Immigration: Bah Oury plaide pour le non rapatriement des Guinéens vivant en Belgique
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- Catégorie : International
- Mis à jour le samedi 7 juillet 2012 22:35
- Publié le samedi 7 juillet 2012 22:35
- Écrit par Saliou Diallo
Le 3 juillet 2012, accompagné d’une forte délégation composée de plusieurs membres du bureau fédéral UFDG-Belgique, et NFD-Belgique, M. Bah Oury a été reçu par les responsables de l’Office Belge des Etrangers et du Commissariat général des réfugiés et des apatrides.
C’est dans une ambiance cordiale que Mme Petra Guisset et ses collègues ont accueilli le vice-président de l’UFDG. A cette occasion, elle s’est dit toute heureuse de revoir le numéro 2 du principal Parti d’Opposition en Guinée et de constater qu’il est bien portant après les événements du 19 juillet 2011.
Après l’introduction de la délégation par M. Siradiou Diallo de l’UFDG, le membre fondateur de l’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme (OGDH) commencera par remercier les responsables de ces deux institutions qui traitent les questions liées aux droits d’entrée et de séjour des étrangers en Belgique.
« C’est un honneur pour moi d’être là. Et ma visite tourne autour de la situation des droits de l’homme dans mon pays. Si on pense que les élections étaient un processus de retour à l’ordre constitutionnel en Guinée, le pays est sorti plus divisé qu’avant et le Pouvoir en place viole la Constitution, restreint les libertés et utilise la violence comme mode de gouvernance. La torture est devenue systématique dans les prisons guinéennes. Hier (le 2 juillet, ndlr) nous avons suivi la libération de certains prisonniers, mais d’autres continuent de croupir injustement en prison. Moi, j’aurais eu la chance grâce à Dieu, sinon j’étais mort ou emprisonné car M.Alpha CONDE veut neutraliser les forces politiques et militaires qui pourraient empêcher sa volonté de la mise en place d’une dictature. Vous avez suivi l’assassinat de Thierno Soufiane militant de l’UFDG en prison. Tout récemment, les orpailleurs de Siguiri et de Kouroussa en Haute Guinée ont été victimes de la répression du Pouvoir qui les contraint à cultiver les champs et les récalcitrants sont emprisonnés ou chassés. D’où la difficulté de dissocier un réfugié politique d’un (spolié ndlr) économique. Par conviction, je suis solidaire et plaide la cause des demandeurs d’asile guinéens. Je sollicite votre clémence et vous demande d’être plus attentif sur le danger que ces Guinéens courent en retournant au pays. Notre pays est marqué par l’utilisation de la violence pour régler les problèmes et vous êtes suffisamment informés sur la répression politique. Le gouvernement fait croire que tout est normal alors que les Guinéens dorment avec la peur d’être arrachés à leur famille comme au temps du PDG » a déclaré Bah Oury.
Après avoir écoutée avec la plus grande attention, Mme Petra Guisset du CGRA (Commissariat Général aux réfugiés et aux apatrides) a remercié son hôte du jour pour sa visite. Avant d’ajouter :
« Nous avons suivi votre situation depuis le 19 juillet 2011 et nous sommes très heureux de vous recevoir. Nous vous assurons que vos requêtes seront examinées avec une attention particulière. Nous savons que la situation est toujours difficile car nous avons été l’année passée sur place pour constater les réalités. Cependant, nous sommes tenus de respecter les textes sur la convention de Genève concernant la situation des réfugiés et apatrides».
C’est dans cette logique que M. Jean François Caumiaut de l’Office Belge des Etrangers poursuivra en disant qu’il y a un afflux ingérable de Guinéens en Belgique dont les dossiers de certains sont irrecevables par manque de preuves fondées. C’est ainsi que le gouvernement belge a décidé, poursuit-elle, d’opter pour une politique de rapatriement de tous ceux dont la demande d’asile n’est pas justifiée.
D’ailleurs, explique-t-elle, on vous demande de sensibiliser les membres de votre communauté sur l’utilité d’une demande d’asile.
Marwane Diallo des NFD (Nouvelles Forces Démocratiques) dans son intervention a demandé aux responsables de l’Office Belge des Etrangers et du CGRA s’ils ont une politique de suivi des rapatriés.
« Vu qu’ils ont obtenu l’accord de principe pour rapatrier ceux qui sont déclarés guinéens, ont-ils obtenu une certaine assurance auprès du gouvernement guinéen sur la réinsertion sociale et professionnelle des rapatriés ? Parce que nous avons des preuves que des Guinéens rapatriés séjournent plusieurs jours en prison avant de recouvrer la liberté ».
Enfin, M. Bah Oury dira que « ce n’est pas aux autorités belges de faire ce que le gouvernement guinéen devrait faire. Mais il espère que dans sous peu de temps «les choses vont rentrer dans l’ordre», avant de prendre congé des patrons de l’OBE et du CGRA .
Saliou Diallo
