Siaka Barry ! Le pays de sauvages, c’est à Alpha Condé de prouver par ses actes qu'il est désormais civilisé
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- Catégorie : Politique
- Mis à jour le samedi 20 décembre 2014 08:31
- Publié le samedi 20 décembre 2014 07:59
- Écrit par Kbarrie
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Vous semblez si perdu que vous ignorez délibérément vos propres ancêtres dans "L'hymne à la gloire"
Vous semblez si perdu que vous ignorez délibérément vos propres ancêtres dans l'hymne à la gloire des différentes populations guinéennes. Ressaisissez-vous mon frère. Alain Foca, le journaliste de RFI commence toujours ses émissions par «UN PEUPLE SANS HISTOIRE EST UN MONDE SANS ÂME», attention à ne pas perdre votre âme en politique; vous n'êtes encore qu'un négligeable secrétaire d'une section du Parti que vous ne nommez jamais, et le chemin est long, très long...
Siaka Barry, secrétaire politique de section du RPG Arc-en-ciel ! Défendre Alpha Condé, et promouvoir sa politique est un devoir qui incombe au militant du RPG que vous êtes. Mais la politique, ce n'est pas la calomnie. L'espace politique doit être caractérisé par une certaine moralité. Ce n'est pas l'art de tromper, comme le déplorent ironiquement les critiques de la parole politique, et les observations de certains analystes complices ou craintifs. C'est le type de comportement dont vous avez fait montre dans votre réaction au discours de Cellou Dalein Diallo en Italie, qui participe de l'érosion du capital de confiance des citoyens. Figurez-vous qu'aujourd'hui, Alpha Condé n'est pas à sa première candidature, c'est un candidat sortant, alors sa campagne, votre campagne, votre devoir pour les élections de 2015, c'est d'expliquer aux Guinéens ce que vous avez fait pour rattraper les cinquante ans en cinq ans, d'après les promesses du candidat Alpha Condé ? En quatre ans, la Guinée a-t-elle au moins comblé quelques mois de retard ? Le peuple attend la présentation de votre bilan, et éventuellement vos nouveaux slogans. Le professeur avait promis aux Guinéens de dormir, et qu'à leur réveil, il y aura l'électricité, l'eau courante, et le train qui les enverra à Bamako en passant par Kankan votre ville natale. La promesse de rajeunir les femmes de cinquante ans de vingt ans tous les cinq ans. Vous êtes dans l'obligation de donner des réponses. Quand on est candidat sortant, on ne peut pas fuir l'exposé du bilan, malgré vos tentatives de vous extirper de toute explication pourtant inévitable.
Que dit Cellou Dalein Diallo à Brescia, en Italie: «Nous avons organisé des marches, on a tiré sur nous, cinquante sept morts, mille quatre cents arrestations, une dizaine de jeunes handicapés à vie, et autres blessés graves, et le lendemain, on envoie des expéditions punitives dans les quartiers réputés fiefs de l'Opposition, où elles continuent à tuer, à brutaliser les femmes, à renverser les marmites, à bastonner les gens, à procéder à des arrestations ; il n'y a aucun recours, la justice est à la solde d'Alpha. Vous avez cent blessés dans les hôpitaux et les cliniques, cinq cents prisonniers dans les commissariats et les gendarmeries, et vous avez six à dix corps à l’hôpital, vous devrez vous en occuper, vous n'avez aucun recours, qu'est-ce que vous faites ? Alors dès le lendemain sur les cinq cents, ils déférent cent cinquante à la maison centrale à Coronthie; les trois cent cinquante, ils commencent à vendre la liberté de ces gens à cinq cent mille. Dans les commissariats et les escadrons de la gendarmerie, c’est la traite, on dit ah, UFDG est riche, le Parti est riche, les parents viennent, ils négocient, ils disent "bon moi je laisse à quatre cent mille, mais si tu ne viens pas ce soir, demain je le défère". La maman vient vers le président de l'UFDG, "moi, j'ai négocié, ils m'ont dit c'est quatre cent mille, mais je n'ai que deux cent mille, aidez-moi"; qu'est-ce que vous faites ? Vous n'avez pas de recours, lorsque vous êtes loin il y a des détails, mais lorsque vous les vivez, vous ne pouvez rien, cette impuissance dans un pays de sauvages, ça vous irrite, vous ne dormez pas, vous ne pouvez absolument rien, c’est révoltant le comportement de ces gens là...».
Voilà textuellement les propos de Cellou Dalein Diallo.
Curieusement, ce qui vous choque, c'est «UN PAYS DE SAUVAGES». Le sort des neufs jeunes handicapés à vie, qui ne pourront jamais avoir les mêmes chances que vos propres enfants ne vous choque pas; la rançon des familles vivant généralement dans une misère totale, qui se voient réclamer le salaire d'un fonctionnaire, pour faire libérer leurs enfants, souvent des mains de ceux qui sont chargés de les protéger ne vous choque pas non plus. On peut citer les centaines de victimes d'assassinats perpétrés par les forces de sécurité, et leurs supplétifs dans la région forestière depuis la prise du pouvoir par le président Condé, sans que justice soit rendue...
Votre réaction a profondément choqué. Si vous étiez à la place d'un simple citoyen guinéen, en dehors de la posture militante déchaînée par des intérêts inavoués pour ne pas dire personnels, nul doute que vous auriez été très touché par le chapelet de souffrances égrené par Cellou Dalein Diallo. La profondeur de votre blessure, qui trahit la défaite de votre conscience citoyenne face à votre militantisme en dit long sur votre mépris pour la souffrance humaine. Ramassez à-bras le-corps vos émotions ségrégationnistes pour vous précipiter en première ligne des rangs de ceux qui voient dans les reproches de Cellou Dalein, des injures à la nation, est extrêmement indécent.
La sauvagerie, d'après les différents dictionnaires des synonymes, c'est la barbarie, la brutalité, la tyrannie, la violence etc...Les Guinéens ne vivent-ils pas tout cela aujourd’hui ? Siaka Barry ! La grandeur de l'homme politique réside dans sa capacité à transcender les intérêts partisans à certaines occasions.
En 2010, devant les cameras à Ouagadougou, lors de la présentation des accords, le général Sékouba Konaté avait dit au capitaine Dadis Camara: «Président que ce soit vous, moi, et demain quelqu'un d'autre, le peuple n'acceptera plus n’importe quoi, il a ouvert les yeux, il a vu ce qui se passe ailleurs...», eh bien, on ne peut qu’être parfaitement d'accord avec ces propos. C'est fini, la Guinée vit aujourd'hui la citation de Martin Luther King: “Free at last, Free at last, Thank God almighty we are free at last.”, Enfin libre, enfin libre, Merci Dieu Tout-Puissant, nous sommes enfin libres." Difficilement certes, mais le pays a changé, votre CHANGEMENT aussi doit changer de direction pendant qu'il est temps.
Dans votre texte, vous dites que le Manding est un refuge d’un peuple conquérant et guerrier; la Forêt peuplée d'hommes à la parole intègre, et en Basse Côte on trouve des peuples hospitaliers. Pour le Fouta, aucune mention d'habitants, juste des montagnes témoins de hauts faits épiques et historiques. Si un étranger tombe sur votre texte, il aura l'impression que la Guinée est composée de trois régions peuplées et une réserve, le Fouta Djallon. C'est grave Siaka Barry, vous semblez si perdu que vous ignorez délibérément vos propres ancêtres dans l'hymne à la gloire des différentes populations guinéennes. Ressaisissez-vous mon frère. Alain Foca, le journaliste de RFI commence toujours ses émissions par «UN PEUPLE SANS HISTOIRE EST UN MONDE SANS ÂME», attention à ne pas perdre votre âme en politique; vous n'êtes encore qu'un négligeable secrétaire d'une section du Parti que vous ne nommez jamais, et le chemin est long, très long; même si dans ce climat de division ethnique exacerbée, vous cherchez à utiliser le symbole que représenterait votre nom pour Alpha Condé à court terme, en vue de gravir les échelons à la vitesse de Alhouseny Makanera. Le griotisme poussé à outrance a précipité Alhouseny Makanera devant des responsabilités qui dépassent ses épaules; et croyez-moi, ce n'est pas un exemple, il ne suffit pas d'avoir une grande gueule au propre comme au figuré, ou d'avoir un caractère très clivant pour faire un homme politique.
Quand vous écrivez, enfilez au moins un pantalon de citoyen pour accompagner chemise, casquette, et chaussures de militants, ça favorise la lucidité, et vous permettra peut-être de suivre l'exemple de Khalifa Gassama Diaby, le ministre des Droits de l'Homme, je le cite «Il ne saurait y avoir de solidarité dans l’illégalité, lorsque la loi est violée, il n'y a pas de place pour un débat de solidarité...». Quand les populations sont assassinées sans aucune justice, réduites pendant plusieurs semaines ou mois en populations déplacées dans leur propre pays, où est l'Etat ? Le garant de la civilisation ? Le pays de sauvages, c’est à Alpha Condé de prouver par ses actes qu'il est désormais civilisé.
Vous avez trouvé une situation difficile, c'est vrai, cependant cela n'explique pas, ni ne vous autorise à alimenter les tensions. Le peuple attendait du président Condé des actes à la hauteur de la certitude qu'il brandissait sur tous les toits, mais on a le sentiment que vous ne prenez pas la mesure de la colère qui gronde. Je vous demanderais en toute modestie d'aller dire au président Condé que ça gronde, et ça gronde partout.
Au besoin...
KBARRIE BARRIE
GUINEEINFORMATION
