Rusal grévistes : la rencontre n'a pas été rose
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- Catégorie : Actualités
- Mis à jour le samedi 14 avril 2012 20:31
- Publié le samedi 14 avril 2012 20:24
- Écrit par Asmaou Barry
Le 11 avril, les syndicalistes étaient chez le chef de l’Etat pour parler de la crise qui paralyse la compagnie minière Rusal-Fria. Ont pris part à la rencontre, l’ambassadeur de Russie en Guinée, les responsables de la société Rusal et certains cadres du gouvernement. Mamady Kourouma, sydiacliste, parle de l’objectif de la rencontre :
« Suite à notre convocation au Tribunal de travail, nous étions partis voir les Centrales syndicales. Après notre échange avec ces dernières à la Bourse du travail, elles ont estimé qu’il était urgent de rencontrer le Président de la République. Les Centrales syndicales nous ont introduits chez le Président à qui nous avons pu exprimer nos problèmes. Le Président a décidé de mettre en place une commission dirigée par M. Kiridi Bangoura… ».
Tout se serait passé à l’abri des caméras, dictaphones et appareils photos et les discussions auraient été se présidées par le Président de la République lui-même. Après que le protocole de la présidence a reçu les délégués syndicaux de Rusal avec leurs camarades des Centrales syndicales, il a été demandé au staff de la Direction générale de Rusal de prendre place dans la salle d’audience. Niet, auraient dit ces derniers à l’émissaire du Président.
« Nous n’allons pas entrer, on ne veut pas parler avec les syndicalistes… », auraient répondu les émissaires de Rusal à Kiridi Bangoura, porte-parole du chef de l’Etat. Malgré l’insistance de l’ambassadeur de Russie, qui confirme :
«.. Les membres de la direction générale de Rusal n’ont pas accepté de prendre part à la réunion. Ils estimaient que le cadre ne leur convenait pas. Ils souhaitaient être seuls, en tête-à-tête avec le Président. »
Ils sont rejoints par d’autres bonnes volontés.. et auraient été sommés par des forces de l’ordre d’obtempérer. Une rencontre de quelques minutes, mais qui aurait été très houleuse.
Le 13 avril, les syndicalistes devaient se présenter au Tribunal de travail de Mafanco. Ils ont préféré ne pas répondre à l’invitation suite « aux instructions qu’ils ont reçues de la part des centrales syndicales », a indiqué l’un d’eux. Lequel souhaite que la crise connaisse une issue qui leur est favorable, parce qu’ils ont « beaucoup d’urgences » pour leurs familles respectives. Selon Mamady Kourouma, les grévistes ne vont pas reprendre le travail tant qu’ils n’auront pas eu gain de cause dans leurs revendications. D’ici-là, les travailleurs ont regagné la ville de Fria qui abrite les installations de Rusal. Certains parmi eux ont été priés de reprendre le boulot pour ravitailler l’usine d’Alumine en fuel. Son arrêt pourrait avoir des conséquences énormes tant pour l’entreprise minière que pour les Guinéens.
Asmaou Barry
