Après Plazza Bloody diamonds des Chinois, voici la BDG, Blody Diamond de Guinée ou cheval de Troie de la Malaisie en Guinée ?

Actualités de Guinée Conakry, 21/03/17. Nouvelle République de Guinée, www.nrgui.com. La Banque de développement de Guinée (BDG), détenue à 75% par des capitaux asiatiques et dirigée par des Malaisiens, multiplie les projets dans les métaux précieux en Guinée. En parallèle, ses dirigeants opèrent leurs propres sociétés dans le secteur, agissant sous la protection du conseiller diplomatique du président Alpha Condé. Enquête.

La bienfaisance comme porte d'entrée •

Le 6 février, lors de la Journée nationale de l'orpaillage qui s'est tenue à Kankan sous le haut patronage d'Alpha Condé, la BDG, dont l'Etat guinéen ne contrôle que 25%, a signé un partenariat avec le ministre des mines Abdoulaye Magassouba. Selon cet accord, la BDG va mettre en place, sous la direction de son responsable des projets, le guinéen Fadel Camara, un programme d'appui aux orpailleurs locaux, leur fournissant des équipements qui augmentent le taux de récupération de l'or et accroissent ainsi leur production.

Pour assurer des débouchés à ces volumes supplémentaires d'or et un revenu aux orpailleurs, la BDG s'est entendue avec le comptoir local Africa Gold, qui achètera la production. Enregistré en mai 2016 en Guinée, Africa Gold est dirigé par le malaisien Kian Boon Looi. Ancien de JP Morgan et de KPMG, ce dernier est par ailleurs directeur financier de… la BDG !

Métaux précieux, monnaie virtuelle ?

Kian Boon Looi n'est pas le seul Malaisien à la BDG. Lancée en 2012 afin de financer des projets de développement et d'infrastructures, notamment le très ambitieux rail censé relier le gisement de fer de Simandou à la mer, la banque avait fait parler d'elle début 2016. Les médias asiatiques avaient alors révélé que son directeur général, le malaisien Lim Kim Seng, avait ouvert un compte en Thaïlande au nom de la BDG en utoken, une monnaie virtuelle. Soupçonnés d'avoir détourné au moins 300 millions $, les promoteurs de l'utoken ont été arrêtés en 2015 par la police thaïlandaise. Lim Kim Seng s'étant retiré à la suite du scandale, l'ex-conseiller en stratégie de la BDG, le mauritanien Majid Kamil, ancien ambassadeur de Nouakchott au Canada, semble avoir pris la tête de la société. Toutefois, contactée par Africa Mining Intelligence au sujet de sa direction, la BDG n'a pas répondu. D'autres salariés ont quitté la BDG récemment (lire ICI).

Par ailleurs le directeur des opérations techniques de la BDG, chargé de la modélisation de son logiciel de trading, est le malaisien Shafii Abdullah, un ancien de la Bank Bumiputra Malaysia.

Conakry la Malaisienne •

Ne se cantonnant pas au financement et au négoce, les Malaisiens prennent peu à peu pied dans l'exploitation minière. Mi-janvier, le ministre des mines a attribué un permis de recherche de corindons (pierres précieuses) à Africa Diamond & Mining. Enregistrée en Guinée en décembre dernier, la firme est détenue par Kian Boon Looi, le directeur financier de la BDG ! La société de son compatriote Wong Kiam Seng, la Société guinéenne d'exploitation des mines et métaux, a elle aussi obtenu des permis de recherche mi-janvier pour les diamants et corindons.

Renforçant leur présence en Guinée, les investisseurs malaisiens peuvent compter sur l'appui du conseiller diplomatique d'Alpha Condé, Koutoubou Sanoh, professeur de droit de 1993 à 2009 à l'Université internationale islamique de Malaisie et ex-conseiller économique du premier ministre de Kuala Lumpur

Transmis pr BC TAMBOURA

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