Côte d’Ivoire : face à une opposition morcelée, Ouattara reste favori pour la présidentielle

 

 Des partisans du président ivoirien Alassane Ouattara, le 5 septembre à Abidjan.         Crédits : SIA KAMBOU / AFP    

Les partisans du président sortant ne s’en cachent pas : ils espèrent bien voir leur champion l’emporter dès le premier tour lors de l’élection présidentielle du 25 octobre. Favori des sondages, Alassane Ouattara pourra compter sur le morcellement de l’opposition. Et la liste des candidats que devrait présenter le Conseil constitutionnel dans la soirée de mercredi s’annonce longue : pas moins de 33 personnes pourraient briguer la magistrature suprême.

La publication du Conseil constitutionnel est d’autant plus attendue que le scrutin intervient à un moment crucial pour la stabilisation du pays. Plus de 3 000 Ivoiriens étaient morts pendant la crise postélectorale de 2011. Cinq mois de violences provoqués par le refus du président Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara au terme d’une décennie de crise politico-militaire en Côte d’Ivoire.

Cette fois, le chef de l’Etat sortant, âgé de 73 ans, défendra son bilan économique face à des figures politiques comme l’ancien premier ministre (2005-2007) Charles Konan Banny, le candidat du Front populaire ivoirien (FPI) de l’ex-président Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan, ou encore l’ancien président de l’Assemblée nationale Mamadou Koulibaly. Tous ont intérêt à pousser Alassane Ouattara à un second tour pour tenter de fédérer ensuite l’opposition derrière eux.

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Grand absent du scrutin, l’ex-président Gbagbo attend dans une cellule de la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye (Pays-Bas), l’ouverture de son procès le 10 novembre pour crimes contre l’humanité en raison de son rôle présumé dans les violences électorales de fin 2010-début 2011.

Appels à manifester

Devançant l’annonce officielle de la liste, les opposants les plus virulents au président Ouattara ont d’ores et déjà contesté sa candidature et appelé à manifester. Ils brandissent l’article 35 de la Loi fondamentale, qui stipule qu’un candidat à la présidentielle « doit être ivoirien d’origine, né de père et de mère eux-mêmes ivoiriens d’origine ».

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La jeunesse de la Coalition nationale pour le changement (CNC), un groupement de personnalités politiques opposées au chef de l’Etat qui abrite également les frondeurs du FPI, a aussi appelé à des « marches sur toute l’étendue du territoire » à partir de jeudi. Les conditions « d’une élection apaisée ne sont pas réunies. Nous marchons pour éviter une nouvelle crise postélectorale », a expliqué à l’AFP Samba David, un des leaders de la CNC.

Du côté du camp présidentiel, on se veut confiant, soulignant qu’en ayant « exercé la fonction présidentielle », Alassane Ouattara est « rééligible de plein droit ». Pour Joël N’Guessan, porte-parole du parti au pouvoir, ceux qui appellent à manifester « viennent de planter le décor de leur seule et unique stratégie électorale : créer la chienlit et les troubles ».

Le ministre de l’intérieur, Hamed Bakayoko, a mis en garde lundi contre tout désordre ou trouble, assurant « que des moyens seront mis en place pour que ce scrutin soit sécurisé et apaisé ».

Le Monde/AFP

 

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