La grève des marins suspendue en attendant les négociations !

Après six jours de débrayage au port autonome de Conakry, le syndicat des travailleurs marins a décidé une suspension de son mouvement en attendant la fin des négociations avec les autorités. C’est du moins ce que nous a indiqués M. Mory Kéïta, responsable syndical au cours d’une rencontre dans la soirée du mercredi 10 décembre 2014 à son bureau.

Selon ce responsable syndical, le seul point de revendication de ses membres a été pris en compte par le Chef de l’Etat, le Pr Alpha Condé. Il s’agit de la reconduction de l’ensemble des travailleurs du port au sein de l’AGEMAP (l’association guinéenne des entreprises de manutention portuaire) , menacés de perte d’emploi après le transfert des activités de manutention des navires Ro/Ro du terminal conventionnel au terminal Conteneurs du groupe Bolloré.

Toute fois, si la situation des 1200 travailleurs (directs et indirects) semble trouver une solution, ce n’est pas le cas des entreprises qui évoluent sur le terrain à savoir MAERSK, GETMA Guinée (Mohamed Chaloup), SOGUICOM, AFRIMARINE (Alsény Barry), TRANSCO, TRANSMAR (Alpha Amadou Diallo), TRANSAFRICA. Bien entendu que les sociétés maritimes SATA, SOCOPAO, MORY, SOAEM/SAGA et DELMAS/SDV ont été rachetées par le groupe BOLLORE.

Cela, d’autant plus que le trafic Ro/Ro, appelé aussi le trafic roulier (véhicule, camions et équipements miniers) constitue plus de 50% du trafic du terminal conventionnel; lui-même, occupant une large place au sein du trafic divers comprenant en outre le général cargo, le tanker, le vraquier et le minéralier. Et ce, à l’opposé du terminal à containers qui ne traite que les containers.

Un malaise qui cache la domination si non le monopole pur et simple du Groupe Bolloré à travers sa filiale Conakry Terminal qui contrôle depuis 2011 non seulement le port containers mais aussi la plate-forme de stockage et où vont s’ajouter désormais le port conventionnel et le port seck de Kagbélen.

Pour justifier ce passage « en force », les autorités portuaires opposent les sociétés incriminées la signature de la convention de Bollé (incluant ce passage), avant de les accuser de manquer d’espace (faute d’investissement), de vol et d’insécurité.
S’agissant du premier point, Mtre Tall, l’avocat de Getma Guinée dénonce. D’après lui, « … la convention de Bolloré a été frauduleusement modifiée, substantiellement élargie, pour y insérer des choses qui n’y étaient pas et qui n’avaient pas été soumises à l’appel d’offre initial lors de la procédure d’adjudication… ».

Pour ce qui est du manque d’espace, du vol et d’insécurité, le syndicaliste Kéïta explique que les espaces ont été attribués à des commerçants et industriels. « Nous n’avons que deux parcs de trois cent véhicules chacun. Notre navire (GRIMALDI) à lui seul peut débarquer jusqu’à 1200 véhicules. Ce qui nous oblige à garer certains le long des rails de Rusal, exposant du coup aux vols et à l’insécurité ». Mieux, souligne t-on, ces entreprises n’ont bénéficié que des baux d’un an renouvelable à la seule discrétion du Port autonome de Conakry. Une situation qui les empêcherait d’avoir un programme d’investissement, selon un responsable des transports.

Delà à dire que le port est passé sous le monopole du Groupe Bolloré, certains n’hésitent pas à franchir le pas.
Pour les pratiquants du transport maritime, le ministère des transports et le port autonome doivent donner aux sociétés de manutention une perspective claire sur leur devenir d’un côté. De l’autre, l’économie guinéenne a besoin de connaître, si la porte d’entrée « du port » est soumise à un monopole ou à la concurrence. Deux préoccupations sur lesquelles l’opinion attend non sans intérêt la réaction des autorités concernées.

B.Abdallah/Aminata.com

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