A Paris, les pro-Gbagbo veulent peser sur la présidentielle ivoirienne

Une banale camionnette stationnée sur la place de la République, à Paris. A quelques mètres de là, une soixantaine de personnes brandissent des effigies de Laurent Gbagbo. En ce week-end d’août, des partisans de l’ancien président ivoirien détenu par la Cour pénale internationale, à La Haye, sont réunis pour réclamer sa libération. La manifestation est peu fréquentée et son organisation semble artisanale : de petites affiches et un minuscule porte-voix. Les passants n’accordent qu’une faible attention au groupe.

S’ils sont peu remarqués sur le terrain, les pro-Gbagbo parisiens sont très actifs sur les réseaux sociaux. De nombreux sites relaient leurs revendications. C’est le cas de La Dépêche d’Abidjan, Cotedivoire-lavraie, Connection ivoirienne.net ou encore Eventnews. Ce mouvement, né au lendemain de l’arrestation de l’ex-président ivoirien, le 11 avril 2011, est formé de plusieurs associations politiques.

Parmi elles, le Conseil de la résistance ivoirienne (Cri panafricain) d’Achille Bla ainsi que des antennes parisiennes du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (ex-coordination des Jeunes patriotes de Charles Blé Goudé). Cette galaxie comprend aussi des organisations dites culturelles et humanitaires et un allié surprenant : la maison d’édition L’Harmattan, qui met à disposition une salle de réunion.

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Les pro-Gbgabo partagent une même fascination pour celui qui a dirigé la Côte d’Ivoire de 2010 à 2011. Ils le considèrent comme une figure de la lutte contre le néocolonialisme, au même titre que Thomas Sankara. « Laurent Gbgabo est devenu un esprit. Quand on a cet esprit, on est pour la souveraineté », affirme Franck Ségot-Lutté, l’un des partisans parisiens de l’ancien président.

Pour lui comme pour les autres, leur mentor est une « victime » de l’histoire. Ils se disent peu concernés par l’élection présidentielle d’octobre et préfèrent mettre en avant d’autres revendications comme la libération de leur leader. Certains appellent même au boycott du scrutin.

Ils affirment ne disposer d’aucun financement et se partagent les frais pour leurs divers déplacements, notamment au siège de la CPI à La Haye, où sont détenus Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé (l’ex-leader des Jeunes patriotes).

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Pendant la manifestation, Achille Bla, l’un des meneurs, ne cesse de dénoncer le climat d’insécurité qui règne, selon lui, en Côte d’Ivoire et dont il tient l’actuel président Alassane Ouattara pour responsable. La démarche de ces activistes consiste aussi à grossir des faits divers qui sont ensuite relayés comme de prétendues affaires politiques.

Le 20 août, un jeune homme se faisant appeler Johnny Patcheko sur les réseaux sociaux est passé à tabac dans un bar de La Courneuve (région parisienne). Il vit en Finlande et est très critique vis-à-vis de la politique d’Alassane Ouattara. La rixe est alors aussi été relayée par les sites Connectionivoirienne.net et Eventnews, comme une « agression politique » dont seraient responsables des proches du chef de l’Etat ivoirien. Comme d’autres, Johnny Patcheko compte 30 000 abonnés sur sa page Facebook et publie des vidéos qui dépassent parfois les 50 000 vues, autant dire qu’il a de l’influence. De là à peser sur la prochaine présidentielle ?

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