Présidentielle en Tunisie : Les deux camps revendiquent la victoire

Dimanche 22 décembre à Tunis.

Il était le favori du scrutin. Le candidat de l'alliance laïque, Béji Caïd Essebsi, a revendiqué dimanche 21 décembre la victoire au second tour de l'élection présidentielle en Tunisie. Le président sortant, Moncef Marzouki, refuse de reconnaître sa défaite.

« Les indicateurs que nous avons (...) indiquent une victoire de Béji Caïd Essebsi », a déclaré, quelques minutes après la fermeture des bureaux de vote, Mohsen Marzouk, directeur de campagne de ce vétéran de la vie politique tunisienne, sans toutefois avancer d'estimations.

Face à près de 2 000 personnes rassemblées devant son QG de campagne, le candidat laïque, 88 ans, a remercié ses électeurs et salué son rival, bien que l'inimitié entre les deux hommes soit de notoriété publique. « Je dédie ma victoire aux martyrs de la Tunisie. Je remercie Marzouki. Nous devrions désormais travailler ensemble sans exclure quiconque », a déclaré dimanche l'ancien membre du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) de Ben Ali.

CONTESTATION DE MONCEF MARZOUKI

Moncef Marzouki a, quant à lui, refusé de reconnaître la victoire de son adversaire tant que les résultats n'auront pas été dévoilés. « La Tunisie l'a emporté aujourd'hui, la démocratie a gagné, nous devons rester unis. Malgré les annonces de victoire de nos adversaires, tous les indicateurs sont positifs pour nous », a déclaré le président sortant à une foule des partisans réunis devant le siège de campagne, à Tunis. Son directeur de campagne, Adnen Mansar, avait, peu avant, fait savoir qu'il s'agissait d'une élection serrée et que « rien n'[était] encore confirmé ».

« La Tunisie l'a emporté aujourd'hui, la démocratie a gagné, nous devons rester unis. Malgré les annonces de victoire de nos adversaires, tous les indicateurs sont positifs pour nous », a déclaré Moncef Marzouki.

Au premier tour, le 23 novembre, Essebsi avait obtenu 39,4 % des suffrages, contre 33,4 % pour Marzouki, élu il y a trois ans par l'assemblée constituante. La participation avait frôlé les 65 %.

Près de 5,3 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour ce second tour, qui clôt la transition près de quatre ans après le renversement de Zine El-Abidine Ben Ali. Le cycle électoral de cette fin d'année doit achever la transition en Tunisie, qui, malgré plusieurs attaques attribuées à la mouvance djihadiste et des crises politiques à répétition, a évité de basculer dans le chaos ou la répression, à l'inverse de la plupart des autres pays du « printemps arabe ».

Le Monde

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    21 décembre 2014 : après une nuit de tensions et de rumeurs sécuritaires, Béji Caid Essebsi, le leader de la coalition Nidaa Tounes, arrive sous très haute sécurité dans son bureau de vote de la Soukra, dans la banlieue nord de Tunis. Jour de vote pour le second tour de l'élection présidentielle l'opposant au président sortant, Moncef Marzouki.
    Crédits : © Nicoals Fauqué / www.imagesd
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    Crédits : © Nicoals Fauqué / www.imagesd
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    Un important dispositif de sécurité a été déployé autour des bureaux de vote. Les autorités ont mobilisé dans tout le pays plusieurs dizaines de milliers de policiers et de militaires.

    Crédits : © Nicoals Fauqué / www.imagesd
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