Il fait partie des rares groupes américains qui tournent régulièrement en Europe comme les Midnite des Îles Vierges et les Soldiers of Jah de Washington D.C., mais qui ne sont pas prophètes en leur pays. Ils se distinguent aussi par leur manière de composer leur musique, mélangeant jazz et reggae, et dans les thèmes abordés dans leurs textes – la maternité par exemple sur leur dernier album, A Miracle.
Marcus Urani et Harrison Stafford, les deux leaders de ce groupe qui compte neuf musiciens, apprécient leur retour en France, pays qui les a toujours accueillis par des concerts bien remplis. Avant d’enregistrer A Miracle, leur dixième album, le groupe était reparti à la conquête des Etats-Unis : « Cela faisait six ou sept ans que nous n’y avions pas joué, car nous étions sans arrêt en concert à l’étranger, explique le chanteur Harrison Stafford. Nous avons donc pris le temps de jouer sur la Côte est et dans le Middle West ces derniers mois. Notre public, aux Etats Unis, est composé de personnes qui recherchent un changement social et qui ont une belle ouverture d’esprit. »
Patois de Jamaïque
Il poursuit : « Nous ne sommes pas des Américains typiques et notre musique est compliquée : les chansons durent au moins sept minutes, et il faut un petit temps d’adaptation aux auditeurs pour s’habituer à la complexité des compositions. Pourtant, même s’il y a peu de gens aux concerts, il faut continuer à irriguer le terrain si on veut que de belles plantes y poussent. »
Fils d’un accordéoniste italien pour le compositeur Marcus Urani, et d’un pianiste jazz de confession juive pour Harrison Stafford, les deux fans de reggae se sont rencontrés dans le programme de jazz de l’université de Sonoma, au nord de la Californie. D’élève, le chanteur de Groundation y est même devenu professeur au début des années 2000, ce qui le conduira à réaliser un documentaire, Holding on to Jah.
Textes dédiés à la maternité et aux femmes
Contaminé par le virus du reggae à 7 ans grâce à son grand frère qui lui a fait découvrir les Jamaïcains Black Uhuru et les Congos, Stafford a appris le patois de Jamaïque très jeune : « J’étais tellement passionné par le reggae que c’était le thème de ma bar-mitsva. Je suis allé en vacances en Jamaïque dès mes 12 ans, à la fin des années 1980. Mes parents m’avaient confié à des amis, et j’y passais un mois chaque hiver et chaque été. »
Père d’une petite fille et d’un garçon de quelques semaines, Stafford a dédié la majorité des textes à la maternité et aux femmes. « Le reggae était macho, reconnaît Harrison Stafford, mais je trouve que ça évolue beaucoup, grâce notamment à toutes les cultures qui imprègnent aujourd’hui cette musique. »
1CD A Miracle (Soulbeats Record). En concert les 9 et 10 novembre au Trianon, 80, bd Rochechouart, Paris 18e. En tournée dans toute la France.

Groundation, qui a joué les 9 et 10 novembre au Trianon, à Paris, n’est pas un groupe de reggae comme les autres.