Opposition : la lutte continue

Suite à la marche pacifique du Jeudi 10 Mai 2012 et la décision du Président dela Républiquede suspendre le processus de recensement sur l’ensemble du territoire national, l’Opposition a décidé de faire un point de presse, afin d’informer l’opinion nationale et internationale des suites à donner aux mouvements de l’opposition.

C’est Boubacar SYLLA, Président de l’UFC et porte-parole de l’ADP qui prendra la parole pour faire le point de la situation

Une grande partie de son exposé portera sur la marche du Jeudi 10 Mai 2012.

C’est à la suite de cet exposé que les journalistes prendront la parole à tour de rôle pour poser des questions qui seront essentiellement autour de points suivants :

-  Les affirmations du gouvernement sur un possible coup d’Etat de l’Opposition ;

-  La possibilité de céder certaines revendications pour avancer ;

-  Le sort des membres de l’Opposition qui sont au gouvernement et àla CENI ;

-  Le Bilan dela Marche

-  Le sentiment que d’aucuns ont que les jeunes sont abandonnés à leur sort ;

-  Quelles solutions pour préserver la paix ;

-  Doit on faire appel à l’Etranger encore une fois pour nous aider ;

A ces questions, les leaders se sont succédé pour donner le point de vu de l’Opposition. A ce sujet, Sidya TOURE fera remarquer à propos d’un prétendu coup d’Etat, que c’est du côté du pouvoir qu’il faut chercher qui veut faire un coup. Quand on a des jeunes et des femmes qui sortent pour leur droit et qu’en face on a des forces de l’ordre armées, on se demande qui envisage un coup d’Etat.

Sidya insistera sur la notion du changement qui est sur toutes les lèvres et que l’on a du mal à définir de nos jours. Il demandera aux journalistes de demander à Alpha CONDE de faire un point de presse sur son bilan. Il dira aussi quela CommunautéInternationalecommence à s’intéresser àla Guinée.Ildira aussi que le recensement qui est censé être suspendu continue dans certaines zones du pays. Pour ce qui est de la question des revendications, Sidya dira que depuis des moins et des mois, les revendications sont les mêmes parce qu’on n’a pas bougé depuis le début. Il dira alors en substance que pour aller aux élections il faut savoir dans quel bureau de vote les électeurs vont aller voter. Pour ce faire, il faut voir le fichier et s’assurer qu’il est intègre. Le second problème est de savoir qui organise les élections et s’assurer qu’il y a un minimum de confiance en cette institution.

C’est pour appuyer cette vision que Djalikatou du PEDN prendra la parole pour revenir sur tous les travaux depuis longtemps avec un dialogue qui a eu lieu et la soumission d’un rapport au Président qui n’a toujours pas donné de suite à ces conclusions. Elle fera aussi allusion à ces rapports d’audit que personne ne veut publier. Avant de finir, elle insistera sur le besoin impérieux de revenir sur la table de négociation par tous les moyens.

Sur la question des membres de l’Opposition qui sont encore au gouvernement ou àla CENI, El Hadj Ditinn DIALLO dira tout simplement qu’il n’a jamais été question de faire partir Alpha CONDE ou son gouvernement encore moins un ministre. Il est simplement question de faire partirla CENIavec tous ces membres y compris ceux et celles de l’Opposition.

Pour ce qui est du bilan des victimes de la marche, Cellou Dalein DIALLO complètera Bouba SYLLA pour dire qu’il y a 50 blessés graves hospitalisés, 50 déférés àla MaisonCentraledont la plupart a été arrêtés à leurs domiciles bien après la marche. Certains ont été arrêtés ce matin. Il insistera sur le cas d’une nourrice qui a été arrêtée sur la route et qui se trouve à la Maison centrale avec son bébé. Il a également évoqué le cas aussi d’une vieille de 65 ans qui a été frappée au visage et qui a perdu 3 dents et qui se trouve actuellement à Donka.

Cellou Dalein reviendra alors sur toutes les dérives qui ne datent pas d’aujourd’hui, ainsi que sur les incohérences dans la gestion des affaires de Alpha CONDE qui dit une chose pendant que Loucény fait autre chose comme s’il ne s’agissait pas de l’Etat. Parlant du fichier et du processus, le leader de l’opposition guinéenne dira que le constat du rapport d’audit est sans appel. Il en profitera pour saluer le courage et le professionnalisme de la plus grande partie des journalistes qui ont suivi la répression du Jeudi et qui ont relaté les faits alors que d’autres n’ont pas voulu dire la vérité.

Bouba SYLLA reprendra la parole pour réfuter l’idée que les jeunes seraient abandonnés aux violences des forces publiques. Il fera remarquer que tous les leaders étaient aux avant-postes de la marche. Il rappellera ironiquement et très opportunément que ce fameux et horrible 28 Septembre 2009, on sait qui n’était pas ici. Il insistera sur le fait qu’avec un pouvoir militaire, ils n’ont pas eu peur d’aller à la manifestation, ce n’est pas avec un pouvoir civil qu’ils vont avoir peur.

Pour ce qui est de la préservation de la paix, Cellou Dalein DIALLO dira que la seule et unique manière de préserver la paix est de s’assurer de l’équité et de la transparence du processus.

Reprenant la parole, Sdya fera un petit rappel historique. Parlant du respect du droit et du combat pour la liberté, il rappellera qu’il avait 15 ans en 61 lorsque le PDG a voulu instaurer l’enseignement de masse. On est allé les chercher au lycée classique à 3 heures du matin pour les envoyer au camp Alpha Yaya. C’est pour éviter cet enseignement qui nous a conduits où nous sommes aujourd’hui qu’ils ont fait la prison et personne ne leur a dit de manifester. Il arrive un moment où l’homme doit se sentir citoyen en dehors de toute appartenance politique et prendre ses responsabilités et son destin en main en tant que citoyen épris de justice et de liberté. On ne marche pas pour faire plaisir à quelqu’un, mais pour la construction d’un Etat de droit pour l’avenir de nos enfants. En 61 donc, concluera Sidya, il a fait la prison pendant que d’autres étaient en France.

En conclusion, Bouba SYLLA dira que ce jeudi sera décrété journée ville morte et le jeudi prochain, il y ara sur l’ensemble du territoire national, une marche pacifique. Pour ce qui est de Conakry, la marche partira de Matoto sur l’autoroute jusqu’à l’esplanade du Palais du peuple. Il dira que toutes les dispositions légales seront prises comme d’habitude pour se mettre en conformité avec les exigences administratives.

C’est en ces termes que le point de presse a pris fin.

Mamadou Barry, attaché de presse auprès de Cellou Dalein Diallo

 

 

Commentaires  

 
0 #1 GIBRILL BAH 16-05-2012 23:38
THANK YOU FOR ADDING THE TRNASLATION PAGGE.
Citer
 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir