"Le Palladiono chaud", épisode 3 : du cash angolais pour rembourser ses fonds
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- Catégorie : Actualités
- Mis à jour le mardi 3 juillet 2012 14:20
- Publié le mardi 3 juillet 2012 14:12
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
Mauvais départ pour la nouvelle Société guinéenne du patrimoine minier (Soguipami), pilotée par l'ancien conseiller du président, Ahmed Kanté. Auditionnés le 28 juin par leConseil national de transition (CNT) pour éclaircir les circonstances de l'octroi d'un prêt secret de 25 millions $ par le fonds sud-africain Palladino (de Walter Hennig) à la Soguipami, les ministres des mines et de la géologie, Mohamed Lamine Fofana, et de l'économie et des finances, Kerfalla Yansané, ont révélé que le gouvernement avait entretemps également contracté une autre dette, auprès des Angolais. Et toujours dans des circonstances pour le moins troubles.
Révélé par le Sunday Times le mois dernier, le scandale du fonds Palladino 2 Capital Ltd trouve son origine dans le fait que le prêt soit garanti sur 30% de la Soguipami, ce qu'a depuis démenti Palladino. Il n'en reste pas moins que la convention de prêt signée l'année dernière par les deux ministres n'a été ni révélée au CNT, ni inscrite à la loi de finances 2012, ni enregistrée au Trésor public, encore moins au registre de la Direction nationale de la dette publique. Ce n'est pas tout. Au cours des débats du 28 juin, le ministre Yansané, qui a indiqué que Palladino allait être remboursé sous peu, a aussi indiqué que Conakry avait entretemps contracté une autre dette, de 150 millions $, toujours en faveur de la Soguipami, mais cette fois auprès du gouvernement angolais, proche du président Alpha Condé ! Pour rembourser le fonds sud-africain ? Yansané a indiqué que Luanda à d'ores et déjà effectué un virement de 72 millions $ sur un compte extérieur. Mais en dépit de l'insistance des conseillers du CNT, Yansané n'a pas été en mesure de déterminer la localisation exacte des comptes en question ! Selon certaines confidences obtenues dans les couloirs de l'hémicycle, le crédit consenti par l'Angola pourrait être repris par la joint-venture sino-angolaise China Sonangol International Holding Ltd qui, en partenariat avec China International Fund CIF), avait signé en 2009 un pacte d'actionnaires avec Conakry. En 2010, le gouvernement de la junte avait contracté dans le cadre de cet accord une dette de 100 millions $ pour soutenir le franc guinéen. C'est toujours dans le cadre de ce pacte que la filiale guinéenne de CIF, GDC, a été autorisée à exploiter, le 10 juin, le minerai de fer de Yomboéli, dans la préfecture de Forécariah, pour commencer à se rembourser
