Toujours l’impasse politique : le Collectif et l’ADP rencontrent le CNT

Après avoir tiré à boulets rouges sur le CNT (Conseil national de Transition) la semaine dernière, les leaders du Collectif des Partis politiques pour la finalisation de la Transition et de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP), ont rencontré cet après-midi du 23 juin, le CNT au Palais du peuple. Cette délégation des deux blocs politiques était conduite par le leader de l’Opposition guinéenne, El Hadj Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG, Aboubacar Sylla, président de l’UFC, Charles Pascal Tolno, président du PPG, Fodé Mohamed Soumah, président de la Géci, Djalikatou Diallo, secrétaire générale du PEDN, Mouctar Diallo, président des NFD, Amadou Tidiane Diallo de l’ADN et Bouba Sylla de la NGR d’Abé Sylla. Côté CNT, il y avait Hadja Rabiatou Sérah Diallo, présidente du CNT et ses deux vices-présidents Mgr Albert Gomez et El Hadj Mamadou Saliou Sylla et les présidents des neuf commissions de l’institution.

D’entrée, le président de l’UFDG a expliqué l’objet de leur visite :

« Nous avons cru devoir vous rencontrer pour attirer votre attention et solliciter votre implication dans la recherche des solutions aux problèmes qui sont aujourd’hui posés entre le gouvernement et l’Opposition guinéenne ».

Le président de l’UFDG a dénoncé le refus du Pouvoir de dialoguer tout en posant unilatéralement des actes dans la préparation des élections. Au nombre desquels, le renvoi sans motif connu de la société Sagem choisie par appel d’offre international et son remplacement par Waymark sur la base d’un marché de gré à gré. Des pratiques que l’Opposition a toujours dénoncées sans qu’elle soit écoutée, sans recevoir même l’appui du CNT, a regretté Cellou Dalein Diallo. Le chef de file de l’Opposition a rappelé que le président de la CENI, Louceny Camara a eu peur de publier le rapport d’audit des kits Waymark qu’il a lui-même commandité parce que les résultats seraient accablants pour lui. Des faiblesses relevées également par les partenaires techniques et financiers de la Francophonie qui, selon le président de l’UFDG, ont menacé de ne pas accompagner le gouvernement guinéen avec les équipements de la société sud-africaine. En dépit de la demande de suspension du recensement, celui-ci continuerait de plus bel en Haute Guinée et en Guinée Forestière, a souligné le leader de l’Ufdg. Pire : le président de la CARLE (Commission administrative de révision des listes électorales) de Macenta aurait ordonné de continuer le recensement, affirmant qu’il ne reçoit d’ordre que de la CENI. Sans en avoir la compétence, M. Alhassane Condé, ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation aurait demandé à la CENI de continuer le recensement.

« Nous nous sommes retrouvés à l’OIF (ndlr : Organisation internationale de la Francophonie), les experts ont convenu qu’ils ont constaté que les machines ne sont pas bonnes. Ils vont envoyer un rapport encore pour dire que les machines ne sont pas aptes, ne sont pas sécurisées ni fiables à bien des égards », a-t-il souligné.

Pour se maintenir coûte que coûte à son poste, le président de la Ceni serait en train de jongler entre la Constitution, le Code électoral et l’ordonnance 013 sur la CENI que l’ex-chef de la junte Moussa Dadis Camara avait prise. Les leaders du Collectif et de l’ADP ont insisté pour une CENI politique et paritaire, car celle-ci ne peut jouer son rôle que si elle est acceptée du gouvernement et de l’opposition.

« Nous avons besoin d’aller aux élections dans un climat apaisé, il y a trop de tensions dans le pays. Vous savez que la campagne n’a pas été saine, l’unité de la nation a été malmenée. Il est infiniment mieux pour la paix qu’on ait une CENI dans laquelle le pouvoir a ses dix représentants et ainsi que l’Opposition », poursuit le président de l’UFDG.

 

Élections transparentes, gage de paix

« Si les élections ne sont pas propres, il n’y aura pas de réconciliation, quelle que soit la compétence des archevêques et des imams. Si une frustration nouvelle s’ajoute à celle qui prévaut, avec la campagne que vous avez connue, on fera des élections qui ne sont pas propres, ce n’est pas la peine. Si les élections sont libres, les Partis politiques sont librement représentés, on s’assure que chacun est crédité de ses suffrages, il y aura l’apaisement. Mais si on ajoute à la situation actuelle une mascarade électorale, croyez-moi que les tensions seront aggravées. C’est pourquoi nous avons estimé qu’il était important qu’on vienne échanger avec vous pour qu’on puisse en Guinéens responsables, nous retrouver pour aller à des élections transparentes. Je pense que tout le monde en a besoin. Au-delà de l’impact sur la reprise de la coopération financière avec les partenaires, il y aura l’apaisement dans le pays. Imaginez si on fait des élections libres, de manière civilisée à l’image du Sénégal…J’ai dit au Président de la République qu’il faut qu’il considère les élections comme une opportunité pour lui, pour le succès de son mandat et de ses entreprises comme la réconciliation », a conclu Cellou Dalein Diallo.

Pour Aboubacar Sylla de l’UFC, l’Opposition ne défend pas des intérêts personnels, mais elle veut seulement une Assemblée nationale capable de contrôler l’action gouvernementale.

« Ce que nous nous recherchons dans ce combat politique que nous menons, ce n’est pas des postes de députés. Nous sommes convaincus que beaucoup de Partis parmi nous, sont des jeunes partis qui n’ont pas suffisamment d’assise électorale et qui, certainement ne vont pas engranger des suffrages qui vont leur permettre d’être demain présents à l’Assemblée nationale. Nous nous battons tous pour une seule cause, ce que nous voulons c’est que la prochaine Assemblée nationale soit réellement indépendante ».

Etd’espérer :

« Le Conseil national de la transition embrasse ces derniers jours le deuxième volet de sa mission qui est de sortir du cadre strictement législatif, pour s’engager vers la mission de contrôle de l’action gouvernementale ».

En réponse, la présidente du CNT, Hadja Rabiatou Sérah Diallo a indiqué que son institution ne dort pas, avant d’assurer, au nom des conseillers nationaux, avoir pris bonne note des griefs de l’Opposition.

« Nous avons lutté dès le départ pour avoir l’accord politique global. Cela allait nous aider aujourd’hui à trouver des solutions de sortie de crise. Les accords de Ouagadougou, certes nous les avons tous accepté, mais il fallait avoir un accord politique global guinéen » a-t-elle fait remarquer. Enfin, elle a invité les leaders politiques à éviter à .tout prix, de mettre le feu au pays,

Il faut rappeler que le président de l’UFR, Sidya Touré a été le grand absent de cette rencontre. Après qu’il a demandé la suppression du CNT, beaucoup auraient aimé voir le face à face entre le président de l’UFR et les membres du CNT.

Könömou

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