
2015/6/13
Sepp Blatter a rempilé pour un nouveau mandat de cinq ans sans coup férir, avec 105 des 209 voix votants, avant de surprendre le monde entier en jetant l’éponge à la suite de la célérité avec laquelle le FBI continue de démasquer les hauts responsables de l’instance dirigeante du football mondial qui, durant plusieurs années, participaient à un bal de pourris, organisé exclusivement pour des délinquants en col blanc.
Le président de l’UEFA, le Français Michel Platini, qui a manqué de courage pour affronter Blatter, parce que craignant une humiliation, a poussé le prince jordanien, Ali, qui n’est pas allé au fond du ring avec le Suisse qui a finalement remporté haut la main au second tour.
La surprenante volte face de Blatter , annonçant sa démission, cinq jours après son élection, est considérée par l es Européens comme une aubaine pour Platini. En tête, le président de la Fédération française de football (FFF), Noël Le Graet , qui a déclaré que «le poste de président de la FIFA conviendrait à Platini». Ensuite, le concert de louanges s’est poursuivi dans beaucoup de capitales du vieux continent pour tailler une camisole de force à la mesure de leur idole.
Lorsque le FBI, sur ordre de la justice américaine, a mis aux arrêts des membres influents de la FIFA à la veille de l’élection du président de cette institution, des voix se sont élevées. En tête, Platini qui, sans sourciller, a demandé à Blatter de démissionner parce qu’il a honte de ce qui vient d’être mis au grand jour qui n’est autre qu’une vaste toile de corruption dans l’attribution de certaines phases finales des coupes du monde.
La justice américaine doute des conditions de l’attribution de la coupe du monde 2022 au Qatar. Si elle ouvre une nouvelle boite de Pandores, qui sait ce qu’adviendra de Platini, dont le fils, juriste, travaille déjà dans le comité d’organisation qatari.
L’attente de l’ancien international français des années 1980 fut trompée à Zurich quand il n’a pas vu, comme il le souhaitait, les présidents des 54 fédérations africaines de football retirer leur soutien à Blatter. Que n’a-t-il pas dit dans les médias européens ? « Oh, ces Africains, parce qu’ils n’ont rien, reçoivent des subsides de la FIFA, les projets GOAL, ils ne veulent pas lâcher Blatter qui est un bienfaiteur pour eux».
Ces écarts de langage, voire de maladresses, ont été décriés dans la presse française. De tels propos ne peuvent venir que de Platini qui, en réalité, n’est rien d’autre qu’un membre influent de la galaxie des primaires, un raciste au sens étymologique du mot. Son mépris pour les Africains ne date pas d’aujourd’hui.
J’ai été témoins, en 1992, lors de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) au Sénégal, de la bassesse d’esprit de celui qui fut un excellent footballeur. Ses mérites s’arrêtent sur le registre d’avoir été un talentueux footballeur qui a débuté à l’AS Nancy Lorraine avant de crever l’écran à la Juventus de Turin et de remporter l’Euro 84 avec la bande de Jean Amadou Tigana, Luis Fernandez, Alain Giresse, entre autres.
Sous mes yeux, Platini, flanqué de l’autre primaire, le défunt journaliste, Thierry Roland, se présente à l’entrée du stade, sans badge, ni accréditation. Le militaire en faction le repousse quand il a voulu franchir le portail. Et Thierry Roland de demander à celui-ci s’il ne connaît pas Platini. Le militaire, qui fit mine de pas comprendre, leur demande de se mettre à l’écart.
Encore, sous mes yeux, Platini refusa, en dépit de l’injonction de Tigana, de se mettre debout comme tout le monde lors de l’exécution des hymnes nationaux le jour de la finale, remportée par la Côte d’Ivoire face au Ghana. Il refusa aussi la décoration que lui a proposée M. Daouda Faye, le président d’alors de la Fédération sénégalaise de football (FSF).
La question qui vient à l’esprit des amateurs et des responsables du football, notamment d’Afrique, est relative à la capacité de Platini de pouvoir conjuguer avec eux qu’ils assimilent vulgairement et de manière indécente à des mendiants, sébile à la main.
S’il officialise sa candidature pour remplacer Blatter, Michel a-t-il une potion magique pour tenter d’ensorceler les présidents des 54 fédérations africaines de football qui votent pour élire le patron du football mondial ? Ses propos injurieux et diffamatoires pourraient avoir un effet boomerang.
Alexis Fall
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