Guinée : accord sur Simandou, et maintenant?
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- Catégorie : Info Flash
- Mis à jour le jeudi 29 mai 2014 21:12
- Publié le mercredi 28 mai 2014 23:05
- Écrit par LLC
C’est dans le palais S.. récemment réhabilité par la Chine qu'Alpha Condé a enterré, le 26 mai, la hache de guerre avec Rio Tinto. L'accord signé ce jour-là avec le géant minier australien offre un cadre d'investissement de quelque 20 milliards de dollars pour l'exploitation des blocs 3 et 4 du gisement de Simandou (Est). Des représentants des principaux actionnaires du projet - Rio Tinto, le producteur chinois d'aluminium Chinalco et la SFI - étaient présents à cette cérémonie.
Deux volets figurent dans cet accord : une convention de base amendée portant sur l'exploitation du gisement et une seconde concernant la création ainsi que l'exploitation de la voie de chemin de fer longue de 650 km reliant la Guinée forestière dans la région de Forécariah, en Basse-Guinée, à un port en eau profonde afin d'évacuer le minerai. Ces infrastructures seront exploitées en BOT pendant trente ans avant d'être rétrocédées à la Guinée. La contrainte pour Rio Tinto réside désormais dans l'emprise de l'Etat guinéen sur le projet. Les autorités de Conakry insistent notamment pour que les ressortissants de la Guinée forestière soient recrutés en priorité sur le site d'exploitation. Mais la formation fait défaut. Pour avoir voulu appliquer ce type de standards internationaux, le Brésilien Vale s'est notamment vu accuser par le passé de pratiquer la préférence ethnique et locale prônée l'ancien président Moussa Dadis Camara.
Cet accord doit encore être validé par l'Assemblée nationale. La finalisation du volet financier devrait ensuite prendre plusieurs mois avant d'engager la construction des infrastructures. Ces différents chantiers ne devraient pas être achevés avant 2018.
Estimés à 3 milliards $, les deux autres blocs - 1 et 2 - de ce gisement font toujours l'objet d'un contentieux entre la Guinée et BSGR. Ces blocs ont été retirés au groupe dirigé par Benny Steinmetz, suspecté de s'être livré à des pratiques de corruption pour les obtenir sous le régime de Lansana Conté, ce dont se défend l'homme d'affaires israélien. Ces blocs doivent faire l’objet d’un prochain appel d’offres.
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