Mali : pour ou contre la junte ?

Des milliers d'anti-putschistes sont sortis lundis. 48h après, c'étaient encore des milliers de Maliens qui sortaient pour crier vive les putschistes ! Pendant ce temps, ATT est terré dans un camp à Djikoroni, protégé par ses fidèles dont sans doute certains des  quelques 70 généraux qu'il a fait nommer, alors que Moussa Traoré et Konaré au cours de  leurs "mandatures" (20, 30 ans ans ?) n'en n'ont pas désigné 20. Pendant ce temps, les grandes formations se font discrètes. Or on sait qu'ATT, bien qu'élu lors d'électiosns "transparentes, démocratiques et crédibles" selon la formule consacrée, n'en était pas moins un président de consensus. En effet ATT n'était pas alors à la tête d'un Parti politique. C'est cette majorité consensuelle qui semble avoir volé en éclats, exacerbée, comme une grande majorité de Maliens, par la façon "laxiste" dont le Président qui n'était pas candidat lors de la  prochaine présidentielle, a géré ce grave problème du Nord. Des soldats écoeurés par un manque d'équipements, face à des rebelles touaregs massivement soutenus, armés et peut-être devenus une tête de pont d'un AQMI  qui veut quoi ? Conquérir le Mali ? Tentatives des Almoravides, et d'un certain rêve d'un Grand Maroc ?

Même s'il vit avec une femme touarègue !

Des élections (prévues en avril !) sans ATT, au moins pour arbitrer (car on le chuchote dans certains milieux politiques maliens) ? Avec cette junte qui en rappelle une autre qui vient de laisser dans les bras des Guinéens les souvenirs horribles du Stade du 28 Septembre 2009, (150 morts, des dizaines de femmes violées par des militaires, des milliers de blessés,  non loin du Camp Boiro où ont péri des milliers d'innocents (certains parlent de 50000 suppliciés morts de la diète noire), autre souvenir sur lequel des bulldozers viennent de cracher du ciment, en rasant le Pont des pendus, symbole d'une répression où une soixantaine de Guinéens ont péri à travers tout le pays, pendus pour l'exemple, en réaction au "complot" du 22 novembre  1970, qu'auraient fomenté des opposants guinéens exilés. L'officier Sanogo rappelle tristement, dans sa verbosité, le Capitaine Dadis Camara, reclus à Ouagadougou sur le chemin du TPI, Président du CNDD (Conseil National pour la Démocratie et le Développement), auteur des massacres du 28 Septembre à Conakry, en Guinée.

II est temps que les acteurs politiques maliens qui ont fait élire ATT sortent du bois à visage découvert, sans se camoufler derrière des pancartes qui clament le maintien de la Junte ou au contraire qui veulent son départ.

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