car, pour lui, selon l’esprit de loi 014 de l’ordre des avocats, il n’y a pas d’incompatibilité entre être avocat et travailler pour une ONG de défense des droits de l’homme. A son tour, Adrien Tossa Montcho lors de sa déposition, a dit que quand le gouverneur Sékou Resco est arrivé, il a fait vider les violons, agénouer ceux qui y étaient, puis a demandé où se trouvaient les 2 autres qui venaient d’être libérés. « Ce qui veut dire qu’il avait été informé que des détenus avaient été libérés», poursuit Monctho. Il a ensuite indiqué que sonONG ne libère pas des détenus mais défend le respect des droits de l’homme. Revenant sur l’information selon laquelle MDT a libéré plusieurs détenus, M. Adrien Tossa qui est juriste de formation a dit que ces libérations se situent dans plusieurs ordres : « Nous assistons des détenus qui sont à la barre et qui n’ont pas les moyens de payer les services d’avocat. Un autre cas, c’est celui des détenus poursuivis normalement et jugés légalement et qui avaient purgé leur peine mais qui restaient toujours détenus ».

C’est après la fin des questions de la défense que la présidente du tribunal, Hadja Kadiatou Traoré, a suspendu l’audience jusqu’au 30 novembre à 10 heures. A la sortie, des supporters inconditionnels des prévenus criaient victoire et proféraient des menaces : « Les avocats c’est la loi, nous c’est l’arme. C’est nous qui sommes sur le terrain ». Voyant la situation qui prévalait dehors, un avocat de la partie civile a jugé utile de dire à ses collègues d’attendre que la foule parte pour qu’eux aussi sortent. C’était pour des \"mesures de sécurité\".

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