Selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Ebola a fait 2 917 morts sur un peu plus de 6 263 cas détectés. En l'absence d'un renforcement significatif des moyens mis en œuvre, l'épidémie pourrait, selon l'OMS, contaminer 20 000 personnes d'ici à novembre.
« La maladie tue plus de 200 personnes par jour, les deux tiers étant des femmes », a déploré le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à l'ouverture de la réunion, avant d'appeler la communauté internationale à se mobiliser de manière plus franche. « Le monde peut et doit arrêter Ebola, maintenant », a-t-il proclamé. Evoquant le cas de pays ayant essayé d'empêcher le virus de se propager en fermant leurs frontières, le diplomate coréen a estimé qu'« une telle approche ne fait qu'aggraver la situation, en isolant les pays quand ils ont le plus besoin d'aide ».
« NOUS N'AVANÇONS PAS ASSEZ VITE »
« Vous avez le pouvoir de stopper cette horrible épidémie », a lancé aux chefs d'Etat et ministres présents, la directrice générale de l'OMS, Margaret Chan. Parmi eux, le président Barack Obama, qui a relevé des progrès « encourageants », mais « insuffisants ». « Je veux que nous soyons clairs, a-t-il déclaré, nous n'avançons pas assez vite, nous ne faisons pas assez. » Citant les 3 000 militaires américains déployés au Liberia pour aider à mettre en place des unités de traitement, il a assuré que les Etats-Unis continueraient de jouer leur rôle, mais ils ne « peuvent le faire seuls ». Jeudi, lors d'une conférence de presse à l'ambassade américaine à Monrovia, le général Darryl Williams, interrogé sur une éventuelle participation à des opérations de maintien de l'ordre, a assuré que la mission des militaires américains sera purement « humanitaire », centrée sur le soutien logistique et l'ingénierie. Le quartier général américain sera basé au ministère de la défense du Liberia.
Face aux scénarios des centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) évoquant l'hypothèse de 550 000 à 1,4 million d'infections d'ici au 20 janvier, la Banque mondiale a annoncé qu'elle allait quasiment doubler, de 230 millions à 400 millions de dollars, son aide aux pays touchés. « Si les chiffres des CDC s'avèrent exacts, nous allons assister à l'effondrement de tout le continent africain », a alerté son président, Jim Yong Kim.
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« On nous a demandé de faire davantage, la France veut être au rendez-vous », a affirmé le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, avant d'annoncer, sous les applaudissements, que Paris allait consacrer 70 millions d'euros à la lutte contre Ebola. De nombreux autres pays, parmi lesquels le Canada (27 millions de dollars), le Japon (40 millions de dollars) et l'Allemagne (25 millions de dollars), se sont également engagés à fournir une aide financière. De son côté, Cuba a décidé de porter de 165 à 461 le contingent de médecins et personnels de santé qui seront envoyés en Sierra Leone, en Guinée et au Liberia.
Cette crise a mis en évidence la nécessité de renforcer dans le monde entier les systèmes de dépistage précoce et d'action rapide, a fait remarquer M. Ban, qui a suggéré d'étudier la faisabilité de la création « d'un corps d'urgence de professionnels de la santé, s'appuyant sur l'expertise de l'OMS et la capacité logistique des Nations unies ». Et le patron de l'organisation internationale de souligner : « Tout comme nos casques bleus aident à assurer la sécurité des gens, un corps en blouse blanche pourrait aider à garder les gens en bonne santé. »
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