Dalaba : Les forêts classées menacées de disparition
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- Catégorie : Info Flash
- Mis à jour le lundi 30 juillet 2012 22:48
- Publié le lundi 30 juillet 2012 22:48
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
Les forêts classées de Dalaba, un des patrimoines forestiers du pays, sont menacées de disparition avancée en raison de la coupe abusive des bois, des feux de brousse et de l’urbanisation avancée dont elles sont victimes. Si rien n’est fait à temps, cette cité que d’aucuns appellent la « Suisse de l’Afrique », appréciée pour son climat doux et ses forêts de sapin, risque de disparaitre Dans les forêts du quartier Heramakono, par exemple, des maçons s’y livrent à la fabrication des briques rouges à longueur de journée avec ces conséquences de dégradation du sol. Dans la même forêt, on compte des espaces vides de vingt à trente troncs d’arbres. Pire, une route y a même été ouverte pour le transport des madriers. Au-dessus du siège de la préfecture de Dalaba, un nouveau quartier a vu le jour à la place des forêts. Cela est dû en grande partie à l’explosion démographique accentué par l’exode rural. Récemment, les forêts classées de Tangama, toujours à Dalaba, ont été décimées par des feux de brousse.
Autres ennemis des forêts locales, ce sont les vendeurs de charbons et de bois de chauffe pour la cuisine. Interrogé, un responsable des eaux et forêts explique. « Les forêts de Dalaba sont menacées à l’instar des autres forêts du pays. Le manque d’autorité a tué nos forêts. Tantôt, c’est le président de district qui pilote la coupe, tantôt c’est le préfet muni des tronçonneuses. Produits ligneux ou pas, espaces classés ou non, ils ont tout abattu. Pourtant, seul le président de la République est habilité à classer ou déclasser une forêt », a-t-il dit. Effectivement, à l’instar de Dalaba, les forêts classées péri urbaines de Mamou sont aussi victimes de sérieuses incursions de la part des Services d’Urbanisme et d’Habitat, a-t-on appris dans un rapport du Programme de Gouvernance Environnementale en Guinée pour le Renforcement des Capacités et la Conservation de la Biodiversité (PGEG), qui fait du bon boulot sur le terrain. Pour rappel, Mamou compte 19 forêts classées totalisant une superficie de 55.011 hectares. Mais entre 2007 et 2008, le pillage et l’anarchie dans l’exploitation du bois n’ont pas épargné les forêts de la préfecture. Ce sont les forces armées qui ont agi contre les ressources forestières, rapporte la même source. Pourtant au lendemain de sa nomination, le Premier ministre Mohamed Saïd Fofana a interdit la coupe et l’exportation des bois. Malgré cette mesure, les Services techniques affirment que le bois circule bel et bien et que l’interdiction n’est que formelle. De nombreux camions chargés de bois circulent sur les routes nationales. Les forces de police et de gendarmerie sont devenues de véritables arnaqueurs auprès de ces camionneurs, note-t-on. Face au défi du changement climatique et la dégradation poussée de l’environnement en Guinée, des actions coalisées restent nécessaires pour relever le défi et assurer aux générations futures un développement durable, recommande-t-on.
