Commandant du BATA, magistrat ou journaliste qui est « fautif »
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- Catégorie : Actualités
- Mis à jour le mercredi 17 décembre 2014 10:15
- Publié le lundi 15 décembre 2014 20:56
- Écrit par Youssouf Hawa Keita
Du militaire gradé qui frappe un magistrat qui dit : « Donc, vous êtes venus PREDISPOSER dans son bureau et vous avez ENTENDUS ce que vous ne voulez pas entendre AVEC lui… » ou du journaliste qui a transcrit ce « considérant » qui justifie le report aux calendes grecques « cet outrage à magistrat », je crois que le lecteur est en droit de juger sur pièces. A la virgule près. Même si le journaliste bénéfice de circonstances atténuantes : il n’a fait que transcrire. Car quelque part dans la même république, un procès est reporté parce que « Justice zéro ! » et autres gracieusetés scandées par une foule qu’il n’est pas bon de laisser s’assembler « Dans la chaleur de la nuit », en ces temps de contamination « hémo-rabique » au virus Ebola ! Donc voici la république dans tous ses états, à défaut d’un Etat. (SN Bokoum)
Outrage à magistrat: le commandant du BATA n'a pas fini avec la justice, son procès reprend le 29 décembre
2014/12/15
Poursuivi « pour offense au magistrat, Morlaye Soumah du tribunal de première instance de Dixinn », le commandant du Bataillon des Troupes Aéroportées (BATA), Mohamed Lamine Diarra a comparu ce lundi 15 décembre 2014 devant la cour d’appel de Conakry.
Dès l’ouverture des travaux, le président de la cour, Seydou Keita a ordonné au prévenu de venir à la barre et d’expliquer les circonstances dans lesquelles son entretien avec le magistrat cité haut s’est déroulé ce jour du côté du tribunal de première instance de Dixinn.
Prenant la parole, le prévenu, commandant Mohamed Lamine Diarra a déclaré à la cour : « Je vous remercie Monsieur le président. C’est une affaire de viole qui est la base de ce problème. J’ai une nièce qui a été violée par un violeur et je suis allé voir le procureur. Quant j’ai fini de l’expliquer le problème, il a dit commandant Diarra, va voir le juge d’instruction pour qu’il te donne des renseignements sur le violeur. Quant je sui allé voir le juge au nom du procureur, il n’était pas à son bureau. J’ai laissé ma sœur et sa fille au tribunal et je suis parti au BQG pour régler certains problèmes de mon unité. Entre 14 h-15 heures, je suis revenu à l’appel de ma sœur comme quoi, le juge d’instruction vient d’arriver au tribunal. Arriver, je l’ai effectivement trouvé dans son bureau. Je voulais rentrer mais il m’a dit non, qu’il est occupé. J’ai fait à peu près 45 minutes dehors. Quant-il a eu le temps de m’appeler, il m’a appelé après 45 minutes d’attente. Quant je suis rentré, j’ai voulu l’expliquer que je suis venu au nom de ma sœur et de sa fille qui a été violée. Quant-il a vu ma sœur juste au seuil de sa porte, il s’est tout de suite énervé. Et il m’a demandé si nous avons pris un avocat. Je lui ai répondu qu’on n’était pas là pour un problème d’avocat. J’ai dit que c’est le procureur qui me dit de venir te voir pour connaitre la position du violeur. Quant j’ai dit cela, il s’est levé dans le but de sortir. Mais comme son bureau est petit, il ne pouvait pas sortir sans que moi qui suis vers la porte ne se lève. Il s’est levé pour me dire qu’il s’en va comme nous n’avons pas d’avocat. C’est ainsi que j’ai dit mais Monsieur le procureur, où se trouve le violeur ? Il ne m’a pas répondu. Et je lui ai fais comprendre que les violeurs sont des criminels de la loi même. Quant j’ai dit cela en élevant ma voix, il a dit voilà, c’est ce que j’attendais. Et, tout de suite je me suis vu débordé par des gardes pénitentiaires. Tous les agents de la garde pénitentiaire qui étaient là-bas ce jour là plus les avocats sont venus se jeter sur moi. C’est grâce à mes deux garde-corps que vous voyez là que j’ai échappé au lynchage », dira t-il à la cour avant que la phase des questions-réponses ne s’installe entre lui et le président d’une part, et entre lui et le procureur de la cour, Baila Diallo, d’autre part.
Au terme de cet exercice « houleux », le président de la cour a clairement fait savoir au prévenu qu’il ne lui croit pas. « Je crois que l’évidence est là. Je ne m’attendais pas à tout ce que vous dites là. Vous n’avez pas expliqué tout ce qui s’est passé dans cette affaire. Je m’attendais à une autre explication où autre défense. Ce qui est sûr, c’est que vous étiez ce jour dans tous vos états. La réponse du juge ne vous a pas satisfait. Le fait d’attendre longtemps avant qu’il n’y ait contact entre vous ne vous a pas mis à l’aise. Un commandant de corps de votre calibre comme vous arrive au tribunal de première de Dixinn, il voulait avoir un contact avec le juge mais ce dernier vous fait attendre sur le banc pendant 45 minutes. Vous n’étiez pas content. Donc, vous êtes venus prédisposer dans son bureau et vous avez entendus ce que vous ne voulez pas entendre avec lui… », dira entre autres le président de la cour d’appel.
C’est sur mots du président que la cour a décidé de renvoyer la suite des débats au 29 décembre prochain dans la même salle d’audience de ladite cour sis à Kaloum.
A rappeler que le tribunal de première de Dixinn avait rendu un arrêt dans ce dossier en condamnant le commandant du BATA. Mais ce dernier a interjeté l’affaire devant cette cour d’appel qui l’a d’ailleurs accordé la liberté provisoire.
Affaire à suivre !
Youssouf Hawa Keita
www.mediaguinee.com
NB : le titre et le chapeau sont de www.nouvellerepubliquedeguinee.net
