Lutte contre le blanchiment d’argent, l’affaire de tous
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- Catégorie : International
- Mis à jour le samedi 2 juin 2012 01:00
- Publié le samedi 2 juin 2012 00:55
- Écrit par Könömou
Attirer l’attention des politiques, gouvernants, institutions financières et non financières, les organisations de la société civile, de jeunesse et les médias sur la problématique du blanchissement d’argent et du financement du terrorisme, tel est l’objectif de la 5e édition de la Journée portes ouvertes sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Une initiative de GIABA (Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme en Afrique de l’Ouest). Le thème retenu cette année est : « Sensibilisation de la jeunesse sur le blanchiment d’argent ». Ce 1er juin, dans un réceptif hôtelier de la place, la cérémonie s’est déroulée en présence de jeunes élèves et étudiants, des représentants de la Société civile, des agents des FDS (Forces de défense et de sécurité), etc.
Mamadou Talibé Diallo, Correspondant national du Giaba s’est réjoui de l’initiative :
« Cette journée portes ouvertes vient à point nommé quand on sait qu’elle se tient la veille de l’évaluation mutuelle de notre pays. En dépit d’une participation régulière aux activités du GIABA depuis sa création, les résultats atteints par la Guinée dans la mise en œuvre des arrangements convenus, demeurent un souci. Néanmoins, des préalables essentiels à l’évaluation mutuelle ont pu être réalisés à travers un certain nombre d’actes ».
L’adoption en 2010 de la loi relative à la lutte contre le blanchiment des capitaux en Guinée, la mise en place d’un comité technique interministériel du suivi des activités du GIABA, l’élaboration d’un projet de loi sur le financement du terrorisme, sont entre autres actes mis à l’actif de la Guinée. Le Correspondant national du GIABA espère que les élèves et étudiants s’approprieront les acquis de la journée.
Mme Diaw Ndeye Elisabeth, Directrice générale adjointe du GIABA s’est dit satisfaite de la participation de la Guinée aux plénières du comité ministériel ad hoc de l’Organisation et espère l’adoption prochaine de la loi contre le financement du terrorisme et la mise en place d’une CENTIF-Guinée (Cellule nationale de traitement des informations financières). Celle-ci aura pour tâche principale d’analyser et de traiter les cas de soupçons de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme à des fins de poursuites judiciaires. Selon la Directrice générale adjointe du GIABA, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme sont deux fléaux à combattre à tout prix, vu la gravité de leurs conséquences qui n’épargnent aucun secteur de la vie socioéconomique. Aussi fera-t-elle cette mise en garde :
« Sur le plan économique, ces fléaux constituent un risque réel de stabilité du système financier et annihilent tout effort entrepris pour développer l’économie d’un pays. (…). Par le règne de l’argent sale, les auteurs de ces fléaux prennent souvent le contrôle de tout un pan de l’économie d’un pays, achètent les hommes du pouvoir ou placent leurs malfrats dans les méandres du pouvoir. Ils dévoient parfois l’information en intimidant ou en corrompant la presse ».
Pour faire face au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme, Mme Diaw Ndeye Elisabeth conseille la vigilance, la motivation et le dynamisme de tout le monde, les jeunes notamment.
Mtre. Christian Sow, ministre de la Justice et garde des sceaux, a rappelé que le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent et du financement du terrorisme est une institution spécialisée de la CEDEAO qui s’occupe de la prévention et de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme en Afrique de l’Ouest. D’importants progrès auraient été réalisés en termes de sensibilisation depuis sa création en 2000.
« La 17e session plénière de la commission technique du GIABA tenue à Abidjan du 2 au 4 mai 2012, a recommandé à l’organisation mère, à travers sa structure de communication, d’accentuer les programmes de sensibilisation. Le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, et maintenant la prolifération des armes de destruction massive, sont des crimes qui requièrent des efforts concertés et une synergie d’actions entre les différents acteurs. Les jeunes, particulièrement, doivent être informés des méfaits néfastes de ses fléaux sur notre économie.» a déclaré Me Christian Sow.
Il a pris l’engagement que la jeunesse guinéenne ne sera pas en reste du combat contre les deux fléaux.
