Après une fin de semaine relativement calme, les rues de la ville de Ferguson, dans le Missouri, ont à nouveau été le théâtre de violences, dans la soirée du dimanche 18 août, entre manifestants refusant d'évacuer les lieux et policiers à cran. La colère dans cette ville de la banlieue de Saint Louis ne retombe pas, plus d'une semaine après la mort de Michael Brown, un adolescent noir tué par un policier.
Face à une « situation de détresse et de risque pour la sécurité », le gouverneur du Missouri, Jay Nixon, a décidé d'envoyer la garde nationale. Cette force militaire fédérale de réserve n'est mobilisée par les Etats que dans des circonstances exceptionnelles. D'autres mesures de « restriction de circulation » et de « fermetures de voies publiques » pourront également être prises pour maintenir l'ordre.
Pour justifier la réponse musclée des policiers au cours de la nuit, les responsables des forces de l'ordre ont fait état de « coups de feu », de « cocktails Molotov lancés sur les policiers » et de barrages construits dans les rues. Ils ont recensé au moins deux blessés et de huit arrestations parmi les manifestants. Un couvre-feu a été décrété pour la deuxième nuit d'affilée entre minuit et 5 heures du matin (soit entre 7 heures et midi à Paris).
« DÉGAGE DE LÀ, OU TU VAS T'EN PRENDRE UNE ! »
Après des manifestations pacifiques en fin de journée, dimanche, la situation a dégénéré à la nuit tombée. Parmi les personnes qui ont refusé de quitter les lieux comme l'exigeait la police, des jeunes brandissaient des pancartes dénonçant les violences policières.Beaucoup levaient les mains en l'air en signe de reddition, tandis que d'autres renvoyaient les bombes de gaz lacrymogène.
Dimanche soir, plusieurs pillages et dégâts ont été signalés par des journalistes présents sur place.
Le Monde
