DONALD TRUMP ATTAQUÉ DE TOUTES PARTS

Donald Trump fait face aux critiques de John McCain et de Chris Christie, des figures du Parti républicain.

Alors que deux sondages publiés lundi 1er août donnent respectivement 6 et 9 points d’avance à la candidate Hillary ClintonDonald Trump peine à faire l’unanimité dans son propre camp. Ses critiques à l’encontre du père d’un soldat tué en Irak ressemblent au dérapage de trop pour le milliardaire.

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  • Pour Barack Obama, Donald Trump n’est « pas qualifié pour être président »

Comment les dirigeants républicains peuvent-ils encore soutenir un candidat « terriblement mal préparé » à devenir président des Etats-Unis ? Barack Obama a critiqué avec virulence Donald Trump et les responsables du Parti républicain« Le candidat républicain n’est pas qualifié pour être président, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Washington, mardi 2 août. Je l’ai dit la semaine dernière. Il n’arrête pas de le démontrer. »

Barack Obama a notamment rappelé les propos très controversés de Donald Trump à l’encontre des parents d’un capitaine musulman tué en Irak en 2004, invités de la convention d’investiture d’Hillary Clinton la semaine dernière. Le fait que M. Trump critique une famille « ayant fait des sacrifices extraordinaires pour ce pays, le fait qu’il ne semble pas avoir les connaissances de base autour de sujets essentiels enEurope, au Moyen-Orient, en Asie, signifie qu’il est terriblement mal préparé pour ce poste », a-t-il asséné.

Le président américain a également dénoncé les dirigeants du « Grand Old Party » qui continuent à soutenir Donald Trump. « Il y a un moment où on doit dire assez”. Il est intéressant d’observer les critiques à répétition venant des dirigeants républicains, y compris du président de la Chambre des représentants, du chef de la majorité au Sénat et de républicains de premier ordre comme John McCain », candidat à la présidentielle en 2008, a ajouté Barack Obama.

« La question qu’on doit se poser, si l’on n’arrête pas de devoir dire en termes très forts que ce qu’il a dit est inacceptable, est : pourquoi le soutenez-vous encore ? Qu’est-ce que cela dit de votre parti et de son représentant ? », a ajouté le président.

Barack Obama a durement critiqué le candidat républicain Donald Trump, le 2 août.
  • Un élu républicain annonce qu’il votera pour Hillary Clinton

Richard Hanna, représentant républicain de l’Etat de New York, s’en est pris à M. Trump dans une tribune publiée mardi dans The Post-Standard. « Il n’est pas à même de servir notre parti et ne peut pasdiriger ce pays », prévient l’élu, qui ne se représentera pas. Il annonce dans le même temps qu’il votera pour Hillary Clinton, qui « s’est battue toute sa vie pour des causes plus grandes qu’elle ».

Sans aller aussi loin, de nombreux républicains ont pris leur distance avec leur candidat. Un sénateur de l’Ohio n’est pas apparu au meeting de M. Trump dans son Etat lundi 1er août, arguant de problèmes d’emploi du temps.

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Tom Cotton, sénateur de l’Arkansas, a estimé que M. Trump devrait s’excuser pour ses propos à l’encontre du père d’un soldat tombé en Irak. Le sénateur de l’Iowa Charles Grassley a de son côté souligné que les commentaires du candidat « n’étaient pas en adéquation » avec sa vision de la façon dont « des membres de l’armée et leur famille » devraient être traités. Richard Burr, son confrère de Caroline du Nord, a lui affirmé que « le capitaine Khan est un héros américain dans tous les sens du terme, et que les Khan méritent notre gratitude la plus sincère ».

John McCain, sénateur républicain de l’Arizona, le 9 février.

John McCain, une figure du parti et lui-même vétéran de la guerre du Vietnam, s’est adressé au pays dans un communiqué. « J’espère que les Américains comprennent que ces remarques ne représentent pas les vues de notre Parti républicain, de ses officiers et candidats », a commenté le candidat à la Maison Blanche en 2008.

Même Chris Christie, membre de l’équipe de transition de Donald Trump, a déclaré qu’il était inapproprié de s’en prendre aux parents d’un Américain tué en Irak. Le gouverneur du New Jersey n’a pas pour autant épargné Barack Obama, considérant qu’il s’était disqualifié de lui-même en disant qu’Hillary Clinton était la personne la plus qualifiée de l’histoire américaine pour être présidente.

 

François Hollande, qui s’exprimait mardi lors d’une rencontre avec les journalistes de l’Association de la presse présidentielle à Paris, a déclaré que « les excès finissent par créer un sentiment de haut-le-cœur, aux Etats-Unis même, surtout quand on s’en prend, en l’occurrence Donald Trump, à un soldat, à la mémoire d’un soldat ».

Le président de la République a dénoncé les propos « blessants et humiliants » de Donald Trump. « La démocratie, c’est aussi la grande question par rapport à la tentation autoritaire que l’on voit surgir » et« notamment » aux Etats-Unis, a insisté le chef de l’Etat.

Donald Trump, a-t-il toutefois observé en aparté, « n’est pas encore élu » mais « si les Américains choisissent Trump, ça aura des conséquences parce que l’élection américaine est une élection mondiale ».

Une élection qui pourrait avoir des conséquences sur le scrutin présidentiel français six mois plus tard. « Ca peut conduire à une droitisation très forte ou, au contraire, à une correction », a-t-il analysé, notant que « la campagne américaine indique des thèmes qui se retrouvent ensuite dans la campagne française ».

  • Donald Trump poursuit sa campagne

Pendant ce temps, Donald Trump s’est fait remarquer mardi alors qu’un nouveau-né pleurait lors d’un meeting en Virginie : « Ne vous en faites pas, j’adore les bébés. Quel beau bébé ! » Quelques minutes plus tard, le candidat s’est ravisé : « En fait, je plaisantais. Sortez le bébé de la pièce» Il a assuré par la suite que c’était pour rire et que le bébé pouvait rester.

Alors que son colistier Mike Pence a évoqué un acharnement médiatique et que son fils Eric a parlé d’une affaire « gonflée de manière disproportionnée », M. Trump a confié ses inquiétudes concernant une élection de novembre « truquée ». Interrogé par Bill O’Reilly sur la chaîne Fox News, il a fait état de craintes quant à des électeurs sans pièce d’identité, « qui iront peut-être voter dix fois ».

Il n’existe pas de carte d’identité aux Etats-Unis. Différentes études menées dans le pays montrent des taux de fraude électorale infinitésimaux lors des scrutins, alors que le recours au permis de conduire ou au passeport comme source d’identification pénaliserait les pauvres et les minorités, qui ont plutôt tendance à voter démocrate.

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Le Monde

 
 
 



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