Le Collectif et l’ADP annoncent la tenue d’un meeting géant
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- Catégorie : Politique
- Mis à jour le jeudi 15 mars 2012 21:07
- Publié le jeudi 15 mars 2012 20:57
- Écrit par Diawo Labboyah
Le 15 mars, à la Maison de la presse à Coléah (Matam), le Collectif des Partis politiques pour la finalisation de la transition et l’ADP (Alliance pour la Démocratie et le Progrès) sont montés au créneau pour dénoncer l’impasse politique dans laquelle est plongé le pays. Aboubacar Sylla de l’UFC a rappelé les vains efforts consentis par l’Opposition pour débloquer la crise politique par le dialogue, qui n’aurait été qu’un constat de divergence de point de vue entre Pouvoir et Opposition. Les questions essentielles relatives notamment à la réforme de la CENI, n’ont pas fait l’objet de consensus. Et le Président de la République est resté silencieux sur le rapport du dialogue qui lui aurait été communiqué depuis près d’un mois, déplore le président de l’UFC. Pendant ce temps, la CENI continue « sa fuite en avant ».
Face à la situation, le Collectif et l’ADP envisagent des mesures pour empêcher les fraudes électorales qui s’annoncent. Tous les recours ayant été épuisés, les deux blocs politiques décident d’organiser un meeting d’information le samedi 18 mars à 10h au stade de Bonfi, qui sera suivi d’une caravane à l’intérieur du pays dans les jours à venir.
« Nous allons organiser un meeting de sensibilisation de nos militants. Quand nous aurons fini, nous communiquerons le programme de la caravane à l’intérieur du pays »a déclaré Sidya Touré, avant de constater :
« Le détournement de la volonté de notre population pour créer un pouvoir autocratique, qui n’est plus une démocratie mais une démocrature...Tout ce que nous avons reproché au régime de Lansana Conté, nous le retrouvons aujourd’hui, voire pire. Sur le plan économique, les décisions qui sont prises qui sont contraires au choix libéral de notre économie ont complètement perturbé les activités économiques dans notre pays. Vous êtes en Forêt aujourd’hui, on vous dit que vous ne pouvez pas transporter un sac de riz d’une préfecture à l’autre. Vous êtes ici (ndrl : Conakry), on vous dit que c’est l’Etat qui importe le riz et dans les Magasins témoins, malheureusement, il n’y a que des pièces détachées.. ».
Le président de l’UFR constate la tendance à une gestion centralisée du pouvoir :
« Nous avons un régime qui veut nous faire croire au système communiste qui est déjà dépassé. Tout est centralisé. Si vous voulez un chèque de vingt millions, on vous dit qu’il faut aller à la Présidence. La gestion du pouvoir est totalement opaque. Et pour pouvoir conforter cela on veut tricher pendant les élections, ça nous ne l’accepterons pas. Et nous allons expliquer aux Guinéens qu’ils n’ont aucun intérêt à l’accepter. Voilà un gouvernement qui s’intéresse à la manière dont le syndicat fonctionne au lieu de chercher à savoir comment négocier avec les syndicalistes pour renforcer la paix sociale ».
Concernant la tenue du meeting, l’Opposition indique avoir écrit aux autorités et détient même l’accusé de réception.
L’Opposition serait comme plus que jamais unie et déterminée. Elle réaffirme que le boycotte des législatives même si le Pouvoir décide de les organiser sans son consentement n’est pas envisageable :
« Si la garantie de crédibilité et de transparence des législatives n’est pas acquise, nous considérerons qu’il n’y a pas d’élection. Mais on ne boycotte pas, c’est un devoir civique », a déclaré Lansana Kouyaté du PEDN. Et Sidya de renchérir :
« Nous voulons des élections législatives en Guinée, représentatives du peuple. Mais cela ne peut se faire que dans le cadre consensuel. Si ce n’est pas le cas, nous ne pouvons pas regarder faire. Ce pouvoir est un pouvoir minoritaire. S’il y a quelqu’un pour lequel on va voter je ne le sais pas. Mais s’il y a un Parti pour lequel on ne votera pas en Guinée, ça je connais. Ça crie partout, dans les quartiers, les villages. Cela n’a rien à avoir avec le point d’achèvement de l’initiative PPTE. L’un n’empêche pas l’autre. Il n’est pas dit que si vous êtes dans l’attente d’un programme, l’Etat s’arrête. C’est de la mauvaise gestion ».
Lansana Kouyaté a précisé que parallèlement au meeting, une lettre conjointe de l’ADP et du Collectif a été adressée au Président de la République « pour lui demander de nous éclairer sur la conduite à tenir et trouver une réponse aux questions essentielles
Diawo Labboyah
