Pendant que les Guinéens croupissent dans les prisons angolaises, Alpha Condé demande à Bantama Sow de la fermer, Louceny Fall ivre de joie

Alpha Condé ne peut ni taper sur la table, ni hausser le ton. Depuis sa prise du pouvoir, il dispose de considérables intérêts dans les télécommunications, l'industrie de l’énergie, et les banques... en Afrique centrale, et principalement en Angola, par l’intermédiaire d'Isabel Dos Santos, la fille du despote de l'or noir, Dos Santos


Bantama Sow, le porte-drapeau des faucons du RPG aux premières heures de la gouvernance Alpha Condé, pourtant pur produit du RPG originel, ne serait plus en odeur de sainteté auprès d'Alpha Condé. Encore moins avec Louncény Fall, ministre des affaires étrangères, Rpgiste de circonstance d'après ses détracteurs, un Arc-en-cielo-Rpgiste pour être précis. Entre les deux hommes, on ne s'adresse plus la parole. La gouvernance du président Condé n'est manifestement pas étrangère à ce type de conflits. Les deux hommes ne sont pas devant le premier conflit de compétence. Si Bantama Sow livre son second bras de fer, après son empoignade avec son prédécesseur Titi Camara, ancien capitaine du Sily national, en octobre 2011, Lounceny Fall est à sa troisième bataille. Sorti victorieux face à Rougui Barry, l'ex-ministre des Guinéens de l’étranger, il a connu par la suite un cuisant revers face à l'enfant du Woulada, l'intouchable Koutoubou Sano. Dans le changement d'Alpha Condé, les missions d'un ministère sont restées au stade de la théorie. A la première question portant sur l'étranger, Louncény Fall, Bantama Sow, ou Koutoubou Sano, ministre de la coopération, doivent se référer à Sékoutouréya pour les départager. La friction entre ses collaborateurs est un moyen très ingénieux qu’utilise Alpha Condé pour garder constamment la main. Le chevauchement des missions dans un monde de prédateurs, et la rivalité des intérêts engendrés deviennent ses sentinelles. Le ministre de la coopération peut représenter la Guinée dans le cadre d'une mission relevant du ministère des affaires étrangères, qui peut jouer le rôle du département des Guinéens de l'étranger, et inversement; tout dépend de l'humeur d'Alpha Condé.
De retour d'une mission en Angola pendant le mois de juillet dernier, fortement choqué par le traitement de ses concitoyens dans un pays, à la libération duquel d'autres Guinéens ont participé en versant leur le sang, Bantama Sow avait peint l'enfer que vivent les Guinéens au pays de Dos Santos, un ami dit personnel d'Alpha Condé: «J’ai demandé à l’ambassade de porter plainte contre les assassins...». «Ouf, mieux vaut tard que jamais», soupiraient certains Guinéens soulagés. Hélas, à l’instar de la majorité des ministres d'Alpha Condé, il a réservé la primeur aux militants du RPG. Une tradition venue du fin fond de la révolution du camarade Sékou Touré. Les cadres doivent régulièrement rendre compte au Parti; mais faute aujourd'hui de transformer le pays en parti État, on se contente du parti de l’État, le RPG Arc-En-Ciel, à son assemblée générale hebdomadaire.
Sur les conseils de Lounceny Fall, le dit spécialiste de la diplomatie en Guinée, le déplacement de Bantama Sow difficilement arraché au président Condé, avait été longtemps retardé. «Le gouvernement angolais, ce n'est pas les opposants guinéens» disait-il à certains proches. A ses yeux, il n'était pas question de laisser un jeune inexpérimenté s'aventurer dans des dossiers qui dépassent ses compétences techniques.
Pourquoi Louncény Fall était opposé à ce déplacement ? Que veut-il mettre sous clef ? La réponse est a rechercher dans les révélations de Bantama «Il existe un grand fossé entre l’ambassade de Guinée en Angola et la communauté guinéenne. Il faut avoir le courage de le dire solennellement, les ambassadeurs guinéens à l’étranger se fichent des Guinéens...En Angola, les ressortissants de la moyenne Guinée et de la haute Guinée ne se parlaient pas depuis plus de trois ans. Sans aucune raison valble...». Depuis, entre Louncény Fall et Bantama, il reste maintenant une question; qui décapitera l'autre ?
Samedi dernier, sur recommandation de Louncény Fall, l’ambassadeur d'Angola en Guinée saisit Sékoutoureya, pour signaler un harcèlement auprès du président Condé; l'auteur ? Bantama Sow, qui ne cesserait d'exiger des éclaircissements sur ce qui se passe en Angola. Convoqué aussitôt à Sékoutouréya, le président Condé, dans des termes peu diplomatiques demandera à Bantama de tenir sa langue. De Luanda, d'autres griefs lui étaient reprochés sans autre précision. Alpha condé n'aurait pas apprécié sa menace de porter plainte suite à la recrudescence d'assassinats de Guinéens vivant en Angola.
Que s'est-il passé pour qu'Alpha Condé privilégie des amitiés inutiles au détriment des Guinéens ? Une source explique qu'Alpha Condé ne peut ni taper sur la table, ni hausser le ton. Depuis sa prise du pouvoir : il disposerait de considérables intérêts dans les télécommunications, l'industrie de l’énergie, et les banques... en Afrique centrale, et principalement en Angola. Par l’intermédiaire d'Isabel Dos Santos, la fille du despote de l'or noir, Dos Santos. Le président Condé aurait acquis des participations à  la Banque Portugaise des Investissements; dans Galp Energia, une société pétrolière portugaise. Dans le capital du principal opérateur de téléphonie mobile en Angola, le Sonangol et Vidatel, le président Condé disposerait aussi d'importantes participations...
Comment qualifier un silence aussi assourdissant lorsque qu'un tel traitement frappe en toute impunité ses concitoyens. Assassinats, arrestations et rackets des forces de sécurité angolaises. Pourquoi Alpha Condé ne convoque pas Eduardo Ruas J. Manuel, l'ambassadeur angolais en Guinée, pour exprimer son inquiétude et sa consternation devant la manière avec laquelle Luanda traite des ressortissants guinéens ? Pire, pourquoi ordonner au seul ministre qui met la question sur la table de la fermer ?
Où est ce fameux Louncény Fall, se tapant urbi et orbi la poitrine : «En Guinée, je suis l'expert de la diplomatie». Où sont ses aptitudes exceptionnelles que vante encore, une certaine presse locale, très naïve pour beaucoup, alimentaire pour d'autres; s’accommodant volontiers d'interviews creuses et ennuyeuses.
Sanoussy Bantama Sow, vivrait-il ses derniers instants à la tête du département des Guinéens de l'étranger ? Une information digne de foi, indique que cette hypothèse bien que plausible ne saurait se réaliser à court terme. Pour un chef de l'Etat qui raisonne, et qui détient pour seule boussole dans cet océan de ressentiments emmagasinés par les Guinéens depuis les indépendances, la question ethnique, Bantama Sow traversera certes une période difficile, mais sera-t-il protégé par sa carte du RPG originel.
 
GUINEEINFORMATION

 

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