Droits de l’Homme : la torture quasi-permanente en Guinée
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- Catégorie : Actualités
- Mis à jour le lundi 25 juin 2012 23:58
- Publié le lundi 25 juin 2012 23:58
- Écrit par Könömou

La Guinée a du chemin à faire en matière de respect des droits de l’homme. Le 26 juin de chaque année, l’Humanité célèbre la Journée internationale de soutien aux victimes de la torture. En prélude à cette journée, l’AMDH (Alliance des médias pour les droits humains) en collaboration avec le Haut commissariat des Nations Unies pour les droits de l’Homme a animé ce lundi 25 juin, à la Maison de la presse, une conférence de presse. Pour parler de la problématique de la torture en Guinée. D’entrée, Saikou Baldé, président de l’AMDH, a indiqué qu’en Guinée la torture est quasi-permanente aussi bien pendant les interpellations, les arrestations que dans les lieux de détention. Elle est même entrée dans les coutumes et les mœurs des agents des forces de sécurité (militaires, policiers, gendarmes et gardes pénitentiaires). Pour lui, les autorités banalisent la torture en la qualifiant de coups et blessures malgré l’adhésion de la Guinée en 10 octobre 1989, à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants.
Aussi pour le président de l’Amdh, « La célébration de cette journée de soutien aux victimes de torture, est une occasion, une opportunité pour les défenseurs des droits de l’Homme et leurs organisations respectives d’interpeller le gouvernement guinéen, de lui rappeler ses engagements internationaux auxquels il a librement souscrit. En matière de respect des droits humains et particulièrement (à propos de, ndlr) la torture qui est en train d’être institutionnalisée de manière insidieuse dans le plus grand silence et au mépris du droit à la vie, à la dignité et à l’intégrité physiques ».
Cependant, après plus vingt ans depuis l’adhésion de la Guinée à cette convention, il n’existe aucune disposition dans son droit positif définissant et réprimant les actes de torture en tant qu’infraction autonome. Les forces de défense et de sécurité jouissent de l’impunité totale. Le code pénal guinéen issu de loi N°98/036/ en date du 31 décembre 1998, ne prévoyant aucune incrimination spécifique de la torture et des mauvais traitements. Le code pénal guinéen actuel ignore même le crime de torture.
Selon le représentant adjoint du Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme en Guinée, la Communauté internationale a marqué sa détermination à lutter contre la torture et les tortionnaires à travers l’adoption par l’Assemblée générale de l’ONU de la
Convention contre la torture le 10 décembre 1984. Bien que cette convention interdit la torture sous toutes ses formes et ne l’a tolère en aucune circonstance, même en état d’exception ou en situation de guerre, elle est encore pratiquée dans plus de 150 pays du monde. Les gouvernements despotiques et autres responsables sont donc prévenus.
M. Foromo Fréderic Loua, président de l’ONG Mêmes droits pour tous (MDT), sollicité pour présenter une communication sur la torture, rappelle que sa pratique en Guinée remonte à l’indépendance du pays. Sékou Touré et tous ses successeurs se sont servis de la torture pour asseoir leur pouvoir. Les forces de défense et de sécurité utilisent la torture et les mauvais traitements à l’encontre des personnes suspectées d’infraction grave soit pour les punir, soit pour leur faire avouer leurs crimes. Il paraît que la torture est même institutionnalisée, car la justice fermerait les yeux et les autorités guinéennes nient son existence. Lorsqu’il s’agit de lutter contre des infractions sensibles, notamment l’atteinte à la sûreté de l’Etat, réprimer les mouvements de contestation, « la torture est systématique. Il n’y a aucune disposition dans le code pénal actuel de la Guinée qui puisse prévoir et punir le crime de torture », martèle M. Loua.
