Shell-Guinée : grève générale illimité en vue

La délégation syndicale de Shell- Guinée menace de déclencher une grève générale illimitée dans tout le pays pour, dit-on, pour exiger la satisfaction totale de ses revendications, portant sur le paiement de 22,5 milliards de francs guinéens. C'est la proposition qui a été faite jeudi soir au terme de son Assemblée Générale.

"Nous avons unanimement décidé de déclencher une grève générale illimitée dans tout le pays pour exiger la satisfaction totale de nos revendications. Pour l'instant, nous allons respecter la procédure qui sied en la matière. Nous avons déjà saisi notre centrale syndicale, l'Union Syndicale des Travailleurs de Guinée (USTG)" a soutenu un leader syndical ayant préféré l'anonymat.

"Nous allons bloquer toutes les activités de Shell servant dans les mines à commencer par la SAG , l'ACG, le Semafo, Rio Tinto, la SOGUILIB.. .. Toutes les stations de Shell seront fermées. C'est ce que nous avons décidé ce soir. Nous sommes très remontés ", a menacé notre interlocuteur. Raison de la colère des travailleurs ? Notre source répond:

"Comme la direction générale n'utilise pas la voie légale, la direction syndicale a tenu son Assemblée Générale pour prendre la décision qui s'impose. Ce matin, nous étions à la Cour d'Appel de Conakry pour connaitre le verdict dans le contentieux qui nous oppose à la Direction Générale ".

Un contentieux judiciaire oppose les deux parties. Le fond du problème porte sur l'application du plan social issu du protocole d'accord qu'elles ont signé le 10 Mai 2006. Après une tentative de règlement à l'amiable, le contentieux a été porté au niveau du Tribunal de Première Instance (TPI) de Kaloum du 26 janvier au 9 mars 2012. Au terme du procès, l'employeur a été sommé de verser près de 22,5 milliards de francs guinéens à sa soixantaine d'employés. Mais depuis le 23 Mars 2012, c'est un autre rebondissement avec l'entrée en scène de la BICIGUI, qui est accusée d'avoir levé la saisie des 22,5 milliards de francs guinéens domiciliés dans ses comptes avant le verdict de la justice. Tout cette affaire remonte en 2009, lorsque le groupe pétrolier Shell a décidé de se retirer de la Guinée, non seulement en vendant ses actions aux deux nouveaux acquéreurs, Vitol et Helios, qui à leur tour ont fusionné en Vivio Energy, mais aussi en tentant de se séparer de sa soixantaine d'employés en violation du « Protocole d'accord » que les deux parties ont signées en 2006.

 

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