L’Opposition guinéenne assumant son nanisme (Alpha Condé) sombre dans des guerres picrocholines (Saïdou Nour Bokoum).
- Détails
- Catégorie : Politique
- Mis à jour le vendredi 29 avril 2016 00:03
- Publié le jeudi 28 avril 2016 13:37
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
- Affichages : 1315
Picrochole est, dans le roman de François Rabelais Gargantua, le roi qui attaque le royaume de Grandgousier Il donne son nom à la guerre qui les oppose : « la guerre picrocholine », expression passée dans le langage courant qualifiant un conflit absurde et ridicule.
Guinée Conakry, 28/04/2016. Nouvelle République de Guinée. Les « nains politiques », après les déconvenues successives subies suite à ses dernières manifestations entrelardées de reports, notamment les échecs de ses villes « mortes », celui de la marche de ses femmes, échec sur la question des démembrements achevés par une CENI sourde à ses réclamations, la voilà à la porte du garde des sceaux et du juge pour renvoyer Sidya Touré à ses bureaux cossus du Palais où il loge comme Haut représentant d’Alpha Condé, donc « exclu » de l’Opposition.
Alors pourquoi Sidya et l’UFR s’entêtent-ils à quémander des quotas réservés à l’Opposition ?
Devant la misère du Guinéen qui s’est accrue depuis 2010, devant la déliquescence de la Mouvance, du moins du RPG-arc-en-ciel, jusque dans le pays profond (1), l’effondrement de « la société civile », des imams, des coordinations qui n’ont pour souci que de placer les leurs à la présidence (voir les cas Mohamed Diané, Kiri Di Bangoura d’une part et Shaykou Yaya jouant les go between entre Cellou et Bah Oury, les syndicats dont les chefs se sont couverts de farine après cinq journées de grève totale pour un gain nul et des taxes, qui accablent la ménagère, devant un gouvernement Mamady Youla lisse, sans autre action d’envergure que des remerciements et des envolées lyriques à l’endroit du Président-professeur omniscient et omnipotent qu’ils vont bientôt hisser sur un trône à la Bokassa, devant cette démission de « l’élite » depuis 1956 après la geste héroïque tout de même de Sékou Touré, Barry Diawadou, Barry III, mais cela n’a duré que le temps d’un discours celui de AST devant De Gaulle, je dis que la mouise du lambda guinéen dure depuis 60 ans, auxquels il faut ajouter les 60 ans de la colonisation.
Donc les grandes guerres sont toujours le fait de petites personnes. A l’exception de Napoléon Bonaparte.
Les autres sont des nains politiques.
Sinon, ils auraient oublié ces petites querelles électoralistes (communales, communautaires, districts, etc.), pour prendre à bras-le-corps, tout en jouant sans concession leur vocation d’opposant, oui, utiliser les milliards largués ça et là à acheter des consciences, et plutôt investir dans nos régions, faire du social, oui, des forages, dans le solaire et d’autres structures des énergies renouvelables . Naturellement, on me dira, cela est de la mission des pouvoirs publics, du gouvernement. Certes, mais cela n’empêche nullement de se préparer en même temps à « gagner » les consciences, à engranger des sympathies, voire des adhérents. L’exemple du jeune Ousmane Gaoual est là qui avait d’abord fait de grandes réalisations chez lui.
Au total, qu’entendent-ils ces libéraux de tous bords par libéralisme ? Etre d’abord président et ensuite bâtir une économie ? Mais c’est pire que du stalinisme !
Bref, l’Opposition vient de clore près de 6 ans de stratégies défaitistes. Rien d’étonnant pour qui sait la culture de « L’Ecole guinéenne », "le PDG plus le libéralisme" Aboubacar Somparé), instrument théorique d’experts en prédation, de cols blancs ayant investi (dans) l’Etat qu’ils ont privatisé. J’entends, il faut taper d’abord sur AC (Alpha Condé). Eh bien j’en ASSEZ de taper sur AC. Les jeunes grognards du RPG me dispensent de ces critiques. Ils sont d’ailleurs en deçà de ce que j’ai écrit sur Alpha Condé de 2010 à 2011.
Was-Salam,
Saïdou Nour Bokoum
- http://www.nrgui.com/80-grands-debats/grands-dossiers/7954-alpaha-et-l-histoire-suite-et-fin
