Evoquant Trump, le pape François prévient : "Le nazisme est aussi né du populisme"

 

 

A en j(a)uger par les réactions de sites dits de réinformation, souvent proches de la "facho-sphère", le Pape a piqué au vif dimanche moult ultra-conservateurs qui ne l’avaient déjà pas épargné pour ses prises de positions à propos de l’accueil des réfugiés ou de la nécessité d’entrer en dialogue avec l’islam. Ou sur un terrain plus ecclésial concernant certaines évolutions de la cellule familiale.

L’objet de la nouvelle ire anti-papale ? Une analyse sans concessions du populisme à l’occasion d’un entretien accordé au journal espagnol "El Pais". Avec en toile de fond l’investiture présidentielle de Donald Trump…

Pas d’évaluation hâtive et prématurée

Le jour de la prestation de serment, François lui avait adressé un message où il disait prier "pour que (ses) décisions soient guidées par les riches valeurs spirituelles et éthiques qui ont façonné l’histoire du peuple américain et l’engagement de (sa) nation à la promotion de la dignité humaine et de la liberté dans le monde entier". Dans l’interview, l’évêque de Rome a demandé de laisser du temps au temps avant de se prononcer définitivement. "Nous verrons ce qui arrivera", a précisé François. "Je n’aime pas anticiper les faits, ni juger la personne trop tôt… Nous verrons ce qu’il fera et nous évaluerons. Toujours sur du concret. Le christianisme aussi est concret ou ce n’est pas du christianisme." Cette prudence diplomatique ne l’a pas empêché de lancer une mise en garde contre les excès du populisme. Outre-Atlantique et en Europe…

Hitler avait été élu lui aussi…

Le Pape a enjoint les Européens de ne pas reproduire les erreurs des années 1930 en se tournant vers de prétendus "sauveurs". "Les crises provoquent des craintes, des alertes. Pour moi, l’exemple le plus typique du populisme européen, c’est l’Allemagne en 1933. Voilà un peuple submergé dans une crise qui a cherché son identité jusqu’à ce que Hitler se présente et promette de lui rendre son identité, mais il lui a rendu une identité pervertie et nous savons tous ce qui s’est passé." Selon le Pape, "Hitler n’a pas volé le pouvoir, son peuple a voté pour lui puis il a détruit son peuple. C’est cela le danger. Il y a un manque de discernement en période de crise. Nous cherchons un sauveur qui nous restitue une identité et nous nous défendons des autres peuples qui pourraient nous priver de cette identité avec des murs, des fils barbelés, avec n’importe quoi". Plus explicite encore : "Chaque pays a le droit de contrôler ses frontières, mais aucun n’a le droit de priver ses propres citoyens de dialoguer avec ses voisins..."

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir