DADIS : un cas à part !

DADIS : un cas à part !Depuis l’annonce de la participation du président Alpha Condé à la cérémonie d’investiture du nouveau président burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, ce 29 décembre, les doléances se multiplient pour que le chef de l’Etat mette l’occasion à profit pour rencontrer le capitaine Moussa Dadis Camara, en exil forcé dans le pays des hommes ingères. Les partisans d’une telle rencontre voudraient même que dans le cadre d’une certaine réconciliation nationale, l’ancien chef de la junte guinéenne, puisse enfin regagner son pays. Il se trouve qu’un tel appel s’apparente à un raccourci et à un amalgame qui ignorent superbement que le cas Dadis est à part.

En effet, à la différence de Bah Oury et de Tibou Kamara, le capitaine Moussa Dadis Camara est désormais inculpé pour les massacres du stade du 28 septembre 2009 qui, rappelons-le, avaient fait au moins 157 morts, une centaine de femmes violées et un nombre inconnu de disparus. Ce rappel préliminaire est destiné à ceux qui parlent déjà de réconciliation nationale. Il est important que l’on sache que la justice est un élément de cette réconciliation. Ce n’est pas donc le retour de Dadis qui participera à la réconciliation, mais l’organisation du procès de cet odieux massacre. Ce qui est possible sans qu’il ne soit obligatoire que l’ancien président du CNDD revienne en Guinée. Encore que la tenue de ce procès ne parait pas nécessairement imminente.

Il y a donc une autre raison qui justifie cet appel de pied ! Celle de faire revenir le capitaine Dadis dans son pays, coûte que coûte. Ce qui est tout à fait légitime. Mais il est malsain et malhonnête de faire passer cette volonté sous le couvert de la réconciliation nationale. C’est une manipulation de l’opinion publique. A quelle fin ? Là est toute la question. Or, ce que les partisans obsessionnels de ce retour semblent ignorer, c’est que ce dernier peut avoir des implications sécuritaires. En effet, avec son statut de militaire ayant déjà été au sommet de l’Etat guinéen, Dadis n’est pas comme un vulgaire politicien dont la pire des menaces sur le pays demeure verbale. Par ailleurs, Moussa Dadis Camara, c’est un leader politique en qui se reconnaissent des militants communautarisés dont il est difficile de prévoir les réactions, une fois que leur champion foule le sol guinéen.

Du coup, contrairement à ce qu’on entend ça et là, le retour de Dadis peut être contre-productive pour la tenue du procès tant attendu . Toute chose qui, au lieu de réconcilier comme on le prétend, pourraient davantage diviser.

Reçu de Anna Diakité, www.kababachir.com

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