Mali : des dizaines de morts, dont des préfets, dans les violences de Kidal

 

 
 
Militaire malien le 17 mai.

Le chef de la mission de l'ONU au Mali (Minusma) a annoncé dimanche 18 mai « l'assassinat de deux civils et six officiels maliens à Kidal », ville du nord-est de ce pays où des affrontements meurtriers ont opposé la veille les forces maliennes à des groupes armés.

Une source officielle malienne et une source internationale affirment que les six « officiels » tués étaient les préfets de Kidal et de Tin-Essako (est de Kidal), ainsi que quatre sous-préfets de la région de Kidal. Parmi ces quatre sous-préfets figurerait celui de la localité de Tinzawaten, située dans le désert, à la frontière avec l'Algérie.

36 MORTS ET 30 OTAGES

Ces assassinats s'ajoutent au lourd bilan consécutif des violences qui ont opposé, samedi, l'armée malienne et des hommes armés dans la ville.

« Au cours des affrontements, les forces armées maliennes ont enregistré huit morts et 25 blessés, tandis que 28 morts et 62 blessés ont été dénombrés du côté des agresseurs », a précisé dimanche le ministère malien de la défense.

Les militaires ont selon lui « repris le contrôle de tous les bâtiments administratifs à l'exception, pour le moment, du gouvernorat, où le MNLA et les terroristes détiennent une trentaine de fonctionnaires en otages ».

Le MNLA, rébellion touareg dont les partisans réclament l'indépendance ou l'autonomie d'un vaste territoire du nord du Mali, avait de son côté rapporté, samedi, la prise de contrôle par ses hommes du gouvernorat de Kidal, évacué par les rebelles en novembre après près de neuf mois d'occupation.

PROTECTION FRANÇAISE

Le gouvernement a accusé la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), et « des groupes terroristes » d'être à l'origine de ces affrontements, survenus lors d'un déplacement dans la ville du premier ministre malien Moussa Maras. 

« Les terroristes ont déclaré la guerre au Mali, le Mali est donc en guerre contre ces terroristes », a-t-il réagi dimanche depuis Gao, après s'être rendu à Tombouctou et à Kidal sous la protection des membres de la force française militaire Serval.

« Quand quelqu'un attaque la République, c'est un terroriste, quelles que soient son origine, son appartenance à un terroir », a-t-il précisé.

Le premier ministre malien Moussa Mara au Parlement de Bamako fin avril.

Les régions de Kidal, Gao et Tombouctou ont été occupées pendant presque dix mois entre 2012 et 2013 par des groupes armés incluant des islamistes liés à Al-Qaida. Les islamistes ont été en grande partie chassés des grandes villes par l'opération militaire internationale déclenchée en janvier 2013 à l'initiative de la France, toujours en cours. Mais ils demeurent présents dans le Nord, y commettant régulièrement des attaques meurtrières. Et l'Etat malien n'a jamais repris véritablement le contrôle de la région de Kidal.

Le Monde
 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir