Pour la première fois, les deux finalistes sortants se retrouvaient donc dès l'ouverture du tournoi suivant. De quoi reléguer au second plan l'autre match de ce groupe B, Chili-Australie, prévu à partir de minuit (heure française) à Cuiaba. En surclassant une Roja championne du monde et double championne d'Europe en titre, les Pays-Bas s'emparent là de la première place provisoire de leur poule. Un promontoir qui leur permettra peut-être d'éviter en huitièmes de finale le Brésil, grand favori du groupe A et auteur d'une victoire inaugurale contre la Croatie (3-1), hier, à Sao Paulo.
Ce large succès d'autant plus appréciable que peu d'observateurs s'attendaient ne serait-ce qu'à une victoire des Bataves. A l'approche du match, le quotidien espagnol El Pais se risquait même au jeu de mots : « La couleur orange a perdu de sa force. » Les Oranje – surnom de la sélection néerlandaise – n'avaient plus gagné depuis 2012 face à une équipe classée parmi les 25 meilleures nations au classement de la FIFA.
SECONDE PÉRIODE À SENS UNIQUE
Désormais, voilà les Pays-Bas victorieux de la première nation mondiale, jusque-là redoutable en sélection comme en club. mais en réalité, le naufrage de l'Espagne est peut-être encore plus déroutant que le succès des Pays-Bas. Pour les Casillas, Xavi et autres Sergio Ramos, cette débâcle annonce-t-elle la fin d'un cycle ? Après le renoncement de Juan Carlos au trône d'Espagne, les footballeurs ibérique seraient-ils de perdre le leur ?
En première période, les Espagnols ouvrent pourtant le score (1-0, 27e minute) par l'intermédiaire de Xabi Alonso, sur penalty, d'un tir à ras de terre à la droite de Cillessen. A l'origine, une faute peu évidente - voire inexistante - accordée à Diego Costa, qui s'est effondré après un léger contact avec De Vrij. Le jugement de l'Italien Nicola Rizzoli alimentera sûrement le débat sur l'arbitrage : dès hier soir, le Japonais Yuichi Nishimura avait sifflé un penalty très contestable qui avait fait basculer le match en faveur du Brésil.
La réaction batave intervient en fin de première période. D'une habile tête plongeante, en extension, Robin, van Persie parvient à lober Iker Casillas (1-1, 44e), à la réception d'un long centre du latéral gauche Blind, bien installé sur son flanc gauche. Mais pour la démonstration néerlandaise, il faudra attendre la seconde période, au terme de laquelle les Pays-Bas infligeront quatre buts supplémentaires, là où l'Espagne se montrera désespérément atone. Au rythme des « Ole » du public, en majeure partie néerlandais, les Pays-Bas ont dominé de bout en bout la fin du match.
Inarrêtable, Robin Van Persie a inscrit un doublé à la 72e minute (4-1). Il sera imité par son compère Arjen Robben – 53e et 80e), et accompagné par le défenseur De Vrij (64e). Les solistes néerlandais donnent donc raison à leur entraîneur Louis Van Gaal. De retour aux commandes de la sélection depuis 2012, le technicien batave a innové en mai dernier : désormais, fini le 4-3-3 vernaculaire, place à un 5-3-2. En partance pour Manchester United dès la saison prochaine, l'entraîneur dispute là ses derniers matchs sur le banc des Pays-Bas.
Avec cette défaite, l'Espagne confirme une tendance étonnante : seulement 3 de 11 derniers matchs d'ouverture d'un champion en titre en Coupe du monde ont été gagnés par celui-ci (4 nuls, 4 défaites), l'Italie ayant, par exemple, concédé le match nul contre le Paraguay 1-1 en 2010. Pour se remettre du coeur à l'ouvrage, les hommes de Vicente del Bosque peuvent toujours se remémorer leur parcours sud-africain : défaits face à la Suisse (0-1) en ouverture du tounoi, leur équipe était devenue par la suite la première à remporter le titre mondial après avoir perdu son premier match.
