Guinée : l’opposition a décidé de faire mieux que les leaders syndicaux : faire fléchir le gouvernement pour la baisse du prix du carburant

Nous avons réussi là ù les leaders politiques ont échoué (feu El Hajj Ibrahima Fofana)

Guinée Conakry 21/03/ 2016 Nrgui.com. L’opposition guinéenne a décidé d’organiser des journées villes mortes sur toute l’étendue du territoire nationale, le mercredi 30 et le jeudi  31 mars 2016. L’annonce a été faite par le porte-parole de ladite opposition à l’issue d’une rencontre au quartier général (QG) de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée, Mamadou Cellou Dalein Diallo.

Selon Aboubacar Sylla,  l’opposition guinéenne a décidé d’organiser  deux journées de villes mortes pour  se faire entendre par  le gouvernement. « Suite à la non satisfaction de notre demande par le gouvernement, nous avons décidé d’entrer dans une série de manifestation pacifique jusqu’à ce que le gouvernement comprenne que tout le peuple de Guinée est avec l’opposition républicaine en vue de baisser les prix du carburant et d’améliorer la condition de vie des guinéennes. Donc, nous avons décidé d’appeler le peuple de Guinée à observer deux journées de villes mortes, c'est-à-dire le 30 et 31 mars 2016 sur toute l’étendue du territoire nationale».

Avant d’ajouter ceci : « Nous demandons à tous les Guinéens quelle que soient leurs obédiences politiques, leurs âges de s’associer à ce mouvement de grève, car il s’agit d’une lutte en faveur de l’amélioration des conditions de vie du peuple. Ces deux  journées  permettront à ce que la baisse du prix du carburant  puisse avoir lieu le plus rapidement possible »

Autrement dit, l’opposition guinéenne et les leaders syndicaux n’ont pas affaire au même peuple ?

Il est vrai que dans le « peuple » il y a militants de base, adhérents de syndicats (la fameuse base) d’une part, et à sa tête ou souvent par-dessus sa tête, il y a les chefs, leurs représentants. La dernière grève des syndicats avait été massivement suivie, plus dans le pays profond, dans plusieurs préfectures, et puis patatras, c’est l’arrêt, l’accord « brutal » au bout de cinq jours. Même l’ange Gabriel (AS) ne pourrait faire le tri entre purs syndicalistes et militants politiques zélés qui y avait participé massivement. Et c’est en ce sens qu’Ibrahima Fofana était allé plus loin que sa pensée. On sait que des chefs politiques avaient même secouru financièrement ce grand mouvement de 2007. Ne parlons pas de l'apport financier massif de cette grande cocue de Diaspora..

Donc l’opposition « radicale » réduite en peau de chagrins, est bien inspirée de remettre aux calendes grecques ses villes mortes. On nous dira que les 30 et 31 mars, c’est dans une petite semaine et qu’on saura des chefs syndicalises ou des chefs politiques qui porte vraiment le pantalon. Puisque les premiers, qui sont satisfaits pour avoir mis leurs griffes sur l’accord de fin de grève ne devraient pas aller en grève sauf si leur base..

Le grand William Sassine disait qu’en Guinée, « nous n’avons pas de problème, nous n’avons que des solutions ». J’ajoute : en Guinée, faut-il changer les chefs ou faut-il changer de peuple ?

Daouda Yansané avec Saïdou Nour Bokoum

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