FPI : Vers un changement de « statut », Gbagbo out!
- Détails
- Catégorie : International
- Mis à jour le jeudi 2 février 2017 21:32
- Publié le jeudi 2 février 2017 21:32
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
- Affichages : 1249
Deux congrès annoncés au sein d’un même parti, le FPI, proche de Laurent Gbagbo.Deux congrès ordinaires qui se préparent activement mais toujours dans un contexte de dissensions internes.
Le FPI d’Affi N’Guessan se dit prêt à organiser un congrès ordinaire après le feuilleton politico-judiciaire qu’a connu le parti de Laurent Gbagbo.
« Au départ nous avons décidé d’organiser le congrès ordinaire et la fête de la liberté (ndlr : célébration de la déclaration du multipartisme) à l’intérieur du pays. Mais certains camarades ont souhaité qu’on marque le coup en les faisant à Abidjan. Nous sommes donc en réflexion sur le choix du lieu. Nous n’avons annoncé aucune date. C’est le principe»fait savoir àPolitikafrique.infoAbouo N’Dori Raymond, vice-Président du parti.
« C’est un congrès du renouveau. C’est sûr qu’une possible orientation sera donnée et que les statuts seront retouchés, les textes revus. Ce sera un congrès ordinaire et donc électif. En ce qui concerne le changement du nom du parti, ce n’est pas à l’ordre du jour »précise-t-il.
De l’autre côté, la tendance«Gbagbo ou Rien»conduite par Aboudrahamane Sangaré se prépare également à un congrès mais seulement en« mi-2018 ».« Ce sont nos textes qui fixent la date de notre congrès ! »répond le secrétaire général Boubacar Koné.
Visiblement les cadres du FPI ne semblent pas vouloir appliquer la maxime« Asseyons-nous et discutons » de son mentor. Le parti de Laurent Gbagbo est toujours en proie à une crise interne.
La famille du Front Populaire Ivoirien avance sur l’échiquier politique national mais en ordre de bataille dispersé. Et pour certains analystes politiques, l’embrasement au FPI est suscité.
« C’est un parti qui est divisé. Chaque partie a un avantage dont l’autre ne bénéficie pas. L’une dispose de la légalité, il est reconnu par le pouvoir, la justice. L’autre se passe de la justice, mais mobilise le plus, ses mots d’ordre sont respectés. Pour moi, ce n’est pas le FPI qui est divisé de lui-même, c’est le FPI qui a été divisé. Le FPI a vu à la sortie de la crise une bonne partie de ses cadres mis en prison, voir des comptes gelés, avec des interdictions de sortie du territoire national. C’est une situation savamment entretenue par le pouvoir en place qui intimide, déstabilise, emprisonne les cadres. Une partie du FPI est une obligée du pouvoir donc systématiquement elle joue contre l’autre partie. Le pouvoir n’est pas le seul responsable c’est certain, mais il est le principal responsable. »Soutient le politologue Eddie Guipié, enseignant-chercheur à l’université Péléforo Gon.
Après six ans d’absence,le FPI de Laurent Gbagbo signe son retour dans l’hémicycle parlementaire avec trois députés.Un nombre qui ne fait pas le poids face à la majorité présidentielle. Même pas constitutif d’un groupe parlementaire.
« Il y a des opposants du régime et des opposants au régime. Les premiers sont ceux que le pouvoir a choisis comme le FPI légal, même si on ne comprend pas au nom de quoi le pouvoir judiciaire s’immisce dans une affaire privée. Les seconds sont ceux qui pensent que le pouvoir est à bout de souffle, en crise d’idées, plus capable d’apporter de destin à ce pays. Qu’il y ait une opposition qui puisse rassembler c’est dans l’ordre normal des choses, que le parti au pouvoir essaie de diviser les partis de l’opposition c’est aussi leur rôle mais on constate qu’il y a des gens à qui on fait croire qu’ils sont des opposants mais ils n’en sont pas parce qu’ils n’ont pas de poids, pas de représentativité. Cela n’est pas normal. (…) Néanmoins le FPI dirigé par le professeur Sangaré porte sa croix malgré les humiliations. C’est ce FPI qui a plus d’influence»explique François ADOU, géo-politologue, enseignant-chercheur à l’Université Félix Houphouët-Boigny.
Même si les voies semblent être irréconciliables au sein de la grande famille FPI,l’héritage Laurent Gbagbo demeure bien en place.Les deux franges du parti se réclament d’une proximité avec l’ex-président.
« Affi N’guessan est parti avec des cadres, par exemple disons 5 à 20% des cadres. C’est quand même une hémorragie importante mais il n’est pas avec plus 5 % des militants. Donc l’héritage Laurent Gbagbo lui-même n’a pas disparu. Affi N’Guessan se charge d’être lui-même proche de Laurent Gbagbo.»Explique le politologue Eddie Guipié.
La famille FPI ne devrait-elle pas appliquer la maxime de leur leader, « asseyons-nous et discutons »?
Salimatou DIA
Source:Politikafrique.info
