La journée du travail : une fête en rangs dispersés
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- Catégorie : Politique
- Mis à jour le mercredi 2 mai 2012 09:38
- Publié le mardi 1 mai 2012 23:12
- Écrit par Asmaou Barry
Pas de mobilisation ici..
Le 1er mai, le 126e anniversaire de la Journée internationale du travail n’a pas été célébré partout de la même manière. Pendant que les travailleurs des huit centrales syndicales étaient réunis au Palais du peuple, M.Yamoussa Touré et son camp étaient à la Mairie de Matam, pour célébrer à leur façon la même fête. Seulement là, il n’y avait pas que les travailleurs qui ont répondu présent. Tôt le matin, les forces de l’ordre, armées de matraques et de gaz lacrymogènes, ont investi les lieux. La devanture de la mairie était toute noire de policiers. Ceux-ci ont fait savoir au camp de M.Yamoussa Touré que la célébration de la fête du travail, c’est au Palais du peuple et non à la mairie.
Vu l’intransigeance des forces de l’ordre, les syndicalistes dissidents se retrouvent dans une concession d’en face, pour lire leur déclaration et fustiger ce qu’ils appellent une entorse à la liberté syndicale. M.Yamoussa Touré :
« C’est déplorable que dans notre pays, la violation de la démocratie syndicale soit observée sur le terrain, au moment où (tout) le monde entier fête la Journée internationale du travail. Les autorités guinéennes ne devraient pas empêcher une centrale syndicale de célébrer cette fête qui est chère à la classe ouvrière mondiale ».
Il a donc déploré la présence des forces de l’ordre :
« Aujourd’hui la rentrée de la commune de Matam est barricadée par les forces de l’ordre, alors que nous avions écrit à M le ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation et à Madame le maire de Matam. L’accord nous avait été donné le 30 mai, à 10 heures. Malheureusement vers 18h, on nous rappelle pour nous dire que l’accord ne tient plus ».
Et de menacer :
« Nous ne pouvons pas accepter la privatisation du 1er mais, il n’en est pas question. Chacun dans son cadre doit fêter en tant que syndicaliste le 1er mai qui est une journée internationale. Même à Paris, il y a 300 défilés dans des lieux différents. Les deux challengers pour le fauteuil présidentiel français sont répartis entre les lieux et bien d’autres autorités administratives et politiques. Pourquoi pas chez nous ? Nous n’allons pas accepter cette injustice, cette inégalité. On nous oblige d’aller au Palais, nous n’irons pas là-bas parce que ce n’est pas notre cadre. Nous ne voulons pas aller au Palais pour créer des remous, des incidents fâcheux devant la plus haute autorité de la Guinée. C’est pourquoi nous, en tant que légaliste, (nous) avons choisi la mairie de Matam pour fêter la journée internationale du travail ».
Sans indexer une personne particulière, M.Yamoussa Touré accuse le gouvernement d’être à l’origine de l’interdiction. Selon une source, un ministre aurait la veille, téléphoné à M. Touré pour l’inviter à renoncer à la rencontre.
Asmaou Barry
