
Une semaine après l’attentat qui a coûté la vie à un Français, un Belge et trois Maliens, vendredi 6 mars, la vie a repris les apparences de la normalité à Bamako. Les forces de l’ordre ne sont pas plus visibles qu’à l’habitude. Les contrôles ont été renforcés devant les bâtiments publics, les hôtels, les restaurants et les lieux fréquentés par les expatriés, mais aucune mesure notable pour les habitants de la capitale malienne n’a été prise après l’attaque revendiquée par Al-Mourabitoune, le groupe djihadiste de Mokhtar Belmokhtar. Par volonté d’éviter la psychose et par manque de moyens, les autorités du pays semblent avoir opté pour la discrétion. Quitte à susciter la critique.
Leur réponse est tombée dans la nuit de jeudi 12 à vendredi 13 mars. Les forces spéciales de la Sécurité d’Etat ont mené peu après minuit une opération ayant conduit à la mort de l’un des membres présumés du commando qui avait attaqué La Terrasse six jours plus tôt. Mounirou Cissé, selon les papiers d’identité qui auraient été retrouvés sur lui sans que l’on sache s’il s’agit de vrais ou de faux, est présenté comme un complice de celui qui avait ouvert le feu dans ce bar-restaurant prisé des Occidentaux installés dans la capitale malienne.
Le porte-parole du gouvernement, Choguel Maïga, a indiqué vendredi après-midi en conférence de presse que cet homme au « teint clair », dont les photos de la dépouille ont ensuite été diffusées à la télévision nationale, était « né vers 1993 dans le cercle de Bourem », une ville située à près de 1 300 kilomètres au nord de Bamako. Selon des sources concordantes, son signalement correspond au portrait-robot du motard qui avait jeté une grenade sur des policiers à proximité de La Terrasse.
Grenade défensive
Dans le quartier populaire de Magnambougou, quelques heures après l’intervention des unités d’élite des services de renseignement, les riverains naviguaient entre stupéfaction et inquiétude. « Le gars que l’on dit avoir abattu, je l’avais remarqué dans le coin depuis à peu près deux semaines, mais il ne collaborait pas avec les gens. Jamais on n’aurait imaginé un tel scénario ici. Maintenant, on se sent en insécurité », grogne Oumar Kouriba, un étudiant qui assure avoir « tout vu ». Alors que dans la ruelle de terre battue où a été mené l’assaut s’affairent démineurs et agents de la police scientifique, le jeune homme raconte que « les forces de l’ordre ont d’abord demandé aux occupants de l’immeuble, qu’on appelle “Prison Break” parce que l’intérieur du lieu est compliqué, de sortir mais il y en a un qui a contesté ». Puis, dit-il, « les premiers tirs ont commencé vers minuit trente. Ça a duré une quinzaine de minutes. » Retranché dans le bâtiment de deux étages aux allures de petite forteresse et habité principalement par des travailleurs immigrés venus des pays environnants, le suspect, selon les autorités maliennes, est mort des suites des blessures provoquées par une grenade défensive qu’il avait posée au sommet de sa porte, et qui a explosé lorsque les forces de la Sécurité d’Etat ont pénétré dans sa chambre. Le bilan officiel fait état de quatre membres de ces unités d’élite légèrement blessés.
Selon le porte-parole du gouvernement, « beaucoup d’armes et de munitions ont été trouvées dans l’appartement. Et les premières analyses indiquent très clairement que ce sont des balles de même nature que celles qui ont été utilisées » lors de l’attaque de La Terrasse. Les munitions saisies seraient également de la même série que celles découvertes dans un camp d’entraînement sur les monts Mandingues, à une vingtaine de kilomètres de Bamako, trois jours avant l’attentat.
Selon des sources concordantes, au moins quatre individus sont toujours activement recherchés, dont l’auteur de la fusillade, décrit comme un homme noir et de très grande taille. Alors qu’une procureure du pôle antiterroriste et dix policiers ont été dépêchés depuis Paris pour appuyer l’enquête ouverte à Bamako, « les services ont très certainement bénéficié d’écoutes françaises pour localiser la cache des djihadistes », indique, sans être démentie, une source malienne proche de la communauté du renseignement. Selon elle, des individus « en relation avec Al-Qaida au Maghreb islamique et les narcotrafiquants avaient déjà été arrêtés dans ce même quartier en 2011 ». Depuis, le blanchiment de l’argent de la drogue qui transite par les pistes du nord du pays, où s’affrontent groupes rebelles et milices progouvernementales, continue de se faire à Bamako, et l’attentat perpétré la semaine passée a sonné comme une cruelle et incontestable démonstration de la présence de cellules djihadistes dans la capitale malienne.

Commentaires
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